L’âme des horloges de David Mitchell

L'âme des horloges par Mitchell

4,5/5

1984, Holly Sykes a 15 ans et après une énième dispute avec sa mère, décide de fuguer du foyer familiale estimant que quelques jours à s’inquiéter de son sort fera du bien à sa mère. Ses errements lui rappelleront certains aspects de son enfance qu’elle ne s’explique pas. Ces quelques jours auront un impact immense sur le reste de sa vie. 1991, Hugo Lamb est un étudiant de bonne famille mais qui ne possède pas l’héritage aristocrate de ces camarades de classe de l’université d’Oxford qu’il fréquente. Ambitieux, sans pitié, Hugo cache derrière une camaraderie factice, un manque totale d’empathie. En cette fin d’année 1991, il fera deux rencontres déterminantes. 2015, Crespin Hershey n’est plus que l’ombre de lui même. Autrefois écrivain à succès, il n’écrit plus rien de valable, son mariage est un échec il jalouse le succès des autres écrivains plus jeunes, notamment celui d’une certaine Holly Sykes. Tous ces personnages sont malgré eux entrainés dans une guerre invisible qui les dépasse et qui met en scène deux groupes qui vivent depuis des centaines de siècles…

Depuis que j’ai découvert David Mitchell avec les 1000 automnes de Jacob de Zoet, j’ai adoré tous les romans de cet auteur, Cloud atlas, Écrits fantômes, Number9dream, Black swan green. L’âme des horlogers ne fait pas exception, c’est encore un gros coup de cœur.

Comme pour les autres romans de l’auteur, on retrouve certains personnages secondaires de ces autres romans comme Marinus qui était dans Les 1000 automnes de Jacob de Zoet, ou encore Hugo Lamb qui apparaissait dans le roman Black Swan green. Si les intrigues diffèrent toujours, et qu’il n’y a pas de liens entre elles, les personnages restent toujours l’élément qui lient les différents romans.

Certains thèmes aussi reviennent, comme la réincarnation, la transmigration, l’humanité. Mitchell aime décrire l’humain, ce dont il est capable, du pire et du meilleur, de sa capacité à se sacrifier pour autrui, de sa capacité à s’autodétruire, de sa générosité, de son égoïsme, de son égocentrisme, de son ambition.

Comme dans cloud atlas, le roman est divisé en plusieurs parties se passant à des époques différentes et mettant en scènes des personnages différents. C’est plusieurs parties plus tard qu’on découvrira de manière détournée ce qui est arrivé au personnage qui tenait le rôle principale de la première partie.

On débute en 1984 avec l’histoire qui peut sembler banale d’Holly, une ado de 15 ans qui fugue suite à une dispute violente avec sa mère. Comme beaucoup d’ado de son age, Holly est persuadée avoir tout compris de la vie, des gens, que son petit copain est l’homme de toute sa vie future.

L’histoire tournera toujours autour d’Holly et de certaines dispositions qu’elle possède et qui fait d’elle un personnage à part. En 1991, on la retrouve en Suisse au travers des yeux et de l’histoire d’Hugo Lamb, un étudiant d’Oxford en vacances avec ces camarades qui ont l’avantage d’être tous issu de l’aristocratie anglaise, alors que lui ne l’est pas. On découvre un étudiant qui sous un aspect sympathique et solidaire n’est en fait qu’un loup solitaire, imbu de lui même, ambitieux et prêt à tout, limite sociopathe.

En 2004 on retrouve Holly Sykes au travers des yeux de son fiancé, Ed Brubeck, reporter de guerre. En 2015 on retrouve Holly au travers de Crispin Hershey, la cinquantaine, écrivain autrefois de génie qui  peine aujourd’hui a sortir un livre suffisamment potable pour être éditer. Il surf sur son succès d’antan, digère son récent divorce, alors qu’une certaine Holly Sykes bat tout les records de vente avec son historie personnelle.

On retrouve ensuite Holly en 2025 dans une partie beaucoup plus fantastique, parlant de transmutation, l’un thème récurrent de Mitchell, ces âmes qui peuvent changer de corps à volonté, ou ces âmes qui se réincarnent à chaque mort.

Enfin on retrouve Holly en 2043. Mitchell nous dépeint un futur apocalyptique. Là aussi c’est un thème qui revient régulièrement dans ses romans, une humanité qui se disloque, qui paye les excès des générations passées, un futur assez noire sans grand espoir. Une dernière partie assez sombre et déprimante.

J’ai été pris par l’intrigue, par les différents personnages tous intéressants, toutes leurs histoires prenantes. On a du mal à reposer le roman et les pages tournent toutes seules comme c’est souvent le cas avec les romans de Mitchell. Il y a quelque chose de particulier qui se dégage de ses romans; L’âme des horloges est un roman qui nous colle à la peau, qu’on a du mal à oublier la dernière page tournée. C’est assez fascinant de voir la vie d’Holly Sykes, de son adolescence à ces derniers jours, parfois de manière indirecte, aux travers des vies et témoignages des autres personnages qui vont croisés sa route.

J’ai particulièrement aimé la partie centrée sur Crispin Hershey, c’est bourré d’humour cinglant, de cynisme, d’humour noir. Crispin Hershey, ce romancier si prometteur qui n’a pas sur transformer l’essai et qui nous raconte ses déboires et désillusions en s’adressant directement aux lecteurs. Il m’a rappelé Timothy Cavendish, l’éditeur raté du roman Cloud Atlas.

Un gros coup de cœur donc pour ce roman de David Mitchell, qui devient l’un de mes romanciers préférés, puisque j’ai aimé tous ses romans jusqu’ici. Me reste dans ma pal son dernier Slade House.

