Crimson peak – Le nouveau stagiaire

Crimson peak

Crimson Peak : Affiche

de Guillermo del Toro

Mia Wasikowska, Tom Hiddleton, Jessica Chastain

4/5

A la fin du 19e siècle, la jeune Edith évolue dans la bonne société de Buffalo. Elle vit seule avec son père, aimant et chaleureux, depuis la mort de sa mère, des années plus tôt. Et depuis, Edith voit de temps en temps des fantômes effrayants. Elle ambitionne de devenir romancière et seuls son père et son ami d’enfance, le docteur McMicheal l’encouragent. Elle rencontre alors le baronnet Thomas Sharpe, venu d’Angleterre pour convaincre le mère d’Edith, un riche homme d’affaire, d’investir dans le financement de sa nouvelle machine, capable d’extraire l’argile rouge, principale richesse de sa propriété familiale. Il est venu à Buffalo accompagné de sa sœur, l’étrange Lucille. Alors que son père n’a aucune confiance en Lucille et Thomas, qu’il trouve étrange, Thomas séduit rapidement la jolie Edith, qui ne tarde pas à succomber aux charmes du baronnet…

Crimson Peak : Photo Jessica Chastain, Tom Hiddleston

Je n’en dis pas plus, sachez seulement que le résumé correspond au tout début du film. J’avais très envie de voir le film mais je me suis très peu renseignée sur l’histoire avant d’y aller, je n’avais même pas vu la bande annonce.

Crimson Peak : Photo

Le film est vraiment coupé en deux, avec cette première partie américaine, le film est assez captivant, Edith est attachante et sympathique, sa relation avec son père touchante, et une pointe d’humour est la bienvenue. Tout change avec la seconde partie qui se déroule en Angleterre, dans la demeure de Lucille et Thomas, un manoir perdue au milieu de nulle part, dans une campagne désolé et lugubre, dont l’intérieur ressemble plus à un film d’horreur qu’à une demeure familiale, avec son trou dans le toit qui laisse tomber sur le sol, les eaux de la pluie, les feuilles des arbres ou la neige, ou encore son argile rouge qui remonte le long des murs ou dans les tuyauteries.

Crimson Peak : Photo Mia Wasikowska , Tom Hiddleston

On retrouve dans Crimson peak certaines choses qui avaient fait le succès du Labyrinthe de pan, par son ambiance, son atmosphère, ses décors, ses scènes bien gores et bien sanglantes, et sa façon de suivre dans les couloirs du manoir le jeune Edith qui découvre petit à petit les secrets et les mensonges, comme ce fut un peu le cas de la jeune Ophélie dans le labyrinthe de pan. Le trio d’acteurs est d’ailleurs excellent, Mia Wasikowski qui sait incarné l’innocence sans pour autant tombée dans la naïveté ou la bêtise, ce qui est appréciable, Tom Hiddleston qui est décidément toujours aussi excellent, et bien sur la jolie Jessica Chastain qui est brune cette fois ci et qui donne bien la chair de poule dans certaines scènes.

Crimson Peak : Photo Mia Wasikowska

En bref, un film visuellement très réussie, tout est très bien fait, les acteurs excellents, et une ambiance qui m’a rappeler le Labyrinthe de pan, mais dont l’histoire est finalement très classique, et n’a rien d’originale, si ce n’est le coté fantastique qui est rajouté.

Le nouveau stagiaire

Le Nouveau stagiaire : Affiche

de Nancy Meyers

Robert de Niro, Anne Hathaway, Adam Devine Rene Russo, Anders Holm

3/5

Ben Withaker à 70 ans, il est veuf, à la retraite, et ne sait pas quoi faire de ses journées. Il a beaucoup voyagé, à rendu visite à son fils et ses petits enfants, mais s’ennuie dans sa vie de tous les jours. Lorsqu’il tombe sur une petite annonce pour le compte d’une start up qui recherche un stagiaire senior, il se lance et se présente. Autrefois PDG le voilà devenu stagiaire de la patronne, Jules, une jeune femme qui a monté une entreprise de vente de vêtements par correspondance.

Le nouveau stagiaire : Photo Robert De Niro

Au départ, je n’étais pas trop motivée pour aller voir ce film, mais la présence de Robert de Niro que je n’avais pas vu au cinéma depuis longtemps m’a convaincu.

