Le passé

Le Passé : Affiche

de Asghar Farhadi

Berenice Bejo, Tahar Rahim, Ali Mosaffa, Pauline Burlet, Elyes Aguis, Jeanne Jestin

4/5

Ahmad fait le voyage de Téheran jusque Paris pour finaliser officiellement son divorce avec Marie, qui aimerait refaire sa vie avec Samir, avec qui elle vient de s’installer. Il est gêné de devoir s’installer chez elle, sous son insistance. Il sympathise avec Fouad, le petit garçon de Samir, et est content de retrouver les deux filles de Marie, la petite Léa et l’ado Lucie, toute les deux issu d’un premier mariage. Il découvre alors tous les problèmes dans la vie de Marie: Samir est toujours officiellement marié avec Céline, qui est dans le coma depuis 9 mois, après une tentative de suicide, le petit Fouad est un peu déboussolé face à cette situation, et surtout Lucie est en guerre contre sa mère et Samir pour des raisons que personne ne comprend.

Le Passé : photo Bérénice Bejo, Tahar Rahim

J’adore le cinéma d’Asghar Farhadi, j’ai vu tous ces films, A propos d’Elly, La fête du feu, Une séparation, Les enfants de Belle ville, avec une grosse préférence pour Une séparation et Les enfants de Belle ville. C’est pas si fréquent que ça que d’avoir affaire à un réalisateur qui écrit lui même les les scénarios, qui nous offre à tout les coups d’excellent film, le tout servis par des acteurs juste magnifique.

Le Passé : photo Ali Mosaffa, Bérénice Bejo

Le passé reprend des thèmes que l’on retrouve souvent chez Farhadi, des familles à problèmes, des personnages féminins forts qui portent souvent les choses à bout de bras, des couples qui se déchirent, des enfants qui subissent des pressions énormes à des âges qui n’appellent qu’à l’insouciance, des thèmes que l’on retrouve surtout dans Une séparation, un peu dans La fête du feu.

Le Passé : photo Bérénice Bejo, Tahar Rahim

J’avais un peu peur que les choses ne prennent pas autant avec un film qui se déroule à Paris, mais comme souvent dans les films de Farhadi, les sujets et histoires sont tellement universelles, que peu importe au final, où les choses se passent, ça prend toujours. Farhadi sait une fois de plus, installée une ambiance, une atmosphère, une tension palpable dans l’air, alors qu’on nous raconte une histoire simple, mettant en scène des gens ordinaires confronté à des situations familiales tendues.

Le Passé : photo Ali Mosaffa

Encore une fois, les acteurs sont tous formidables dans ce film, à commencer par les enfants, la jeune Pauline Burlet qui interprète l’adolescente Lucie, en pleine crise, est très juste, mais ce sont surtout les deux plus jeunes qui impressionnent, le petit garçon Fouad, joué par Elyes Aguis, et Jeanne Jestin qui joue la petite Léa sont exceptionnels dans leurs roles respectis. Quant aux adultes, entre l’iranien Ali Mosaffa, Tahar Rahim et Bérénice Béjo c’est impeccable.

Le Passé : photo

Même si l’action qui se passe à Paris n’enlève aucune qualité au film, j’avoue pourtant préféré que les intrigues se déroulent en Iran. Une séparation, Les enfants de Belle ville, La fête du feu ou encore A propos d’Elly, nous montre, en plus des intrigues, la vie sociale iranienne, le fonctionnement de la société, la place de la religion chez certains, la justice…

Le Passé : photo Bérénice Bejo

En bref, encore une réussite pour Asghar Farhadi, encore d’excellents acteurs, encore une belle mise en scène, une atmosphère, une tension étrange, un scénario bien ficelé, même si ce n’est pas mon préféré du monsieur (Une séparation et Les enfants de Belle ville, sont de loin mes préférés).