Dear white people

Dear White People : Affiche

de Justin Simen

Tyler James Williams, Tessa Thompson, Kyle Gallner, Teyonah Paris, Brandon Bell, Dennis Haysbert,

4/5

A WInchester, université américaine réputée, les étudiants sont tous bien formatés pour rentrer dans des catégories précises: les gays, les afro américains, les bobo, les fils de riches familles, les fashion victimes…chaque catégorie ayant leurs règles, leurs lois, leurs lieux de vies, et leurs résidences. Sam White, étudiante en média, membre de la résidence réservée aux afro américains, fait sensation sur le net avec son émission de radio “dear white people”, dans laquelle elle critique les préjugés racistes des blancs face aux noirs. Mais les différentes catégories bien délimitées s’avèrent impraticable, car en réalité, personne n’est aussi simple, chaque personne est trop complexe pour entrer dans une case aussi étroite.

Dear White People : Photo Ashley Blaine Featherson, Brandon Alter, Jemar Michael, Tessa Thompson

Dear white people tient les promesses que la bande annonce avait fait. On suit quelques étudiants, de différents horizon, dans le cadre de ce campus de privilégiés. Chacun se trouve dans des catégories bien définies,  chaque étudiant doit trouver sa place sous peine d’être rejeté de la société, de ne pas pouvoir se définir en tant qu’étudiant, et de devenir transparent aux yeux de tous. Et pourtant, aucun personnage ne rentre en réalité dans ces petites cases, chaque étudiant est bien plus complexe. Lionel est afro américain, mais ne veut pas s’inscrire à la résidence des afro américain, car il est aussi homosexuel, et que sa communauté l’a toujours rejeté jusque là. Troy est le chef de la résidence afro américaine, mais il est aussi fan de star trek, chose qu’il n’avoue à personne. Quant à Sam White, elle est pro active dans le droit des noirs américains, acharnée quand il s’agit de ne pas accepter les blancs à la cafétéria de sa résidence, alors qu’elle est elle même métisse, et qu’elle sort avec un étudiant blanc.

Dear White People : Photo Ashley Blaine Featherson, Naomi Ko, Tessa Thompson, Tyler James Williams

Dear white people, c’est drôle, c’est fun, c’est pop, j’ai adoré le fond et j’ai adoré la forme. Sous des accents d’humour acerbes, on nous fait réfléchir, on nous présente une réalité, une facette de l’amérique, celle des clivages, celles des castes, chacun à sa place, et chacun devant connaitre sa place dans la société. Le film montre les limites de ces cases étroites d’esprit face à la complexité et la diversité des personnalités.

J’ai beaucoup aimé les personnages aussi, leurs défauts, leurs points faibles, leurs sensibilités. Coco qui rêve de célébrité, et qui se rend compte de l’absurdité de son comportement, Sam qui mettra de l’eau dans son vin, Troy, qui se détachera enfin de l’autorité paternelle, Kurt qui verra les choses avec plus de recul et de clarté, ou encore Lionel qui finit par comprendre que choisir une résidence ne signifie pas couper les ponts avec les autres. J’ai aimé qu’il n’y ai ni héros, ni gentils, ni méchant, chacun des personnages a un peu de chaque en lui.

Dear white people, c’est drôle, intelligent, bourré de références culturelles, c’est intéressant et riche aussi bien sur le fond que sur la forme et les trente dernières secondes résument bien la société américaine avec cynisme (les blancs, les noirs, et au milieu le pouvoir de l’argent, qui l’emportera toujours). A voir!

Hard day

de Kim Seong-hun

Lee Seon Gyoon, Jo Jin Woong, Shin Jung Keun,

3,5/5

 L’inspecteur Go passe une mauvaise journée. Une accusation de corruption est en train de lui tomber dessus, la police des polices menace d’ouvrir les tiroirs de son bureau alors qu’il est en route pour les funérailles de sa mère. En plein dilemme, il percute sur la route un homme et constate son décès. Pris de panique, il cache le cadavre dans son coffre. Sur la route, il apprend que les tiroirs ont été ouverts, et des tas de billets de banques découverts. Aux obsèques de sa mère, il apprend que les services de police sont en route pour fouiller sa voiture. Il décide alors de planquer le cadavre dans le cercueil de sa mère.

Premier film de l’année, j’ai longuement hésité entre Cold in july et Hard day. Finalement j’ai choisi le film coréen, de peur qu’il ne reste pas très longtemps à l’affiche. Hard day nous raconte les quelques journées difficiles que l’inspecteur va passer, entre l’enterrement de sa mère, l’enquête pour corruption qui pèse sur sa tête avec des preuves qui s’accumulent contre lui, et un accident de la circulation entrainant la mort d’un homme. Et tout ça ne suffit pas à son malheur, il est aussi la victime d’un maitre chanteur qui a tout vu de la scène et le harcèle.

