Les béliers – Au delà des montagnes – The big short

Béliers : Affiche

3,5/5

Les béliers

de Grimur Hakonarson

Sigurour Sigurjonsson, Theodor Juliusson

Dans un coin paumé d’Islande, deux frères vieillissants qui se partagent la terre familiale ne se parle plus depuis plusieurs décennies. Leur seule occupation est l’élevage de moutons et béliers, issu d’une longue génération d’une même race. Après que son frère ait gagné le concours du plus beau bélier, Gummi découvre que le troupeau de son frère est contaminé par la tremblante. Après l’intervention des services vétérinaires, la décision est prise d’abattre tous les moutons de la vallée. Kiddi refuse et la police doit intervenir, tandis que Gummi, la mort dans l’âme, abat tous ses moutons lui même, sauf une bonne dizaine qu’il décide de cacher sans rien dire à personne, dans la cave de sa maison.

Béliers : Photo Sigurður Sigurjónsson

Une vallée enneigée, quelques maisons, deux frères ennemis qui ne se parlent plus depuis trop longtemps, et des moutons partout. Dans ce coin reculé, la vie des gens du village tourne uniquement autour de l’élevage des moutons, alors quand la tremblotte emporte tout les cheptels, la question se pose de savoir qui va rester, et qui va partir, et si le village va survivre. J’ai beaucoup aimé la relation entre les deux frères. Ils habitent l’un en face de l’autre, se ressemble comme deux gouttes d’eau, n’ont pas échangé la moindre parole depuis des décennies et communiquent uniquement par message écrit transportés par le chien.

Béliers : Photo Sigurður Sigurjónsson, Theodór Júlíusson

Béliers : Photo Sigurður Sigurjónsson

L’humour est souvent absurde, on s’attache à ces deux frères hirsutes, qui se baladent dans des vêtements déchirés, pas très sociables, qui ne pensent qu’à leurs moutons, et à ne surtout pas se croiser. Sans parler que leur attachement à leurs moutons reste touchant. Une fin quelque peu étrange tout de même!

Au delà des montagnes

Au-delà des montagnes : Affiche

4/5

de Jia zhangke

Zhao Tao, Zhang Yi, Jing Dong Liang

1999. Tao est une jeune femme qui vit avec son père dans une petite ville reculée du  centre de la Chine. Elle est courtisée par deux amis d’enfance, Liangzi et Jinsheng. Lorsqu’ils se mettent à lui déclarer leurs flammes, elle n’a plus d’autre choix que de se décider. Elle décide d’épouser finalement Jinsheng, qui se lance dans de petites affaires prospères, alors que Liangzi, se sentant rejeté, décide de prendre le large. Quelques années plus tard, en 2014, Liangzi n’a pas eu d’autre choix que de travailler aux fonds des mines de charbon. Il en a gagné un cancer. Lui, sa jeune épouse et leur bébé reviennent dans sa ville d’origine, en espérant pouvoir se faire soigner. De son coté Tao à divorcer et est devenue une riche femme qui gère sa petite entreprise locale, alors que son ex mari, parti faire fortune à Shanghai, ne pense plus qu’à l’argent.

Au-delà des montagnes : Photo

J’aime beaucoup le cinéma de Zia Jiangke, j’avais adoré Still life, le documentaire I wish I knew et plus récemment A touch of sin. On retrouve ici beaucoup de thème déjà vu dans ses précédents films, les mines de charbon, le monde ouvrier, la classe sociale très moyenne, la vie dans les villes reculées du centre du pays. Le film débute en 1999 sur un écran très réduit, on poursuite en 2014 sur un écran plus large, et on finit en 2025 sur un plein écran.

Au-delà des montagnes : Photo

Une véritable fresque, une Chine en pleine évolution, plusieurs génération, Tao jeune, Tao à l’age mure avec son père vieillissant, et une Tao âgée. On suit aussi le fils de Tao, partie avec son père en Australie quand il a eu 7 ans. Le petit garçon devenue grand est complètement déraciné, à la recherche de ses origines, ayant perdu tout souvenir de sa mère biologique.

Au-delà des montagnes : Photo

J’ai adoré suivre la destinée de ces personnages, même si certains sont oubliés en court de route, j’ai adoré voir leurs évolutions au fur et à mesure que le pays se transforme, que les opportunités se présentent. Encore une fois Zia Jiangke frappe juste. Le film parle aussi de l’importance et de la complexité des relations filiales, Tao et son père, Tao et son fils, le fils de Tao et son père, et l’importance de ses origines et de ses racines. Encore un beau film de Jia Zhangke.

The big short

The Big Short : le Casse du siècle : Affiche

de Adam McKay

Steve Carell, Ryan Gosling, Christian Bale, Brad Pitt

4/5

En 2005, deux ans avant la crise des subprimes, plusieurs personnes visionnaires devinent la crise à venir et l’éclatement de la bulle financière. Le premier à s’en rendre compte, c’est le docteur Michael Burry, une sorte de génie des chiffres, qui découvrent la crise éminente grâce à sa fine analyse des chiffres. Il décide alors de miser contre les banques, en passant contrat avec elles. Si la crise éclate comme il le prédit, les banques feront faillites et lui deviendra milliardaire. Dans son sillage, Jarrett Vennet, trader à wall street, relève quelques indices et essaye lui aussi de sortir son épingle du jeu. Pareil pour deux jeunes traders amateurs qui tentent de jouer dans la cour des grands et qui trouveront de l’aide auprès de Ben Rickert, un ancien célèbre financier qui a pris sa retraite, ou encore pour Mark Baum, à la tête de son entreprise de trading. Tous vont se rendre compte de la crise imminente et tous vont devoir tenir le coup durant deux ans, en espérant voir cette crise se produire.

The Big Short : le Casse du siècle : Photo Hamish Linklater, Jeffry Griffin, Jeremy Strong, Rafe Spall, Ryan Gosling

Le film, tirée d’une histoire vraie, est assez foutraque aux premiers abords, ça part dans beaucoup de sens au départ, et il faut une bonne moitié du film pour se sentir à l’aise avec qui est qui, qui fait quoi. Mis à part ça, il y a aussi tout un vocabulaire du monde des finances, de la banque et des prêts hypothécaires qui est complexe et spécialisé. Le film est parfois très bavard, très technique, certaines séquences didactiques, tournées de manière comique, tentent de nous expliquer de manière originale certaines méthodes de trader et certains mots de finance.

