Your name de Makoto Shinkai

Your Name : Affiche

de Makoto Shinkai

4.5/5

Mitsuha, 17 ans, vit avec sa petite sœur et sa grand mère dans une toute petite ville de la campagne japonaise. Sa mère est morte quand elle était petite et son père a quitter le domicile pour faire campagne en politique et devenir le maire de la ville. Mitsuha est héritière d’une vieille famille aux traditions anciennes et importantes, surtout pour sa grand mère, mais l’adolescente rêve de vivre dans une grand ville comme Tokyo. De son coté, Taki, lycéen, vit à Tokyo avec son père. Il espère devenir un jour architecte. Mais un jour, il se réveille dans le corps de Mitsuha et Mitsuha se réveille dans le corps de Taki. Ces expériences étranges se reproduisent à plusieurs reprises, et les deux ados résignés, décident de se laisser des messages dans leur téléphones portables respectifs afin d’expliquer à l’autre ce qui s’est passé lors de leur journée d’échange. Les deux ado ont pris gout à cet échange et à vivre une vie différente le temps de quelques heures. Mais un jour, Taki ne se réveille plus dans le corps de Mitsuha. Il est alors décidé à aller la voir pour la rencontrer.

Your Name : Photo

Je n’étais pas très motivée pour voir ce film surtout parce que la bande annonce ne m’avait pas totalement convaincu, et puis en lisant les critiques très positives de pratiquement tous le monde, que ce soit la presse ou des spectateurs, je me suis dis qu’il fallait faire l’effort d’aller le voir. Et j’ai bien fait!

Your Name : Photo

On retrouve dans Your name, des thèmes qui reviennent souvent dans les films précédent du réalisateur, en tout cas ceux que j’ai pu voir c’est à dire 5 cm par seconde et Voyage vers Agartha. On retrouve une héroïne qui a perdu un de ses parents, on parle de deuil, d’âme sœur, de chemin qui se rencontre puis se sépare, le poids de la destinée et la part de hasard dans les vies des personnages. On retrouve aussi la beauté des paysages de Shinkai, notamment tout ce qui tourne autour des ciels étoilés.

Your Name : Photo

J’ai beaucoup aimé Your name. Mitsuha est une ado tiraillée entre ses devoirs ancestrales hérités de sa grand mère et son envie de modernité, d’une vie sans contrainte, d’une vie loin de la campagne étriquée dans laquelle elle vit pour l’énergie d’une grande ville. Les scènes d’échanges entre Mitsuha et Taki sont vraiment réussi, bien exploité, très drôle surtout. Mitsuha apporte son coté féminin et spontanée dans la vie un peu timide de Taki et Taki apporte plus de force et de colère dans la vie de Mitsuha. La moitié du film est donc vraiment réussi et très drôle, avec les échanges par mail et journal virtuel entre Taki et Mitsuha qui se tiennent au courant de la journée qu’ils ont passé dans le corps de l’autre. Le film change de ton quand on découvre une chose surprenante dans l’intrigue et le fil de l’histoire. Les choses deviennent un peu plus sombre, un peu plus dramatique, du moins pour un temps.

Your Name : Photo

Your Name : Photo

Les dessins sont très beaux aussi, il y a une très belle lumière. J’ai beaucoup aimé me promener dans la maison familiale, dans la campagne de Mitsuha et dans les rues peuplées de Tokyo, notamment dans le quartier de Shinjuku.

Un film très réussi donc, bien supérieur à 5cm par seconde que j’avais trouvé un peu frustrant et que Voyage vers Agartha qui était intéressant mais il manquait un petit quelque chose pour en faire un coup de coeur. Your name m’a énormément plut, entre moment très drôles et passages un peu plus émouvant, on s’attache beaucoup aux personnages. Je pense que ce film vu un peu tardivement, va venir bouleversé un peu mon classement des films vus en 2016.

 

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Dernières séances: Vaiana

Vaiana, la légende du bout du monde : Affiche

Vaiana

de

3.5/5

Vaiana, fille du chef, vit sur son ile avec ses parents et sa grand mère. Il fait bon vivre sur l’ile entourée de récifs de coraux, les fruits poussent en abondance, les pêcheurs ramènent tout le poisson nécessaire, les fleurs et palmiers poussent partout, tout le monde est heureux. Vaiana est dès son plus jeune âge bercée par les légendes de son peuple, notamment la légende de Maui, le demi dieu. D’après sa grand mère, Maui aurait autrefois volé le cœur de la déesse ce qui engendrera avec le temps la stérilité de la terre et des eaux. Vaiana a toujours été très attirée par l’eau et par la navigation, mais son père lui interdit formellement de dépasser la barrière de corail. Vaiana grandit et prend peu à peu ses nouvelles responsabilités de futur chef du village. Mais l’appel du large est toujours fort, et le jour où la terre ne donne plus de fruit et que les pêcheurs ne rapportent plus de poisson, Vaiana sait qu’elle doit rapporter le cœur et pour cela trouver d’abord Maui le demi dieu.

Vaiana, la légende du bout du monde : Photo

Voici le dernier né des studios Disney. Cette fois ci l’héroïne est une jeune femme polynésienne, et l’histoire se situe dans un passé lointain, sans réelles précisions. On suit donc Vaiana, fille du chef du village, qui habite une ile paradisiaque dont le peuple ne s’éloigne jamais de la cote et ne dépasse jamais la barrière de corail. Vaiana est tout le temps attirée par la mer, par l’exploration, et aimerait beaucoup naviguer, au grand désespoir de son père qui souhaite voir sa fille prendre sa suite en tant que chef.

