Dernières séances: Detroit de Katherine Bigelow – Logan Lucky de Steven Soderbergh – Thor ragnarok de Taika Waitiki- Au revoir la haut de Albert Dupontel

Detroit : Affiche

Détroit

de Kathryn Bigelow

John Boyega, Will Poulter, Algee Smith, Jason Mitchell, Hannah Murray

4/5

Détroit en juillet 1967, rien ne va plus, c’est l’état de siège. Sur fond de guerre du Viet Nam contestée par la population, les afro américains n’en peuvent plus du racisme surtout de la part des forces de police. Alors que la ville est à feu et à sang et que les rues ressemblent à un pays en guerre, Larry Reed, chanteur du groupe the dramatics, rêve de percer dans la musique. Avec son groupe, il espère taper dans l’œil d’un grand producteur présent dans le théâtre où il est senser se produire. Hélas, les émeutes les oblige à quitter le théâtre. Larry et son meilleur ami Fred trouvent refuge dans l’hôtel Algiers. Ils sympathisent avec deux jeunes femmes blanches et d’autre afro américain présent. Mais tout dérape lorsque la police local et la police d’état débarque dans l’hôtel à la recherche d’une soi disant arme.

Detroit : Photo Algee Smith

Je suis assez admirative du cinéma de Kathryn Bigelow, j’aime sa façon de filmer, beaucoup de ses films sont prenant et certains ont marqués des générations. Avec Detroit on retrouve son talent de réalisatrice, sa mise en scène au service d’un épisode de l’histoire américaine que je ne connaissais pas. Je connaissais la grande histoire, celle des émeutes sur fond de guerre du Viet Nam, du racisme, de la violence des forces de l’ordre. Mais je ne connaissais pas l’histoire de l’hôtel Algiers.

Detroit : Photo Algee Smith

Larry et Fred qui ne pensent qu’à leur musique et qui digèrent mal de ne pas avoir pu tenter leur chance quelques heures plus tôt vont se retrouver séquestrer avec deux jeunes femmes blanches et quelques autres hommes par trois policiers, qui derrière une soi disant volonté de faire appliquer la loi, vont agir comme des psychopathes sadiques.

Detroit : Photo Will Poulter

Le film est dure à voir, c’est dure de voir cette brochette de personnes qui n’ont rien demander à personne subir des humiliations, des coups violents, des menaces. Ils ne savent pas si ils vont sortir de l’hôtel vivant et plus les heures passent plus l’espoir de survivre s’amenuise notamment quand la police d’état, voyant les choses déparées, décident de tout simplement quitter les lieux.

Detroit : Photo

On a tout simplement l’impression de voir un épisode d’esprit criminel, un épisode dans lequel on suivrait les victimes d’un kidnappeur psychopathe se faire torturer de toutes les manières possibles en espérant que les agents du FBI arriveront à temps pour les sauver de leurs bourreaux. Sauf qu’ici les autorités supérieures ont préféré tourner les talons…

Detroit : Photo

Au delà de l’histoire de cet hôtel et de ces occupants, Bigelow raconte aussi comment n’importe quel homme peut exercer son sadisme en toute impunité quand il le fait sous couvert d’un uniforme ou d’un statut qui l’érige à un état de figure autoritaire. Ils représentent l’état, les victimes savent qu’ils pourront leur faire ce qu’ils veulent et qu’ils s’en sortiront quand même car protéger par leur plaque de flic.

Detroit : Photo

Le film est donc dure mais nécessaire, de voir comment la justice n’a rien fait contre ses psychopathes malgré toutes les preuves, tous les témoignages, et de se dire que 50 ans plus tard les choses n’ont pas tellement changées. Les acteurs sont tous très bon, tellement humain dans leur réaction et Katheryn Bigelow confirme encore tout son talent.

Logan Lucky : Affiche

Logan Lucky

de Steven Soderbergh

Channing Tatum, Adam Driver, Daniel Craig, Kathy Holmes, Seth MacFarlane

3,5/5

Jimmy et Clyde Logan sont frères et subissent la malédiction familiale qui veut que les hommes de la famille ne réussissent rien et ratent toujours tout. Jimmy aurait du devenir un célèbre joueur de foot millionnaire mais après une blessure, ses rêves s’effondrent, Clyde perd un bras (enfin la main et l’avant bras) après avoir combattu en Irak. Jimmy bosse sur le chantier du grand stade du coin mais se fait virer à cause d’une jambe boiteuse. Il décide alors de monter un coup avec son frère, voler l’argent des recettes de la journée la plus rentable du fameux stade qui va accueillir la course Nascar la plus populaire du pays. Pour mettre leur plan à exécution, ils ont besoin de l’aide de Joe Bang. Le seul soucis c’est qu’il est en prison.

Logan Lucky : Photo Adam Driver, Channing Tatum, Riley Keough

Logan Lucky : Photo Adam Driver, Channing Tatum

L’histoire dit comme ça, donne l’impression qu’il s’agit d’un film on ne peut plus classique. Des losers qui tentent de faire un gros coup pour engranger plein de fric en peu de temps, parce qu’ils en ont marre que la société et la malchance leur crachent dessus.

Logan Lucky : Photo

Mais Logan lucky c’est un peu plus que ça. L’histoire est bien ficelé, les détails du coup sont originaux, quelques détails sont surprenant. Mais surtout c’est très drôle, bien écrit et le film contient quelques références bien rigolotes. Quelques scènes sont très drôles notamment l’émeute dans la prison avec une revendication concernant game of throne qui m’a bien fait rire.

Logan Lucky : Photo Channing Tatum, Farrah Mackenzie

Un film de braquage mais très différent de Ocean eleven. Sans être le film de l’année, on passe un très bon moment.