Le film ne fait pas dans la subtilité, les acteurs en font parfois des tonnes, ça frôle parfois la comédie parodique ou caricaturale, mais passer les premières minutes où tout s’emballe, les choses se calment, les acteurs en font moins, et c’est peut être plus appréciable.

La scène de la chambre mortuaire dans laquelle le héros cache son cadavre dans le cercueil de sa mère est tendue, haletante et drôle à la fois, on suit l’inspecteur dans ses efforts, physique et psychologique, on se fatigue avec lui des rebondissements incessants qui l’embête dans sa démarche, et on est soulagé quand ça se termine! La seconde moitié du film change de ton, puisqu’un maitre chanteur fait son apparition. Le film est assez indéfinissable, entre comédie, film policier, suspense, thriller, tout se mêle, avec en décor de fond, la présentation d’une police corrompue à tout les étages, et une solidarité entre collègues pour se couvrir mutuellement.

Entre certaines scènes et rebondissement too much qui frôle la parodie et le n’importe quoi, et des scènes hilarante, Hard day reste un bon divertissement, qui nous change des grosses productions US sans intérêt.  Très bien pour se changer les idées et rire un peu, notamment un échange entre l’inspecteur Go et son chef, sur le but et l’objectif du policier de base, quand il s’engage dans la police, qui m’a bien fait rire.

 

Les trois frères le retour

Les Trois frères, le retour : Affiche

de avec Didier Bourdon, Bernard Campan, Pascal Legitimus

3,5/5

Didier, Bernard et Pascal Latour, se retrouvent après 15 ans, pour un rendez vous chez le notaire pour un reliquat concernant la mort de leur mère. Didier est devenu vendeur d’objets érotiques dans sa voiture, et est mariée à une femme catho coincée, dans l’espoir de toucher l’héritage de la grand mère qui se cramponne désespéramment à la vie, Bernard s’est lancé dans le one man show, avec aucun succès, quant à Pascal il vit dans le luxe, aux crochets d’une vieille américaine auprès de qui il joue les gigolos. A partir du moment où les trois frères Latour se retrouvent, les ennuis les frappent de plein fouet.

Les Trois frères, le retour : Photo Bernard Campan, Didier Bourdon, Pascal Légitimus, Sofia Lesaffre

Je suis allée voir le nouveau film des inconnus vendredi dernier, et j’y suis allée avec un peu d’appréhension, après avoir lu de très mauvaises critiques dans les presses spécialisées. J’adore le travail des inconnus, leurs films, leurs sketches, leur façon de voir clairement notre société et tous leur travers, ils étaient très forts, et le sont toujours.

Les Trois frères, le retour : Photo Bernard Campan, Didier Bourdon, Pascal Légitimus

Entre les deux films des inconnus, il y a eut quelques très bonnes comédies des uns et des autres, notamment, Le pari, madame Irma, Bouquet final ou 7 ans de mariage.

Les Trois frères, le retour : Photo Bernard Campan, Didier Bourdon, Pascal Légitimus

J’avais peur que le film soit moyen ou raté, que les inconnus aient laisser passer trop de temps pour s’y remettre, mais pas du tout. Certes, niveau scénario, il y a eut quelques redites, quelques répétitions avec le premier, mais rien de bien grave. On retrouve les frères Latour, toujours aussi losers, toujours a se raccrocher à des plans foireux dans l’espoir de se faire de l’argent en vain.

Sans trop vouloir en dire, on retrouve tout l’humour du premier film des trois frères, ils savent encore très bien se moquer de notre société, de ces travers, des banques, des télé réalité, des banlieues, des flics, des petits clins d’œil, notamment à Marie Thérese…le film est rythmée, drôle, on est très content de retrouver les inconnus dans le rôle des frères Latour, de leurs combines minables, de leurs plans qui tombent toujours à l’eau.

En bref, si vous aimez les inconnus et si vous avez aimé le premier opus, vous aimerez forcément celui ci, dans la même veine, et tout aussi drôle. On passe un excellent moment, alors n’écoutez pas les critiques professionnelles, ras bas joie au possible comme souvent quand il s’agit de comédie.