Vaiana, la légende du bout du monde : Photo

Je n’étais pas particulièrement motivée pour aller voir Vaiana, mais finalement, j’ai beaucoup aimé. L’héroïne ne s’éloigne pas beaucoup des stéréotypes des héroïnes Disney récentes, une jeune fille jolie, loin d’être bête, qui se découvre une destinée, et qui va prendre des risques pour l’accomplir, quitte à aller contre l’autorité parentale. De ce coté là rien de nouveau, mais Vaiana reste attachante. Pareil pour son compagnon de route, Maui le demi dieu qui apporte beaucoup d’humour, notamment grâce aux interactions avec ses tatouages qui prennent vie.

Vaiana, la légende du bout du monde : Photo

Les paysages et décors naturels sont particulièrement réussi, le vert des forêts tropicales, le sable, la mer, tout y est très beau, on a très envie de se rendre en Polynésie à la fin du film! J’ai aussi beaucoup aimé toute la légende autour de la déesse de la nature, les légendes et histoires que racontent la grand mère de Vaiana. Visuellement le film est très beau, notamment les magnifiques nuits étoilées au milieu de l’océan. Bien sur, ça reste un Disney classique et donc son lot de chanson. J’étais plutôt contente de n’entendre que peu de chansons sur Raiponce, ou encore dans le dernier que j’ai vu (mais un style très différent) Zootopie.

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Mais avec les ravages de la reine des neiges, forcément Disney réitère son envie de pousser la chansonnette avec un peu trop de chanson à mon gout, mais encore une fois, ça passe, notamment avec l’humour introduit par le personnage de Maui, qui dira à Vaiana que si elle se met encore à chanter, il piquera une crise. On sent la volonté d’attirer les enfants avec des chansons, mais d’instiller un peu d’humour en se moquant des même chansons pour plaire aux adultes qui accompagneraient malgré eux leurs enfants au cinéma.

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C’est un film qui rentre dans la dernière vague Disney à savoir des héroïnes fortes, jeunes, jolies, courageuses et déterminées, qui ont souvent une destinée à accomplir et une place à trouver dans le monde et qui n’ont pas du tout besoin de la présence d’un prince ou d’un héros à leur coté. Un film visuellement très beau, très sympathique, qui a le mérite de faire rire et de faire voyager.

Manchester by the sea

Manchester by the sea : Affiche

Manchester by sea

de Kenneth Lonergan

Casey Affleck, Michelle Williams, Kyle Chandler, Lucas Hedges

4/5

Lee Chandler est concierge dans un complexe d’immeuble à Boston. Solitaire, Lee n’attend rien de la vie ni de personne. Il reçoit un jour un coup de fil lui annonçant la mort de son frère ainé, Joe. Il décide de rentrer dans sa ville natale, s’occuper de l’enterrement de son frère et surtout voir si son neveu de 16 ans, qui se retrouve orphelin, n’a besoin de rien. Mais pour Lee, le retour dans sa ville d’origine est une dure épreuve. Que c’est il passé pour que Lee soit si traumatisé?

Manchester by the sea : Photo Casey Affleck, Lucas Hedges

J’ai adoré Manchester by the sea. J’ai aimé la construction du film. Il dure 2h18 mais on ne voit pas le temps passé, et pourtant il ne se passe pas énormément de rebondissement. Le film passe du présent au passé de manière fluide et sobre, nous montrant la vie des deux frères, en des temps plus heureux. Lee était un homme comblé entouré d’une belle famille, et aidait son frère Joe qui élevait son fils seul.

Manchester by the Sea : Photo Casey Affleck, Kyle Chandler

On est donc pris dans l’histoire, je me suis tout de suite intéressée à Lee, ses blessures, me demandant ce qui avait pu lui arriver pour le traumatiser à ce point, pour qu’il n’ait plus envie de revenir dans sa ville natale. La scène qui nous montre l’horreur qu’il a vécut prend aux tripes, le réalisateur prend le temps de faire monter la tension, sans qu’on ait la moindre idée de ce qui va se passer. Et la scène qui suit les évènements dans le commissariat, avec un Lee absent, choqué, détruit est vraiment magnifique, dure, violente dans sa passivité, tout comme la réaction de son frère et son père. Casey Affleck est vraiment l’un des meilleurs acteurs de sa génération, il est bluffant. J’ai aussi beaucoup aimé Kyle Chandler dans le rôle de Joe.

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On passe beaucoup de temps avec Lee, sa relation avec son neveu, sa détresse, ses essais pour essayer de reprendre le dessus. Un beau film qui ne verse pour autant pas dans le mélo ou le pathos, pas de violons, pas de tire larme malgré le sujet difficile et les drames qui frappent la famille de Lee.

