Conspiracy de Micheal Apted

Conspiracy : Affiche

De Micheal Apted

Noomi Rapace, Micheal Douglas, Orlando Bloom, Toni Collette, John Malkovitch

1,5/5

Alice Racine, interrogatrice pour la CIA, s’est retirée du terrain après un échec professionnel. Elle travaille à Londres sous couverture dans un service d’aide social pour le compte du MI-5, afin de repérer de potentielle menace. Elle est approchée par la CIA pour interroger d’urgence un potentiel terroriste qui a des liens dans une organisation importante qui menace d’attaquer sous peu. Mais Alice découvre que ces agents de la CIA ne sont pas ce qu’ils prétendent être.

Conspiracy : Photo Noomi Rapace

La programmation cette semaine n’est pas folichonne, du coup je me suis rabattue sur Conspiracy en pensant aller voir un film d’espionnage avec un peu d’action, un film correcte histoire de passer l’après midi.

Conspiracy : Photo Aymen Hamdouchi, Orlando Bloom

Je crois que je tiens la le plus mauvais film de l’année, ça va être dure de faire pire! y’a tellement de défaut que je ne sais pas par quoi commencer!

L’histoire est ridicule, bourrée de cliché et de choses vues revues et rerevues. Zéro originalité, zéro crédibilité. Le ou les scénaristes ne se sont pas cassés la tête. Une menace terroriste saupoudrée de guéguerre entre service secret anglais et américain, avec quelques grammes de trahisons et de complots. Les rebondissements sont dignes des Mystères de l’amour. Qui a crut au personnage de Micheal Douglas? personne je pense. Le coup de se faire tirer dessus hors caméra et de faire croire aux spectateurs qu’il est mort, un effet de manche digne des téléfilm des années 90.

Conspiracy : Photo Noomi Rapace, Toni Collette

Le personnage d’Orlando Bloom est encore moins crédible et les rebondissements autour de ce personnage encore plus ridicules.

Noomi Rapace est au mieux correct, au pire mauvaise selon les scènes. On a du mal à croire aux scènes de combat parfois, elle n’est vraiment pas crédible dans le rôle d’une femme d’action qui frappe et qui tire. Certaines scènes sont même risibles. Notamment la scène dans laquelle Alice Rapace est contactée dans le bus par un superviseur de la CIA avec un journal sur lequel est écrit un numéro au stylo, tout ça pour recevoir un sms avec un lieux de rencontre, tout ça pour retrouver le même gars 15 minutes plus tard… ou encore  la scène dans laquelle la CIA présente avec de gros sabots le passif de l’héroïne, pour nous brosser un portrait de guerrière qui en a vue d’autre.

Conspiracy : Photo John Malkovich

En bref, un scénario mauvais, des rebondissements ridicules, ringards, un manque totale de crédibilité, et des acteurs qui font le minimum syndicale et ça se voit, de Noomi Rapace, à John Malkovitch en passant par Orlando Bloom et Micheal Douglas, franchement tous plutôt mauvais. Le film en devient comique malgré lui, alors ne perdez pas votre temps à moins de le regarder au centième degré.

Life de Daniel Espinosa

Life - Origine Inconnue : Affiche

de Daniel Espinosa

Jake Gyllenhaal, Rebecca Fergusson, Olga Dihovisnaya Ryan Reynolds, Hiroyuki Sanada

3/5

Dans la station spatiale internationale c’est l’effervescence. La sonde revenant de mars avec à son bord des échantillons de sol est réceptionnée par l’équipe d’astronautes. Les échantillons pourraient contenir des traces de vie extraterrestre. Hugh Derry est le spécialiste chargé d’étudier les échantillons. Il découvre alors une cellule endormie mais toujours vivante, qui après avoir reçut les bons stimuli, se met à se développer. Sur Terre comme sur la station l’excitation est à son comble. Après plusieurs semaines, la cellule grandit de plus en plus, mais un accident dans le labo met fin brutalement à l’évolution de cette vie. Hugh Derry essaye de la ranimer avec des mini électrochoc. La créature se réveille et se met à attaquer Hugh. La créature est encore petite mais très puissante et surtout intelligente, elle tente par tout les moyens de sortir du labo.