The lunchbox

The Lunchbox : Affiche

de Ritesh Batra

Irrfan Khan, Nimrat Kaur, Nawazuddin Siddiqui

4/5

Illa est mariée, vit à Bombay et passe ses journées à s’occuper de son foyer en attendant le retour de sa fille et de son mari. Tous les jours, elle prépare la lunchbox de son mari. Comme beaucoup d’épouses, elle cuisine de bons petits plats qu’elle met dans des boites en fer pour conserver la chaleur, et qu’elle confie à un service de livraison qui s’occupe d’emmener toutes les lunchbox dans le centre ville dans chaque entreprises respectives. Aidée par Auntie, une voisine avec qui elle correspond qu’en criant par fenêtre ouvertes interposées, elle cuisine de nouvelles recettes en espérant regagner le cœur de son mari, qui devient de plus en plus distant. A son retour, Ila comprend que sa lunchbox, revenue complètement vidé et nettoyé, n’a pas été livrée au bon bureau. Elle décide alors d’entreprendre une correspondance par petit mot placé dans les lunchbox avec le mystérieux travailleur qui apprécie tant sa cuisine.

The Lunchbox : Photo Nimrat Kaur

Le cinéma indien n’est pas connue uniquement pour ces gros films bollywoodien avec danse, musique et tenue magnifiques, mais aussi pour quelques films plus simples, qui nous parlent plus de la vie et du quotidien des indiens, loin des clichés. Il n’y en a pas beaucoup qui nous parviennent ici, en France. Le mariage des moussons fait partie de ces petits bijoux, un film que je revoie au moins une fois par an. Lunchbox rejoint cette courte liste.

The Lunchbox : Photo Nawazuddin Siddiqui

Ila est un personnage qui vit un quotidien que beaucoup de femmes connaissent, quelque soit le pays. Mariée, les premières années de passion et d’amour se sont envolées depuis longtemps. Elle remplie ces journées en s’occupant du linge sale de son mari, en faisant la cuisine, et en s’occupant de sa fille qu’elle se contente de préparée tous les matins pour l’école. Les journées passent sans qu’elle ne voit le temps passé. J’ai beaucoup aimé le portrait de cette femme qui réalise ce qu’est sa vie, lorsqu’elle se rend à l’enterrement de son père et qu’elle y voit sa mère, qui lui raconte que sa vie n’a été que lessive, cuisine, l’amour du couple depuis longtemps disparue tout comme sa vie. Ila ne peut s’empêcher de voir que cette vie est aussi la sienne, on comprend que le mari de sa mère n’a pas toujours été fidèle, comme le mari d’Ila qu’elle soupçonne d’avoir une maitresse.

Et puis on suit aussi Saajan, un homme qui est sur le point de prendre sa retraite anticipée, un homme seule, sans famille, veuf, qui n’a pas d’amis, qui passe son temps à faire de la comptabilité le jour, et à fumer sur son balcon la nuit, qui ne sourit jamais. Sa vie change avec l’arrivée des lunchbox d’Ila, les repas succulents, les petits mots au travers desquels, ils comblent leur solitude et apprennent à se connaitre. C’est facile de se confier sur un petit bout de papier, à un inconnu. J’ai aussi beaucoup aimé le voir avec son remplaçant, venue se faire former par Saajan avant son départ, leur relation qui deviendra vite amitié. On prend plaisir à faire connaissance comme Saajan, de ce nouvel employé et à connaitre sa vie, petit à petit dévoilée. D’un personnage agaçant, il en devient extrêmement sympathique.

Le film verse parfois dans la comédie, les moments drôles ne manquent pas, mais aussi dans le social, en nous montrant un pan de la société indienne que je ne connaissais pas, un certain quotidien et tout ça très éloigné des clichés. Mais si vous vous attendez à une comédie romantique, ce n’est pas du tout le cas ici, on verse surtout dans la nostalgie, la mélancolie, la vie qui n’a pas apporter ou n’apporte plus ce que l’on espérait avoir. Le film parle de nouveaux chemins à prendre et  du courage que ça demande, sortir de la route balisée, rassurante et sans surprise. Un film très intéressant aux personnages extrêmement attachants.

Les garçons et Guillaume à table!

Les Garçons et Guillaume, à table ! : Affiche

de et avec Guillaume Galliene

4/5

Guillaume nous raconte sa jeunesse, dans une famille bourgeoise parisienne, et dans laquelle Guillaume est considéré comme une fille par sa mère qui l’appelle “ma chérie”. Tous le monde le croit homosexuel, mais l’est il vraiment?

Les Garçons et Guillaume, à table ! : Photo Charlie Anson, Guillaume Gallienne

J’ai toujours beaucoup aimé Guillaume Gallienne, je l’ai découvert dans Les bonus de Guillaume sur canal + et notamment les sketches dans lesquels il se déguisait en femme et jouait le rôle d’une directrice de casting. Depuis je l’ai vu dans quelques films mais que dans des seconds rôles et je n’ai hélas pas eu l’occasion de le voir au théâtre.