Star wars rogue one

Rogue One: A Star Wars Story : Affiche

de Gareth Edwards

Felicity Jones, Diego Luna, Ben Mendelsohn, Madds Mikkelsen, Forest Withaker, Donnie Yen

4/5

Alors que l’empire règne en maitre sur la galaxie et que la république est définitivement enterrée, Jyn Erso vit cachée sur une planète déserte avec ses parents. Son père, un scientifique de génie, a déserté l’empire pour ne pas avoir à achever la construction d’une arme suprême permettant la destruction totale d’une planète, l’étoile de la mort. Mais l’empire à vite fait de retrouver les fuyards, d’assassiner la mère de Jyn et d’enlever son père pour qu’il termine son travail. Jyn a réussit à se cacher et est finalement élevée par Gerrera, un dissident de l’empire et ami d’Erso. Plusieurs années plus tard, Jyn est une adulte marginale qui tente de survivre. Elle est enlevée par la rébellion qui se bat contre l’empire. L’alliance rebelle demande à Jyn de partir en mission avec le capitaine Cassian afin de renouer contact avec Guerrera, le seul a connaitre le lieu où Erso est tenu captif…

Rogue One: A Star Wars Story : Photo Diego Luna, Felicity Jones

Le voilà enfin le spin off de star wars, en attendant la sortie de l’épisode 8 en décembre prochain. Au départ, je n’étais pas emballée par le choix de l’histoire exploitée. Entre les innombrables personnages secondaires, histoires parallèles, légendes, que ce soit dans un passé très lointain ou entre les différentes trilogies et épisodes, il y avait de quoi faire, alors quand ils annoncent que le spin off racontera l’histoire des rebelles qui réussirent à voler les plans de l’étoile de la mort, j’ai été un peu déçue. Cette histoire n’est qu’une petite anecdote dans toute la trilogie, et il n’y a pas de jedi qui intervient parmi les personnages principaux.

Rogue One: A Star Wars Story : Photo Diego Luna, Felicity Jones

Mais la bande annonce avait finit par me convaincre, j’étais plus qu’enthousiaste après l’avoir vu et je n’ai pas été déçue!

Rogue One: A Star Wars Story : Photo Ben Mendelsohn

Cette fois ci, la force et les jedis ne sont que secondaires voir inexistant. Jyn Erso a eu quelques années de bonheur dans son enfance, au sein d’une famille aimante, mais l’empire a tout fracasser sur son passage comme d’habitude. Jyn grandit auprès de l’ami de son père, un dissident de l’empire qui avec les années devient parano et fanatique. J’ai beaucoup aimé le personnage de Jyn qui au départ, reste cynique, froide, détachée. Elle ne cherche pas à savoir si son père est en vie, elle ne cherche pas à combattre l’empire, l’ennemi de sa famille, elle survie au jour le jour et n’attend rien de la vie.

Rogue One: A Star Wars Story : Photo Donnie Yen

Le capitaine Cassian est un peu du même acabit, lui aussi à beaucoup perdu à cause de l’empire, lui aussi est froid et détaché, mais lui par contre, met sa vie au service de l’alliance rebelle pour détruire l’empire. J’ai aussi beaucoup aimé les personnages secondaires, notamment Mads Mikkelsen dans le rôle de Galen Erso.

Rogue One: A Star Wars Story : Photo Diego Luna, Felicity Jones

Il y a les ingrédients qui font le succès de star wars, des batailles dans l’espace, des courses poursuites, de l’action. Par contre, il n’y a pas beaucoup  d’humour. Il y a quelques touches par ci par là tout de même, mais l’ambiance est plus sérieuse, le désespoir plus palpable. Les personnages mettent leur vie au service d’une cause, pas pour eux même mais pour le bien du plus grand nombre, sans recevoir ni gloire ni remerciement.

Rogue One: A Star Wars Story : Photo

Comme pour l’épisode 7, les effets spéciaux sont au service de l’histoire, les personnages sont  bien développés, profonds, complexes et intéressants, on prend le temps de les connaitre. Certains thèmes chers à l’univers star wars sont repris ici, combattre l’oppression, garder l’espoir, croire en sa destinée, la solidarité et l’amitié. Jyn est au départ froide et détachée de la réalité notamment lorsque le capitaine Cassian lui demande si ça ne lui fait rien de voir les drapeaux de l’empire flotter partout et qu’elle répond qu’il suffit de regarder ailleurs. Elle finira par s’investir totalement dans sa mission.

Rogue One: A Star Wars Story : Photo Donnie Yen, Jiang Wen

Bon ça reste du star wars, donc coté réalisme on repassera. Les batailles dans l’espace font toujours autant de bruit malgré le fait qu’on soit dans l’espace, et la scène dans laquelle on voit dark vador se tenir sur les bords déchiquetés de son vaisseau impériale, pour voir ses ennemis s’enfuir, sans pour autant être aspirer dans le vide sidérale, mais avec simplement sa cape flotter au vent comme remuer par une simple brise, m’a fait un peu rire!

Rogue One: A Star Wars Story : Photo Donnie Yen

On a droit à la résurrection de Peter Cushing dans le rôle de Tarkin grâce à une technique motion picture, le résultat est étrange, on a l’impression de voir un visage de plastique, mais j’ai trouvé le rendu pas si mal, en tout cas mieux que celui de la princesse Leia jeune qu’on voit à la fin, et qui donne l’impression de voir un personnage de jeu vidéo. Mais au final, je n’en vois pas l’intérêt, Tarkin aurait très bien être absent ou remplacer par un autre gradé de l’empire.

Rogue One: A Star Wars Story : Photo Felicity Jones

Je m’attendais à la fin puisque dans la trilogie on entend vaguement que cette mission fut un gros sacrifice, mais je n’étais pas sur que ça finirait quand même de cette manière. Un très bon film donc, de beaux personnages, et une histoire bien construite. On peut apprécier même si on est pas fan de star wars.