Thor : Ragnarok : Affiche

Thor ragnarok

de

Chris Hemsworth, Tom Hiddleston, Mark Ruffalo, Jeff Goldblum, Tessa Thompson, Cate Blanchett, Idris Elba, Karl Urban, Anthony Hopkins

3,5/5

Deux ans après les évènements de Avengers l’ère d’Ultron, Thor rentre de ses aventures sur Asgard pour découvrir que son frère Loki n’est pas mort et que son père a disparu. Thor et Loki partent sur Terre pour retrouver leur père. Odin leur annonce qu’il est sur le point de mourir, son heure étant venue, et que sa mort va libérer leur sœur ainée, Hela, que les deux frères ne connaissaient pas. Hela ne pense qu’à une chose, conquérir et vaincre et est bien décidée à reprendre sa place sur le trône d’Asgard. Elle détruit sans effort le marteau de Thor. Les deux frères se retrouvent sans le vouloir sur Sakaar, une planète décharge sur laquelle le Grand Maitre règne. Mégalomane, le Grand Maitre organise des jeux dans son arène comme au temps des romains. Thor est alors vendu comme esclave. Il doit affronté la créature imbattable qui s’avère être Hulk coincé dans sa forme de bête depuis deux ans.

Thor : Ragnarok : Photo Tom Hiddleston

Je n’ai pas aimé le premier volet, je n’ai pas été voir le second et Avengers l’ère d’Ultron m’avait un peu ennuyé. J’ai quand même été voir ce film sur les conseils d’une amie fan et aussi sur le fait que le film me semblait différent des épisodes précédents et qui me semblait beaucoup plus drôle et barré que le premier volet des aventures du héros aux cheveux longs.

Thor : Ragnarok : Photo Chris Hemsworth, Mark Ruffalo, Tessa Thompson

De ce coté là je n’ai pas été déçue, dès les premières minutes j’ai adhéré à l’humour du film. La scène dans laquelle Loki se fait passer pour Odin sur Asgard, Loki et Thor qui débarquent à Paris, Thor qui rencontre docteur Strange, Jeff Goldblum en Maitre mégalo déjanté, la valkyrie alcoolique, la relation entre les deux frères, et puis Hulk en bête stupide.

Thor : Ragnarok : Photo Chris Hemsworth, Tom Hiddleston

Sans rien révolutionner, Thor ragnarok est drôle et très divertissant. L’action est bien distillée durant tout le film, l’humour très présent, un épisode Thor qui ne se prend pas au sérieux. Un bon divertissement dont les décors et la musique rappellent les années 80, décennie à la mode en ce moment.

Au revoir là-haut : Affiche

Au revoir la haut

de Albert Dupontel

Albert Dupontel, Nahuel Perez Biscayart Laurent Lafitte, Mélanie Thierry, Emilie Duquenne, Niels Arestrup

4/5

Première guerre mondiale, le soldat Maillard attend dans les tranchées que la guerre se termine. Jusqu’ici il a eut la chance de ne pas être sérieusement blessé. Hélas, alors que les allemands comme les français se tiennent tranquille dans l’attente d’une armistice imminente, le lieutenant Pradelle, qui aime trop jouer à donner des ordres, relance les hostilités en tuant deux de ses hommes et en faisant croire que l’attaque vient des allemands. Dans le no man’s land entre les deux camps, les combats reprennent. Seul le soldat Maillard à tout vu. Sauvé in extremis de la mort par son compagnon d’arme le soldat Pericourt, ce dernier a le bas du visage arraché par un obus. La guerre prend fin, le lieutenant Pradelle s’en sort avec les honneurs, tandis que Maillard fait tout pour aider son compagnon Péricourt, qui n’a plus de machoire. Les mois passent, Pericourt, issu d’une famille riche, se fait passer pour mort, et décide de se venger de l’Etat qui les a envoyé au casse pipe, en organisant une énorme arnaque…

Au revoir là-haut : Photo Albert Dupontel

Je n’ai lu aucun roman de Pierre Lemaitre, mais j’aime beaucoup le cinéma atypique de Dupontel. Comparé à d’autre de ces films, Au revoir la haut (qui est l’adaptation du roman de Lemaitre qui a obtenu un prix goncourt) est plus classique dans son histoire et dans sa forme, bien que la réalisation soit originale.

Au revoir là-haut : Photo Albert Dupontel

J’ai au finale beaucoup aimé le film. L’histoire est très intéressante, elle s’intéresse en arrière plan aux laissés pour compte de la guerre des tranchées, les mutilés, et surtout les “sans gueules”, ces hommes dont une partie du visage a été arraché, mais qui n’en sont pas mort pour autant, comme Pericourt dans le film, qui ne peut plus parler ou presque, qui ne s’alimente que grâce à un tuyau implanté dans la gorge et dans laquelle on injecte de la nourriture liquide, effrayant. J’ai beaucoup aimé suivre du point de vue du soldat Maillard, le quotidien de Pericourt aidé de la petite Louise une orpheline qui s’est attachée à Pericourt.

Au revoir là-haut : Photo Laurent Lafitte, Niels Arestrup

Les acteurs sont très très bons notamment, Nahuel Pérez Biscayriat qui joue Pericourt et dont les émotions passent rien que dans son regard. Albert Dupontel toujours aussi bon et puis Niels Arestrup que j’aime énormément. La mise en scène, les détails comme les masques, sont très soignés. On ne voit pas le temps passé à suivre le destin étrange de ces personnages brisés par la vie.