Life - Origine Inconnue : Photo Hiroyuki Sanada, Olga Dihovichnaya

Life - Origine Inconnue : Photo Jake Gyllenhaal

Bon ben voilà un scénario qui fait fortement penser à Alien. Ici rien de nouveau, rien d’originale, une bande d’astronautes, tous des gens très intelligents, enfermés sur la station spatiale, en compagnie d’une cellule alien minuscule devenue de plus en plus grande, et qui attaque tous ce qui bouge. En peu de temps, la cellule devient agressive et surtout très intelligente, peut être un peu trop. La créature résiste au feu, elle résiste au froid, au vide et à l’absence d’oxygène de l’espace quand elle se retrouve à l’extérieur de la station, elle déjoue tout les tours des humains, résiste à tout, est plus maligne que tout le monde. Bon que la créature soit résistante et maligne, d’accord, mais qu’elle résiste au froid de l’espace et à son manque d’oxygène pour un temps assez long c’est un peu trop.

Life - Origine Inconnue : Photo Rebecca Ferguson

Alors bien sur on retrouve tout les rouages qui sont habituels à ce genre de film, le huis clos, les astronautes qui se font butés un à un par la créature, la palme du dégueulasse revenant au pauvre Ryan Reynolds. Les habituels plans pour essayer de tuer la créature, les habituels problèmes en tout genre, les habituels sacrifices héroïques pour sauver le plus grand nombre. La fin ne surprend même pas, avec le mélange dans les capsules de sauvetage, je m’attendais à la confusion entre les deux et à la catastrophe provoquée. Et puis j’ai trouvé assez naïf que ces professionnels fassent joujou avec une entité biologique extraterrestre inconnue sans qu’il y ai le moindre protocole d’auto destruction de la cellule étudiée. Bref, de bons acteurs, un film bien fait dans son genre, mais qui ne restera pas dans les mémoires je pense.

Alien covenant

Alien: Covenant : Affiche

de Ridley Scott

Micheal Fassbender, Katherine Waterston, Billy Crudup, Danny Mcbride

3.5/5

2104, le vaisseau le Covenant fait route vers la planète Origae 6 afin d’établir une nouvelle colonie. A son bord, une dizaine de membre d’équipage et 2000 colons, tous en sommeil prolongés le temps du voyage. Pour surveiller tout ce monde, Mother l’ordinateur centrale et Walter un androïde qui s’occupe de la maintenance du vaisseau. Après un grave accident inévitable, plusieurs membres d’équipage meurt dans leurs caissons, dont le capitaine de la mission. Désormais réveillée, le reste de l’équipe doit faire leur deuil et doivent surtout réparer les petites avaries. Alors que personne n’a envie de retourner dans leur caisson pour encore 7 années de voyage, le vaisseau repère une planète à portée de main qui semble réunir tous les éléments pour accueillir les colons. Le nouveau capitaine décide d’aller voir sur place si la planète est aussi parfaite qu’elle en à l’air.

Alien: Covenant : Photo Katherine Waterston

Alien: Covenant : Photo Guy Pearce, Michael Fassbender

J’aime beaucoup les Alien. Même si j’ai beaucoup aimé Prometheus, le préquel à la série des aliens, je préfère les 4 premiers films. Avec Alien covenant, on est dans la suite directe de Alien prometheus.

C’est visuellement très réussi, les scènes sur le vaisseau, sur la planète, les scènes avec les monstres, les scènes d’action sont très réussies, rien à redire. Par contre, on remarquera certaines petites choses pas toujours très originales, comme le soldat qui part “pisser” ou l’autre qui part “se rafraichir”, on sait tous ce qui arrive aux gens lorsqu’ils s’éloignent du groupe pour s’isoler, dans ce genre de film!

Alien: Covenant : Photo Amy Seimetz, Carmen Ejogo

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Il y a eu quelques petites incohérences, comme la scène dans laquelle l’héroïne reçoit du sang d’alien mais qui n’entraine pas des brulures d’acide, contrairement à son collègue. Il y a aussi quelques facilités, comme les personnages qui s’isolent pour mieux se faire zigouiller, ou encore le coup de faire sortir l’alien du vaisseau à coup d’ouverture de porte pour le faire aspirer par le vide de l’espace, comme c’était le cas à la fin du premier et du second film. Et puis comment ces gens si expérimentés peuvent se permettre d’aller explorer une planète inconnue sans prendre de précaution en mettant des combinaisons étanches? comment ces personnes si professionnelles ont pu vouloir aller établir la colonie sur une planète inconnue alors que la planète sélectionnée au départ à passer des test pendant une dizaine d’année avant d’être choisie?