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Après la tempête de Hirokazu Kore Eda

Après la tempête : Affiche

Après la tempête

de Hirokazu Kore Eda

Hiroshi Abe, Kirin Kiki, Yoko Maki

4.5/5

Ryota est un gentil loser. Après un premier roman qui a eu son petit succès et quelques prix, Ryota n’a plus écrit. Aujourd’hui divorcé, père d’un enfant de 11 ans qu’il ne voit pas beaucoup faute de payer une pension alimentaire dans les temps. Pour payer les factures, Ryota est employé dans une agence de détective privé, et passe son temps à filer les maris et épouses infidèles. Il dépense le peu d’argent qu’il gagne aux courses de vélo. Entre deux boulots, il passe voir sa vieille mère, qui vit son récent veuvage comme une libération et un soulagement. Ryota espère se réconcilier avec son ex femme, mais cette dernière commence déjà à refaire sa vie.

Après la tempête : Photo Hiroshi Abe

“C’est difficile de devenir l’adulte de ses rêves”. Cette phrase que prononce le héros pour remettre à sa place un ado, résume bien le dernier film de Hirokazu Kore Eda. On retrouve un peu l’atmosphère de son meilleur film, Still Walking, les relations intergénérationnelles, les désillusions des personnages, les regrets.

Après la tempête : Photo Hiroshi Abe

Ryota, le héros du film, est un gentil loser. Tout le monde pensait le voir devenir un grand écrivain, mais finalement il n’a jamais confirmer son talent. Dorénavant, Ryota est divorcé, père d’un fils de 11 ans qu’il ne voit pas souvent, et pour gagner sa vie il passe son temps à épier les maris et épouses infidèles pour le compte d’une agence de détective privé minable. Il dépense son salaire dans les courses de vélos et peine à payer son loyer et sa pension alimentaire.

Après la tempête : Photo Hiroshi Abe

Les personnages sont très attachants. Ryota en loser pathétique qui fait ce qu’il peut, mais aussi sa mère, une vieille dame qui vit son récent veuvage comme une libération et une renaissance. J’ai beaucoup aimé les relations entre les personnages, Ryota et sa mère, Ryota et son fils Shingo, Ryota et son collègue, ou encore Shingo et sa grand mère.

C’est drôle, émouvant, il y a surtout beaucoup d’humour. Kore Eda mélange toujours le sombre et la lumière, les joies de la vie, et les petites aigreurs du passé. La mère de Ryota rêvait de finir ses jours dans une jolie maison et pas dans un appartement minuscule d’une cité hlm. Ryota rêvait de devenir un grand écrivain mais fait des boulots alimentaires sans intérêt. L’ex femme de Ryota espérait vivre sa vie au coté d’un homme qu’elle aime, mais préfère faire des concessions et se trouver un parti correcte.

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La mère de Ryota reste un des personnages les plus attachants du film, une vieille dame contente d’être débarrassé d’un mari qui lui piquait son argent pour aller jouer aux courses et qui sait jouer les victimes pour apitoyer son entourage sur son sors. On passerait bien l’après midi avec elle à l’écouter parler franchement de son fils, sans filtre, qui sait dire des choses franches l’air de rien, sur un ton neutre.

Après la tempête : Photo Hiroshi Abe, Yoko Maki

Après la tempête est un film plus profond qu’il n’y parait. Des personnages attachants, de l’humour parfois tranchant, des relations intergénérationnelles compliquées, et encore une fois Kore Eda fait mouche, les dialogues superbes, des petites phrases parfois lourdes de sens, une dernière partie excellente. J’ai adoré revoir Kirin Kiki, qui jouait déjà une mère acide dans ses paroles dans Still Walking tout comme Hiroshi Abe qui joue Ryota. Probablement le film de Kore Eda que je préfère après Still Walking.

Vu dans le cadre du challenge, Un mois au Japon

Masayuki Kusumi & Jirô Taniguchi, Le gourmet solitaire, manga, japon, plats japonais, challenge un mois au japon

Dernières séances: Hana & Alice – Mr Holmes – Money monster

Voici les trois derniers films vu ce week end, un jolie coup de coeur avec Hana & Alice, je ne m’attendais pas à ça.

Hana et Alice mènent l'enquête : Affiche

Hana & Alice

de Shunji Iwai

4,5/5

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Alice 14 ans, vient d’emménager dans une nouvelle petite ville avec sa mère, suite au divorce de ses parents. Elle doit faire face à son nouveau quartier, sa nouvelle école, et ses nouveaux camarades, pas bien sympathiques au premier abord. Une histoire circule dans les couloirs du collège, celle d’un collégien qui aurait été assassiné l’année dernière. Intriguée, Alice fait aussi la connaissance de sa voisine, Hana, recluse depuis un an suite aux évènements de l’année précédente. Elles sympathisent et décident de mener leur enquête.

Hana et Alice mènent l'enquête : Photo

Je m’attendais à une histoire policière légère, mais en réalité, l’enquête que mène Hana et Alice n’est qu’un prétexte pour une plongée ravissante dans le début de l’adolescence. Hana est une ado très attachante, loin des clichés des animés japonais, elle n’est ni amoureuse transie, ni fleur bleue. J’ai adoré faire sa connaissance, la voir intégrer son nouveau collège, se faire de nouveaux amis. Comme souvent à cet age, les amitiés se font naturellement, sans chichi ni préambules, et peuvent être des relations intenses et passionnelles. Hana et Alice deviennent amies par hasard et alors qu’elles ne se connaissent que depuis quelques heures, elles se comportent comme deux soeurs qui se seraient toujours connus. La vie quotidienne à l’école, les animations extra scolaire, les superstitions, les leçons, les devoirs, la mère d’Hana excentrique. L’histoire policière est vraiment reléguée au second plan, pour se concentrer sur l’amitié entre Hana et Alice. Hana est une ado indépendante, forte, qui ne se laisse pas impressionner, notamment face à certains élèves de sa classe qui essayent de l’impressionner et de la soumettre, mais c’est mal connaitre Hana!