Advertisements

Dernières séances: Wind river – Blade runner 2049

Wind River : Affiche

Wind river

de Taylor Sheridan

Jeremy Renner, Elisabeth Olsen

4/5

Dans la colonie indienne de Wind river dans le Wyoming, Cory Lambert est un chasseur qui traque les prédateurs sauvages qui s’en prennent aux bétails des fermiers alentour. Il se remet difficilement de la mort de sa fille de 16 ans, survenue quelques années plus tôt. Depuis, il est séparé avec sa femme amérindienne et tient le coup en s’occupant de son fils. Alors qu’il traque une famille de puma, il tombe par hasard sur le cadavre de Natalie, une jeune femme de 18 ans, qui fut la meilleure amie de sa fille. Elle est morte de froid après avoir parcourus plusieurs kilomètres de nuit, pieds nus, par -30°. L’autopsie révèle un viol, Natalie aurait alors couru dans la neige pour échapper à ses agresseurs. L’agent du FBI Jane Banner se rend sur place et est aidée par le shérif locale et Cory qui avec ses dons de traqueur, remonte la piste des évènements.

Wind River : Photo Elizabeth Olsen, Graham Greene (II)

Taylor Sheridan est le scénariste des excellents Comancheria et Sicario. J’avais adoré ces deux films. Ici, Sheridan prend les commandes de la caméra. On retrouve le style de Sicario, pas dans la réalisation qui est efficace et simple, mais dans les personnages et l’histoire. Une enquête, une agent fédérale dépasser par le milieu inédit dans lequel elle met les pieds. On retrouve quelques similitudes entre l’héroïne de Sicario et celle de Wind river, des femmes fortes et déterminées, compétentes dans leurs domaines mais qui se retrouvent en terrain inconnus. Sheridan n’épargne pas ses héroïnes sur le plan physique.

Wind River : Photo

J’ai beaucoup aimé Wind river, je m’étais persuadée de certaines choses, je m’attendais à des révélations tordues et inattendues, mais en fait l’histoire de la victime est d’une banalité insupportable. La scène dans laquelle on voit ce qui est arrivée à Natalie est assez insoutenable car très réaliste et très crue, sans effet. Elle renvoie à la scène d’ouverture du film.

Wind River : Photo Jeremy Renner

Wind river est donc dure dans son réalisme, ça en devient trop violent. J’ai vu beaucoup de violence dans les films et les séries, mais j’ai été plus traumatisée par Wind river. Je pense que c’est du au fait que les choses qui arrivent à Natalie sont quasi quotidienne, traité sans fioriture ni effet, c’est d’un réalisme effroyable. Le film marque aussi par sa fin, qui fait un peu de bien. Les acteurs sont excellents et Sheridan nous entraine dans les réserves indiennes, territoires peu exploités par le cinéma. Un film à voir mais dure, à ne pas regarder dans un moment de déprime.

 

Blade Runner 2049 : Affiche

Blade runner 2049

de Denis Villeneuve

Ryan Gosling, Jared Leto, Ana de Armas, Robin Wright, Sylvia Hoeks

4/5

En 2049 l’agent K, un blade runner, est chargé de traquer des réplicants qui ont été membres d’une rébellion contre les humains quelques années auparavant. L’agent K est lui même un réplicant et il est très efficace dans son boulot. Alors qu’il vient de “retirer” un des réplicants recherchés, il découvre l’existence d’un enfant né du ventre d’une femme réplicant. Sa chef veut absolument enterrer l’affaire pour éviter une nouvelle rébellion et assurer l’ordre public. Elle charge K de retrouver la trace de cet enfant né 30 ans auparavant et de le “retirer”. Son enquête le mène sur les traces d’un certain Rick Deckard, ancien blade runner.

Blade Runner 2049 : Photo Harrison Ford, Ryan Gosling

Blade Runner 2049 : Photo Robin Wright, Sylvia Hoeks

Blade runner est un film culte qui a beaucoup influencé le cinéma SF aussi bien sur le plan du scénario que sur le plan du visuel et de la mise en scène. J’avais vu blade runner quand j’étais au lycée et j’avais adoré. Je l’avais revu au cinéma l’année dernière et si je trouve le film toujours très réussi sur le plan visuel, je lui ai trouvé quelques longueurs.

Blade Runner 2049 : Photo Ryan Gosling

Blade runner 2049 dure 2h45 et je ne me suis pas ennuyée une seconde. Peut être que si je vais le revoir une seconde fois je vais aussi trouver que le film a certaines longueurs. Sur le plan visuel et de la musique on retrouve beaucoup de points communs avec Blade runner. La mise en scène est très réussie, les décors aussi. J’ai aussi accroché à l’histoire, je me suis fait avoir comme le pauvre K. J’ai trouvé Ryan Gosling assez inexpressif mais c’est le rôle qui veut ça je suppose. Du coup, les rares scènes où il laisse ses émotions le submerger sont très réussies. On ressent tout son désespoir quand il découvre la vérité sur sa personne, toute sa colère quand il découvre certains éléments.

Blade Runner 2049 : Photo Ryan Gosling

J’ai donc trouvé l’histoire bien tournée, les effets visuels très bien fait, le décor et l’ambiance très proches du blade runner de 1982. Et j’ai aussi beaucoup aimé les personnages, celui de K, celui de l’impitoyable Luv, celui de Robin Wright…quelques clins d’œil à Blade runner sans pénaliser les spectateurs qui n’aurait pas vu le premier film. J’ai trouvé Blade runner 2049 plus sombre aussi, notamment à travers la destinée de K (SPOILER: K est l’élu puis finalement il découvre qu’il n’est personne, ce fut rude pour lui).

Blade Runner 2049 : Photo Ana de Armas, Ryan Gosling

C’est donc un très bon film de SF mais il n’aura surement pas le même impact que Blade runner, puisque Blade runner 2049 n’apporte pas une nouveauté ou une révolution dans le monde de la SF, mais c’est déjà pas mal.

Dernières séances: Good time – Dans un recoin du monde – Mary

Good Time : Affiche

Good time

de

Robert Pattinson, Ben Safdie, Talliah Webster, Jenifer Jason Leigh

2.5/5

Connie est très attaché à son frère, Nick, handicapé mental. Ce dernier est sur le point d’être envoyé dans une institution spécialisée mais Connie veut une vie normale pour son frère, sans qu’il se sente différent des autres. Il décide d’embarquer son frère dans le braquage d’une banque. Avec l’argent il compte offrir à son frère une vie calme et retirée mais le braquage tourne mal. Connie arrive à s’enfuir alors que Nick est arrêté par la police. Connie tente alors de réunir l’argent de la caution.