Finalement, Le nouveau stagiaire reste une comédie de Nancy Meyers, donc beaucoup de bons sentiments, un peu d’humour, un peu de gnangnan. Le début du film est attachant, car le personnage de Withaker est très sympathique, on a envie de mieux le connaitre. Dans l’entreprise il détonne avec ces costumes stricts, sa mallette des années 70 et ses manières polies, loin du coté fashion de l’entreprise et de ses cadres qui s’habillent de manière décontractée et à la mode.

Le Nouveau stagiaire : Photo Adam DeVine, Jason Orley, Robert De Niro, Zack Pearlman

Robert de Niro est le point fort du film, je ne l’avais pas vu depuis un moment au cinéma, il a maigri, et j’ai trouvé qu’en costume, avec sa mèche sur le coté, il ressemblait beaucoup à Lino Ventura dans ses dernières années. De Niro est excellent dans son rôle, il n’en fait jamais trop, il est touchant sans tombé dans le larmoyant à l’américaine. Mais les bons points du films s’arrêtent là. Beaucoup trop de bons sentiments, une Anne Hathaway qui en fait trop et qui ne m’a pas convaincu, j’en ai un peu marre de la voir dans des roles de fashion victim new yorkaise, qui se balade toujours dans les plus beaux vêtements, perchés sur des talons aiguilles. Elle m’a rappeler son personnage dans Le diable s’habille en Prada.

Le Nouveau stagiaire : Photo Anders Holm, Anne Hathaway

Son personnage est froid, on a plus l’impression de voir un défilé de mode qu’un personnage réel vivre quelque chose; pareil pour sa petite famille, le mari joué par Anders Holm n’a aucune expression, et on sent que la réalisatrice à tout fait pour que les spectateurs soit attendri par la petite fille du couple, qui est beaucoup trop mise en scène, ce qui rend le tout pas très naturel, on y croit pas à cette famille, d’autant que la maison du couple est à l’image des tenues d’Anne Hathaway, tout est trop parfait on a l’impression d’évoluer dans un catalogue ikea.

Le Nouveau stagiaire : Photo Anne Hathaway

En bref, une comédie sympathique à voir surtout pour Robert de Niro excellent, ça fait plaisir de le revoir comme ça, et les scènes entre son personnage et les autres stagiaires jeunes de l’entreprise sont souvent drôles et sympathiques; Mais le reste tombe à plat, trop gnangnan avec une bande originale plus mauvaise et répétitive qu’une musique d’ascenseur, et l’histoire de couple de Jules et ses dilemmes ne m’ont pas touchés.

Advertisements

Interstellar “N’entre pas docilement dans cette douce nuit”

Interstellar : Affiche

de Christopher Nolan

Matthew McConnaughey, Anne Hathaway, Jessica Chastain, Micheal Caine, John Lithgow, Casey Affleck

4.5/5

https://leschoixdetrilliandotcom.files.wordpress.com/2013/11/untitled-2.jpg?w=660

Dans un avenir plus ou moins proche, les conditions de vie sur Terre se dégradent lentement mais surement. L’atmosphère terrestre s’est dégradée, des tempêtes de poussière deviennent le nouveau quotidien des habitants. Cooper, ancien ingénieur et pilote de l’air, s’est comme presque tout le monde, reconvertie en agriculteur, puisque la Terre n’a plus besoin d’appareils électroniques, mais de nourriture, la plus grande menace étant la faim. Il élève seul son fils ado et sa fille de 10 ans Murphy. Cooper est sollicité par la NASA pour participer à une mission spatiale, afin de trouver une nouvelle planète pour l’espèce humaine. Grâce à la découverte récente d’un trou de ver, les astronautes se retrouvent dans une autre galaxie. S’offre à eux, trois possibilités de mondes viables.

Interstellar : Photo Mackenzie Foy, Matthew McConaughey

Je suis depuis quasiment le début la carrière de Christopher Nolan. Je n’ai pas vu son premier film (following), mais j’ai vu tous ces autres films depuis Memento (Memento, Insomnia, Batman begins, Le prestige, Batman dark knight, Inception, Batman Dark knight rises). J’ai adoré tous ces films, je suis fan du travail de Nolan sur le plan visuel mais aussi sur le plan du scénario, même si parfois ce n’est pas toujours un sans faute.

Interstellar, je l’attends depuis longtemps, la bande annonce m’avait époustouflé, et j’en attendais beaucoup. Je suis tellement en manque de très bons films et de coup de cœur, (va falloir réduire le top 10 à un top 3 cette année tellement les films vu sont moyens), que j’étais excitée et énervée par la séance d’interstellar, je n’ai pas attendu le week end pour le voir (la motivation était bien présente, ça faisait longtemps) et malgré les 2h49 de film, je n’ai pas pu attendre et j’y suis allée mercredi soir, après mon travail.