Hana et Alice mènent l'enquête : Photo

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L’animation est très belle, notamment les décors, les paysages, les couleurs, les personnages sont intéressants, attachants, plus complexes qu’il n’y parait. L’amitié entre les deux ados est touchante, drôle, vraie et fraiche. Certaines scènes m’ont vraiment rappelé certains passages de mon adolescence, le gout de l’aventure, le gout du mystère, voir des énigmes et des histoires là où il n’y a rien, laisser son imagination prendre le dessus, organiser des plans trop compliqués qui ne marche jamais. Alice et Hana c’est rafraichissant, ça rajeunit le spectateur, c’est naïf et surtout très très drôle, j’ai ri de bon cœur plus d’une fois! A voir et revoir.

Mr. Holmes : Affiche

Mr Holmes

de Bill Condon

Ian McKellen, Laura Linney, Milo Parker, Hattie Monahan

3.5/5

1947. Sherlock Holmes est à la retraite depuis plusieurs années maintenant, retiré dans un joli cottage à la campagne. De retour d’un voyage au Japon, Holmes a ramener dans ses bagages une plante ayant parait il, des vertus miraculeuses pour aider la mémoire à lutter contre la dégénérescence du à la vieillesse. Car Holmes perd de plus en plus la mémoire. Il espère pouvoir recouvrer ses souvenirs dans le but d’écrire la dernière enquête qu’il a mené seul, après le départ de son ami Watson, et dont l’issu l’a profondément perturbé et traumatisé, 30 ans plus tôt. Il doit faire alors avec sa gouvernante qui espère bientôt partir et du fils de cette dernière, un garçon intelligent à l’esprit brillant, qui est fasciné par le célèbre détective.

Mr. Holmes : Photo Ian McKellen, Milo Parker

Je suis surtout allée voir ce film pour Ian McKellen que j’aime beaucoup. Le film nous montre Holmes, physiquement diminué, à l’age de 93 ans, dans une Angleterre post seconde guerre mondiale. Holmes essaye de retrouver ses souvenirs concernant la dernière affaire qu’il avait accepter avant de prendre sa retraite. Le film oscille entre présent (1947) et passé, une trentaine d’année plus tôt. Ian McKellen est excellent dans le rôle d’un Sherlock Holmes vieillissant, qui perd un peu la boule, qui devient parfois désorienté, qui perd la mémoire. Son amitié avec le jeune Roger lui permet de se motiver aussi bien sur le plan physique que sur le plan intellectuel. J’ai beaucoup aimé leur amitié. Le rythme est calme et tranquille sans pour autant être ennuyant, et j’ai adoré pouvoir me balader dans la campagne anglaise, le cottage de Mr Holmes est enchanteur, en particulier son jardin, une vraie merveille, rien que pour voir ça, le film vaut le coup d’œil.

Mr. Holmes : Photo Ian McKellen, Milo Parker

Mr Holmes est touchant, à 93 ans, il n’a plus ni famille ni amis. Dans le film il évoque la mort de son frère Mycroft, plusieurs années plus tôt et la mort de Watson, quelques temps après sa dernière enquête 35 ans plus tôt. On devine donc que Holmes a commencer une tout autre vie depuis, une vie de vieillesse et de retraité. Ian McKellen nous montre les affres de la vieillesse sur le corps et l’esprit, la façon dont on est plus maitre de soi. Un jolie film, dont l’enquête policière n’est pas le plus important.

Money Monster : Affiche

Money Monster

de Jodie Foster

George Cloney, Julia Roberts, Dominic West, Jack O’Connell

4/5

Lee Gates est le présentateur de l’émission financière Money monster, une émission qui parle finance et bourse mais qui verse plus de le divertissement que dans le sérieux. Avec sa productrice, Patty, ils forment une équipe qui marche et une émission rentable. Un jour débarque sur le plateau Kyle Budwell, un homme d’une vingtaine d’année qui a perdu toutes ses économies suite à un crash étrange d’une compagnie encensée par Lee quelques jours plus tôt. Il prend en otage tous le plateau télé qui diffuse en direct, et réclame des réponses.

Money Monster : Photo George Clooney

J’adore Jodie Foster, l’une de mes actrices préférées, j’aime tout chez elle, sa discrétion, sa simplicité, et les films qu’elle réalise me plait toujours alors bien sur, je n’ai pas tardé pour aller voir son dernier film. Money monster nous parle des médias, de la finance, de la télé. L’histoire d’un loser qui suivra les conseils d’un présentateur loufoque qui anime une émission sur la bourse avec moult blagues potaches, une émission destinée à faire de l’audience plus qu’à informer les téléspectateurs sur la réalité des marchés financiers, une émission qui passe des interviews de complaisance et pas une émission journalistique qui dénoncerait les travers du marché.

Money Monster : Photo George Clooney, Julia Roberts

Le film utilise les ficelles déjà vu cent fois des films de prises d’otage. Un loser énervé qui demande des réponses à ces malheurs, un flingue, une veste bourrée d’explosifs, une prise d’otage en direct. Mais Jodie Foster nous sert des clichés et des mécanismes déjà vu cent fois pour mieux les détournés et aller à l’encontre de leurs conclusions. On est ainsi souvent surpris par le tour que prend certaines petites choses. Ce ne sont pas des retournements de situation qui nous font sauter de nos sièges, mais quelques petites choses qui surprennent plaisamment et nous sort du chemin connu. George Cloney interprète un présentateur blasé, cynique, égoïste, autoritaire, qui a la grosse tête. Jodie Foster s’amuse à cassé un peu l’image du séducteur nespresso, on ne peut pas dire que Cloney joue les héros ou les beaux gosses quand Kyle débarque sur le plateau et menace tous le monde de son arme.