Good Time : Photo Robert Pattinson, Taliah Webster

Good time se déroule sur quelques heures seulement. Connie refuse de voir son frère aller dans un centre spécialisé, avec d’autre personnes attardées. Il rêve pour son frère d’une vie loin de tout, dans laquelle son frère ne sera pas confronté quotidiennement à sa différence, une vie dans laquelle il vivra libre sans le regard des autres. Durant une nuit, Connie s’acharne à trouver l’argent nécessaire pour faire sortir son frère de prison. Le film m’a paru un peu long, l’histoire m’a fait pensé un peu au roman Des souris et des hommes de Steinbeck. Connie est loin d’être une figure sympathique, prêt à tout pour faire sortir son frère, peu importe que d’autre en souffre.

Good Time : Photo Ben Safdie, Robert Pattinson

En bref, un film dont l’histoire n’a pas beaucoup d’intérêt, avec des acteurs qui se débrouillent bien notamment Ben Safdie qui joue le rôle de Nick.

 

Dans un recoin de ce monde : Affiche

Dans un recoin de ce monde

de Sunao Katabushi

4/5

Suzu quitte la région d’Hiroshima pour se rendre dans la famille de son nouvel époux, un jeune homme qui n’a jamais oublié sa rencontre avec Suzu quand ils étaient plus petits et qui est naturellement venu demander sa main à l’âge adulte. A peine 18 ans et Suzu quitte parents, frère et sœur pour une nouvelle maison et un mari qu’elle ne connait pas vraiment. Sous le toit familiale, il y a aussi ses beaux parents, très gentils, et parfois sa belle sœur qui vient en visite avec sa petite fille Harumi, belle sœur un peu plus difficile à vivre. C’est en pleine seconde guerre mondiale que Suzu fait ses premiers pas dans sa vie d’adulte, avec les alertes aux bombardements à répétition. Elle n’oublie pas pour autant sa vraie passion, le dessin, car Suzu a toujours eu une imagination débordante.

Dans un recoin de ce monde : Photo

Dans un recoin de ce monde, ça parle de l’enfance, de l’imagination, de la vie quotidienne, de la vie pendant la guerre. Suzu est un personnage très attachant. On la suit durant son enfance simple et heureuse, sa passion pour le dessin, son talent pour mettre en dessin son imagination débordante, c’est une fille pleine de vie, optimiste et tête en l’air, toujours dans la lune, perdue dans ses pensées.

Dans un recoin de ce monde : Photo

On la voit grandir, elle accepte la demande en mariage de celui qui l’a vu autrefois dans leur enfance et qui ne l’a jamais oublié. Suzu n’est pas amoureuse de son mari au début, puisqu’elle ne le connait pas du tout, mais apprend à le connaitre. J’ai beaucoup aimé sa vie de famille, son mari attentionné et aimant, tout comme ses beaux parents, compréhensifs et gentils. J’ai aussi aimé la belle sœur de Suzu qui, sous un aspect brusque et hostile, s’avère être une femme déterminée, bonne, forte et indépendante, dont la vie n’a pas toujours été facile.

Dans un recoin de ce monde : Photo

Le film alterne les moments de vie quotidienne et les affres de la guerre, avec une Suzu toujours joyeuse, toujours partante, jamais défaitiste. Elle a toujours des idées pour faire avec les pénuries de la guerre, comme reprendre des kimonos pour en faire des tenues plus adaptées, se contenter des restes et des rationnements alimentaires pour faire malgré tout des repas de fête et satisfaire l’appétit de tout le monde. J’ai adoré la séquence dans laquelle elle explique ses différentes recettes. On la suit dans les rues de Kure, se perdre dans le quartier rouge et sympathiser avec une prostituée sans s’en rendre compte.

Résultat de recherche d'images pour "dans un recoin de ce monde"

Le film enchaine les saisons tout en se dirigeant doucement vers la date fatidique du 6 aout 1945. Suzu vivra, durant la guerre, des épisodes douloureux, un énorme drame qui l’a laissera abattue, mais malgré ces malheurs, malgré la bombe, malgré la guerre et la destruction, Suzu reprendra toujours le dessus, avec son naturel positif. Le film n’essaye jamais de tirer les larmes du public, ne fait ni dans le drama ni dans le pathos. Il reste toujours tourné vers la vie, l’espoir et la joie de vivre, incarnés parfaitement par Suzu. C’est beau, poétique, parfois très réaliste, les dessins sont magnifiques, un animé à ne pas raté.

 

Mary : Affiche

Mary

de Marc Webb

Chris Evans, McKenna Grace, Octavia Spencer, Lindsay Duncan, Jenny Slate

3/5

Frank a tout abandonné pour s’occuper de Mary, la fille de sa sœur qui s’est suicidée peu de temps après son accouchement. Depuis, Frank élève comme il peut Mary tout en sachant qu’elle a hérité des dons incroyables de sa mère pour les mathématiques. Mary lit déjà des livres de mathématiques avancées alors qu’elle n’est pas encore entrée au primaire. Mais Frank espère la préservée le plus possible et souhaite qu’elle vive une enfance normale. C’est sans compter la grand mère, qui réclame la garde de Mary quand elle découvre ses dons. Elle espère développer les talents de Mary comme elle l’avait fait avec sa fille Diane, mais Frank ne veut pas lui céder la garde de Mary de peur qu’elle vive les même traumatismes que sa mère…

Mary : Photo Chris Evans, Lindsay Duncan, Mckenna Grace

Mary nous raconte l’histoire d’une enfant plus que surdoué. Ici Mary n’est pas seulement en avance, elle a une compréhension des mathématiques presque surnaturelle. D’un coté, Frank son oncle, a été témoin des souffrances de sa sœur Diane, qui a transmis son talent à sa fille Mary, et qui refuse qu’elle vive les même affres. Il souhaite que Mary vive une enfance normale. D’un autre coté, on a la grand mère qui souhaite que Mary se consacre entièrement aux mathématiques afin de révolutionner le monde des sciences et celui des hommes. C’est aussi un moyen pour elle de briller et de laisser sa marque, car si elle parle d’améliorer le sort de l’homme, elle parle aussi de vivre à travers sa fille et petite fille son envie de gloire scientifique, frustration avec laquelle elle a du vivre lorsqu’elle a du abandonner le monde de la recherche pour se marier.

