Your name de Makoto Shinkai

Your Name : Affiche

de Makoto Shinkai

4.5/5

Mitsuha, 17 ans, vit avec sa petite sœur et sa grand mère dans une toute petite ville de la campagne japonaise. Sa mère est morte quand elle était petite et son père a quitter le domicile pour faire campagne en politique et devenir le maire de la ville. Mitsuha est héritière d’une vieille famille aux traditions anciennes et importantes, surtout pour sa grand mère, mais l’adolescente rêve de vivre dans une grand ville comme Tokyo. De son coté, Taki, lycéen, vit à Tokyo avec son père. Il espère devenir un jour architecte. Mais un jour, il se réveille dans le corps de Mitsuha et Mitsuha se réveille dans le corps de Taki. Ces expériences étranges se reproduisent à plusieurs reprises, et les deux ados résignés, décident de se laisser des messages dans leur téléphones portables respectifs afin d’expliquer à l’autre ce qui s’est passé lors de leur journée d’échange. Les deux ado ont pris gout à cet échange et à vivre une vie différente le temps de quelques heures. Mais un jour, Taki ne se réveille plus dans le corps de Mitsuha. Il est alors décidé à aller la voir pour la rencontrer.

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Je n’étais pas très motivée pour voir ce film surtout parce que la bande annonce ne m’avait pas totalement convaincu, et puis en lisant les critiques très positives de pratiquement tous le monde, que ce soit la presse ou des spectateurs, je me suis dis qu’il fallait faire l’effort d’aller le voir. Et j’ai bien fait!

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On retrouve dans Your name, des thèmes qui reviennent souvent dans les films précédent du réalisateur, en tout cas ceux que j’ai pu voir c’est à dire 5 cm par seconde et Voyage vers Agartha. On retrouve une héroïne qui a perdu un de ses parents, on parle de deuil, d’âme sœur, de chemin qui se rencontre puis se sépare, le poids de la destinée et la part de hasard dans les vies des personnages. On retrouve aussi la beauté des paysages de Shinkai, notamment tout ce qui tourne autour des ciels étoilés.

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J’ai beaucoup aimé Your name. Mitsuha est une ado tiraillée entre ses devoirs ancestrales hérités de sa grand mère et son envie de modernité, d’une vie sans contrainte, d’une vie loin de la campagne étriquée dans laquelle elle vit pour l’énergie d’une grande ville. Les scènes d’échanges entre Mitsuha et Taki sont vraiment réussi, bien exploité, très drôle surtout. Mitsuha apporte son coté féminin et spontanée dans la vie un peu timide de Taki et Taki apporte plus de force et de colère dans la vie de Mitsuha. La moitié du film est donc vraiment réussi et très drôle, avec les échanges par mail et journal virtuel entre Taki et Mitsuha qui se tiennent au courant de la journée qu’ils ont passé dans le corps de l’autre. Le film change de ton quand on découvre une chose surprenante dans l’intrigue et le fil de l’histoire. Les choses deviennent un peu plus sombre, un peu plus dramatique, du moins pour un temps.

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Les dessins sont très beaux aussi, il y a une très belle lumière. J’ai beaucoup aimé me promener dans la maison familiale, dans la campagne de Mitsuha et dans les rues peuplées de Tokyo, notamment dans le quartier de Shinjuku.

Un film très réussi donc, bien supérieur à 5cm par seconde que j’avais trouvé un peu frustrant et que Voyage vers Agartha qui était intéressant mais il manquait un petit quelque chose pour en faire un coup de coeur. Your name m’a énormément plut, entre moment très drôles et passages un peu plus émouvant, on s’attache beaucoup aux personnages. Je pense que ce film vu un peu tardivement, va venir bouleversé un peu mon classement des films vus en 2016.

 

Souvenirs de Marnie

de Hiromasa Yonebayashi

3.5/5

Anna est une enfant de 12 ans adoptée quand elle était toute petite. Elle a grandis heureuse dans sa nouvelle famille, maise lle tombe doucement dans une dépression après avoir découvert que sa mère adoptive touche une allocation pour l’élever. Pré ado elle se pose des tas de questions sur son identité, sur qui elle est, et n’arrive pas à contenir la colère qu’elle ressent face à la mort de ses parents biologiques. Sa mère adoptive décide de l’envoyer chez des amis à la campagne afin qu’elle profite du calme et de l’air pur suite à une crise d’asthme importante. En se promenant, elle tombe sous le charme d’une magnifique maison aux bords des marais, qui semble abandonnée depuis des décennies. Elle y rencontre une jeune fille de son âge, Marnie, qui devient vite son âme sœur.

Dernier film en date des studios Ghibli, (en espérant que ce ne soit pas le dernier film tout court), Souvenirs de Marnie est un film assez inégale. Certaines scènes sont très justes d’autres un peu too much.

On suit Anna cette pré ado timide, renfermée, qui n’a pas d’amis, silencieuse, et limite dépressive. Elle est à un âge où l’enfance s’efface doucement, et laisse place à un grand vide qui peut rendre mélancolique, déprimé, on se cherche, on se demande qui on est, où on va, à plus forte raison pour Anna qui est une enfant adoptée, dont les parents biologiques sont mort dans un accident quand elle était encore un bébé. Son mal être est renforcée quand elle découvre que ses parents adoptifs touchent une allocation pour son éducation.