Money Monster : Photo Julia Roberts

Julia Roberts que je n’apprécie pas ou trop peu, s’en sort bien dans ce film. Ici, elle n’en fait pas des caisses, son jeu est sobre, en retrait, on dit merci à la réalisatrice qui a sur gérer ses acteurs, ça me change de sa performance dans Un été à Osage county…Le film ne nous sort pas des révélations sur le monde de la finance, sur le monde des médias, sur la nature humaine, mais le temps passe vite devant Money Monster, l’intrigue est bien menée, il n’y a pas de grandes surprises dans les grandes lignes, mais Jodie Foster s’est amusée avec ses personnages, leurs réactions. On a droit à quelques surprises sur le chemin que prennent les personnages, et c’est souvent drôles, même si l’humour du film est parfois saupoudrée d’ironie ou d’humour noir, quelques fois de cynisme. Money monster ne fait qu’aborder certains problèmes et aspects de la société actuelle, sans aller dans les profondeurs, sans vouloir être sérieux, en restant léger, ce qui rend le tout très efficace, mission accomplie, j’ai passé un bon moment.

Dernières lectures: Une odeur de gingembre et The expanse

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Une odeur de gingembre

de Oswald Wynd

4.5/5

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1903, la jeune mary âgée de 20 ans, quitte son Édimbourg natale pour se rendre en Chine afin d’épouser Richard, un anglais qui l’a demandé en mariage lors de son précédent séjour en écosse. Après une longue traversée, et un périple interminable, Mary arrive enfin en Chine. Le mariage est une déception pour Mary qui découvre un Richard froid, pingre, qui ne fait aucun effort pour apprendre à connaitre sa femme, et qui ne communique jamais sur rien, même pas sur son travail et ses déplacements. Mary, perdu dans cet univers inconnu, entourée d’expatriés et de servants chinois, rencontre Kentaro, un officier de haut rang de l’armée japonaise, souvent invité dans les diners mondains des expatriés. Mary et Kentaro finiront par être amants durant quelques jours, avant que ce dernier ne parte pour la guerre. Mary se découvre enceinte, et sera finalement renvoyée du domicile conjugale, avant de partir pour le Japon où Kentaro met à sa disposition une maison et de quoi vivre confortablement.

J’avais lu l’avis de Adalana sur ce bouquin et aussi l’avis de certaines autres blogueuses avant elle, et comme j’avais envie de voyager au Japon…et bien j’ai adoré, un coup de cœur pour ce roman. J’ai adoré suivre Mary, cette jeune écossaise au tout début du 20e siècle, probablement trop jeune et trop naïve pour se marier et partir vivre dans un pays dont elle ne connait rien. En 1903, impossible de téléphoner à sa maman pour demander des conseils sur le mariage ou sur sa façon de se comporter, les lettres mettent des mois à arriver et les réponses deux fois plus. Mary est toute seule dans cette Chine en plein bouleversement, qui se relève tout juste de la révolte des Boxers. Mais Mary n’est pas non plus une oie blanche innocente, elle a été élevée dans le but de devenir une bonne épouse et une bonne maitresse de maison, mais c’était sans compter Richard. Car si Mary est plutôt indulgente avec lui, c’est surtout parce qu’il ne lui inspire aucun sentiment, ni amour ni haine. Il ne l’aide en rien pour s’adapter à sa nouvelle vie, il ne lui communique jamais rien sur sa vie d’émissaire pour le gouvernement, Mary est déçue d’apprendre que les autres expatriés en sachent autant sur les déplacements de Richard, alors que elle, son épouse, n’est au courant de rien. Quant à leur vie de couple, Mary reçoit les visites nocturnes de son mari dans le noir, et à l’impression qu’il remplit son devoir comme pour une mission, sans envie ni plaisir. En plus, il est radin, et ne lui laisse aucune marge, ni pour s’approprier la maison, ni pour la décorer à son gout, devant se contenter des meubles des précédents occupants. Mary a donc l’impression d’être simple invitée dans sa propre maison, contrairement aux autres épouses d’expatriés.

Elle dira du mariage : “Pourquoi faut-il que nos prenions des décisions aussi graves pour notre vie entière quand nous sommes trop jeunes pour savoir ce que nous faisons ? Les grandes fautes vous pèsent sur la nuque et on doit les supporter pour toujours

pas étonnant donc qu’elle finisse par se laisser aller après deux ans de mariage, en devenant la maitresse de Kentaro, durant l’absence de plusieurs mois d’un mari fantomatique. En réalité, Mary n’est pas une romantique du tout. Elle se sent attirée par Kentaro, par sa présence, il en impose, mais en réalité, si vous pensez trouver une histoire d’amour romanesque passez votre chemin, ce n’est pas le cas. Mary trouvera avec Kentaro une sensualité qu’elle n’a pas connu avec son mari mais surtout un vrai partage, un échange de sentiments, une alchimie, qui fait que Mary se sent vivante; mais plus que tout, comme elle le dira elle même, elle est devenue la maitresse de Kentaro uniquement dans le but de se secouer, de secouer sa destinée. Mary avait compris que si elle ne faisait rien de radicale, elle finirait sa vie sans avoir rien fait ni vécue, vieille et triste en compagnie de richard, déjà triste par nature, et qu’elle finirait par ressembler à sa belle mère. Si Mary tombe enceinte, ce n’est pas par envie, mais au finale, elle prend cette nouvelle sans surprise, comme le moyen inéluctable de changer sa destinée et de partir vers l’inconnue.

