Dunkerque de Christopher Nolan

Dunkerque : Affiche

de Christopher Nolan

4,5/5

Fionn Whitehead, Mark Rylance, Jack Lowden, Kenneth Brannagh, Tom Hardy, Harry Styles, Cillian Murphy, James D’Arcy

1940, l’armée britannique débarque sur les plages française pour repousser les allemands. Mais la défaite est lourde et les 400 000 soldats doivent être évacués d’urgence. Alors que l’armée française tiennent les allemands en arrière, les anglais ne disposent que de peu de temps pour quitter la France, mais ce n’est pas simple quand on est canarder en permanence par les allemands.

Dunkerque : Photo Fionn Whitehead

Avec Christopher Nolan c’est une histoire qui dure et qui tient la route. Je l’ai connu avec son premier long métrage, Memento, vu au cinéma, et depuis je ne rate pas un de ses films et je n’ai jamais été déçue. Insomnie, la trilogie des Batmans, Le prestige, Inception et Interstellar que je considère comme culte.

Dunkerque : Photo Kenneth Branagh

Bref, c’est sans hésitation que je me suis rendue au cinéma pour voir son dernier film. Dunkerque c’est un film de guerre pure et simple. Il y a les soldats qui attendent désespéramment d’être sauvés dans un ordre typiquement anglais, il y a le commandant de la royal navy qui espère pouvoir évacuer ses hommes, il y a les deux pilotes de la RAF qui survole la manche, il y a aussi un civil qui répond comme beaucoup d’autre civils, à l’appel lancé par l’armée à tous ceux qui possèdent un bateau, d’aller aider à l’évacuation des soldats coincés en France.

Dunkerque : Photo

Nolan divise son film en 3 niveaux, il y a la plage avec le soldat, le ciel avec les deux pilotes, et la mer avec le père de famille qui décide de répondre à l’appel et de se rendre à Dunkerque. Mais les 3 niveaux ne se déroulent pas en même temps. 3 points dans le temps différents, avec des croisements entre les trois. C’est fait de manière originale, fluide, clair, ça donne une certaine profondeur à la narration.

Dunkerque : Photo Aneurin Barnard, Fionn Whitehead, Harry Styles

J’ai adoré Dunkerque, rien n’est idéalisé. Tommy le soldat isolé, qui tente tout pour embarquer sans devoir attendre docilement son tour. Nolan nous fait vraiment ressentir le sentiment d’emprisonnement de Tommy, qui se sent coincé, acculé sur cette plage, sans possibilité de quitter ce lieu. Le nombre de tentative avortée est affolant, on ressent le désespoir du personnage, sa peur. Les scènes de naufrage sont vraiment très réussies, avec cet impression de perte de repère, d’absence de gravité, quand un bateau sombre, les personnes ne savent plus ou est le haut, le bas, la gravité semble changer de lois. On ressent parfaitement la perturbation des soldats.

Dunkerque : Photo Tom Hardy

Mais ce que j’ai trouvé de plus réussi encore ce sont les scènes en vol. Les combats aériens sont vraiment sublimes, on a parfois l’impression de voir la scène depuis le cockpit de l’avion, il y a un coté réaliste assez effrayant.

Dunkerque : Photo James d'Arcy, Kenneth Branagh

Visuellement c’est très réussie et encore une fois, Nolan sublime ses images, les émotions par la musique toujours juste de Hans Zimmer, qui joue un rôle important. On sent la tension dès la première minute, et la tension ne retombe jamais. Durant 1h45, on ne peut qu’avoir les yeux grands ouverts, écarquillés, sans jamais décrocher une seule fois. Quant aux acteurs ils sont tous très très bons. Il y a certaines scènes plus intimes qui sont très réussies, comme les soldats joués par Harry Styles et Fionn Whitehead assis sur le sable de Dunkerque, sans plus trop d’espoir d’échapper à cette plage maudite, et qui regarde un de leur camarade se jeter dans la mer par désespoir.

Dunkerque : Photo Fionn Whitehead

Les soldats ne sont pas montrés comme des figures héroïques, mais comme de simples hommes traumatisés, qui tentent de garder quelques valeurs dans la débâcle de la fuite et le désir de survivre quoi qu’il en coute. Il y a aussi le commandant de la navy joué par Kenneth Brannagh, debout sur la jeté de Dunkerque, qui donne l’impression d’être le capitaine d’un navire en perdition et qui décide d’attendre que tous ses hommes soient sauvé avant de se sauver lui même. La scène d’atterrissage du capitaine Farrier joué par l’excellent Tom Hardy sur la plage de Dunkerque est un beau moment de cinéma également, après plusieurs minutes de vol plané au dessus de la plage.

Dunkerque : Photo Fionn Whitehead

Un excellent film sur un épisode de la seconde guerre mondiale que je ne connaissais pas. Une mise en scène vraiment bluffante et des acteurs très bons. A ne pas rater donc, probablement l’un des meilleurs films de l’année.

 

Interstellar “N’entre pas docilement dans cette douce nuit”

Interstellar : Affiche

de Christopher Nolan

Matthew McConnaughey, Anne Hathaway, Jessica Chastain, Micheal Caine, John Lithgow, Casey Affleck

4.5/5

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Dans un avenir plus ou moins proche, les conditions de vie sur Terre se dégradent lentement mais surement. L’atmosphère terrestre s’est dégradée, des tempêtes de poussière deviennent le nouveau quotidien des habitants. Cooper, ancien ingénieur et pilote de l’air, s’est comme presque tout le monde, reconvertie en agriculteur, puisque la Terre n’a plus besoin d’appareils électroniques, mais de nourriture, la plus grande menace étant la faim. Il élève seul son fils ado et sa fille de 10 ans Murphy. Cooper est sollicité par la NASA pour participer à une mission spatiale, afin de trouver une nouvelle planète pour l’espèce humaine. Grâce à la découverte récente d’un trou de ver, les astronautes se retrouvent dans une autre galaxie. S’offre à eux, trois possibilités de mondes viables.