The Big Short : le Casse du siècle : Photo Christian Bale

Ceci dit, le film avance sans perdre le spectateur. De ce coté là, c’est un peu comme dans les épisodes les plus techniques de la série A la maison blanche, on à l’impression que le sujet est complexe, mais les scénaristes et dialoguistes on si bien fait leur travail que sans s’en rendre compte, on découvre que l’on à tout compris, et tout saisi.

The Big Short : le Casse du siècle : Photo Christian Bale

Le sujet est traité de manière pop et rock, des images en cascades pour nous montrer la société de 2005, les  premiers Iphone, l’apparition de facebook, l’explosion de youtube et j’en passe. C’est aussi traité avec beaucoup d’humour, beaucoup de cynisme, et ça nous rappelle l’absurdité de cette crise des subprimes. On nous y montre des gens modestes, voir pauvres qui, grâce à des prêts avantageux, qui ne demandent ni apport, ni garantie, ni emploi ou source de revenus, se voient obtenir malgré tout des prêts à taux variables, qui permettront à quasi n’importe qui de devenir propriétaire et qui mettra sur la paille les même personnes lorsque la crise surviendra.

The Big Short : le Casse du siècle : Photo Brad Pitt

L’absurdité de l’économie capitaliste, en particulier l’économie américaine est mis en avant, sans parler de la fraude du système financier, les sociétés censer noter et surveiller les activités financières, qui ferment les yeux sur les mauvais résultats, ou les non sens de certaines pratiques, ou pire qui ne comprennent même plus les différentes méthodes du monde financier, devenu trop complexes, trop abstraites, même pour la plupart des professionnels.

Le film met en scène plusieurs personnages qui ont réellement existé et participé à cette crise. The big short passe vite, c’est entrainant, et servit par une belle brochette d’acteurs, en particulier Steve Carell et Christian Bale. ça fait réfléchir sans ennuyer, et sans trop simplifier les choses ce qui est un exploit vu le sujet complexe.

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Star wars – Le réveil de la force

Star Wars - Le Réveil de la Force : Affiche

de JJ Abrams

Daisy Ridley, Oscar Isaac, Adam Driver, John Boyega, Harrison Ford, Carrie Fisher, Mark Hamill, Peter Mayhew

4,5/5

30 ans après les évènements du Retour du jedi avec la fin de l’empire et la victoire de la résistance, les choses ne vont pas si bien que ça dans la galaxie. Le premier ordre, héritier de l’empire, devient de plus en plus puissant, avec à sa tête le redoutable Snoke et son bras droit, Kylo Ren qui maitrise la force. La résistance menée par la générale Leia Organa, a du mal à faire front, et recherche pour les aider, Luke Skywalker, qui s’est retiré loin du monde, dans un lieu secret. Poe Dameron, un pilote de la résistance, retrouve une carte permettant de localiser Luke. il est aidé par Finn un stormtrooper déserteur qui ne supporte pas l’empire. Finn fera équipe avec la jeune Rey, une pilleuse d’épave sur la planète qui a retrouvée le droïde BB8 qui tient les indices pour retrouver Luke. Le premier ordre mené par Kylo Ren se lance à la poursuite de Finn et Rey pour retrouver le droïde. Son maitre désire retrouver le maitre jedi afin d’anéantir pour de bon l’ordre Jedi.

Star Wars - Le Réveil de la Force : Photo Oscar Isaac

Après la trilogie de 1999, je n’attendais plus grand chose de la saga Star Wars, je me disais qu’un jour peut être, quelqu’un referait naitre la mythique histoire. La trilogie de 1999 a le mérite de nous éclairer sur l’avant Empire, l’organisation de la république, les origines de Luke, Leia et Vador, la jeunesse de Obi Wan, et la transformation d’Anakin en Vador. Sur le fond c’était intéressant, mais alors le résultat reste trois films aseptisés, trois films froid, dépourvue de chaleur humaine, sans saveur. Des effets spéciaux envahissants et voyants, qui prennent la place des personnages, une héroïne féminine qui passe son temps à défilé, à regarder l’horizon en attendant son bien aimé, et à jouer les plantes vertes sans intérêt, des scènes digne de l’amour est dans le pré, avec les roulades dans l’herbe fleuri d’un gnangnatisme effroyable…Bref, seule l’épisode 3 sauve un peu les meubles.

Star Wars - Le Réveil de la Force : Photo Daisy Ridley, John Boyega

Mais qu’en est il de ce nouvel opus, qui inaugure une nouvelle trilogie? j’y suis allée, sans a priori, sans attentes particulières, juste l’impression que ça ne pouvait pas être aussi nul que la trilogie précédente, presque sur que les erreurs du passé on servi à améliorer les choses. En ce premier jour d’exploitation, la salle est remplie de fans, on sent l’excitation et l’impatience des spectateurs, les gens retiennent leurs souffles, ils crient et applaudissent quand retentit les premières notes de musique de John Williams.

Star Wars - Le Réveil de la Force : Photo Harrison Ford, John Boyega, Peter Mayhew

J’ai tout simplement adoré ce nouvel opus! Tout y est, les courses poursuites en vaisseaux spatiaux à travers la galaxie, la vitesse lumière, les stormtroopers, les méchants, la force, la fuite, les combats, des droïdes tout mignons.

Star Wars - Le Réveil de la Force : Photo Adam Driver, Daisy Ridley, John Boyega

Mais surtout des effets spéciaux servent l’histoire et les personnages sans prendre le dessus, il y a de l’humour qui marche, des personnages intéressants pour qui ont prend le temps de les présenter, de les développés…L’action et les rebondissements n’empêchent pas le spectateur de prendre le temps de connaitre les personnages, Kylo Ren le méchant du jour au passé trouble, Finn (la salle à hurler de rire quand ils ont entendu le vrai nom de Finn) qui apporte beaucoup d’humour et qui reste attachant, bb8 le nouveau droïde pour qui ont craque, Poe joué par le géniale Oscar Isaac, et surtout l’héroïne du film Rey.