Mary : Photo Mckenna Grace

Mary : Photo Chris Evans, Mckenna Grace

Le film reste mignon, l’histoire intéressante, certaines scènes sont too much, on sent l’envie de faire un peu pleurer dans les chaumières et d’émouvoir. Quelques touches d’humour, des acteurs sympathiques, une histoire de garde d’enfant très classique si ce n’est le coté surdoué de Mary. Un film sympathique mais qui ne restera pas dans les mémoires très longtemps.

Dernières séances: Les proies – Seven sisters – Atomic blonde

Les Proies : Affiche

Les proies

de Sofia Coppola

Nicole Kidman, Kirsten Dunst, Elle Fanning, Colin Farrell

3.5/5

1864, la guerre de sécession qui divise le nord et le sud des États Unis fait rage depuis trois ans. L’école pour jeunes filles sudiste de madame Farnsworth reste cependant ouverte malgré le départ en nombre de ces élèves. Reste cinq jeunes filles de 12 à 16 ans, qui passent leurs journées à effectuer des corvées pour assurer le bon fonctionnement de la maison et à suivre les leçons dispensées par la seule institutrice encore présente, mademoiselle Morrow. Un jour la plus jeune des élèves part à la cueillette aux champignons et tombe sur le caporal nordiste John McBurney. Blessé à la jambe, il est condamné à mourir sans aide. La jeune fille décide alors de le ramener à l’école, où il devient très vite le centre d’attention de toutes les résidentes.

Les Proies : Photo Colin Farrell, Nicole Kidman

Les films de Sofia Coppola ne sont pas tous des réussites. Lost in translation reste mon préféré dans toute sa filmographie, et c’est même l’un de mes films favoris tout court. J’ai beaucoup aimé Virgin suicides que j’ai trouvé très intéressant, Marie Antoinette était esthétiquement très réussi, the bling ring m’a un peu ennuyé, et somewhere malgré ses défauts avait un certain charme. On peut aimer ou pas le cinéma de Sofia Coppola, mais ce qui est sûr c’est qu’on retrouve toujours son style, des thèmes de prédilection, une façon de narrer l’histoire, un style dans la mise en scène.

Les Proies : Photo Addison Riecke, Angourie Rice, Elle Fanning, Emma Howard, Kirsten Dunst

C’est le cas pour Les proies, on devine tout de suite qu’il s’agit d’un film de Sofia Coppola. Les personnages féminins, La lumière, la mise en scène, visuellement le film est très réussi.

Dans cette école perdue au milieu de la guerre, les pensionnaires sont refermées sur elle-même, n’ont pas beaucoup de nouvelles du monde extérieur. La directrice passe son temps à exercer son autorité avec bienveillance, les élèves tentent de vivre avec l’ennui du quotidien et l’institutrice voit sa jeunesse s’éloigner de plus en plus sans perspective d’avenir enfermée dans cette école. L’arrivée d’un homme jeune et séduisant va raviver la passion chez chacune des résidentes. La directrice trouve rafraichissant de pouvoir discuter avec un homme, l’adolescente de 16 ans y voit son potentiel premier amour et les hormones lui donne l’audace, les plus jeunes voient dans le caporal la figure paternel ou fraternel que les jeunes filles n’ont plus, isolées dans leur écoles féminines. Quant à l’institutrice elle voit dans la figure du caporal, sa seule chance de prendre la clé des champs, d’être libérée de son statut d’enseignante, de sa directrice, de cette école, elle voit là sa chance de reprendre sa liberté. Au final, si l’institutrice est prête à se donner au caporal qu’elle ne connait que depuis quelques jours, ce n’est pas parce qu’elle en est amoureuse. Lui ou un autre peu importe, du moment que ce dernier, pas trop mal de sa personne, l’emmène loin vers une nouvelle vie.

Les Proies : Photo Addison Riecke, Angourie Rice, Elle Fanning, Emma Howard, Kirsten Dunst

J’ai beaucoup aimé le film, les personnages sont plus complexes qu’il n’y parait. Le jeune caporal comprendra vite l’adoration que lui porte les filles de l’école et saura en jouer pour obtenir ce qu’il veut, mais il finira par se bruler les doigts. Il aura bien cherché le sort qui l’attend, bien que disproportionné, on peut comprendre autant la colère du caporal que la détresse des personnages féminins qui sont poussées à certaines extrémités. Je m’attendais à une scène peut être plus sanglante, qui se serait rapproché de misery. J’ai été surprise par l’humour présent dans le film, dans la salle les spectateurs ont ri plus d’une fois, un humour grinçant et noir qui m’a plu.