Alien: Covenant : Photo

Alien covenant est dans la lignée de prometheus, on retrouve ce qui fait le succès des Aliens, des créatures bien dégueulasses et bien agressives, des combats sanguinolent, pas mal de gore et de scènes d’action, sans qu’elles soient pour autant trop longues ou à rallonge, ce qui est appréciable. Le coup du double humanoïde Walter/David est très intéressant, leurs personnalités et leurs évolutions est ce qui est le plus intéressant dans le scénario au finale, même si le coup du jumeau diabolique c’est du déjà vu cent fois et ne surprend donc pas. Reste quand même un bon film divertissant, prenant, certains aspects sont très intéressants et le casting bien choisi, j’irais surement voir le prochain volet.

Dernières séances: Tunnel – Get out

Tunnel : Affiche

Tunnel

de Kim Seong Hun

Ha Jung Woo, Doona Bae, Dal Su Oh

3.5/5

Jung Soo est en route pour apporter le gâteau d’anniversaire de sa fille. Alors qu’il traverse un tunnel nouvellement inauguré, ce dernier s’écroule. Lee est ensevelie sous des tonnes de terre et de roches, coincé dans sa voiture qui l’a protégé de l’effondrement. Par miracle il n’a aucune blessure. Dans la voiture Lee a deux petites bouteilles d’eau, le gâteau d’anniversaire de sa fille, des lampes torches, du liquide à vitre, et son téléphone portable qui capte les appels. Alors que les secours s’activent à l’extérieur du tunnel, Jung Soo va devoir survivre et tenir le coup.

Tunnel : Photo Ha Jung-Woo

Un homme seul coincé dans sa voiture sous des tonnes de terres et de roches après l’effondrement d’un tunnel, c’est le point de départ. Le héros organise sa survie, et comme souvent, l’homme ne met pas longtemps avant d’instaurer une routine, des habitudes quotidiennes qu’il répète comme une cérémonie, qui l’oblige à diviser sa journée, son temps d’attente sous le tunnel, pour ne pas devenir fou. Ainsi il boit tout les jours à midi une toute petite quantité d’eau, il allume la radio pour écouter la seule station qu’il capte, radio classique, pour entendre des messages d’encouragement de proches ou d’inconnu, et il appelle avec son téléphone pour une ou deux minutes le responsable de la mission de sauvetage qui le met au courant des avancées et essaye de l’encourager.

Tunnel : Photo Doona Bae

Outre le quotidien difficile du pauvre Jung Soo qui va passer de longues journées seul dans le froid, à supporter la faim et la soif mais aussi la fatigue physique et mentale, on voit ce qui se passe à l’extérieur. L’épouse inquiète qui se met à aider les ouvriers qui creusent nuit et jour un puits pour atteindre son mari, la ministre qui tente de faire  bonne presse, les entrepreneurs qui râlent de voir leur chantier du second tunnel suspendu le temps de sauver une seule personne, ou encore les médias, qui court au scoop sans penser à la vie du prisonnier du tunnel, et qui dénonce en même temps des malfaçons dans la construction.

Tunnel : Photo Doona Bae

Je pensais que Tunnel dénoncerais plus violemment et plus franchement les médias, les politiques, la corruption. Le film aborde un peu les problèmes mais de manière très rapide, préférant se concentrer sur l’état d’esprit de Jung Ho, coincé dans le tunnel. Finalement, autant on ressent ses difficultés d’être avec lui au début du film, autant on a du mal à imaginer son mal être vers les derniers jours d’enfermement. Il y a quelques touches d’humour et les acteurs sont très bons, mais il n’empêche qu’on est loin de la réussite des films de Bong Joon Ho par exemple, qui mélange souvent les genres avec succès pour dénoncer les problèmes de société de son pays, comme Memories of murder, Barking dogs ou The host.

Get Out : Affiche

Get out

de Jordan Peele

Daniel Kaluuya, Allison Williams, Catherine Keener, Bradley Whitford

4/5

Chris, un jeune photographe talentueux afro américain est en couple depuis 4 mois avec Rose, une femme blanche. Leur couple mixte ne pose pas de problème à New York, mais lorsque la jeune femme lui demande de l’accompagner chez ses parents pour le week end, à la campagne, il n’est pas très motivé. Il finit par se laisser convaincre, et part sans grand enthousiasme. La maison familiale est perdue au milieu de nulle part, mais les parents de Rose s’avèrent chaleureux et accueillants. Pour autant, Chris ne se sent pas à l’aise dans cette maison, notamment quand il fait la rencontre des deux domestiques noirs qui ont l’air, au mieux drogués, au pire de zombies.