Dernières séances: Louisa en hiver – Sully – Swagger – Premier contact

Louise en Hiver : Affiche

de Jean François Laguionie

4.5/5

Louise, une dame très âgée, passe toutes ses vacances d’été dans la ville balnéaire Bigilen sur mer. La ville a pour particularité de ne vivre qu’en été, et de fermer entièrement toutes ses portes dès le 1er septembre. La ville ne vit qu’au rythme des vacanciers. Mais Louise rate le dernier train à cause d’une horloge en panne, et doit se résoudre à rester dans sa maison. Le téléphone ne marche pas, et Louise passe les trois premiers jours enfermée chez elle, à cause d’une violente tempête. Finalement, Louise décide de partir à pied, en suivant les voies ferrées, mais ces dernières sont englouties sous les flots à cause de la marée. Elle décide alors de rester à Bigilen sur mer, en attendant que sa famille vienne la chercher, quelqu’un finira bien par se rendre compte de son absence.

Louise en Hiver : Photo

Je suis une grande fan du travail de Jean François Laguionie. J’ai vu la plupart de ses films, Le château des singes, l’ile de Black Mor, Le tableau…C’est rare aujourd’hui de pouvoir admirer un dessin animé qui ne soit pas totalement en image de synthèse, de beaux dessins, de belles couleurs, qui servent une histoire bien construite.

Louise en Hiver : Photo

Louise en hiver nous raconte les états d’âme d’une vieille dame seule, qui se retrouve isolée dans une ville morte, avec aucun moyen de communiquer avec le monde extérieur ou pour appeler à l’aide. On l’a voit s’installer sur la plage, se construire une petite cabane, s’étonner de voir le climat plus doux et plus agréable que celui de l’été, de sentir la mer chaude, le sable chaud, d’admirer les animaux qui ont repris possession de la plage maintenant que tous les vacanciers sont partis.

Louise en Hiver : Photo

J’ai adoré voir son quotidien, son ménage, ses promenades, la voir pêcher, casser des vitrines de magasins pour prendre ce dont elle a besoin, entendre sa voix stoïque, déterminée, qui prend les choses comme elle vienne sans jamais se démonter. La voir se demander pourquoi à noël, aucun membre de sa famille n’est venue la chercher. Car Louise disparaitra une année entière sans que personne dans son entourage ne s’inquiète de sa disparition. C’est la seule chose qui la dépite, bien qu’elle apprécie de plus en plus sa vie de solitaire.

Louise en Hiver : Photo

Les images sont justes sublimes, chaque plan donne l’impression de voir un tableau, les couleurs sont douces. Quand Louise s’assoit sur le sable chaud, on a l’impression d’être avec elle sur cette plage déserte. On replonge avec Louise dans une jeunesse depuis longtemps oubliée, on l’a voit enfant puis adolescente, confier ses craintes à un cadavre en décomposition, un anglais parachutiste mort durant la seconde guerre mondiale. C’est souvent drôle, poétique, beau, jamais triste, ni mélancolique et j’adore la fin avec les quelques mots que Louise écrit dans son journal et qui nous font comprendre qu’elle est décidée à repasser le prochain hiver seule et isolée à Biligens sur mer. Un beau petit bijou à ne pas manquer!

Swagger : Affiche

Swagger

de Olivier Babinet

3,5/5

Dans une banlieue difficile de la région parisienne, une caméra va à la rencontre de jeunes collégiens, entre 12 et 15 ans. D’origine maghrébins, africains ou indiens, les ados parlent de sécurité, de liberté, de futur, de perspective, de rêves, de religion, de solidarité, d’amitié, des relations qu’ils ont les uns avec les autres.

Swagger : Photo

Après avoir vu la bande annonce de Swagger, j’avais très envie de voir ce film documentaire, qui semblait être décalé et drôle. En réalité, ça n’est pas si drôle que ça, et pas du tout décalé. On écoute ces ados face caméra, qui se lâchent petit à petit et parle de tous les sujets possibles et imaginables. Ils témoignent avec leurs mots, leurs expressions, leurs façons parfois décousues de parler, pour sortir parfois des choses étonnantes, intelligentes, matures.

Swagger : Photo

La mise en scène reste étrange, certains éléments fictionnels viennent parfois s’intégrer dans le récit. J’ai trouvé ces éléments inutiles, mais qui ne gâchent rien pour autan,t d’autant que le film est très court. Il y a quelques moment très drôles, notamment lorsque l’un des ados raconte les péripéties des héros des Feux de l’amour, qui aurait pu croire que la nouvelle génération regardait encore les tribulations de la famille Newman? Ou encore quand Naila, l’une des plus jeunes intervenantes, nous parle de sa théorie concernant Mickey et Barbie, des personnages diaboliques et cauchemardesques!

Swagger : Photo

C’est assez frappant de les entendre parler de leurs futurs, de leurs ambitions, de leurs rêves, de les voir se considérer comme des non français. Pour eux, la France et les français se sont les “blancs de souches ” comme ils ont du l’entendre sans cesse dans la bouche des politiciens relayés par les journalistes. On comprend alors leur sentiment de frontière quand ils disent “bah les français…enfin nous aussi on est français mais…”, ça résume beaucoup de choses.

Swagger : Photo

Swagger n’est pas le film drôle et décalé auquel je m’attendais, mais entendre les paroles de ces ados qui parlent librement est assez étonnant, certaines figures marquent beaucoup comme cette jeune fille très solitaire, qui n’a jamais su faire confiance aux autres depuis qu’une enseignante en maternelle l’a brimer. Ou encore l’ado originaire d’Inde, qui se défoule en jouant de la batterie comme un pro et qui ne porte que des costumes cravates.

