Ecrits fantômes de David Mitchell

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4,5/5

Écrits fantômes nous raconte l’histoire de différents personnages du Japon à New York, en passant par Londres, la Mongolie, Saint-Pétersbourg, Hong Kong, l’Irlande…Chaque personnage, plus ou moins importants, interagissent sur le destin d’autres personnages. Ils s’entrecroisent, au présent, dans le futur, ou dans le passé. Le business man Neal qui pète un câble, le terroriste Quasar qui répand un gaz mortel dans le métro de Tokyo, le passionné de jazz Satoru qui tombe amoureux, un être incorporel qui s’amuse à transmuter dans différents personnages à travers la Mongolie à la recherche d’un conte perdu, une surveillante de l’ermitage à Saint-Pétersbourg qui se laisse entrainé dans des arnaques de haut vol, un play boy londonien à la vie marginale, la scientifique de renommée mondiale, Mo, qui fuit ses employeurs, l’animateur de radio new-yorkaise qui entretient une conversation intéressante avec ce qui semble être une intelligence artificielle….

C’est officiel, David Mitchell fait partie de mes auteurs préférés, c’est certain. Après La cartographie des nuages, puis les 1000 automnes de Jacob de Zoet que j’ai adoré, je me suis plongée dans l’un des deux autres romans de l’auteur qui ont été traduits en français, Ecrits fantômes, son premier roman.

C’est un roman vraiment surprenant, découpé en plusieurs parties, chacune racontant l’histoire d’un personnage, dans un lieu différent. Chaque partie est prenante, chaque histoire est fascinante, et les personnages tous complexes et importants, même les plus insignifiants. J’ai été transporté à Okinawa dans la fuite d’un terroriste, qui croit dure comme fer aux croyances de sa secte, j’ai adoré rencontrer le jeune Satoru à Tokyo, musicien et passionné de jazz qui tombe amoureux d’une métisse moitié chinoise moitié japonaise, j’ai particulièrement été passionnée par l’histoire de la petite chinoise, qui tient une hutte à thé et qui voit passer du haut de sa montagne sacrée, l’histoire de la  chine sur cinquante ans.

C’est parfois très surprenant, comme de suivre cette entité spirituelle, cet être non corporel passer d’un corps à un autre, traverser la Mongolie, à la recherche d’un conte mongol ancestral qui pourrait être l’origine de son existence.

Les choses prennent une ampleur plus dangereuse, avec la scientifique Mo Muntervary qui se réfugie sur son île irlandaise, avec un dilemme entre avancée scientifique et responsabilité quant aux répercutions possibles.

Certains éléments raccordent les différentes histoires, ainsi Mo est l’héroïne du chapitre Clear island, mais apparait en tant que figurant dans la partie Londres. La vie de Neal, le héros de la partie Hong Kong, aura d’énormes conséquences sur la vie d’autres personnages dans d’autres chapitres, chaque histoire de chaque chapitre nous semble indépendant sans relation, mais dans le suivant, les ramifications se font.

J’ai adoré voir apparaitre en clin d’œil des personnages qui deviendront les héros de Cartographie des nuages, comme Tim Cavendish ou Louisa Rey. Il y a aussi une fameuse comète qui apparait dans le ciel et que quasiment tous les personnages remarqueront, sans compter que pas mal des protagonistes ont un tatouage en forme de comète comme ce fut le cas dans Cartographie des nuages. Tous prend sens au final.

Je n’ai donc qu’une envie c’est de me lancer dans les autres romans de David Mitchell, Number9dream qui n’a pas été traduit, et Le fonds des forêts, en attendant la sortie du prochain roman de Mitchell, The bone clocks.

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Cloud atlas

Cloud Atlas : affiche

de Lana Washowski, Andy Washowski, Tom Tykwer

Ben Wishaw, James D’Arcy, Jim Sturgess, Doona Bae, Halle Berry, Tom Hanks, Jim Broadbent, Hugo Weaving, Keith David, Susan Sarandon, Hugh Grant

4/5

En 1880, Adam Ewing découvre que l’esclavage n’est pas une bonne chose, en 1936 Robert Frobisher tente de créer la symphonie de sa carrière, en 1973 la journaliste Louisa Rey tente de révéler au grand jour un énorme scandale, en 2012, le pauvre Monsieur Cavendish se bat pour retrouver une liberté volée, en 2146, Somni découvre le monde, et en l’an 106 après la Chute, Zachry rencontre son destin…

Cloud Atlas : photo Doona Bae, James d'Arcy

Je ne résume pas plus l’histoire de Cloud atlas, elle est difficilement résumable. J’en avais beaucoup entendu parler, et j’avais bien failli le voir lors de mon séjour à New York en novembre dernier, mais les critiques locales parlaient d’un film trop compliqué, ça plus la durée de 3h, on avait laissé tombé. J’ai enfin trouver le temps d’y aller ce week end, et je ne regrette pas;

Cloud Atlas : photo Doona Bae

Cloud Atlas : photo Doona Bae

Je ne connaissais pas grand choses de l’histoire en y allant, si ce n’est que le film se déroulait à différentes époques. Qu’en est t-il du film au finale? et bien j’ai beaucoup aimé, je suis rentrée dedans tout de suite, dès les premières minutes, et je n’ai pas décroché une seconde jusqu’à la fin.