Au fil des ans et des épreuves, on voit Mary évoluée, devenir plus prudente, puis oser prendre de gros risques, elle saisit les opportunités, travail dure, fait son chemin, dans un Japon qui lui deviendra familier, qu’elle ne voudra plus quitter, entre envie de modernité et poids des traditions ancestrales. Mary vivra de lourdes épreuves, des pertes terribles, mais tiendra toujours bon. Depuis les premières pages, on comprend que Mary est un personnage qui ne se laisse pas aller à ses émotions, en bonne écossaise du début du siècle, elle est intelligente, et sans s’en apercevoir, c’est une personne indépendante et moderne. Elle sait encaisser, et est assez courageuse au finale. Je ne m’en suis jamais fait pour elle, au fil des décennies qui passent, on devine que Mary arrivera toujours a reprendre le dessus.

Le roman est écrit à la façon d’un journal intime, parfois quasiment toutes les semaines, parfois sans nouvelle pendant plusieurs années. Les pages tournent toutes seules, c’est très bien écrit, les personnages très bien dessinés au travers des descriptions de Mary, que ce soit sa copine française Marie et son mari Armand, Aiko son amie japonaise subversive et féministe, ou le couple américain installé à Tokyo avec qui elle sympathisera.

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The expanse, tome 1: l’éveil du léviathan

de S.A. Corey

3.5/5

Dans un future très lointain, les hommes ont colonisés le système solaire. La Terre, Mars, et beaucoup de satellites naturels ou non, transformés pour accueillir des êtres humains. Mais les hommes ne savent pas vivre dans l’unité, il faut toujours qu’ils se divisent, qu’ils s’organisent en faction, en peuple, en groupe. Les terriens et martiens se considèrent différents des autres humains vivant sur les satellites, où la gravité est différente, ce qui a eu une incidence sur le physique et les valeurs de ceux qu’on appellent désormais les ceinturiens. Des tensions politiques, commerciales, existent donc, comme toujours dans l’histoire de l’humanité. L’inspecteur Miller est un ceinturien et vit sur Cerès, un satellite. Il a toujours connu l’air en boite, la nourriture recyclée, et l’absence de ciel extérieur. Miller est divorcé, en fin de carrière, blasé, désabusé, efficace mais pas apprécié à sa juste valeur par ses supérieurs. On lui confie d’ailleurs la mission de retrouver et de ramener auprès de ses parents, Juliette Mao, l’héritière d’une des plus grosses fortunes du système solaire. Juliette étant majeure, il s’agit plutôt d’un enlèvement officieux. Miller découvre très vite que Juliette, terrienne qui aurait pu avoir une belle vie dorée, à préférée fuir le confort pour explorer la ceinture, attirée par l’aventure et la liberté. Il découvre également qu’elle aurait rejoint les rangs de l’APE, un partie qui défends les intérêts des ceinturiens face à la dominance Terre-Mars. Le capitaine Holden lui est un vrai terrien. Il est second d’un vaisseau de transport d’eau et d’air, un poste simple, facile, qui lui laisse tout le temps de profiter de son temps. Mais quand il croise la route d’un vaisseau à l’abandon, Holden voit son destin bouleversé et sa route va croiser celle de Miller. Les deux hommes vont affronter un danger qui pourrait bien détruire l’humanité entière où qu’elle se trouve dans le système solaire.

J’en avais entendu en bien sur plusieurs blog et les avis m’avaient donnés envie. L’histoire est bien menée, on suit en alternance, le point de vus de Miller et de Holden. Miller, l’inspecteur de police désabusé, que personne ne prend au sérieux, mais qui a un bon instinct et un cerveau qui fonctionne mieux que la majorité. Holden, le terrien mélancolique de son enfance sur Terre, qui adore son boulot de capitaine, entouré de son équipe réduite.

Le roman alterne les points de vue de Miller sur Cerès et de Holden sur son vaisseau. J’ai beaucoup plus apprécié les chapitres consacrés à Holden et sa petite équipe réduite, Alex, Amos et surtout Naomi avec son sang froid et son professionnalisme à toute épreuve. Pour ce qui est des chapitres consacrées à Miller, la lecture reste intéressante, mais c’est surtout à partir du moment où Miller quitte Cerès et croise la route de Holden que son personnage devient très intéressant, et qu’il prend toute son importance. L’univers décrit par les auteurs est très bien décrit, les conflits, les alliances, les problèmes politiques. J’ai surtout apprécié les chapitres consacrés aux voyages spatiaux, donc surtout les chapitres consacrés à Holden et une fois que Miller l’a rejoint sur son vaisseau. Les accélérations qui nécessitent des drogues particulières pour que le corps résiste à la puissance du vaisseau, les altercations avec d’autre vaisseaux, les stratégies de combats, je pouvais facilement visualisé Holden et son équipe s’agiter pour échapper à des poursuivants, ou gagner une bataille dans l’espace, j’avais l’impression de voir un épisode de star trek!

Le roman n’est pas dénué d’humour non plus, et j’ai beaucoup aimé les derniers chapitres. Le tome 1 ne termine pas sur un gros suspense, on peut très bien se contenter que de ce tome, mais bien il ouvre aussi d’autre perspectives, et l’univers crée est assez vastes pour de multiples aventures. Je lirais probablement le second tome, dès qu’il sortira en poche.

3 films Deadpool – Midnight special – Assassin

Ces dernières semaines (derniers mois), mon temps libre est avalé en grande partie par le voyage en Nouvelle Zélande que j’ai fait courant février, du coup je n’ai pas eu le temps de parler ici des différentes choses culturelles que j’ai pu faire. En plus des trois films dont je parle ci dessous, je parlerais prochainement des 3 concerts que j’ai fait et de ma dernière lecture.