Interstellar : Photo Anne Hathaway

Nolan nous montre une Terre malade, les humains ont épuisé ses ressources, l’ont usé jusqu’à la corde et est maintenant en perdition. Les gadgets, la technologie importent peu dorénavant, les industries et les économies se sont effondrées, seul l’agriculture importe, seul l’alimentation intéresse, dans un monde où les ressources alimentaires sont difficiles à maintenir, les champs de céréales tombant malade les uns après les autres. J’ai trouvé un peu dommage de ne pas approfondir sur les raisons de cet état particulier, mais surtout sur le fait qu’on reste concentré sur les États Unis alors que le phénomène est mondiale.

Interstellar : Photo

Dès les premières minutes je suis dedans, je suis dans cette histoire, dans ce monde. J’ai beaucoup aimé la relation si fusionnelle entre le père et sa fille, le déchirement qu’ils ressentent lors du départ de Cooper. Mais bien sur, le film prend toute son envergure une fois que les astronautes s’envolent pour l’espace. Le décollage, les différentes étapes, le voyage vers saturne. Et puis surtout le voyage à travers le trou de ver, l’approche d’un trou noir énorme appeler Gargantua. Aucun film n’a filmé avec autant de précision, autant de beauté menaçante, autant de réalisme, la galaxie et ces phénomènes, les étoiles, la réalité d’un trou noir, la traversée d’un trou de ver. Nolan filme l’univers comme jamais personne ne l’a fait avant lui et le résultat est grandiose. L’univers, c’est froid, c’est dangereux, c’est effrayant, c’est plus qu’immense, c’est infini, c’est visuellement magnifique. La traversée du trou de ver pour atteindre une autre galaxie est impressionnante, on a vraiment cette impression d’être avec eux dans la navette spatiale, enfermé dans cette immensité sombre, on pourrait presque ressentir un sentiment de claustrophobie.

Tout est impressionnant dans ce film, le voyage intergalactique, les visites des différents mondes entre planète couverte de vagues géantes, et planète de nuages de glaces. Nolan se lance dans des théories sur la relativité, sur les effets des trous noirs, sur le temps comme dimension propre, qui serait la clef de tout. Sans rien dévoilé, c’est un mélange pure de science (voyage dans la galaxie, utilisation du trou de ver, planètes à explorer) et fiction, (la traversée du trou noir, l’énigme du temps dans l’espace).

Le cinéma de Nolan dans Interstellar c’est aussi la réussite de mêler de magnifiques scènes visuelles dans l’espace et des scènes plus intimistes, les conversations entre le père et sa fille de 10 ans, les messages envoyés par Murphy à son père pleins de rancœur et de misère, les conversations entre Cooper et le professeur Brand perdus dans une autre galaxie, la réaction et la solitude de Cooper face aux messages envoyés par sa famille.

Il y en aurait des choses à dire sur ce film, mais pour faire court, de très bons acteurs, de très belles scènes humaines, l’humanité dans tout ses états, un visuel époustouflant. Une manière de filmer les voyages dans l’espace juste hypnotisant. J’ai été happé, emporté, j’ai voyagé avec eux, c’est d’un réalisme impressionnant. La musique sublime le tout, et sait se taire complètement pour laisser la place au silence totale, définition correcte de l’espace, là où le bruit n’existe pas. Et le silence de certaines scènes est parfois plus puissante que la musique du film. Visuellement parlant, filmer l’espace comme il l’a fait me rappelle Gravity qui me fait  l’effet d’une pauvre blague à coté d’Interstellar, et ici pas besoin de gadget comme la 3D pour impressionner le spectateur et le clouer à son siège. Et là où je trouvait le fond de Gravity vide, Interstellar aborde des sujets et des thèmes qui m’ont toujours passionnés et les met en image. Bien sur le film n’est pas dénué de défaut,  à commencer par l’absence totale de mondialisation. On ne voit  que les Etats Unis, on a l’impression que les terriens ne sont que américains et seule la bannière étoilée est présente sur les planètes visitées. Ou encore la fin (SPOILER; bien trop optimiste, bien trop heureuse comme fin, même si ça fait plaisir que tout finisse bien c’est pas tout à fait crédible, mais pourquoi pas après tout?!).