Star Wars - Le Réveil de la Force : Photo Daisy Ridley, John Boyega

Rey qui est forte, courageuse, intelligente, qui sait piloter et réparer n’importe quel vaisseau spatial, j’ai adoré ce personnage, combattante, sans être invincible, après tout elle n’est pas guerrière à la base! j’ai adoré sa rencontre avec Han Solo et Chewie qui ont repris leurs activités clandestines.

Star Wars - Le Réveil de la Force : Photo

Mais bien sur, à vouloir coller à l’atmosphère et aux codes de la première trilogie star wars, L’éveil de la force est plus un hommage à la trilogie d’origine, qu’un renouveau de la saga. Les codes de la trilogie sont repris, les clins d’œil sont nombreux, on ne reprend pas les même mais on recommence quand même. Encore une dictature qui fait penser au 3e reich, et qui prend le contrôle de la galaxie à la place de la république, encore des droïdes, encore une étoile de la mort plus puissante et plus grande, des méchants torturés, des personnes ordinaires qui deviennent des héros, des personnes extraordinaires qui découvrent leurs talents, encore la résistance qui tente de se battre contre la grosse armée de l’empire/le nouvel ordre.

Star Wars - Le Réveil de la Force : Photo John Boyega, Oscar Isaac

Bref, on ne peut pas dire que JJ Abrams révolutionne le monde de star wars, mais on ne lui demandait pas de le faire non plu! quel plaisir que de retrouver cet univers, ces décors, ces planètes, retrouver ses personnages attachants, même si parfois on retrouve des parallèles énormes entre l’éveil de la force et l’épisode 4, j’ai adoré les rebondissements, les scènes d’action, l’humour qui fait mouche. J’ai adoré les personnages, Finn, Poe, et surtout Rey et puis ça fait plaisir de revoir Harrison Ford dans la tenue de Han Solo, de retrouver sa complicité avec Chewbacca, revoir la princesse Leia, et puis Luke en ermite qui rappelle Obi Wan… comme le dis Han Solo dans le film, ça fait du bien de rentrer chez soi!

Le spectre – L’homme irrationnel

007 Spectre : Affiche

James Bond, le spectre

de Sam Mendes

Daniel Craig, Léa Seydoux, Ben Wishaw, Ralph Fiennes, Christopher Waltz

3/5

Mercredi, jour férié j’en ai profité pour aller voir le dernier James bond, Le spectre, accessoirement le dernier James bond de Daniel Craig.

J’avais adoré Casino royale, j’ai trouvé que James bond était dépoussiéré, modernisé, on sentait l’influence du réalisme des Jason Bourne de Paul Greengrass, et ça faisait du bien. Des combats à main nues plus crédibles et réalistes tout en restant spectaculaire, des personnages féminins plus intéressants et moins cons, ce qui est une prouesse (rare sont les James bond girls qui m’ont plut, je citerais en plus d’Eva Green, Diana Rigg et Michelle Yeo). Mais avec le spectre, j’ai l’impression qu’on est repartie en arrière, dans les vieux travers des James bonds.

007 Spectre : Photo Ben Whishaw, Daniel Craig, Rory Kinnear

Passons le générique que j’ai trouvé un peu ridicule. Le film s’ouvre sur une scène d’action qui se passe à Mexico city. La scène est ultra longue mais bien foutue, c’est plein d’action, un peu d’humour, bien menée. J’ai beaucoup aimé le passage à Londres, avec le grand chef, le rivale, money penny, Q, toujours un peu d’humour. Ensuite ça se gâte doucement avec Monica Bellucci qui nous joue le cliché de la veuve italienne, tout en haute couture, voilette de deuil et maquillage à outrance qui ne mettra pas plus de cinq seconde pour se laisser séduire par Bond et s’octroyer une nuit, enfin plutôt une heure d’ivresse avec l’agent secret anglais. J’ai trouvé son corset et autre fanfreluches plutôt de mauvais gout, et pas très digne pour la pauvre Bellucci, mais bon, c’est James bond, personne n’est sensé résister, sans savoir pourquoi.

007 Spectre : Photo Daniel Craig

Quelques scènes d’actions bien pensées, avant de voir débarquer la vraie James bond girl, Léa Seydoux, qui joue la fille de mister white. Bilan de cette James bond girl, ba bof. Le personnage est un peu vide, on ne sait rien d’elle (médecin, psychologue ???), on nous fait miroiter qu’elle sait manier les revolvers et se défendre, mais en fait rien du tout, elle ne fait que suivre Bond partout, sans vraiment agir sauf dans la scène du train où elle vient en aide à Bond. Scène du train qui rappelle d’ailleurs un peu beaucoup casino royale, lorsque Bond rencontre Vesper Lynd, mais passons ce manque d’originalité, c’est James bond…

007 Spectre : Photo Daniel Craig, Léa Seydoux

Dans cette scène du train, on peut rire ou pleurer, quand on voit Bond se faire fracasser la tête par une véritable armoire à glace et se relever miraculeusement sans aucun bleus, aucune trace de sang, rien qu’un peu de sueur, même sa chemise ne sera pas sortie du pantalon, alors qu’un homme normalement constitué aurait été hospitalisé d’urgence, mais bon, c’est James bond…quant à sa James bond girl qui ne sert pas à grand-chose, elle recevra la baffe de sa vie de la part de monsieur armoire à glace, elle se relèvera avec…rien, pas même une tracette rouge au coin de la bouche, rien, mais bon, c’est James bond…