Interstellar : Photo Mackenzie Foy, Matthew McConaughey

Je suis depuis quasiment le début la carrière de Christopher Nolan. Je n’ai pas vu son premier film (following), mais j’ai vu tous ces autres films depuis Memento (Memento, Insomnia, Batman begins, Le prestige, Batman dark knight, Inception, Batman Dark knight rises). J’ai adoré tous ces films, je suis fan du travail de Nolan sur le plan visuel mais aussi sur le plan du scénario, même si parfois ce n’est pas toujours un sans faute.

Interstellar, je l’attends depuis longtemps, la bande annonce m’avait époustouflé, et j’en attendais beaucoup. Je suis tellement en manque de très bons films et de coup de cœur, (va falloir réduire le top 10 à un top 3 cette année tellement les films vu sont moyens), que j’étais excitée et énervée par la séance d’interstellar, je n’ai pas attendu le week end pour le voir (la motivation était bien présente, ça faisait longtemps) et malgré les 2h49 de film, je n’ai pas pu attendre et j’y suis allée mercredi soir, après mon travail.

Interstellar : Photo Anne Hathaway

Nolan nous montre une Terre malade, les humains ont épuisé ses ressources, l’a usé jusqu’à la corde, et est maintenant en perdition. Les gadgets, la technologie importent peu dorénavant, les industries et les économies se sont effondrées, seul l’agriculture importe, seul l’alimentation intéresse, dans un monde où les ressources alimentaires sont difficiles à maintenir, les champs de céréales tombant malade les uns après les autres, seul  le maïs se porte bien. J’ai trouvé un peu dommage de ne pas approfondir sur les raisons de cet état particulier, mais surtout sur le fait qu’on reste concentré sur les États Unis alors que le phénomène est mondiale.

Interstellar : Photo

Dès les premières minutes, je suis dedans, je suis dans cette histoire, dans ce monde. J’ai beaucoup aimé la relation si fusionnelle entre le père et sa fille, le déchirement qu’ils ressentent lors du départ de Cooper. Mais bien sur, le film prend toute son envergure une fois que les astronautes s’envolent pour l’espace. Le décollage, les différentes étapes, le voyage vers saturne. Et puis surtout le voyage à travers le trou de ver, l’approche d’un trou noir énorme appeler Gargantua. Aucun film n’a filmé avec autant de précision, autant de beauté menaçante, autant de réalisme, la galaxie et ces phénomènes, les étoiles, la réalité d’un trou noir, la traversée d’un trou de ver. Nolan filme l’univers comme jamais personne ne l’a fait avant lui et le résultat est grandiose. L’univers, c’est froid, c’est dangereux, c’est effrayant, c’est plus qu’immense, c’est infini, c’est visuellement magnifique. La traversée du trou de ver pour atteindre une autre galaxie est impressionnante, on a vraiment cette impression d’être avec eux, dans la navette spatiale, enfermé dans cette immensité sombre, on pourrait presque ressentir un sentiment de claustrophobie.

Tout est impressionnant dans ce film, le voyage intergalactique, les visites des différents mondes entre planète couverte de vagues géantes, et planète de nuages de glaces. Nolan se lance dans des théories sur la relativité, sur les effets des trous noirs, sur le temps comme dimension propre, qui serait la clef de tout. Sans rien dévoilé, c’est un mélange pure de science (voyage dans la galaxie, utilisation du trou de ver, planètes à explorer) et fiction, (la traversée du trou noir, l’énigme du temps dans l’espace).

Le cinéma de Nolan dans Interstellar c’est aussi la réussite de mêler de magnifiques scènes visuelles dans l’espace et des scènes plus intimistes, les conversations entre le père et sa fille de 10 ans, les messages envoyés par Murphy à son père, pleins de rancœur et de misère, les conversations entre Cooper et le professeur Brand, perdus dans une autre galaxie, la réaction et la solitude de Cooper face aux messages envoyés par sa famille.

Il y en aurait des choses à dire sur ce film, mais pour faire court, de très bons acteurs, de très belles scènes humaines, l’humanité dans tout ses états, un visuel époustouflant. Une manière de filmer les voyages dans l’espace juste hypnotisant. J’ai été happé, emporté, j’ai voyager avec eux, c’est d’un réalisme impressionnant. La musique sublime le tout, et sait se taire complètement pour laisser la place au silence totale, définition correcte de l’espace, là où le bruit n’existe pas. Et le silence de certaines scènes est parfois plus puissante que la musique du film. Visuellement parlant, filmer l’espace comme il l’a fait me rappelle Gravity qui me fait  l’effet d’une pauvre blague à coté d’Interstellar, et ici pas besoin de gadget comme la 3D pour impressionner le spectateur et le clouer à son siège. Et là où je trouvait le fond de Gravity vide, Interstellar aborde des sujets et des thèmes qui m’ont toujours passionnés, et les met en image. Bien sur le film n’est pas dénué de défaut,  à commencer par l’absence totale de mondialisation. On ne voit  que les Etats Unis, on a l’impression que les terriens ne sont que américains, et seule la bannière étoilée est présente sur les planètes visitées. Ou encore la fin (SPOILER; bien trop optimiste, bien trop heureuse comme fin, même si ça fait plaisir que tout finisse bien c’est pas tout à fait crédible, mais pourquoi pas après tout?!).