Le film parle énormément du mal être que peuvent ressentir les pré ado, et abordent des thèmes qui touchent tout particulièrement les 11-14 ans et en cela, les enfants plus jeunes ne seront pas très intéressés et les adultes devront se rappeler leurs propres expériences longtemps oubliés! Ceci dit, on se prend très vite d’amitié pour Anna. On a parfois l’impression qu’elle dramatise tout, qu’elle déprime pour un rien, trop sensible, mais après tout ces réactions restent très crédibles et réalistes. Tout comme l’amitié qui se crée entre Anna et Marnie, très fusionnelle comme seules savent le faire des ado de cette age.

Les rêveries, l’imagination débordante, le subconscient qui se confond avec la réalité, tout ça peut être parfois un peu lourd, mais j’ai beaucoup aimé entendre l’histoire finale, qui résout le mystère qui entoure le personnage de Marnie et ses multiples apparitions. Si parfois certaines scènes sont too much, qui pousse un peu trop dans l’émotion et qui cherche clairement à tirer la larme au spectateur, il y a certaines scènes et personnages qui viennent alléger la dépression d’Anna, comme le vieux pêcheur silencieux Toichi, le couple Oiwa qui accueille Anna pour l’été, très sympathique et drôle, dédramatisant tout, et aussi surtout la petite fille Sayaka, qui deviendra une vraie amie pour Anna, avec son ton enjoué, son franc parler et ses petites couettes, ça contrebalance la mélancolie de Anna, dommage qu’elle arrive dans le film de manière tardive.

Sur le plan de l’animation, les décors et les paysages sont magnifiquement réalisés, les marais, la marée, les forêts, le village, ou encore les deux maisons, celle des Oiwa qui accueille Anna, sa chambre en particulier est vraiment jolie et chaleureuse, une pièce de rêve, jusque dans les moindres détails (tout comme c’était déjà le cas dans son précédent film, Arrietty), et bien sur la maison des marais, juste sublime, et l’ntérieur encore plus, une fois que la famille de Sayaka vient s’y installer.

En bref, un très beau travail visuel sur les détails, les pièces des maisons jusqu’au moindre détails du mobilier et de la décoration, un film qui parlera surtout aux pré adolescents, un peu trop mélancolique, un peu trop tire larme mais dont le coté triste est atténué par certains personnages sympathiques, joyeux et attachants comme les Oiwa et la rigolote Sayaka. Sans parler de l’histoire suffisamment complexe et mystérieuse pour tenir l’attention des spectateurs en éveil.

Le chateau de Cagliostro

de Hayao Miyazaki

4/5

coup coeur

Edgar, gentleman cambrioleur, est sur les trace de la goat money, une fausse monnaie de très haute qualité, qui sévit dans le monde depuis des décennies sans que personne ne sache d’où elle vient. Ses indices le mènent avec son acolyte de toujours Jigen, au château de Cagliostro, dans un tout petit royaume. Il croise la route de Clarisse de Cagliostro, l’une des descendante de la famille royale, que le comte de Cagliostro, un parent éloigné, veut épouser de force pour reformer une descendance, et découvrir ce qui se cache derrière leurs deux bagues familiales, dont la légende dit qu’elles sont la clé d’un trésor millénaire. Edgar, très intéressé par ce trésor mais aussi par la jolie Clarisse, mène son enquête tout en essayant de sauver la belle.

Ce long métrage d’animation date de 1979, et je crois que c’était le seul film de Miyazaki que je n’avais pas encore vu et j’ai tout simplement adoré encore une fois son travail. C’est son premier film en tant que réalisateur et on est assez loin de ces thèmes de prédilection telle que la nature et l’environnement, mais on reconnait son style, avec les passages secrets du château, les rouages de l’horloge géante, les collines verdoyantes, la flore…

J’ai beaucoup aimé le personnage d’Edgar, une sorte d’Arsène Lupin gentleman cambrioleur (le long métrage est inspiré d’un manga, lui même inspiré du personnage de Lupin de Maurice Leblanc). Aidé de son complice, le blasé Jigen, ils sont constamment poursuivis par un commissaire d’interpol, Zenigata, qui a jurer d’emprisonner un jour Edgar, même si pour le coup, ils vont devoir faire équipe pour arrêter le comte et son trafic de la goat money.

Jigen aussi attire tout de suite la sympathie et leur duo avec Edgar est plein d’humour, ils m’ont tous les deux fait penser, aux deux personnages de Cowboy bebop, Spike et Jet, ce couple de potes complices dans leur boulot, blasés, et un peu bourrus, jusque dans les postures et les tenues des héros, peut être que le créateur de Cowboy bebop s’est inspiré d’Edgar et Jigen…

Pour contrebalancer la gentille princesse en détresse qu’est Clarisse (bien qu’elle ne soit pas pour autant cul cul ou niaise), il y a aussi le personnage féminin de Fujiko, alter ego d’Edgar, elle est sa rivale, aussi bien que son alliée dans les coups durs. Elle sait manier les armes, les coups et les volants en tout genre pour s’en mettre plein les poches ou pour aider les plus faibles, comme ici Clarisse, ou Edgar quand il est en mauvaise posture.

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En bref, j’ai adoré l’humour, l’histoire, les personnages, la fin et la découverte du trésor familiale, j’ai passé un très bon moment en compagnie d’Edgar, Jigen Fujiko, Clarisse, Zenigata, ou encore Jodo un 3e allié d’Edgar venu en renfort dans la deuxième partie du film. Le graphisme n’est pas si vieux que ce à quoi je m’attendais vu la date de production au contraire, le film a bien vieilli. Encore une réussite de la part du grand Miyazaki, décidément c’est un sans faute! (A voir en Japonais, c’est quand même bien plus sympa!).