Sully : Affiche

Sully

de Clint Eastwood

Tom Hanks, Aaron Eckhart

4/5

L’histoire de Sully, pilote pour une compagnie aérienne américaine, qui n’a pas d’autre choix que d’amerrir sur l’Hudson, suite à la perte des deux moteurs.

Sully : Photo Tom Hanks

Au départ, le film ne me faisait pas particulièrement envie, je ne voyais pas comment on pouvait faire un long métrage basé uniquement sur un amerrissage d’urgence après un vol qui n’a duré que 4 minutes. Finalement, la bande annonce m’a interpellé et le fait que ce soit Clint Eastwood qui réalise m’a convaincu.

Sully : Photo Aaron Eckhart, Tom Hanks

Finalement, j’ai été surprise de voir que le film ne contient aucun ralentissement, aucune redite, rien qui remplisse inutilement une histoire qui tient en deux lignes. On voit le capitaine Sully qui après avoir sauver la vie des 155 passagers de son vol, est acclamé en héros par la presse et la foule, mais qui est mis au pilori par l’aviation civile et l’administration fédérale, qui estime qu’après la perte de ses deux moteurs, il aurait pu aisément faire demi tour vers l’aéroport, au lieu de risquer un amerrissage difficile.

Sully : Photo Aaron Eckhart, Tom Hanks

J’ai beaucoup aimé le film, les doutes qui assaillent le capitaine, les pontes de l’aviation civile qui met le doute à Sully sur sa décision d’effectuer un amerrissage. On peut voir l’amerrissage catastrophe du point de vue des hôtesses, des passagers, de la tour de contrôle et des secouristes, sans jamais ressentir des répétitions.

Sully : Photo Tom Hanks

Le film est court, et malgré l’absence de suspense, vue que tout le monde connait l’histoire, on ressent une forte tension du début à la fin. On vit l’instant d’angoisse des passagers, le professionnalisme des hôtesses, le sang froid du capitaine et de son second. La scène d’amerrissage est impressionnante comme la sortie des passagers sur les ailes de l’avion, sur une eau à 2 degrés, dans l’attente des secours.

Tom Hanks est parfait dans le rôle du capitaine qui garde son froid et qui relâche la tension qu’une fois qu’il apprend qu’officiellement aucun passager n’est mort. La seule chose que j’ai trouvé inutile, ce sont les coups de fil entre Sully et sa femme, des scènes que j’ai trouvé un peu fausses.

Premier Contact : Affiche

Premier contact

de Denis Villeneuve

Amy Adams, Jeremy Renner, Forest Withaker

4/5

12 vaisseaux extraterrestres se positionnent un peu partout autour du globe à quelques mètres du sol. Aux États Unis, en Amérique du sud, en Angleterre, en mer noire, en Russie, en Australie, au Japon, en Chine, en Afrique et en Océanie. En tant que spécialiste en science du langage, Louise Banks est contactée par l’armée afin d’entrer en contact avec les extraterrestres. En effet, dans chaque vaisseau, une équipe est envoyée afin de crée un contact et de communiquer avec les extraterrestres qui ont l’air pacifiques. Louise doit découvrir le but des extraterrestres.

Premier Contact : Photo Amy Adams

J’avais adoré le dernier film de Villeneuve, Sicario fut un coup de cœur l’année dernière. Cette fois ci, il se lance dans la SF. Au départ ce n’est pas vraiment originale, puisque douze vaisseaux se positionnent partout à la surface de la Terre, et les humains essayent de nouer un contact avec eux.

Premier Contact : Photo Amy Adams, Jeremy Renner

Sans rien dévoiler, j’ai beaucoup aimé le film mais le coté SF est un peu un prétexte pour parler d’autre chose. Premier contact nous parle de langage, de communication, du manque de communication. L’histoire personnelle de l’héroïne se mêle à l’histoire de ce premier contact mondiale. Je préfère ne pas trop en dire, mais j’ai beaucoup aimé tout ce qui tourne autour de la destinée de Louise qui l’accepte pleinement, son passé, son présent et son futur qui s’entremêlent.

Premier Contact : Photo

Premier Contact : Photo Amy Adams, Forest Whitaker, Jeremy Renner

J’ai trouvé la manière de traiter visuellement les extraterrestres assez originale. Ici Villeneuve prend le risque de ne pas jouer sur les mystères, et de nous montrer les extraterrestres, l’intérieur de leur vaisseau. J’ai trouvé ce traitement assez originale, on essaye ici de ne pas voir ça d’un œil humain, le vaisseau ne connait pas les mêmes règles de gravité, d’atmosphère et de pression que celles des humains. Les scènes dans lesquelles Louise, Ian et les militaires entrent dans le vaisseau pour aller communiquer avec les extraterrestres sont très tendues, on vit le stress et l’appréhension que ressent Louise. Le langage des extraterrestres est lui aussi très originale, on ne s’y attend pas.

Premier Contact : Photo

Le film est très prenant, on ne s’ennui pas une seconde, il y a une tension palpable qui m’a rappeler celle que j’avais ressenti avec Sicario. Il y a beaucoup d’originalité dans la manière de traité les extraterrestres, et même si il y a un coté un peu utopiste, j’ai beaucoup aimé.