Cloud Atlas : photo Halle Berry, Tom Hanks

Cloud Atlas : photo Halle Berry, Tom Hanks

Cloud Atlas : photo Tom Hanks

Le point fort du film, ce sont les histoires et les personnages, chaque histoire qui se déroule à des époques différentes, sont assez indépendantes les unes des autres, et ne sont finalement reliées que par des thèmes commun, comme la vérité, la liberté, la dignité humaine, l’humanité qui aime tellement faire des différences entre les catégories (les noirs et les blancs, les sang purs et les fabrics). J’ai été entrainé et intéressé par toutes les histoires présentes, la folle histoire d’amour entre Robert et Sixsmith dans les années 30, la folie dévorante de Robert pour sa musique, l’histoire d’Adam qui découvre le vrai visage de l’esclavagisme à la fin du 19e siècle, Louisa qui ne veut pas décevoir la mémoire de son père en enquêtant sur un sujet délicat dans les années 70, monsieur Cavendish, cet éditeur qui a tout raté dans sa vie, mais qui saura se rattraper au finale, l’histoire d’Omni, qui découvre la liberté, l’amour et le sacrifice en 2146 ou encore l’histoire de Zachry et Meronym dans un futur encore plus lointain (je dirais 2252?).

Cloud Atlas : photo Jim Broadbent, Jim Sturgess, Tom Hanks

Cloud Atlas : photo David Gyasi, Jim Sturgess

J’ai beaucoup aimé aussi qu’un même acteur joue des rôles différents selon les époques, qu’ils deviennent le héros de l’histoire à un moment pour être un rôle secondaire à une autre époque. Je retiens en particulier Ben Wishaw dans le rôle de Robert Frobisher, cet acteur est décidément très intéressant à suivre, et puis je retiens aussi James D’arcy dans le rôle de Sixsmith, Jim Sturgess dans le rôle d’Adam et de Hae Joo Chang, Jim Broadbent dans le rôle de Cavendish et puis Halle Berry a trop la classe dans le rôle de Meronym…

Cloud Atlas : photo Ben Whishaw

Cloud Atlas : photo Ben Whishaw

Quant à la complexité du film, je ne l’ai trouvé à aucun moment complexe ou difficile à comprendre, on sent la volonté de simplifier au maximum les choses pour le spectateur, rien n’est laissé dans le doute ou l’incompréhension. Chaque histoire à une fin, une conclusion claire et nette, et on comprend quels sont les thèmes communs à chaque histoire, ce qui rend le film assez symphonique, chaque personnage ayant sa place sans que personne ne vole la vedette aux autres. Le film est donc parfaitement clair et simple à comprendre, reste certains éléments, tel que la marque de naissance chez certains personnages, que le spectateur peut interpréter comme il le souhaite, cela n’a pas vraiment d’importance, réincarnation, destinée, l’humanité qui répète les même erreurs peu importe l’époque…

Cloud Atlas : photo Halle Berry, James d’Arcy

Cloud Atlas : photo Jim Broadbent, Susan Sarandon

Cloud Atlas : photo Jim Broadbent

En bref, un film bien plus simple que ce qu’on m’avait dis, mais une très bonne surprise quand même. Je n’étais pas trop motivée et au finale j’ai été transportée par les différentes histoires, les différents personnages, les différentes époques. La liberté, les différences, les clivages, la dignité, la recherche de la vérité, des thèmes qui se retrouve à toute les époques. Le casting est un des points forts aussi, sans parler que les quelques pointes d’humour et de légèreté m’ont agréablement surpris, certaines scènes sont très drôles (la référence au film Soleil vert m’a bien fait rire dans une scène, et m’a bien dégouté dans une autre!). Le film dure 2h45, je n’ai absolument pas vu le temps passé, je ne me suis pas ennuyé une minute, le rythme ne retombe à aucun moment. Un film qui manque peut être de mysticisme, ou de complexité, le petit plus qui aurait pu faire de cloud atlas un film culte. En tout les cas, j’ai très envie de lire le roman!