Deadpool : Affiche

Deadpool de Tim Miller

Ryan Reynolds, Morena Baccarin, Ed Skrein

3/5

L’histoire de Wade un mercenaire qui bosse pour une agence qui défends les gens victimes de certaines injustices, mais qui n’est pas un héros, Wade ne fait ça que pour l’argent. Il rencontre dont il tombe fou amoureux, et l’heureux couple décide de se marier. C’est alors que tout bascule, Wade se découvre un cancer généralisé, peu d’espoir de guérison. Il fait la rencontre d’un homme qui lui propose de devenir le cobaye d’une nouvelle drogue qui lui permettrait peut être de guérir. Mais Wade se retrouve entre les mains d’un tortionnaire qui lui fait subir toutes sortes de tortures. Au final Wade guérira et développera une puissance surhumaine, mais le prix à payer est très élevé pour Wade.

Deadpool : Photo Ed Skrein, Gina Carano, Ryan Reynolds

Deadpool : Photo Ryan Reynolds

Deadpool est donc une nouvelle figure de super héros, mais pas classique comme peut l’être Batman, Superman ou autre, Deadpool est un peu cinglé sur les bords, il est grossier, vulgaire, drôle, n’a pas l’âme d’un superhéros. J’ai beaucoup aimé le coté décalé qu’on a dès le générique de début, et certaines scènes sont très drôles, le film détourne aussi souvent les clichés des films de superhéros, comme le pote du héros que j’ai trouvé très drôle, et les références sont nombreuses. Mais si certaines choses sont originales et sortent des sentiers battus, le film est souvent lourd, l’humour est parfois trop poussé, c’est parfois trop bavard, le héros nous explique trop de choses trop souvent, surtout dans les scènes flash back, comme si il fallait faire attention à ce que le spectateur ne soit pas perdu. Un film parfois drôle, parfois lourd, je pensais rire beaucoup plus en y allant, mais on peut saluer l’effort!

Midnight Special : Affiche

Midnight special de Jeff Nichols

Micheal Shannon, Joel Edgerton, Kirsten Dunst, Jaeden Lieberher

3.5/5

A travers l’Amérique profonde, Roy, son fils de 8 ans Alton et un ami policier Lucas, fuient une secte qui aimerait utiliser Alton comme messie, et fuient aussi la NSA qui considère Alton comme une menace. Car le petit garçon de 8 ans a certains pouvoir surnaturels. Certains le voit comme un envoyé de Dieu, d’autre comme une menace pour la sécurité nationale.

Midnight Special : Photo Jaeden Lieberher, Joel Edgerton, Kirsten Dunst, Michael Shannon

Midnight Special : Photo Jaeden Lieberher, Joel Edgerton, Kirsten Dunst, Michael Shannon

J’avais très envie de voir Midnight special, surtout parce que j’avais adoré les précédents films du réalisateur, Take shelter et surtout Mud. La première moitié du film reste très mystérieuse, autant sur les pouvoirs de Alton, que sur la secte, que sur la destination des fuyards. L’atmosphère est vraiment très réussie , on est pris par l’intrigue, par ce qui se dégage du film, par les acteurs excellents (Micheal Shannon mais aussi Joel Edgerton). Le film a un petit coté années 80 pas déplaisant. Mais dans le dernier quart du film, les choses commencent à tournée en rond, le film aurait gagner à être un tout petit peu plus court, mais surtout la fin est un peu décevante. Montrer le “monde” duquel est originaire Alton n’était pas une bonne idée finalement, car ce monde sensé être si sensationnel ne ressemble pas moins à La Défense d’ici quelques années, ou encore Dubai, bref, rien de bien visionnaire! Il aurait mieux fallut ne rien montrer et rester dans le flou. En sommes, ce n’est rien de plus qu’un ET qui veut rentrer chez lui bien filmé et bien mis en scène.

The Assassin : Affiche

Assassin de Hou Hsiao Hsien

Shu Qi, Chang Chen

4.5/5

https://leschoixdetrilliandotcom.files.wordpress.com/2013/11/untitled-2.jpg?w=660

Au 8e siècle, en Chine, l’empereur est affaibli par certaines régions qui cherchent leur indépendance. C’est le cas de la région de Weibo, dirigé par Tian Ji’an. Yinniang, la cousine du seigneur Tian Ji’an, est de retour au pays après avoir passé toute son enfance et adolescence auprès d’une nonne qui lui a enseigner les arts martiaux et l’art de tuer. C’est une assassin qui, en revenant chez elle, a pour mission de tuer son cousin, dont elle était très proche quand ils étaient enfants. Yinniang doit gérer le flux d’émotion face aux retrouvailles avec sa mère et son père, et ne sais pas si elle sera capable de tuer son cousin.

The Assassin : Photo

The Assassin : Photo Shu Qi

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J’ai souvent entendu parler de ce réalisateur chinois et pourtant je n’avais jamais vu un de ses films. Et bien je suppose que je n’ai pas commencé par le plus mauvais, parce que Assassin fut un coup de cœur. Hou Hsiao Hsien prend le temps de filmer, de montrer, à travers des tentures, des voiles, il laisse le temps au spectateur de s’imprégner de l’atmosphère, de l’histoire, des personnages. Il prend le temps de filmer les paysages magnifiques, les rites et gestuels très chorégraphiés qui caractérisaient les nobles de l’époque. Boire un verre, manger, s’habiller, se coiffer, danser, tout est chorégraphiés, tout répond à des protocoles et des règles, rien n’ait laissé au hasard, et le réalisateur nous laisse le temps de tout assimiler. C’est sublime, les tenues de soies brodées, les accessoires, les bijoux, les coiffures, la musique, les danses, les paysages, les regards qui en disent plus long que des dialogues, les scènes de combats, de duels, une plongée dans la culture d’une époque époustouflante, une belle histoire, de beaux personnages, j’ai été envouté.