Get Out : Photo Catherine Keener

Je n’en dis pas plus, inutile d’en savoir davantage si vous ne voulez pas vous gâcher le film. Au départ, je pensais aller voir un film qui, sous couvert de thriller, dénonce le racisme aux États Unis. Au final, le film est fait de faux semblants. Get out n’est pas un film d’horreur, c’est plutôt un thriller, un film à suspense, avec quelques moments bien flippants. Il y a aussi dans Get out, énormément d’humour, on rigole plus d’une fois, surtout avec le personnage de Rod, le meilleur ami du héros. Un humour parfois sadique, qui m’a fait penser aux films d’horreur de Wes Craven.

Get Out : Photo Betty Gabriel, Marcus Henderson

SPOILER:

J’avais compris depuis le départ que Rose, la copine du héros, était une rabatteuse d’homme pour sa famille, et qu’elle devait avoir ramener chez elle un grand nombre de petit copain, mais j’étais persuadé qu’il s’agissait en fait d’un marché aux esclaves moderne, dont les victimes étaient tenues au silence grâce aux séances d’hypnose de la mère de Rose. En réalité, il s’agit plus d’un marché pour que les vieilles personnes en fin de vie puissent transférer une partie de leur cerveaux dans des corps jeunes. Le fait que les victimes soient toutes noires est justifié par le fait que les “acheteurs” considèrent qu’être noir c’est “à la mode” et que les noirs sont plus vigoureux et fort physiquement que les blancs.

J’ai adoré la scène dans laquelle le héros se met à dégommer toute la famille, de manière extrêmement violente, des coups répétés à la tête notamment, et on se rend compte que, comme le reste de l’audience, on se délecte à chaque coup qu’il inflige à cette famille de dégénérée, qui sous des aspects très civilisés, se cache en réalité de véritables monstres. J’ai pris plaisir à le voir les frapper sans fin, on sentait que tous les spectateurs avaient envie de prendre sa place pour les frapper aussi. Une violence qui d’habitude fait tourner la tête, ou fermer les yeux, mais ici, c’est presque thérapeutique de voir leurs têtes se fracasser et le sang gicler, même si c’est loin d’être le film le plus gore que j’ai vu.

Le film nous dénonce tout de même le racisme, notamment lors de la dernière scène. Le héros est ensanglanté et vient de tuer tout ses ennemis, lorsqu’une voiture de police arrive. Là tout le monde se dis que le pauvre va être exécuté par les flics qui voient un noir en sang entouré de cadavres blancs, mais soulagement générale quand on découvre qui débarque. Une fin qui est donc dans la lignée du film, pleine d’humour.

FIN SPOILER

 

Get Out : Photo Allison Williams, Daniel Kaluuya

En bref, un thriller qui cache bien son jeu, une histoire intelligente, des rebondissements malins, un film divertissant qui fait aussi réfléchir sur le racisme et les préjugés et surtout beaucoup d’humour décalé. A ne pas rater!

Dernières séances: The young lady – La colère d’un homme patient – Les gardiens de la galaxie 2

The Young Lady : Affiche

The young lady

de William Oldroyd

Florence Pugh, Cosmo Jarvis, Paul Hilton, Naomie Ackie

4/5

Au 19e siècle, en Angleterre, Katherine épouse Lord Lester. Comme beaucoup de jeune fille de son époque, c’est un mariage arrangé par les deux familles, où chacun y trouve son compte. Katherine n’est ni choquée, ni malheureuse ou heureuse d’épouser cet homme qu’elle ne connait pas. Mais lors de leur nuit de noce, son époux ne la touche pas, pas plus que les jours et les semaines qui suivent. Elle vit dans la grande demeure familiale auprès d’un beau père austère et d’un mari silencieux qui ne l’autorise pas à sortir dans le domaine prendre l’air. Jour après jour, Katherine passe son temps engoncée dans un corset qui la maintien bien droite, assise dans le sofa ou le fauteuil, sans que personne ne lui parle, à lutter contre le sommeil de l’ennui. Un jour, son beau père et son mari quitte la demeure pour régler des affaires urgentes. Katherine apprécie enfin sa tranquillité. Elle rencontre le nouveau palefrenier, Sebastian, qui devient très vite son amant.