Seven Sisters : Affiche

Seven sisters

de Tommy Wirkola

Noomi Rapace, Willem Dafoe, Glenn Close

3.5/5

Dans un futur proche la surpopulation de la Terre pose de graves problèmes. Les autorités décident d’instaurer la politique de l’enfant unique afin de réduire la population. Mais suite à des manipulations génétiques sur les produits alimentaires, les naissances multiples augmentent, ce qui rend encore plus difficile l’application de la loi. Pour respecter ces nouvelles mesures, Nicolette Cayman met en place une procédure de cryogénisation, afin de mettre en stase les enfants nés “illégalement” ainsi que les frères et sœurs de jumeaux, triplés et autre naissances multiples. Karen Settman donne naissance à 7 filles mais meurt suite à un accouchement difficile. Terrence, le grand père, décide d’élever secrètement les 7 sœurs dans son appartement. Pendant toute leur enfance, les filles prénommées chacune selon un jour de la semaine, apprennent à rester vigilantes et ne pas trahir leur secret. 30 ans plus tard, les 7 femmes se partagent donc une seule et même identité. Chacune des filles sortent assumées l’identité unique selon leur jour de sortie. Mais tout bascule lorsque Lundi ne rentre pas après sa journée de travail.

Seven Sisters : Photo Noomi Rapace

Seven sisters nous parle d’une réalité qui pourrait être la nôtre. Une population trop nombreuse, pas assez de nourriture pour contenter tout le monde, une agriculture génétiquement modifiées aux conséquences graves, un réchauffement climatique qui n’arrange rien. La politique de l’enfant unique permet aux autorités de prendre le contrôle, d’espionner tout  le monde tout le temps. Pour lutter contre les fraudes, chaque citoyen est constamment contrôlé, pour se rendre au travail, pour rentrer dans les immeubles, pour prendre les transports, pour passer des check point de contrôle d’un quartier à l’autre…c’est un véritable régime totalitaire qui est mis en place sous l’excuse de la survie de l’humanité.

Seven Sisters : Photo Lara Decaro, Willem Dafoe

Noomi Rapace tient le film sur ses seules épaules ou presque, en incarnant les sept sœurs Settman. Lundi, mardi, mercredi, jeudi, vendredi, samedi et dimanche ont le même visage, mais chacune à sa propre personnalité, ses propres talents, ses propres défauts.  Il y a beaucoup de plan dans lesquelles on voit plusieurs sœurs Settman ensemble, et c’est très bien fait. Les scènes de combats sont très bien réalisées et surtout crédibles. La plupart des sœurs Settman ne  sont pas des guerrières mais quand l’instinct de survie et l’adrénaline interviennent, elles sont capables de choses hors normes.

Seven Sisters : Photo Noomi Rapace

Quelques pointes d’humour, pas mal d’action, des problèmes de société très crédibles qui sont abordés, même si c’est parfois un peu superficiel, une actrice douée dans le rôles de ces sept soeurs au caractère différent. J’ai aussi beaucoup aimé que le film prenne le temps de mettre en place une société futuriste à travers certains détails, les bracelets électroniques d’identité, les miroirs qui vous indiquent les problèmes de santé rien qu’en se regardant dedans, les téléphones portables holographique dans les paumes…

Par contre l’accroche sur les affiches du film « vous ne devinerez jamais la fin » ne tient pas ses promesses, je n’ai pas été surprise par le scénario:

Seven Sisters : Photo Noomi Rapace

SPOILER

Je ne m’attendais pas à ce que la plupart des sœurs Settman meurt, mais par contre découvrir que les enfants n’étaient pas cryogéniser dans l’attente d’un futur meilleur mais bruler vifs pour se débarrasser des corps, ne m’a pas surpris du tout.

FIN SPOILER

Seven sisters est bien fichu, bien joué, ça reste une série b de très bonne facture, avec un scénario plutôt intelligent, tout en restant divertissant.

Atomic Blonde : Affiche

Atomic blonde

de David Leitch

Charlize Théron, James McAvoy, John Goodman, Eddie Marsan, Sofia Boutella

3.5/5

1989, quelques jours avant la chute du mur, Lorraine Broughton, agent pour le MI6, s’envole à Berlin pour mettre la main sur « la liste », un microfilm qui contient tous les noms des agents secrets des différents pays embarqués dans la guerre froide et indique qui sont les traites, les agents doubles, les agents triple etc…Pour l’aider elle prend contact avec un autre agent basé à Berlin depuis plusieurs années. La belle Lorraine se rend très vite compte qu’elle est tombée dans un sacré nid d’espions…

Atomic Blonde : Photo Charlize Theron

Quand je suis allée voir le film je ne m’attendais pas à aimer, on m’avait dit des choses très mitigées à son sujet, on m’avait dit que c’était trop de musique pour rien, trop bruyant, trop trop…Et bien en fait, j’ai bien aimé ! Quand on attend trop d’un film on est souvent trop exigeant et donc souvent déçue mais quand on n’attend pas grand-chose d’un film, on est souvent agréablement surpris ce qui est le cas avec Atomic blonde.

Atomic Blonde : Photo Charlize Theron

J’ai adoré l’ambiance année 80, Berlin est, Berlin ouest, le mur, les espions russes, anglais ricains, français qui recherchent tous la même liste. J’ai beaucoup aimé Lorraine Broughton, c’est le fantasme de toute actrice de pouvoir jouer une femme belle, forte, déterminée, sûre d’elle, sur de son intuition, maline, qui sait se battre avec violence et efficacité. Les tenues, la musique, les coupes de cheveux…

Atomic Blonde : Photo Charlize Theron, Sofia Boutella

Charlize Theron joue avec beaucoup de plaisir les agents secrets impitoyables. Les scènes de combat au corps à corps sont impressionnantes, réalistes tout en en mettant plein les yeux. Bien sûr on retrouve dans la manière de les tournées, l’influence des Jason Bourne avec des combats à main nue ou à l’aide de certains objets trouvés sur place, des combats plus réalistes. J’ai beaucoup aimé notamment la scène de combat filmée dans un immeuble de Berlin est vers la fin du film.

Atomic Blonde : Photo Charlize Theron, James McAvoy

Coté scénario, on ne peut pas dire que ce soit originale. Pour un film d’espionnage, c’est classique, déjà vu mais bien fait (guerre froide, berlin est/ouest, microfilm contenant la liste des agents…).