007 Spectre : Photo Daniel Craig

Donc un James bond qui tombe amoureux plus vite qu’il ne tue, on ne sait pas trop pourquoi ni comment, (je dis tomber amoureux, pas coucher), un James bond qui en prend plein la gueule, mais qui en ressort avec aucune marque, aucune blessure, aucun bleu, aucun froissement de chemise, une James bond girl vide, qui était prometteur mais qui tombe vite dans un classicisme vieillot et dépassée, sans grand intérêt, un méchant pas mal mais pas très présent, mais qui ne suffit pas à relever le reste. Reste des scènes d’actions réussies, mais l’intrigue est banale, elle fait franchement penser à un épisode du dessin animé Minus et Cortex, la petite souris intelligente qui rêve de conquérir le monde, et qui échoue à chaque fois. Le tout saupoudré de scènes déjà vu et parfois ringardes, comme le fameux sauvetage de la belle Léa Seydoux attachée sur une chaise entourée d’explosifs prêt à détruire un bâtiment entier, on se serait presque crut dans un dessin animé de Tex Avery…

007 Spectre : Photo Christoph Waltz, Léa Seydoux

C’est peut être un peu sévère, mais après Casino royale, et même skyfall, j’en attendais autre chose, une continuité dans le dépoussiérage de la franchise, et pas un retour en arrière. Reste tout de même un peu d’humour, de jolies scènes d’action, et un film qui n’ennuie pas les spectateurs (sauf la personne à ma gauche qui a ronflé du début à la fin, littéralement), j’aurais aimé avoir un peu plus que ça.

 L’homme irrationnel

L'Homme irrationnel : Affiche
de Woody Allen
Joaquin Phoenix, Emma Stone, Parker Posey

3/5

Abe Lucas professeur de philosophie, vient d’être embauché dans une fac bon chic bon genre. Dégouté par la vie, Abe Lucas n’a plus le gout à rien mis à part la bouteille, donne ses cours sans grande passion, et ne s’intéresse à personne. Il sympathise uniquement avec une de ces élèves, avec qui il aime parler. Un jour, après avoir entendu par hasard le témoignage d’une mère de famille dont la vie risque d’être détruite par un juge des affaires familiale, Abe décide d’aider cette inconnu en planifiant le meurtre de ce dernier. Abe reprend alors gout à la vie, grâce à ce nouvel objectif.
Les films de Woody Allen, du moins parmi ceux de ces 20 dernières années, c’est un peu toujours la même chose, un peu toujours les même personnages. Comme souvent donc avec ces films, l’homme irrationnel c’est une histoire sans originalité, sans grand intérêt, tout comme ses personnages pour lesquels ont a aucune sympathie finalement.
L’Homme irrationnel : Photo Joaquin Phoenix
J’avais bien aimé Blue Jasmine, mais je m’étais ennuyée à mourir devant Magic in the moonlight . Avec l’homme irrationnel, je ne me suis pas ennuyée, mais l’histoire ne me touche pas trop pas plus que les personnages.
L’Homme irrationnel : Photo Emma Stone, Joaquin Phoenix
Reste de bons acteurs, dans un film qui n’est ni lent ni ennuyant, mais qui manque cruellement d’intérêt ou d’originalité. A moins d’être un grand fan de Joaquin Phoenix ou de Woody Allen, c’est pas indispensable à voir!

Crimson peak – Le nouveau stagiaire

Crimson peak

Crimson Peak : Affiche

de Guillermo del Toro

Mia Wasikowska, Tom Hiddleton, Jessica Chastain

4/5

A la fin du 19e siècle, la jeune Edith évolue dans la bonne société de Buffalo. Elle vit seule avec son père, aimant et chaleureux, depuis la mort de sa mère, des années plus tôt. Et depuis, Edith voit de temps en temps des fantômes effrayants. Elle ambitionne de devenir romancière et seuls son père et son ami d’enfance, le docteur McMicheal l’encouragent. Elle rencontre alors le baronnet Thomas Sharpe, venu d’Angleterre pour convaincre le mère d’Edith, un riche homme d’affaire, d’investir dans le financement de sa nouvelle machine, capable d’extraire l’argile rouge, principale richesse de sa propriété familiale. Il est venu à Buffalo accompagné de sa sœur, l’étrange Lucille. Alors que son père n’a aucune confiance en Lucille et Thomas, qu’il trouve étrange, Thomas séduit rapidement la jolie Edith, qui ne tarde pas à succomber aux charmes du baronnet…

Crimson Peak : Photo Jessica Chastain, Tom Hiddleston

Je n’en dis pas plus, sachez seulement que le résumé correspond au tout début du film. J’avais très envie de voir le film mais je me suis très peu renseignée sur l’histoire avant d’y aller, je n’avais même pas vu la bande annonce.

Crimson Peak : Photo

Le film est vraiment coupé en deux, avec cette première partie américaine, le film est assez captivant, Edith est attachante et sympathique, sa relation avec son père touchante, et une pointe d’humour est la bienvenue. Tout change avec la seconde partie qui se déroule en Angleterre, dans la demeure de Lucille et Thomas, un manoir perdue au milieu de nulle part, dans une campagne désolé et lugubre, dont l’intérieur ressemble plus à un film d’horreur qu’à une demeure familiale, avec son trou dans le toit qui laisse tomber sur le sol, les eaux de la pluie, les feuilles des arbres ou la neige, ou encore son argile rouge qui remonte le long des murs ou dans les tuyauteries.

Crimson Peak : Photo Mia Wasikowska , Tom Hiddleston

On retrouve dans Crimson peak certaines choses qui avaient fait le succès du Labyrinthe de pan, par son ambiance, son atmosphère, ses décors, ses scènes bien gores et bien sanglantes, et sa façon de suivre dans les couloirs du manoir le jeune Edith qui découvre petit à petit les secrets et les mensonges, comme ce fut un peu le cas de la jeune Ophélie dans le labyrinthe de pan. Le trio d’acteurs est d’ailleurs excellent, Mia Wasikowski qui sait incarné l’innocence sans pour autant tombée dans la naïveté ou la bêtise, ce qui est appréciable, Tom Hiddleston qui est décidément toujours aussi excellent, et bien sur la jolie Jessica Chastain qui est brune cette fois ci et qui donne bien la chair de poule dans certaines scènes.