Rick and Morty

Dessin animé US

2 saisons

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Rick un scientifique, a disparut durant plusieurs années sans donner signe de vie à sa famille. En réalité, il est un inventeur de génie et vient de passer plusieurs années à se balader dans son vaisseau à travers la galaxie et dans différentes dimensions parallèles, visitant des mondes peuplés de civilisations extraterrestres. Il débarque un jour sur Terre pour voir sa fille Beth, devenue chirurgienne vétérinaire, mariée avec un homme faible et quelque peu loser, et mère de deux enfants, Summer une ado de 16 ans et Morty un ado de 14 ans. Il s’installe donc avec sa famille, et part très régulièrement dans de nouvelles aventures dans la galaxie en compagnie de son petit fils, Morty.

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Je suis tombée complètement par hasard sur cette série animé, diffusée sur france 4 tous les vendredis en troisième (voir encore plus tard) partie de soirée, derrière la série izombie. Et bien un grand merci à france 4 pour cette découverte, j’ai adoré chaque épisode!

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On suit le quotidien classique de la famille. Il y a Beth la mère, la figure autoritaire, celle qui gère tout, Jerry le père, faible, toujours dans le doute, un peu loser sur les bords, Summer la fille ainée blasée, et Morty, un ado peu sur de lui, faible à l’école. Et puis, il y a Rick, un scientifique de génie, alcoolique, irresponsable, qui déteste l’ordre établie quelqu’il soit, qui est à des années lumières de la technologie humaine de son temps, qui voyage aussi bien dans l’espace qu’à travers les dimensions parallèles, et connait une multitudes de civilisations et de planètes.

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Cest très drôle, les personnages sont complètement barrés, il y a souvent un humour décalé, barge, noire, la relation entre Rick et Morty est souvent un peu sadique. Chaque épisode est hilarant, on voit pas le temps passé et souvent il y a derrière les histoires, une réflexion intelligente. Il y a deux saisons pour l’instant, et le dernier épisode se termine sur un suspense, et j’ai vraiment hâte de voir la suite, mais pour l’instant aucune date d’annoncé pour la diffusion de la saison 3. En tout cas si vous avez l’occasion de voir Rick et Morty, n’hésitez pas, c’est hilarant, intelligent, originale, c’est devenue une série culte pour moi!

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Les délices de Tokyo – Tout en haut du monde – Carol

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de Naomi Kawase

Kirin Kiki, Masatochi Nagase, Kyara Uchida

4/5

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De nos jours à Tokyo, Sentaro est le gérant d’une petite gargote qui vend des dorayakis, des petites crèpes japonaises fourrées d’une pâte de haricot rouges confits. Sentaro est maitre dans l’art de faire la pâte à crêpes mais n’a jamais su faire les fameux haricots confits. Sa clientèle est surtout composée de lycéennes qui viennent prendre un gouter rapide, et parmi elle, Wakane, collégienne élevée par une mère célibataire qui ne pense qu’à s’amuser et ne s’intéresse nullement à sa fille que Sentaro considère un peu comme sa petite soeur. Un jour, Tokue, une vieille dame de 76 ans se propose de devenir aide cuistot auprès de Sentaro et pour le convaincre, elle démontre son talent dans la conception des fameux haricots rouges confits.

Les délices de Tokyo : Photo Kirin Kiki

J’aime beaucoup Naomi Kawase, j’ai vu plusieurs de ses films. En allant voir Les délices de Tokyo, je m’attendais à un film qui parle de cuisine et de recettes secrètes. Finalement les délices de Tokyo c’est la rencontre entre trois générations à Tokyo, une vieille dame, un homme mure, et une jeune ado.

Chaque génération à son lot de problème et de fardeaux lourds qui mettent les personnages au ban de la société. On découvre rapidement que Tokue fut atteinte de la lèpre et donc écarté de la société, Sentaro a commis des actes de violence qui ont eu de graves conséquences pour certaines personnes, et Wakana malgré son jeune age, est isolée des autres jeunes de sa classe, avec une mère célibataire égoïste et peu intéressée par le futur de sa fille.

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Les délices de Tokyo nous parle des échanges entre générations, de ce que l’on peut apprendre des uns des autres, de la solidarité, de la sagesse des anciens. On passe par toutes les émotions, il y a beaucoup d’humour, j’ai adoré écouté Tokue apprendre à Sentaro à faire les haricots rouges confits, on rit de bon cœur à plusieurs reprises, j’ai beaucoup aimé le lien qui se tisse entre Sentaro et Tokue, cette vieille dame pleine de ressources et d’énergie, pas aigrie pour un sou malgré toute sa vie passée à être bannie de la société. J’ai aussi beaucoup aimé la relation entre Sentaro et Wakane, cette façon de l’aider sans en avoir l’air et sans s’immiscer dans sa vie privée.

Les délices de Tokyo : Photo Kirin Kiki

Il y a aussi beaucoup de scènes émouvantes, notamment autour de Tokue, c’est vraiment très touchant. L’histoire se déroule en fonction des saisons, les cerisiers en fleurs au printemps, la chaleur écrasante de l’été, les feuilles rouges des érables en automne, et les froideurs de l’hiver. Naomi Kawase prend le temps de filmer les saisons, de filmer les arbres, la nature, sa façon de faire m’a fait un peu penser au cinéma de Terrence Malick, cette façon de prendre le temps de filmer un rayon de soleil, le vert des feuilles…mais si c’est très beau, n’est pas Terrence Malick qui veut, il a une véritable poésie dans sa façon de filmer, qui va au delà de la technique. Naomi Kawase est douée, mais pas autant.

Les délices de Tokyo : Photo Kirin Kiki

Reste un film extrêmement beau, poétique, vraie, qui nous parle de la transmission entre génération, la sagesse des anciens, et  nous parle également d’un sujet peu vu au cinéma, celui du sort réserver aux pauvres gens atteints de la lèpre dans les années 50 au Japon et qui furent traités comme de véritables prisonniers. A ne pas manquer si vous pouvez le voir.