The Young Lady : Photo Florence Pugh

A lire le résumé sur les différents sites, on pourrait croire à une énième histoire du style Lady Chatterley, une femme aisée enfermée dans un mariage stérile, qui décide de prendre un amant pour enfin ne plus être frustrée. Ici on est loin de Lady Chatterley.

Katherine n’a rien d’une jeune fille émotive et effrayée quand elle se marie à Lord Lester. On sent qu’elle a été élevée loin de toute idée romantique du mariage. C’est un accord, un arrangement, un acte de commerce. Katherine sait qu’on attend d’elle qu’elle soit une bonne maitresse de maison et surtout pourvoyeuse de petits héritiers de la famille Lester.

The Young Lady : Photo Florence Pugh, Naomi Ackie

Katherine se retrouve dans une maison vide, un mari fantomatique, un beau père pas content de voir sa belle fille pas capable de provoquer le désir de son mari. Chaque jour ressemble à un autre, avec sa femme de chambre, Anna qui vient la réveiller à heure fixe, qui la coiffe, l’habille, les repas en silence, les longues heures assises dans le salon, seule, à lutter contre un sommeil provoquer par un ennui profond. Pour seul bruit de fond, le tic tac de l’horloge qui tape sur le système de la prisonnière.

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Katherine est un personnage étrange, elle ne ressent pas vraiment d’émotion. Elle frôle surement la folie par ces longues semaines enfermées à ne parler à personne, à ne voir personne, à ne rien faire. Avec le départ du beau père et du mari, Katherine se sent libre de sortir, de faire la sieste si elle s’ennuie, de s’allonger ou de se prend un amant. Elle revit. Mais en réalité, Katherine n’a pas vraiment de sentiment ni d’émotion. Elle est très attachée à Sebastian, mais on ne peut pas appeler ça de l’amour. Ses différents crimes la laisse marquée, mais on sent à chaque nouveau pas qu’elle fait vers l’horreur, qu’elle saura surmonter et passer au travers, ce qui n’est pas le cas de Sebastian. En réalité, Katherine est probablement une sociopathe. Elle aurait pu faire une parfaite maitresse de maison chez les Lester, et donner tous les héritiers que son beau père souhaitait, si seulement son mari l’avait laisser un peu libre et s’il avait pris la peine de consommer son union.

The Young Lady : Photo Cosmo Jarvis, Florence Pugh

Difficile donc de s’attacher au personnage de Katherine, même si on peut comprendre certains de ses actes, ou sa frustration à chaque obstacle venant se mettre en travers de la vie indépendante et tranquille qu’elle recherche. Encore plus difficile de s’attacher à Sebastian, un homme rustre, qui s’avèrera être un lâche et un faible, notamment lorsqu’il demande à Katherine de faire une chose dont il n’a pas le courage, pour lui reprocher ensuite cet acte.

The Young Lady : Photo Florence Pugh

Le film reste prenant, il ne dure qu’1h30, on ne s’ennuie pas une une seconde. Malgré certaines horreurs, le film n’est jamais lourd ou pesant. Tout y est froid, la maison, le mobilier, les tenues, à l’image de Katherine. On est très curieuse de voir comment les choses vont finir pour ces personnages, Katherine, Sebastian, mais aussi la femme de chambre. Il n’y a pratiquement aucune musique et la mise en scène est impeccable, et va à la perfection avec le caractère de Katherine jouée par une excellente Florence Pugh.

Les Gardiens de la Galaxie 2 : Affiche

Les gardiens de la galaxie vol. 2

de James Gunn

Chris Pratt, Zoe Saldana, Bradley Cooper, Vin Diesel, David Bautista, Michael Rooker, Karen Gillan, Kurt Russell, Pom Klementieff

4/5

On retrouve Peter Quill, en compagnie de sa fine équipe. Ils viennent de finir une mission pour le compte des Souverains, engagés pour se débarrasser d’un monstre. Mais avant de repartir, Rocket décide de voler quelques batteries par simple défi et s’attire les foudres de leur reine, Ayesha. Elle envoie sa flotte à leur poursuite et sont sur le point d’être annihilés lorsqu’ils sont sauvés in extremis par un mystérieux vaisseau. Il s’agit en réalité de Ego, le géniteur de Peter, qui a passé la moitié de sa vie à le recherché. Peter décide de faire connaissance avec son père et part sur la planète d’Ego, en compagnie de Gamorra et de Drax, laissant Rocket, bébé groot et Nébula faite prisonnière, sur la planète Berhert, pour que Rocket puisse réparer les dégâts.