Crimson Peak : Photo Mia Wasikowska

En bref, un film visuellement très réussie, tout est très bien fait, les acteurs excellents, et une ambiance qui m’a rappeler le Labyrinthe de pan, mais dont l’histoire est finalement très classique, et n’a rien d’originale, si ce n’est le coté fantastique qui est rajouté.

Le nouveau stagiaire

Le Nouveau stagiaire : Affiche

de Nancy Meyers

Robert de Niro, Anne Hathaway, Adam Devine Rene Russo, Anders Holm

3/5

Ben Withaker à 70 ans, il est veuf, à la retraite, et ne sait pas quoi faire de ses journées. Il a beaucoup voyagé, à rendu visite à son fils et ses petits enfants, mais s’ennuie dans sa vie de tous les jours. Lorsqu’il tombe sur une petite annonce pour le compte d’une start up qui recherche un stagiaire senior, il se lance et se présente. Autrefois PDG le voilà devenu stagiaire de la patronne, Jules, une jeune femme qui a monté une entreprise de vente de vêtements par correspondance.

Le nouveau stagiaire : Photo Robert De Niro

Au départ, je n’étais pas trop motivée pour aller voir ce film, mais la présence de Robert de Niro que je n’avais pas vu au cinéma depuis longtemps m’a convaincu.

Finalement, Le nouveau stagiaire reste une comédie de Nancy Meyers, donc beaucoup de bons sentiments, un peu d’humour, un peu de gnangnan. Le début du film est attachant, car le personnage de Withaker est très sympathique, on a envie de mieux le connaitre. Dans l’entreprise il détonne avec ces costumes stricts, sa mallette des années 70 et ses manières polies, loin du coté fashion de l’entreprise et de ses cadres qui s’habillent de manière décontractée et à la mode.

Le Nouveau stagiaire : Photo Adam DeVine, Jason Orley, Robert De Niro, Zack Pearlman

Robert de Niro est le point fort du film, je ne l’avais pas vu depuis un moment au cinéma, il a maigri, et j’ai trouvé qu’en costume, avec sa mèche sur le coté, il ressemblait beaucoup à Lino Ventura dans ses dernières années. De Niro est excellent dans son rôle, il n’en fait jamais trop, il est touchant sans tombé dans le larmoyant à l’américaine. Mais les bons points du films s’arrêtent là. Beaucoup trop de bons sentiments, une Anne Hathaway qui en fait trop et qui ne m’a pas convaincu, j’en ai un peu marre de la voir dans des roles de fashion victim new yorkaise, qui se balade toujours dans les plus beaux vêtements, perchés sur des talons aiguilles. Elle m’a rappeler son personnage dans Le diable s’habille en Prada.

Le Nouveau stagiaire : Photo Anders Holm, Anne Hathaway

Son personnage est froid, on a plus l’impression de voir un défilé de mode qu’un personnage réel vivre quelque chose; pareil pour sa petite famille, le mari joué par Anders Holm n’a aucune expression, et on sent que la réalisatrice à tout fait pour que les spectateurs soit attendri par la petite fille du couple, qui est beaucoup trop mise en scène, ce qui rend le tout pas très naturel, on y croit pas à cette famille, d’autant que la maison du couple est à l’image des tenues d’Anne Hathaway, tout est trop parfait on a l’impression d’évoluer dans un catalogue ikea.

Le Nouveau stagiaire : Photo Anne Hathaway

En bref, une comédie sympathique à voir surtout pour Robert de Niro excellent, ça fait plaisir de le revoir comme ça, et les scènes entre son personnage et les autres stagiaires jeunes de l’entreprise sont souvent drôles et sympathiques; Mais le reste tombe à plat, trop gnangnan avec une bande originale plus mauvaise et répétitive qu’une musique d’ascenseur, et l’histoire de couple de Jules et ses dilemmes ne m’ont pas touchés.

Miss Hokusai – The man from UNCLE

Miss Hokusai : Affiche

Miss Hokusai

de Keiichi Hara

4/5

Au début du 19e siècle à Edo, la capitale du Japon, Tetsuzo, le grand peintre japonais plus connu sous le nom de Hokusai, vit dans une maison sans fioriture avec l’une de ses fille O Ei, et un disciple. O Ei est, comme son père, une peintre et dessinatrice très talentueuse, et aide son père dans certaines œuvres, commandées par les hauts dignitaires de la ville. Tetsuzo passe son temps à peintre, à boire, avec un caractère taciturne et peu bavard, tandis que sa fille, dans ce monde d’homme, n’est pas reconnu à sa juste valeur, et travaille dans l’ombre de son père.

Miss Hokusai : Photo

J’aime beaucoup le travail de Hokusai, j’avais d’ailleurs été voir l’exposition de ces oeuvres au grand palais, l’année dernière. Ici on en apprend beaucoup sur le travail de ce peintre, sa façon de vivre, ses relations avec ces collaborateurs, ou certains membres de sa famille. Je ne connaissais pas du tout l’histoire de sa fille, artiste douée, qui bien sur ne peut pas voler de ses propres ailes, dans un monde où les femmes n’ont pas leur place partout. Le film montre aussi  les sources d’inspirations, les sujets que l’on retrouve dans les peintures d’Hokusai, les ponts, la mer, les vagues, la neige, les arbres, les maisons closes, les geishas, on voit le quotidien des japonais de la capitale du 19e siècle, les marchands, les maisons de thés, les commandes de tableaux par l’intermédiaire d’agents, les résidences familiales, les bars…

Miss Hokusai : Photo

J’ai aussi beaucoup aimé le personnage de O Ei, fière, forte, qui comme son père est assez taciturne et montre très peu ses émotions, sauf quand elle se promène avec sa petite sœur aveugle à la santé fragile. Les scènes entre les deux sœurs sont émouvantes, joyeuses, leur promenade au printemps sur le pont, leur promenade en barque en mer, leur promenade dans la neige, les sensations qu’elle ressent à travers ses autres sens.

Le film ne comporte pas une réelle intrigue, mis à part la relation entre le père, O Ei et la petite soeur, on en apprend un peu sur le caractère et les faiblesses d’Hokusai, son talent. Il y a aussi parfois une dimension onirique, voir fantastique, qui ajoute un petit quelque chose à l’atmosphère poétique du film.