Les animaux fantastiques de David Yates

Les Animaux fantastiques : Affiche

de David Yates

Eddie Redmayne, Katherine Waterston, Alison Sudol, Dan Fogler, Colin Farrell

3.5/5

1926. Norbert Dragonneau débarque à New York. Ce sorcier passionné de créatures magiques espèrent éditer bientôt un livre parlant de ces animaux, de leurs importances, et d’éveiller la conscience des sorciers envers ces créatures. Alors qu’il compte se rendre en Arizona pour rendre sa liberté à un oiseau magique très rare, qu’il garde avec d’autres animaux dans une valise magique, il se retrouve mêlé à une histoire qui ne le concerne pas. La ville est attaqué par une force presque invisible, qui prend la forme d’un voile noire, et qui s’attaque aux êtres non magiques. La présidente du monde magique de New York craint que l’existence des sorciers ne soit bientôt révélée aux êtres non magiques (ou moldus). Norbert se retrouve embarqué dans cette affaire avec Jacob Kowalski, un être non magique qui rêve d’ouvrir sa propre boulangerie, et Tina Goldstein, aurore rétrogradée après un scandale.

Les Animaux fantastiques : Photo Alison Sudol, Katherine Waterston

Les Animaux fantastiques : Photo

Je suis allée voir ce film sans trop d’attente particulière et j’ai été plutôt contente du résultat. On replonge dans l’univers Harry Potter, sans vraiment y replonger tout à fait. Ici, pas de Poudlard, pas d’élève, pas de professeurs, les personnages principaux sont déjà adultes. Norbert peut paraitre un peu asocial au premier abord, avec son obsession des animaux magiques et son manque d’intérêt pour les humains. Mais on apprend à l’apprécié et à le connaitre, notamment avec la scène très réussie de la visite de sa valise. Il emmène Jacob, ce moldu embarqué malgré lui dans cette histoire magique, pour lui montrer sa passion. Sa valise renferme en réalité une dimension magique qui regroupe tous les environnements des animaux qu’il héberge. La scène est très réussie visuellement, et permet au spectateur de s’attacher beaucoup mieux au personnage de Norbert.

Les Animaux fantastiques : Photo

Les Animaux fantastiques : Photo Colin Farrell, Eddie Redmayne

J’ai aussi beaucoup aimé les personnages secondaires, notamment le personnage de Jacob qui découvre le monde magique par hasard. Ce petit gros, qui ne sort pas du lot, qui bosse dans une usine et qui n’arrive pas à réunir les fonds nécessaire pour réaliser son rêve, celui d’ouvrir une boulangerie, afin de rendre hommage à sa grand mère, en vendant les créations de cette dernière. J’ai aussi beaucoup aimé Tina, même si ce fut plus long, un peu comme pour le personnage de Norbert. Cette ancienne aurore qui rêve d’un succès dans son travail dans l’espoir de retrouver son rang perdu. Et puis Queenie, la jeune sœur de Tina, un peu légère, qui lit dans les pensées. J’ai beaucoup aimé son personnage, elle apporte pas mal d’humour et son duo avec Jacob est attachant.

Les Animaux fantastiques : Photo Dan Fogler, Eddie Redmayne

Visuellement c’est très réussie. On retrouve pas mal de thèmes déjà présent dans Harry Potter, la maltraitance, l’enfance, les marginaux, l’obscurantisme, la soif de pouvoir. On part d’un personnage quasi inconnu dans la saga Harry Potter et on développe une histoire bien plus complexe, qui tiendra en cinq volets. On devine clairement que Grindewald, ce mage noir très puissant qui essaiera de répandre le mal, à l’instar de Voldemort, et qui sera arrêté par Dumbledore, sera au centre des intrigues. C’est prometteur, il faut dire que l’univers d’Harry Potter est quasi infini entre les très nombreux personnages, et les très nombreuses histoires passées.

 

Dernières séances: Mademoiselle – Chouf – Sing street – Moi Daniel Blake

Mademoiselle : Affiche

Mademoiselle

de Park Chan Wok

Kim Min Hee, Kim Tae Ri, Jung Woo Ha

4/5

Dans les années 30, en Corée, Sookee est une jeune pickpocket élevée par une arnaqueuse et revendeuse de bébés orphelins. L’un de leur complice occasionnelle propose à Sookee de l’aider à arnaquer la belle et naïve Hideko, une riche héritière. Pour cela, il s’est crée tout un personnage de faux comte japonais, qui va aller séduire la riche héritière afin de toucher l’argent et qui se débarrassera d’elle dans un asile psychiatrique quelques jours après le mariage. Cette dernière vit sous la coupe d’un vieil oncle sévère, et il faudra donc séduire la belle au point de la convaincre de fuir pour se marier. Le rôle de Sookee est simple, elle doit gagner la confiance d’Hideko afin de la convaincre d’épouser le comte.

Mademoiselle : Photo Kim Tae-Ri

De Park Chan Wook j’ai vu tous ces films depuis Sympathy for mr vengeance (je suis un cyborg, thirst, lady vengeance, Stoker, Old boy). Mademoiselle a eut droit à des critiques dithyrambiques dans la presse, mais mon avis sera moins extatique.

Du coté esthétique du film, c’est vrai que Park Chan Wook est très doué, rien à redire, les décors, les costumes, les paysages, la manière de filmer, certains plans sont de vrais tableaux. Le film suit d’abord le point de vue de Sookee, cette jeune femme doué pour le pickpocket et les petites arnaques, qui va vite avoir le tournis dans la chambre de mademoiselle Hideko, avec toutes ses robes, ses bijoux, ses tiroirs remplis de gants, et ses armoires remplies de chaussures. Elle va vite s’attacher aussi à Hideko, cette jeune femme enfant, qui n’est jamais sortie de la maison de son oncle, chez qui elle est arrivée quand elle était petite, après la mort de sa mère. Entre manoir anglais d’un coté et maison traditionnelle japonaise de l’autre, la maison vacille entre escalier digne d’un palace, salle à manger à l’anglaise, et porte de papier de soie.