Les Gardiens de la Galaxie 2 : Photo

Si le premier film était pas mal le second est bien meilleur.

J’ai beaucoup aimé l’humour, j’ai beaucoup plus ri dans ce film que dans le premier volet. J’adore chacun des personnages, Drax et sa franchise parfois blessante, Rocket et son cynisme, Gamorra et sa relation avec sa sœur Nebula, et bien sur Quill. Il y a certaines scènes vraiment très drôles, notamment quand Quill se fait lire ses émotions par Mantis, ou encore toutes les scènes impliquant bébé Groot. Moi qui était déçue de voir ce personnage détruit à la fin du premier film pour le revoir renaitre à état de brindille, j’étais contente de voir que, à l’état de “bébé” le personnage est encore plus réussi et attachant, impossible de ne pas craqué pour bébé groot.

Les Gardiens de la Galaxie 2 : Photo Chris Pratt, Dave Bautista, Karen Gillan, Zoe Saldana

Les Gardiens de la Galaxie 2 : Photo Chris Pratt, Dave Bautista, Zoe Saldana

On passe un excellent moment, on en apprend plus sur les origines de Quill, j’ai beaucoup aimé l’évolution dans la relation entre les deux sœurs Gamorra et Nebula, j’ai trouvé leur relation très touchante. Pareil pour Yondu et Quill, avec une fin très touchante. Sous des airs très comique, les personnages ont beaucoup évolués dans leurs caractères et dans leurs sentiments, que ce soit Rocket, Gamorra ou Quill.

Les Gardiens de la Galaxie 2 : Photo Michael Rooker

Un second volet bourré d’humour, d’action, de rebondissements, on ne s’ennuie pas, on ne se lasse pas, avec des personnages plus en profondeurs. Je l’ai trouvé bien au dessus du premier volet. On s’attache beaucoup aux personnages, j’ai beaucoup ri, toujours avec ses références et sa musique des années 80, et j’ai hâte de voir le 3e volet.

La Colère d’un homme patient : Affiche

La colère de l’homme patient

3/5

de Raul Arevalo

Antonio de la Torre, Luis Callejo

José est un homme taciturne qui passe son temps dans un café de son quartier au point qu’il a sympathisé avec les propriétaires. En réalité José est un homme brisé qui a passé 8 ans à attendre pour venger un crime qui a brisé sa vie.

La Colère d’un homme patient : Photo Antonio de la Torre, Luis Callejo

J’y suis allée sans trop savoir à quoi m’attendre, j’avais seulement vu la bande annonce. On suit donc ce personnage de José qui attend 8 ans pour se venger. De qui, pourquoi, ce sont des questions auxquelles le film répond au fur et à mesure qu’on avance dans l’histoire. Il attendra 8 ans qu’un des responsable sorte de prison, afin de trouver les autres responsables, dont les identités n’ont jamais été découverte par la police à l’époque des faits.

La Colère d’un homme patient : Photo Antonio de la Torre

Le film ne dure qu’1h30 mais j’ai senti le temps passé, au point qu’à un moment je me suis demandée si je ne m’étais pas trompée dans la durée du film. C’est pas si lent que ça, mais ça tarde à démarrer. On ne s’intéresse pas énormément aux personnages. On découvre au milieu du film pourquoi José est celui qu’il est aujourd’hui, si froid, si taciturne, on découvre l’horreur que certaines personnes de sa famille on vécut et comment ça a briser sa vie. Si l’un des responsables a passé 8 ans en prison, José a lui aussi passé 8 ans enfermé même s’il n’avait pas de cellule.

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Le film nous parle de pardon, de remord, et pose la question. Un homme qui a commis un crime inhumain dans sa jeunesse a t-il le droit de rester impuni en vivant une vie honnête et irréprochable? José découvre qu’un des coupables est devenu un fermier honnête, parfait mari et futur père dévoué. Mais doit -il rester impuni d’un crime commis 8 ans auparavant parce qu’il va soudain devenir père?

Un sujet intéressant servi par de bons acteurs. Mais au finale le temps passe lentement avec José, et on ne s’attache pas vraiment à sa mission de vengeance.