Les Garçons et Guillaume, à table ! : Photo Guillaume Gallienne

Comme la majorité des critiques, j’ai beaucoup aimé le film et bien sur surtout la prestation de Guillaume Gallienne. L’acteur nous raconte sa relation avec sa mère, une femme sur d’elle qui sait s’imposer et que Guillaume adore et prend pour modèle. Certaines scènes sont très drôles, comme ses soirées durant lesquelles il se déguise en Sissi et joue alternativement la princesse et sa belle mère, hilarant, ou encore lorsqu’on le suit dans ces différents internats, notamment celui qui se trouve en Angleterre et dans lequel il se sent si bien.

Les Garçons et Guillaume, à table ! : Photo

Certains moments sont aussi plus tendres ou plus dramatiques, on sent parfois sa douleur, l’incompréhension des autres face à sa différence, l’incompréhension qu’il a de lui même.

Les Garçons et Guillaume, à table ! : Photo Guillaume Gallienne

Le film est court et rythmé, on passe d’une scène à l’autre sans se lasser et le film reste porté uniquement par la prestation de Guillaume Gallienne qui joue son rôle mais aussi celui de sa mère dans lequel il excelle, toujours aussi bon acteur.

En bref, un film parfois touchant, souvent très drôle, à ne pas rater si on aime Guillaume Gallienne, ou pas!

Imogene

Imogene : Affiche

de Shari Springer Berman, Robert Pulcini

Kristen Wiig, Annette Bening, Matt Dillon, Darren Criss, Christopher Fitzgerald

3.5/5

Imogene a toujours eut une grande confiance en son talent et a toujours rêver de devenir un grand auteur de pièce de théâtre. Mais les années passent, Imogene devient adulte et découvre que ses rêves ne deviennent pas réalité. Après avoir été largué par son richissime copain sur qui elle se reposait, elle enchaine les problèmes en se faisant licencié. Elle décide alors de mettre en scène une tentative de suicide en espérant que son copain vienne la sauvé et regrette son départ. Mais elle se réveille à l’hôpital et c’est sa mère qui vient la voir. Les médecins oblige Imogene à passer les 72 heures suivantes chez sa mère plutôt que dans l’aile psychiatrique d’un hôpital. Elle retourne donc aux sources, dans le New Jersey.

Imogene : Photo

J’avais beaucoup aimé Bridesmaids, alors j’ai été tout de suite motivée pour aller voir le nouveau film de Kristen Wiig. Ceci dit, il ne faut pas s’attendre à  un bridemaids 2 même si les deux héroïnes ont pas mal de point commun. Comme dans Bridemaids, Imogene est une looseuse en puissance, une personne qui avait toutes les cartes entre ces mains mais qui a tout perdu en peu de temps, amour, boulot, passion, amies. Imogene a toujours rêver d’être un metteur en scène de renom au théâtre, mais rien n’a marché comme elle voulait et toute la confiance qu’elle avait en elle dans son enfance a disparu. Son copain met les voiles et du coup, elle perd le bel appartement qu’elle partageait avec lui, et enfin elle perd également son job.

J’ai adoré son retour aux sources: Imogene doit retourner vivre 72 heures dans sa maison d’enfance, entre sa mère un peu barjo, son frère qui a des problèmes de sociabilité, le colocataire de sa mère qui a pris ses quartiers dans son ancienne chambre, et le mec de sa mère qui justifie ses absences par son boulot, agent de la CIA. Et voir Imogene déambuler dans les fringues qui date de ses années lycées (tout début 90), reste un moment vraiment drôle, ici pas d’héroïne habillé à la dernière mode!

Y’a pas mal de scènes drôle, le film n’est pas hilarant, mais c’est une comédie qui m’a fait passer un très bon moment, avec Annette Bening qui joue très bien les mère un peu cinglée au bord de la folie, ou encore Matt Dillon, en sage samouraïs ou agent secret, selon les jours. Et puis Imogene finira par sympathisé avec le colocataire, un homme de dix ans de moins que imogene (minimum). J’ai beaucoup aimé la façon dont est traité leur relation, elle reste réaliste (à la fin Imogene n’est pas forcément en couple avec lui bien qu’ils soient devenu un quasi membre de la famille).

En bref, une comédie sans prétention, drôle, réussie, avec surtout des acteurs doués qui incarne des personnages extrêmement sympathiques et attachants, parfois un peu touchant, ce qui fait qu’on se sent vite sous le charme. En cet été passablement vide, ce serait dommage de passer à coté!