Tout en haut du monde : Affiche

Tout en haut du monde

de Rémi Chayé

4,5/5

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Fin du 19e siècle, Sacha est une jeune fille de 15 ans de la noblesse russe. Elle a du mal à se remettre de la mort de son grand père, Olukine, un navigateur partie deux ans plus tôt pour le pole nord à bord d’un navire insubmersible qui a couté une fortune. Pour Sacha, Olukine était la personne qui la fascinait le plus. Le tsar n’a jamais vraiment pardonné à la famille d’Olukine la perte du Davai, le fameux bateau construit pour des fortunes pour permettre à Olukine d’atteindre le pole nord. Sacha découvre un peu par hasard certains éléments qui lui indiquent que son grand père n’est pas passé par la route prévue. Persuadé qu’elle peut retrouver le Davai, elle fugue de chez elle pour partir à sa recherche, et ainsi rétablir l’honneur de son grand père et celui de sa famille.

Tout en haut du monde : Affiche

J’aime beaucoup l’animation française, on en a pas beaucoup sur nos écrans, mais ce sont très souvent de véritables petits bijoux, rien à voir avec les grosses productions américaines, les français misent tout sur une animation plus classique, plus poétique, et j’ai rarement été déçue. Il y a bien sur les dessins animés célèbres de Michel Ocelot qui sont enchanteurs, comme les Kirikou, Princes et princess, les contes de la nuit, Azur et Asmar. Mais il y en a de moins connus qui m’ont tout autant enchanté, comme les films de Jean François Laguionie avec L’ile de black mor, Le chateau des singes, ou le magnifique Le tableau, ou encore Sylvain Chomet avec le très beau L’illusionniste.

Tout en haut du monde : Affiche

Ici j’ai été tout autant enchanté et touché. J’ai été touché par cette jeune fille qui rêve d’aventure, sa relation avec son grand père émouvante. J’ai adoré la voir prendre le large d’une société stricte, sévère et peu encline à écouter une fille qui n’a que 15 ans. J’ai adoré la voir partir pour le pole nord et son aventure dans les eaux pleines d’iceberg et de danger.

Tout en haut du monde : Affiche

L’histoire et les personnages sont très réussies, mais l’animation l’est encore plus; les décors de mer, d’icebergs, de neige, tout ce blanc immaculé, on arrive à ressentir le froid glaciale du blizzard, on arrive presque à sentir les flocons dures s’écraser sur notre visage et nos yeux comme sur ceux de la pauvre Sacha, prise au piège d’une météo hostile. Il y a de magnifiques scènes, notamment vers la fin et ces merveilleux paysages blancs qui prennent des couleurs extraordinaires sous le soleil couchant.

Un film magnifique, d’une grande poésie, qui m’a beaucoup touché, à ne pas manquer non plus!

Carol : Affiche

Carol

de Todd Haynes

Cate Blanchett, Rooney Mara, Kyle Chandler

2,5/5

New York dans les années 50. La jeune Thérèse travaille comme vendeuse au rayon jouets d’un grand magasin. Elle vit seule dans un petit appartement, et partage son temps libre entre son petit copain qu’elle apprécie sans plus, et son hobby de la photo. Un jour elle croise le chemin de la très sensuelle Carol, une femme aisée qui frôle la quarantaine, mère d’une petite fille et en instance de divorce avec son mari. Car Carol aime les femmes, et elle ne peut plus vivre dans le mensonge. Entre les deux femmes c’est le coup de foudre.

Carol : Affiche

Je suis allée voir Carol parce que j’avais entendu beaucoup de bien de ce film et parce que j’aime beaucoup Cate Blanchett. Carol parle de relations interdites dans les années 50 très conservatrices des Etats Unis. Le film nous montre une société américaine coincée, qui ne souhaite aucune évolution, aucune modernisation, figée dans des valeurs qui ne sont plus d’actualité. Carol nous montre aussi un pays où les apparences sont reines, les femmes doivent être impeccables, dans leurs coiffures, leurs vêtements, mais aussi dans leur allure ou leurs postures, la femme parfaite, qui ne semble jamais souffrir.

Carol : Affiche

Entre Thérèse et Carol tout est différents, elle n’ont aucun point commun : différence de physique, d’éducation, d’origine sociale, de classe sociale, l’une est issu de la bourgeoisie, est mère de famille, mariée, riche, l’autre est jeune, pauvre, célibataire et doit travailler pour se payer un toit et un repas. Et pourtant entre les deux c’est le coup de cœur. En tout cas pour nous spectateur, la passion et l’amour ne sont pas au rendez-vous !

Carol : Affiche

J’ai trouvé l’histoire classique mais surtout assez insipide. En fait il ne se passe rien du tout dans le film, ou du moins pas grand-chose. Aucune originalité, aucune surprise, deux femmes que tout opposent tombent amoureuses l’une de l’autre, elles s’évadent de leur quotidien en partant en voiture pour un voyage vers l’ouest, elles deviennent amant, un détective privé enregistre leurs ébats, le mari fait la pression à sa femme pour lui faire payer sa relation homosexuelle, mouais…mais surtout entre les deux femmes il n’y a aucune alchimie, leur relation sensé être passionnée, laisse froide, on est dans des eaux glaciales, c’est pauvre en émotion. Personnellement je n’ai rien ressenti pour ces deux personnages, si ce n’est un peu de peine quand Carol est séparée de sa fillette. Cate Blanchett fait le minimum syndical, et Rooney Mara garde un visage figée du début à la fin.

Carol : Affiche

Au finale, le seul point fort c’est les jolies images et la reconstitution des années 50. Sans ennuyer le film lasse un peu.