 

Après la tempête de Hirokazu Kore Eda

Après la tempête : Affiche

Après la tempête

de Hirokazu Kore Eda

Hiroshi Abe, Kirin Kiki, Yoko Maki

4.5/5

Ryota est un gentil loser. Après un premier roman qui a eu son petit succès et quelques prix, Ryota n’a plus écrit. Aujourd’hui divorcé, père d’un enfant de 11 ans qu’il ne voit pas beaucoup faute de payer une pension alimentaire dans les temps. Pour payer les factures, Ryota est employé dans une agence de détective privé, et passe son temps à filer les maris et épouses infidèles. Il dépense le peu d’argent qu’il gagne aux courses de vélo. Entre deux boulots, il passe voir sa vieille mère, qui vit son récent veuvage comme une libération et un soulagement. Ryota espère se réconcilier avec son ex femme, mais cette dernière commence déjà à refaire sa vie.

Après la tempête : Photo Hiroshi Abe

“C’est difficile de devenir l’adulte de ses rêves”. Cette phrase que prononce le héros pour remettre à sa place un ado, résume bien le dernier film de Hirokazu Kore Eda. On retrouve un peu l’atmosphère de son meilleur film, Still Walking, les relations intergénérationnelles, les désillusions des personnages, les regrets.

Après la tempête : Photo Hiroshi Abe

Ryota, le héros du film, est un gentil loser. Tout le monde pensait le voir devenir un grand écrivain, mais finalement il n’a jamais confirmer son talent. Dorénavant, Ryota est divorcé, père d’un fils de 11 ans qu’il ne voit pas souvent, et pour gagner sa vie il passe son temps à épier les maris et épouses infidèles pour le compte d’une agence de détective privé minable. Il dépense son salaire dans les courses de vélos et peine à payer son loyer et sa pension alimentaire.

Après la tempête : Photo Hiroshi Abe

Les personnages sont très attachants. Ryota en loser pathétique qui fait ce qu’il peut, mais aussi sa mère, une vieille dame qui vit son récent veuvage comme une libération et une renaissance. J’ai beaucoup aimé les relations entre les personnages, Ryota et sa mère, Ryota et son fils Shingo, Ryota et son collègue, ou encore Shingo et sa grand mère.

C’est drôle, émouvant, il y a surtout beaucoup d’humour. Kore Eda mélange toujours le sombre et la lumière, les joies de la vie, et les petites aigreurs du passé. La mère de Ryota révait de finir ses jours dans une jolie maison et pas dans un appartement minuscule d’une cité hlm. Ryota rêvait de devenir un grand écrivain mais fait des boulots alimentaires sans intérêt. L’ex femme de Ryota espérait vivre sa vie au coté d’un homme qu’elle aime, mais préfère faire des concessions et se trouver un partie correcte.

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La mère de Ryota reste un des personnages les plus attachants du film, une vieille dame contente d’être débarrassé d’un mari qui lui piquait son argent pour aller jouer aux courses, et qui sait jouer les victimes pour apitoyer son entourage sur son sors. On passerait bien l’après midi avec elle, à l’écouter parler franchement de son fils, sans filtre, qui sait dire des choses franches l’air de rien, sur un ton neutre.

Après la tempête : Photo Hiroshi Abe, Yoko Maki

Après la tempête est un film plus profond qu’il n’y parait. Des personnages attachants, de l’humour parfois tranchant, des relations intergénérationnelles compliquées, et encore une fois Kore Eda fait mouche, les dialogues superbes, des petites phrases parfois lourdes de sens, une dernière partie excellente. J’ai adoré revoir Kirin Kiki, qui jouait déjà une mère acide dans ses paroles dans Still Walking tout comme Hiroshi Abe qui joue Ryota. Probablement le film de Kore Eda que je préfère après Still Walking.

Vu dans le cadre du challenge, Un mois au Japon

Masayuki Kusumi & Jirô Taniguchi, Le gourmet solitaire, manga, japon, plats japonais, challenge un mois au japon

Les figures de l’ombre

Les Figures de l'ombre : Affiche

Les figures de l’ombre

de Theodore Melfi

Taraji P Henson, Octavia Spencer, Janelle Monae, Kevin Costner, Kirsten Dunst, Mahershala Ali