Un film d’action et d’espionnage classique dans son histoire, bien fait et bien filmé, avec des scènes d’action au top et des personnages intéressants, notamment Lorraine et Percival joué par James McAvoy. Le tout rythmé par une superbe bande son année 80.

 

 

Baby driver

Baby Driver : Affiche

de Edgar Wright

Jon Hamm, Kevin Spacey, Ansel Elgort, Lily James, Jamie Foxx,

2/5

Baby est accroc a son ipod et à la musique, est aussi chauffeur dans des braquages organiser par un certain Doc. Ce dernier organise les coups, engage les braqueurs et toujours baby, surdoué en conduite. Il doit en réalité payer sa dette  à Doc, à qui il a voler une voiture quand il était ado. Encore un dernier coup avant d’avoir réglé sa dette. Il espère alors prendre la route en compagnie de la fille qu’il aime, Déborah.

Baby Driver : Photo Jamie Foxx

J’avais le choix entre Ma cousine Rachel et Baby driver. Je n’ai pas choisi sagement! Vous l’avez compris avec son petit 2/5 je n’ai pas du tout aimé ce film.

Tout est mauvais, l’histoire, les rebondissements, le rythme, et l’acteur principal ne casse pas des briques.

Baby Driver : Photo Ansel Elgort, Kevin Spacey

Beaucoup d’invraisemblances et de clichés. Des braquages de banques et de bureaux de postes avec des masques de président ou d’acteur, des courses poursuites en voiture, la fameuse phrase “un dernier gros coup et je raccroche”…. Encore un gang de braqueur, un chef maffieux puissant et mystérieux, des braqueurs qui jouent les gros dures, le couple de braqueur avec la bimbo latino, le jeune héros qui a vécut un traumatisme dans sa jeunesse et qui rêve de prendre la route vers l’horizon. Qui de nos jours peut encore croire que prendre la route et rouler vers l’infini peut apporter le bonheur???

Baby Driver : Photo Eiza Gonzalez, Jon Hamm

Chaque personnage et chaque situation sont de vrais clichés, rien n’est originale ou complexe dans la personnalité des personnages, leurs gestes sont prévisibles, tout comme les rebondissements. La 2e moitié est looongue et interminable, avec des courses poursuites sans fin, des méchants à terre qui se relèvent cent fois avant de mourir enfin. La fin est naïve et à la limite du ridicule (notamment concernant le personnage de Baby).

Baby Driver : Photo Ansel Elgort, Lily James

Quant aux acteurs, on se demande comment Kevin Spacey a pu accepter un rôle aussi cliché et déjà vu, on se demande ce que fais Jon Hamm ici, Jamie Foxx est presque ridicule. On se demande comment un scénariste à pu encore aujourd’hui écrire un personnage comme celui de Déborah, la jeune et jolie blonde un peu naïve, amoureuse et prête à prendre la fuite avec un criminelle après un diner au resto, mouais. Reste Baby joué par un Ansel Elgort fade et sans relief.

Baby Driver : Photo Edgar Wright, Jamie Foxx, Kevin Spacey

Seule point intéressant du film, la course poursuite en ouverture du film, mais ça ne permet pas de faire tenir un film. Si vous voulez voir un film de voitures, de courses poursuites, de personnages au lourd passé, autant se refaire Drive. On aurait pu croire au bout d’un moment que le film est en fait à prendre au second degré et qu’il faut le prendre à la rigolade, mais Baby driver se prend trop au sérieux pour croire qu’il y a une seconde lecture. En plus j’ai trouvé le temps long sur la fin, j’étais bien contente d’en finir. Passez votre chemin.

Valerian et la cité aux mille planètes de Luc Besson

Valérian et la Cité des mille planètes : Affiche

de Luc Besson

3,5/5

Dane Dehaan, Cara Delevingne, Clive Owen, Kris Wu, Ethan Hawke

Au 28e siècle les agents Valerian et Laureline sont au service des humains et participent à des missions mandaté par la fédération humaine. Leur mission les mène sur la station Alpha, une station dont l’origine remonte à 1975. Après s’être étendue à toutes les civilisations humaines, la station a accueillie aussi les différentes espèces extraterrestres rencontrées au fil des siècles au point que la station devenue trop grosse, a pris son envol à travers la galaxie. Valerian et Laureline doivent découvrir quelle est l’énergie étrange qui semble se déployer au cœur de la station et qui menace son équilibre.

Valérian et la Cité des mille planètes : Photo

Avec Besson, c’est pas toujours le grand amour. J’ai été comme beaucoup très touché et assez marqué par le grand bleu, quand j’étais petite, et j’aime toujours revoir le film régulièrement. J’ai aussi beaucoup aimé Subway, Léon, Nikita et le cinquième élément. J’ai moins apprécié Jeanne d’Arc, pas du tout aimé Angel A ou Adele blanc sec et j’ai été assez déçue par Lucy malgré une idée de départ originale.

Valérian et la Cité des mille planètes : Photo Cara Delevingne

Pour ce qui est de Valerian je ne m’attendais pas à grand chose en y allant. J’avais entendu parler d’un film beau visuellement mais assez vide. Finalement, j’ai été plutôt séduite par le film. C’est sur que le point fort du film c’est les effets spéciaux, visuellement c’est donc très beau, très réussie.

Valérian et la Cité des mille planètes : Photo Clive Owen

Il y a aussi beaucoup d’originalité dans le film, notamment la scène du Big market ou encore la scène d’ouverture sur fond de la chanson Space oditty de Bowie, dans laquelle on voit comment la station Alpha est né, de 1975 jusqu’à la rencontre avec plusieurs espèces extraterrestres. Il y a un message écologique assez simpliste mais efficace et une critique sur l’humanité pas si négative finalement.