Mademoiselle : Photo

Ce que j’ai aimé dans le film, c’est la présence de l’humour durant quasiment tout le film et l’intrigue, les rebondissements, les surprises. Certes je n’ai pas été surprise au point d’écarquiller les yeux , mais agréablement surprise par des retournements de situations pas assez originale pour surprendre vraiment, mais qui viennent réveiller le spectateur qui risquerait de se laisser endormir par la torpeur de la première partie qui est centrée sur la relation Sookee/Hideko.

Mademoiselle : Photo Kim Min-Hee

Le coté érotique est poussée parfois à l’extrême dans le sens où on avait pas besoin d’en voir autant pour que ce soit efficace. La scène dans laquelle Hideko lit à voix hautes les livres pervers de son oncle pour ses invités, ou encore la scène dans laquelle Sookee lime la dent d’Hideko sont plus efficace que la scène beaucoup trop longue dans laquelle les deux femmes passent à l’action. Pareil pour la scène finale d’ailleurs, sur le bateau, qui donne plus l’impression que Park Chan Wook à voulu se faire plaisir une dernière fois, plutôt que de servir le film et l’intrigue. Et bien sur, c’est filmer par Park Chan Wook donc on oublie pas la scène bien gore à la fin du film! Malgré ses 2h25, on ne s’ennuie pas, on ne trouve pas le temps long et il n’y a pas de moment trop lent, bien que le film aurait pu être plus court en enlevant certaines répétitions du au changement de point de vue. Pas le film que j’ai préféré de Park Chan Wook mais un bon film quand même.

Chouf : Affiche

De Karim Dridi

Sofiane Khammes, Foued Naba, Zine Darar

4/5

Dans les quartiers nord de Marseille, la vie des cités est régulée par le business de la drogue et les descentes de flics. Sofiane a eut la chance de réussir dans ses études et d’être admis dans une école de commerce à Lyon. Il rêve d’ouvrir un fast food dans son quartier avec son frère Slim qui lui, est devenu dealer pour gagner sa vie. De retour dans son quartier pour quelques jours de vacances, Sofiane renoue avec ses amis d’enfance et passe du temps avec son frère. Mais un soir Slim est abattu en bas de son immeuble. Sofiane décide de rester et de découvrir qu’elle était la vie de son frère dans le réseau et qui a pu l’abattre. Ce qui n’est pas du gout des autres dealers.

Chouf : Photo Mohamed Ali Mohamed Abdallah, Sofian Khammes, Zine Darar

Chouf nous parle des quartiers difficiles de Marseille, loin des clichés. C’est ce que j’ai aimé dans ce film, les personnages ne sont pas caricaturaux, ni les personnages féminins ni les personnages masculins. Sofiane n’est pas le gentil garçon qui a réussi, il a un passé, mais ce n’est pas non plus le gros dur capable de violence pour venger son frère.

Chouf : Photo Sofian Khammes

Le film nous montre le deal de drogue sans fioriture, à la limite du documentaire, du simple guetteur au chef de réseau, en passant par les fournisseurs, par les dealers, par les flics corrompus qui tentent de garder un équilibre et une paix sociale au sein de la cité, tout en se faisant de l’argent. Sofiane débarque dans tous ces trafics et avec son oeil d’étudiant en commerce, apporte son grain de sel pour mieux rentabiliser les affaires.

La violence est filmé sans romantisme ni envergure, c’est simple, rapide, dure, impitoyable, sans musique ni effet de style. A voir aussi pour ses acteurs tous très bons.

Sing Street : Affiche

Sing street

de John Carney

Ferdia Walsh Peelo, Lucy Boynton, Jack Reynor, Maria Doyle Kennedy, Aidan Killen

4/5

Dublin dans les années 80. C’est la crise économique, et beaucoup de gens partent tenter leur chance en Angleterre. Connor, avec son frère et sa sœur ainée, vit chez ses parents, qui passent leur temps à se disputer. Avec l’argent qui ne rentre plus, Connor est obligé de quitter son école privée pour une école catholique gérée par des prêtres sévères. Sa nouvelle école est le chaos par définition, les profs s’en foutent, les élèves encore plus, et Connor devient le souffre douleur de la petite brute de l’école. Mais Connor rencontre aussi la belle et mystérieuse Raphina. Pour l’aborder il lui fait croire qu’il est le chanteur d’un groupe de rock et l’a sollicite pour jouer dans son prochain clip. Il a quelques jours pour réunir d’autre camarades afin de former un groupe.

Sing Street : Photo Ben Carolan, Conor Hamilton, Ferdia Walsh-Peelo, Karl Rice, Mark McKenna

Les années 80 sont devenus très à la mode ces derniers temps, et en générale c’est assez réussi. Ici c’est le rock qui est mis en valeur avec cet ado de 16 ans qui décide de monter son propre groupe de rock pour séduire une fille, un an plus âgée que lui. Du même réalisateur j’avais vu Once, jolie film musicale là aussi, même si l’intrigue était un peu faible.