Je pensais m’ennuyer un peu durant le film, mais en fait pas du tout, j’ai vraiment apprécié l’enchainement des scènes et l’évolution des personnages, avec une impression parfois, de voir les oeuvres les plus célèbres du maitre japonais, prendre vie!

The man from UNCLE

de Guy Ritchie

Henry Cavill, Armie Hammer, Alicia Vikander, Hugh Grant

3/5

Au début des années 60, en pleine guerre froide, l’agent de la CIA Napoleon Solo doit collaborer avec l’agent du KGB, Illya Kouriakine. Les deux agences ennemies décident de mettre en commun leurs ressources afin de récupérer une bombe nucléaire fabriquée pour le compte d’une organisation criminelle aux ambitions démesurées. Pour cela, les deux agents doivent tout faire pour s’entendre, et font équipe avec la jolie Gaby, qui grâce à ses contacts familiaux, pourraient découvrir le lieux de fabrication de la bombe.

Je me souviens un peu de la série des années 60 Agents très spéciaux, mais je me souviens un peu plus de son spin off, Annie agent très spéciale, avec Stéphanie Powers. Le film me tentait bien, du même réalisateur, j’avais bien aimé Arnaque crime et botanique, Snatch ou encore Sherlock Holmes.

The man from UNCLE c’est donc pas mal foutu, jolie à voir avec les années 60 pop et colorées, Il y a de l’humour, de l’action, et le duo entre les deux agents ennemis marche bien.

J’étais contente de revoir à l’écran Alicia Vikander, qu’on voit de plus en plus au cinéma, depuis son rôle dans Royal Affair qui m’avait beaucoup plut. Bref, le film fonctionne, l’histoire, l’humour, les acteurs, l’action, l’élégance des années 60, ce petit coté obsolète, l’espionnage à l’ancienne. Mais malgré tout, j’ai trouvé au film quelques longueurs. Un bon divertissement, mais pas le film de l’automne non plut!

La rage au ventre – Coup de chaud – Dheepan

Pendant ces vacances d’été, on peut pas dire que j’ai rentabiliser ma carte ugc. L’été n’a jamais été une saison intéressante pour le cinéma, cette année c’est le pompon! Donc en un mois et demi j’ai vu trois films, La rage au ventre, Coup de chaud et Dheepan.

La rage au ventre

3/5

de Antoine Fuqua

Jake Gyllenhaal, Rachel McAdams, Forest Withaker

Billy, enfant abandonné sortie de l’orphelinat, est devenu l’un des plus grands boxeur de sa génération. Imbattable, il a fondé avec l’aide de sa femme, Maureen, qu’il a connu à l’orphelinat, un véritable empire. Belle demeure, belle fortune, entourés d’amis, ils élèvent leur fille Leila dans l’opulence. Mais lors d’une soirée mondaine, Maureen se retrouve au milieu d’une rixe, et prend une balle perdue. Bily ne se remet pas de la mort de sa femme, se laisse aller, et commence à tout perdre petit à petit jusqu’à sa propre fille…

Jake Gyllenhaal est excellent dans le rôle de ce boxeur parti de rien, qui ne possédait rien, qui n’avait personne, qui arrive au sommet et qui perd tout. L’histoire est classique, celle de celui qui a tout et qui dégringole pour toucher le fond. Forest Withaker est aussi très bon dans le rôle de l’entraineur de boxe, qui enseigne le sport aux jeunes garçons désœuvrés du quartier et qui accepte de coacher Billy, afin qu’il reprenne le contrôle de sa vie. Là aussi le rôle est classique, celui du vieux sage qui vit dans les quartiers populaires et qui met son savoir et sa sagesse à disposition des jeunes du quartier.

Bon, les personnages comme l’histoire sont simples, peu originaux, on sent le déjà vu, quelques caricatures, quelques facilités, et grosses ficelles, de l’émotion exacerbée afin d’émouvoir les spectateurs. On sent que certaines scènes appuient de manière un peu trop visible sur le larmoyant. Le film rappelle un peu la saga des Rocky. A voir pour les quelques scènes de boxes.

Coup de chaud

3.5/5

de Raphael Jacoulot

Jean Pierre Daroussin, Gregorie Gadeboie, Karim Leklou, Carole Frank

 

Dans un petit village du sud de la France, l’été bat son plein. Il fait chaud, la pluie se fait attendre et les agriculteurs de la région sont en peine, en particulier Diane, qui manque cruellement d’eau pour son blé. Les Blin, viennent de s’installer dans la région et essayent de s’intégrer à la vie du village, et comme tout le monde, ils sont témoins des agissements de Josef, un jeune adulte de la région quelque peu dérangé, qui sévit dans le village et trouble la tranquillité des lieux. Très vite les tensions montent, et les choses dégénèrent.

Un film qui peut paraitre lent, mais qui ne l’est pas en fin de compte, car je n’ai pas vu le temps passé, et je n’ai pas senti d’ennui du tout. On apprend à connaitre le quotidien des villageois, des jeunes et des moins jeunes, le tout durant un été caniculaire.

On voit tout ce qui fait le quotidien et les difficultés d’un village classique, les petits chouchous, et les bêtes noires. L’atmosphère devient vite plus pesante, et l’ambiance se dégrade, on sent que quelque chose d’horrible pourrait se produire à tout moment sans trop savoir quoi. Un film qui vaut le coup d’œil, surtout pour son casting, très bon.

Dheepan : Affiche

Dheepan

4/5

de Jacques Audiard

Antonythasan Jesuthasan, Kalieaswari Srinivasan, Claudine Vinasithamby

 

 

Dheepan, Yalini et Illayaal ont en commun d’avoir souffert de la guerre au Sri Lanka. Dheepan, ancien soldat, rencontre Yalini une jeune femme qui veut tenter sa chance en Europe, tout comme lui. Pour se donner toutes les chances, ils emmènent une jeune orpheline, et se font passer pour une famille. Ils arrivent en France et demande asile. Ils sont alors envoyés dans une cité très sensible d’une banlieue lointaine. Dheepan devient le gardien d’immeuble, sa “femme” s’occupe d’un vieil homme de la cité, et Illayaal est inscrite à l’école. Les débuts sont dures pour Dheepan et Yalini qui ne connaissent quasiment aucun mot de français, et qui doivent se reposer sur Illayaal qui s’adapte plus facilement. Alors que Dheepan trouve un certain équilibre dans cette vie, Yalini ne pense qu’à partir pour l’Angleterre où l’attend sa cousine.