4/5

Katharine Goble a toujours été très doué en mathématique et très en avance sur les autres enfants de son âge. Grace à des parents motivés et à ses enseignants, Katherine a la possibilité de faire de très hautes études malgré le fait qu’elle soit une femme afro américaine dans les années 30. Elle et ses deux amies, Dorothy et Mary, elles aussi très douées, femme et noires, elle travaille dorénavant pour la Nasa. Comme partout aux Etats Unis, la ségrégation fait rage. Ainsi les employés afro américaines de la Nasa travaille dans un bâtiment à part. Alors que le pays fait la course avec l’URSS pour la conquête de l’espace, tout s’accélère pour la Nasa, qui doit envoyé bientôt John Glenn faire un premier voyage dans l’espace. Le chef du programme spatial demande alors le meilleur employé mathématicien pour les calculs. Katherine y est envoyé. De son coté, Mary Jackson intègre le département ingénieur, tandis Dorothy Vaughan aimerait bien avoir le titre de responsable de son service, puisqu’elle l’est déjà officieusement. Elle se met à étudier sérieusement le langage informatique fortran, persuadé qu’elle doit devenir une spécialiste de l’informatique si elle ne veut pas devenir obsolète au sein de la Nasa.

Les Figures de l'ombre : Photo

j’ai failli ne pas voir ce film, car ce jour là il faisait très beau et j’ai eu comme une envie d’aller me promener au soleil plutôt que de m’enfermer dans une salle obscure. Mais au bout de quelques minutes dehors, la foule très dense m’a soulé et quelque peu énervé. J’avais envie de calme pour mon week end, du coup finalement, je suis allée au cinéma, sans être bien convaincu.

Les Figures de l'ombre : Photo Glen Powell, Octavia Spencer, Taraji P. Henson

Au bout de 20 minutes de film, j’étais contente de mon choix, contente de voir ce film. Le film parle du quotidien difficile des femmes afro américaines des années 60, mais sans tomber dans les clichés habituels. Ici on ne parle pas de rébellion, de lutte pour les droits civiques, il n’y a pas de drames personnels, de grosses scènes dramatiques, on ne voit pas la lutte pour l’égalité des droits. On ne nous montre pas des femmes mariées à des macho ou à des hommes violents, qui ne souhaitent pas voir leurs femmes aller bosser. Ici, la ségrégation est racontée d’un point de vue intimiste, quotidien. Aller à la bibliothèque, passer devant le juge pour défendre sa cause, boire du café pendant sa pause au travail, aller au toilettes, des actes anodins qui ne le sont pas pour les afro américains des années 60.

Les Figures de l'ombre : Photo Taraji P. Henson

J’ai adoré suivre l’évolution de ces trois femmes très intelligentes, très scientifiques, très déterminée. Voir Katherine s’énerver de devoir faire plusieurs fois par jour 1km pour juste aller au toilette, la voir subir le raciste et la condescendance de ces collègues hommes et blancs, voir Mary devoir passer devant le juge pour pouvoir avoir le droit de suivre le cours supplémentaire qui lui permettrait de devenir ingénieur à la Nasa, ou Dorothy travailler plus dure et avoir des idées plus innovante, notamment en matière d’informatique pour obtenir le grade qu’elle était en droit d’avoir depuis longtemps. J’ai adoré leur soutien mutuel, leur courage, leur travail, leur passion.

Les Figures de l'ombre : Photo Jim Parsons, Kevin Costner, Taraji P. Henson

La scène de la bibliothèque avec Dorothy, la scène au tribunal avec Mary et la scène avec Katherine devant ces collègues m’ont beaucoup plut. Ce que j’ai aimé aussi c’est ce coté rien n’est tout blanc ou tout noir. Les collègues hommes blancs de Katherine l’ignore, la regarde comme une bête curieuse, l’oblige à se servir d’une cafetière différente de la leur à cause de sa couleur. Mais en même temps, quand ils apprennent à la connaitre, ils l’acceptent sans pour autant le lui dire. Ou encore la supérieur de Dorothy qui la traite avec condescendance, mais qui au final n’est pas si méchante au fond. Et les Etats Unis qui refuse d’accorder le même droit aux noirs et aux femmes, mais qui enterrent tous les préjugés quand il s’agit d’être le plus efficace possible, et battre l’URSS dans la course à l’espace.

Les Figures de l'ombre : Photo Janelle Monáe, Octavia Spencer, Taraji P. Henson

Les Figures de l'ombre : Photo

Les trois actrices principales incarnent parfaitement ces trois femmes hors normes et quand on voit que les personnages ont vraiment existé on ne peut qu’être admirative. Des femmes, noires, dans les années 60, qui ont réussi à accomplir ce qu’elles ont accomplis, c’est avec admiration que j’ai regardé les dernières minutes du film. Un film intéressant, intelligent, dont le sujet est prenant, avec de bons acteurs, j’ai passé un excellent après midi!