Valérian et la Cité des mille planètes : Photo Cara Delevingne, Clive Owen, Dane DeHaan, Kris Wu

Il y a de l’humour, de l’action, les scènes s’enfilent naturellement. Les personnages sont assez bien dessinés, même si Valerian a parfois des airs de James Bond (homme à femme, trop sur de lui, un brin macho, et la scène finale rappelle certaines fins de Bond). Laureline est une femme féminine et forte à la fois qui n’a pas besoin de son prince charmant pour lui sauver la mise, même si de la part de Besson, je m’attendais à un personnage féminin un peu plus fort que ça.

On peut voir Ethan Hawke en proxénète, Rihanna en prostituée, Clive Owen en générale. Il faut prendre Valerian comme un film de divertissement pure, pas de drame, pas trop de complexité. Il y a certaines choses très réussies, d’autre plus ordinaires, un casting sympa. Un divertissement plutôt réussi même si ce n’est pas le film de l’année.

 

Dunkerque de Christopher Nolan

Dunkerque : Affiche

de Christopher Nolan

4,5/5

Fionn Whitehead, Mark Rylance, Jack Lowden, Kenneth Brannagh, Tom Hardy, Harry Styles, Cillian Murphy, James D’Arcy

1940, l’armée britannique débarque sur les plages française pour repousser les allemands. Mais la défaite est lourde et les 400 000 soldats doivent être évacués d’urgence. Alors que l’armée française tiennent les allemands en arrière, les anglais ne disposent que de peu de temps pour quitter la France, mais ce n’est pas simple quand on est canarder en permanence par les allemands.

Dunkerque : Photo Fionn Whitehead

Avec Christopher Nolan c’est une histoire qui dure et qui tient la route. Je l’ai connu avec son premier long métrage, Memento, vu au cinéma, et depuis je ne rate pas un de ses films et je n’ai jamais été déçue. Insomnie, la trilogie des Batmans, Le prestige, Inception et Interstellar que je considère comme culte.

Dunkerque : Photo Kenneth Branagh

Bref, c’est sans hésitation que je me suis rendue au cinéma pour voir son dernier film. Dunkerque c’est un film de guerre pure et simple. Il y a les soldats qui attendent désespéramment d’être sauvés dans un ordre typiquement anglais, il y a le commandant de la royal navy qui espère pouvoir évacuer ses hommes, il y a les deux pilotes de la RAF qui survole la manche, il y a aussi un civil qui répond comme beaucoup d’autre civils, à l’appel lancé par l’armée à tous ceux qui possèdent un bateau, d’aller aider à l’évacuation des soldats coincés en France.

Dunkerque : Photo

Nolan divise son film en 3 niveaux, il y a la plage avec le soldat, le ciel avec les deux pilotes, et la mer avec le père de famille qui décide de répondre à l’appel et de se rendre à Dunkerque. Mais les 3 niveaux ne se déroulent pas en même temps. 3 points dans le temps différents, avec des croisements entre les trois. C’est fait de manière originale, fluide, clair, ça donne une certaine profondeur à la narration.

Dunkerque : Photo Aneurin Barnard, Fionn Whitehead, Harry Styles

J’ai adoré Dunkerque, rien n’est idéalisé. Tommy le soldat isolé, qui tente tout pour embarquer sans devoir attendre docilement son tour. Nolan nous fait vraiment ressentir le sentiment d’emprisonnement de Tommy, qui se sent coincé, acculé sur cette plage, sans possibilité de quitter ce lieu. Le nombre de tentative avortée est affolant, on ressent le désespoir du personnage, sa peur. Les scènes de naufrage sont vraiment très réussies, avec cet impression de perte de repère, d’absence de gravité, quand un bateau sombre, les personnes ne savent plus ou est le haut, le bas, la gravité semble changer de lois. On ressent parfaitement la perturbation des soldats.

Dunkerque : Photo Tom Hardy

Mais ce que j’ai trouvé de plus réussi encore ce sont les scènes en vol. Les combats aériens sont vraiment sublimes, on a parfois l’impression de voir la scène depuis le cockpit de l’avion, il y a un coté réaliste assez effrayant.

Dunkerque : Photo James d'Arcy, Kenneth Branagh

Visuellement c’est très réussie et encore une fois, Nolan sublime ses images, les émotions par la musique toujours juste de Hans Zimmer, qui joue un rôle important. On sent la tension dès la première minute, et la tension ne retombe jamais. Durant 1h45, on ne peut qu’avoir les yeux grands ouverts, écarquillés, sans jamais décrocher une seule fois. Quant aux acteurs ils sont tous très très bons. Il y a certaines scènes plus intimes qui sont très réussies, comme les soldats joués par Harry Styles et Fionn Whitehead assis sur le sable de Dunkerque, sans plus trop d’espoir d’échapper à cette plage maudite, et qui regarde un de leur camarade se jeter dans la mer par désespoir.

Dunkerque : Photo Fionn Whitehead

Les soldats ne sont pas montrés comme des figures héroïques, mais comme de simples hommes traumatisés, qui tentent de garder quelques valeurs dans la débâcle de la fuite et le désir de survivre quoi qu’il en coute. Il y a aussi le commandant de la navy joué par Kenneth Brannagh, debout sur la jeté de Dunkerque, qui donne l’impression d’être le capitaine d’un navire en perdition et qui décide d’attendre que tous ses hommes soient sauvé avant de se sauver lui même. La scène d’atterrissage du capitaine Farrier joué par l’excellent Tom Hardy sur la plage de Dunkerque est un beau moment de cinéma également, après plusieurs minutes de vol plané au dessus de la plage.

Dunkerque : Photo Fionn Whitehead

Un excellent film sur un épisode de la seconde guerre mondiale que je ne connaissais pas. Une mise en scène vraiment bluffante et des acteurs très bons. A ne pas rater donc, probablement l’un des meilleurs films de l’année.