Dheepan : Photo Kalieaswari Srinivasan, Vincent Rottiers

J’adore le cinéma de Jacques Audiard, l’un des rares réalisateurs français contemporain qui fait encore de bons films. J’avais adoré Sur mes lèvres, Le prophète et De battre mon cœur s’est arrêté. Dheepan raconte la fuite, l’arrivée et l’installation de trois réfugiés sri lankais sur le sol français. La vie leur semble d’abord douce, loin de la guerre, des camps de réfugiés, la cité est le cœur de trafic en tout genre, et d’actes de délinquances, mais aux yeux des trois réfugiés, la vie leur semble calme. Illayaal va à l’école, Yalini est trop heureuse de gagner 500€ (une somme énorme pour elle) par mois juste en faisant la cuisine et le ménage pour un vieil homme invalide, et Dheepan se sent bien à nettoyer et réparer tout ce qui ne va pas dans la cité, les gens lui disent bonjour, le reconnaissent. Mais très vite, l’euphorie des débuts fait place à la réalité. Illayaal a du mal à se faire des copines, et manque d’affection auprès de ces faux parents, Yalini se rappelle que son but est de partir rejoindre sa cousine en Angleterre et commence à perdre patience, et Dheepan se rend compte de la réalité des trafics et autres crimes qui se passent dans la cité.

Dheepan : Photo Antonythasan Jesuthasan, Claudine Vinasithamby

Dheepan, comme tout les films d’Audiard, est prenant, on s’attache aux trois membres de cette famille recomposée, on découvre leurs défauts, leurs envies, leurs rêves. Ce n’est pas parce qu’ils ont vécut la guerre et fuit leur pays, qu’ils ont envie de passer le reste de leur jours dans un taudis à faire des petits boulots ingrats, et ça c’est surtout Yalini qui s’en rend compte et ça peut se comprendre. On se met à leur place. Le film s’accélère, on se demande ce qui va se passer pour ces trois réfugiés.

Dheepan : Photo Antonythasan Jesuthasan

Le film a crée une petite polémique quant à l’image qu’il donne des banlieues. Bien sur les cités et les banlieues ne sont pas toutes comme décrite dans le film, mais certaines le sont et je n’ai pas trouvé que Dheepan soit un film caricaturale. J’ai trouvé le tout assez réaliste, aussi bien dans le caractère des personnages que des lieux. Par contre, j’ai été plus dérangé par les dernières minutes du film dans lesquelles on voit la petite famille installée en Angleterre. On sent qu’il a du se passer au moins deux ans, depuis leur départ de France, on les voit dans une jolie maison de banlieue entouré d’amis et de famille retrouvée, où tout le monde semble heureux et bien intégrés, on sent que Yalini a une vie agréable et Dheepan est devenue chauffeur de taxi. Je veux bien croire (et facilement) qu’ils se soient bien mieux intégrés en Angleterre qu’en France, où l’on donne plus facilement sa chance, et qu’ils ont été probablement aidé par la fameuse cousine de Yalini, mais à ce point c’est un peu trop bisounours et nuages roses!

 

Daddy cool – Hill of freedom – La isla minima – Microbe et Gasoil

Bonne pioche ces derniers jours, au cinéma, j’ai eu quelques bonnes petites surprises en ce début d’été.

Daddy cool

Daddy Cool : Affiche

de Maya Forbes

Mark Ruffalo, Zoé Saldana, Imogene Wolodarsky, Ashley Aufderheide

3,5/5

Maggie et Cam se sont connus, aimés, mariés dans les années 70. Installés à la campagne avec leurs deux petites filles, Faith et Amelia, la famille pourrait être on ne peut plus heureuse, si Cam n’était pas maniaco dépressif. Après une ultime crise, Maggie découvre que Cam a dilapidé depuis longtemps l’argent que lui procurait ses riches parents, et sont donc contraints de déménager en ville, à Boston, et Maggie de trouver un travail, Cam étant  toujours trop malade pour travailler. Mais les mois passent, et Maggie ne gagne que des clopinettes. Quand les filles doivent entrées dans l’école du quartier, réputée mauvaise, Maggie prend son courage à deux mains pour changer leurs situations. Elle décide de confier les deux fillettes à Cam, et de partir pour New York afin d’obtenir un meilleur diplôme grâce à une bourse scolaire. Pendant 18 mois, Cam devra s’occuper seul de ses filles, et faire face aux démons de sa maladie.

Daddy Cool : Photo Mark Ruffalo

Au départ, je ne savais pas trop à quoi m’attendre avec ce film. La bande annonce était drôle, et originale, mais j’avais peur qu’en tant que bon film américain, l’histoire verse dans le pathos et les bons sentiments. Il n’en ai rien ici, le film est vraiment à l’image de la bande annonce.

Daddy Cool : Photo Mark Ruffalo

Daddy Cool : Photo Mark Ruffalo, Zoe Saldana

J’ai adoré Daddy cool, c’est drôle, intelligent, vrai, les deux fillettes ont de véritables comportement d’enfant, entre peur, témérité, colère, elles s’adaptent comme seule un enfant sait le faire. Les scènes entre les filles et leur père sont souvent vraiment très drôles, avec un Cam parfois responsable et posé, et parfois complètement loufoque ou inconscient, qui pique des crises de nerfs comme leurs enfants savent le faire parfois. C’est parfois touchant, notamment quand les filles essayent de prendre leur envol et de se détacher de leur père, pour vivre leur vie. Daddy cool c’est aussi une belle histoire d’amour entre Cam et Maggie, leur couple qui doit survivre malgré la maladie de Cam. En bref, une plongée dans le début des années 80 très sympathique, un humour réussi et intelligent, et un casting très brillant, avec ces deux petites filles si naturelles dans leurs rôles, si spontanées. A voir!