Sing Street : Photo Ben Carolan, Conor Hamilton, Ferdia Walsh-Peelo, Karl Rice, Mark McKenna

Sing street c’est le genre de film qu’on aime bien voir et revoir. L’histoire tourne autour de Connor, entre ses parents qui veulent divorcer et qui ont trop de problèmes personnels pour s’intéresser à ceux de leurs enfants, son frère ainé, révolutionnaire dans l’âme à l’intelligence cynique, fanatique de rock et qui prend en charge l’éducation musicale de Connor, ou encore sa grande sœur trop sérieuse.

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J’ai adoré toutes les scènes dans lesquelles Connor passe son temps avec ces camarades qui constituent son nouveau groupe de rock. Ils passent leur temps à écrire les paroles, la musique, tourner des clips, à se chercher un style selon les inspirations du moment, Connor passe du style androgyne de Bowie, à la dégaine  décoiffée des Cure.

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C’est très drôle, parfois quelques moment touchants, notamment les discussions entre les deux frères, c’est plein d’énergie, de rêves brisés, de désillusion et d’espoir, même si les dernières minutes sont peut être un peu too much. On prend plaisir à écouter les morceaux emblématiques du rock des années 80 et d’entendre les créations de Connor et son groupe. Un film qui redonne la pêche.

Moi, Daniel Blake : Affiche

Moi Daniel Blake

de Ken Loach

Dave Johns, Hayley Squires

4/5

Daniel Blake se remet doucement d’une crise cardiaque. Son médecin lui a formellement interdit de reprendre le travail, mais une entreprise privée qui sous traite les demande d’allocation invalidité déclare Daniel apte à reprendre le travail. Malgré les avis contraire des ses médecins, les services sociaux ne veulent rien entendre. Daniel à la possibilité de faire appel de cette décision, mais en attendant, il n’a pas d’autre choix que de s’inscrire au chômage, pour espérer toucher juste ce qu’ilf aut pour survivre. Il doit alors se plier à une procédure inhumaine, humiliante, et absurde, chercher du travail alors qu’il ne peut physiquement pas travailler. Daniel Blake se heurte aux personnels des services sociaux obtus et détachés et tombe dans un système qui se plait à broyer ceux qui ne rentre pas dans le cheminement classique de la recherche de travail. Daniel Blake fait aussi la connaissance de Katie, mère célibataire de deux très jeunes enfants, qui pour être arriver en retard de 5 minutes à son rendez vous avec les services sociaux, se voit retirer son allocation et seule source de revenu pour un mois.

Moi, Daniel Blake : Photo Dave Johns, Hayley Squires

Ken Loach nous montre un système social déshumanisé, vicieux, froid et détaché. Daniel Blake est déclaré apte à travailler par un simple questionnaire téléphonique effectué par un boite privé, sans rendez vous, ni examen, alors que ces médecins et cardiologues disent le contraire. Dès lors commence une descente aux enfers, Daniel se heurte contre un mur. Les employés du pole emploi locale doivent suivre des procédures millimétrées et ne doivent pas s’éloigner des phrases types qu’on leur apprend à répéter face à tel ou tel problème. Le pôle emploi est lui aussi soumis à rentabilité, celle de supprimer un maximum de gens des listes de recherche d’emploi, peu importe qu’ils aient réellement retrouvé un emploi. Cinq minutes de retard à un rendez vous, une recherche d’emploi inférieur aux 35 heures par semaine imposé par le règlement, ou encore un manque de preuve dans cette recherche et c’est la “sanction”. Absurde, vicieux, inhumain, des robots feraient aussi bien le job, aucun aspect social ou humain dans les relations avec ces gens défavorisés.

Moi, Daniel Blake : Photo Dave Johns

Pour avoir moi même été “victime” du pôle emploi, j’ai trouvé le film assez crédible. J’ai vécu ces règles absurdes à suivre, j’ai pu voir son inefficacité :trouver un emploi à un universitaire est impossible, obligation de postuler à des annonces qui ne sont plus d’actualité ou pire des annonces bidons, devoir suivre des séminaires pour faire son CV et se retrouver à faire le boulot de l’animateur sur la demande de ce dernier, car occupé avec quelqu’un d’autre, bref je m’éloigne du sujet…

Moi, Daniel Blake : Photo Dave Johns, Hayley Squires

Quand on ne rentre pas dans le moule, ou qu’on ne se laisse pas manœuvré pour suivre à la lettre les règles, on est vite broyé par le système, qui oublie l’aspect humain, le cas par cas. Daniel Blake ne sait pas utiliser internet et c’est déjà le début de la fin pour lui. J’ai beaucoup aimé sa relation avec la jeune Katie et ses deux enfants. Mais si la situation de Daniel Blake est tout a fait crédible et juste, celle de Katie est un peu exagérée. On sent que cette jeune mère célibataire à des options que n’a pas Daniel Blake, et on sens que sa situation est poussée à l’extrême dans le film. L’idée est de montrée les solutions extrêmes auxquelles les plus démunis ont recourt. Mais dans le cas de Katie, je trouve son choix disproportionné et trop exagéré.

Les deux acteurs principaux sont l’atout premier du film, Dave Johns est excellent et tellement crédible dans le rôle de Daniel Blake, tellement touchant dans le rôle de cet homme qui a toujours été honnête, travailleur, impliqué dans la vie de ses amis, solidaire, et qui se voit broyer par un système vicieux et impitoyable. Et Hayley Squires dans le rôle de Katie qui touche le fond, notamment dans la scène où elle craque dans la banque alimentaire ou encore quand elle vole dans un supermarché.