Hill of freedom

Hill of Freedom : Affiche

de Sang Soo Hong

Ryo Kase, Sori Moon, Eui Sung Kim

3/5

Mori, un jeune homme japonais, débarque à Séoul pour retrouver la femme qu’il aime, et qu’il n’a pas revu depuis deux ans. La jeune femme étant partie pour quelques jours, il s’installe dans une pension familiale en espérant la voir avant son retour au Japon. En attendant son retour, Mori fait des rencontres dans son nouveau quartier. Il sympathise avec la jeune femme qui tient le café du coin de la rue, il sympathise aussi avec sa logeuse, une vieille dame, ou encore avec le neveu de cette dernière, qui a trop de dettes.

Hill of Freedom : Photo

Hill of Freedom : Photo

Hill of freedom est un film très court, à peine une heure. On découvre l’histoire de Mori à travers les lettres destinées à la femme qu’il aime, et dans lesquelles il raconte son séjour à Séoul. Comme les lettres ont été mélangés, la jeune femme découvre le périple de Mori et ses sentiments, dans le désordre. J’ai trouvé que Hill of freedom ressemblait, dans sa construction, dans sa réalisation et son atmosphère, à un manga. J’ai vraiment eu l’impression de voir un animé japonais, le genre qui raconte le quotidien des gens d’un quartier.

Hill of Freedom : Photo

Tout comme la jeune femme qui lit les lettres de Mori, les spectateurs découvrent le quartier dans lequel il évolue durant ces quelques jours, les amis qu’il se fait, les petites aventures du quotidien qu’il vit. La vieille gérante de la pension, sa voisine mystérieuse qui pique des crises de nerfs, le neveu de la gérante, enjoué et souriant mais bourrer de dettes, l’américain expatrié pour l’amour d’une femme, la jeune gérante du café du coin qui tombe amoureuse de Mori. C’est gentil, c’est sympathique, c’est léger, ici pas de péripétie ou de rebondissement, le seul suspens étant de savoir si Mori va retrouver l’amour de sa vie ou pas!

La isla Minima

La Isla mínima : Affiche

de Alberto Rodriguez

Raul Averalo, Javier Guttierez

4/5

Dans les années 80, deux inspecteurs sont envoyés dans un petit village au fin fond de l’Andalousie, afin de retrouver deux jeunes ado disparues. Les deux jeunes sœurs n’ont pas donné signes de vie depuis plusieurs jours. Leurs cadavres sont retrouvés rapidement, perdus au milieu des marécages et des champs. Elles ont été torturées atrocement puis assassinées. Les deux inspecteurs vont devoir lutter contre la loi du silence instaurée dans le village.

La Isla Minima : Photo Javier Gutiérrez (II), Raúl Arévalo

J’ai beaucoup aimé le film, on ne voit pas le temps passé du début à la fin. Un enquête prenante, un village désolé, un paysage déchiqueté par les marécages et les champs, du vrai suspens, une tension palpable sous le soleil andalou. Les meurtres sont atroces, et les pratiques mises à jour par les deux policiers bien révoltantes.

La Isla Minima : Photo Javier Gutiérrez (II), Raúl Arévalo

Le duo d’inspecteurs est attachant à suivre, entre le jeune inspecteur qui espère résoudre l’affaire pour obtenir une bonne mutation, nouvellement marié, bientôt père de famille, qui représente la nouvelle Espagne démocratique, et l’inspecteur de l’ancienne école, celui qui a rouler sa bosse, et qui a fait toute sa carrière dans l’Espagne de Franco, trimballant derrière lui quelques fantômes et casseroles dont il ne peut se débarrasser. Le film m’a rappelé dans ses décors et ses meurtres, la première saison de True détective. A ne pas manquer, c’est un polar espagnole qui vaut vraiment le détour!

Microbe et Gasoil

Microbe et Gasoil : Affiche

de Michel Gondry

Ange Dargent, Theophile Baquet, Diane Besnier, Audrey Tautou

4/5

Daniel, ado de 14 ans, collégien à Versailles, est surnommé Microbe à cause de sa petite taille et de son allure de fille. Un peu marginal, il n’a pas beaucoup d’amis, et essaye difficilement de grandir. Un jour, Théo, un nouvel élève débarque dans sa classe. Il est vite surnommé Gasoil à cause de ses mains toujours pleines de cambouis. C’est tout naturellement qu’ils deviennent amis, comme seuls savent le faire les enfants et ado. Les deux amis ont alors un projet, celui de construire leur propre voiture grace à un moteur de tondeuse récupéré, et de partir à l’aventure pour les vacances d’été.

Microbe et Gasoil : Photo Ange Dargent, Théophile Baquet

J’aime beaucoup le travail de mise en scène et l’imagination visuelle de Gondry, même si je n’aime pas forcément tous ces films. Ici, il n’y pas de scènes farfelues, de rêves éveillés, toutes les scènes sont parfaitement réalistes. Pour faire court, j’ai adoré le film, j’ai passé un délicieux moment en compagnie de ces deux ados qui se découvrent qui se posent des questions, qui tentent de se forger une confiance en eux même , et essayent de s’affranchir du monde des adultes. Comme c’est le cas pour beaucoup d’amitié à cet age là, la relation entre Microbe et Gasoil est fusionnelle, presque parfaite, une totale confiance,une compréhension mutuelle existent entre les deux enfants, et donne l’impression qu’ils se connaissent depuis des années, et non depuis quelques semaines. Et comme beaucoup de ces amitiés fulgurantes et fusionnelles, les deux enfants ne sont pas du tout issu du même milieu familiale et sociale.

Je me suis énormément amusée en replongeant dans l’enfance, l’absence de conscience, le sens de l’aventure, j’ai adoré partir avec ces deux garçons à bord de leur voiture maison, de suivre leurs péripéties, et d’entendre leurs discussions, leurs réflexions sur la vie et leurs émotions. Un petit coup de cœur pour ce film, très drôle et touchant!