Hercule Poirot, le rideau tombe

Saison 13

Série uk 1989/2013

Une mémoire d’éléphant

Les quatre

Poirot joue le jeu

Les traveaux d’Hercule

Hercule Poirot quitte la scène

Voilà, fini, après 13 saisons, après 25 ans de bons et loyaux services, Hercule Poirot nous quitte, les adaptations des célèbres romans d’Agatha Christie prennent fin. J’ai connu la série télé produite par la chaine anglais ITV, dans la deuxième moitié des années 90 avec des diffusions sur France 3, tous les matins vers 9h il me semble. Étant lycéenne, c’était surtout pendant les vacances scolaires que je pouvais les regarder, sacrifiant les grasses matinées pour le plaisir de voir mon détective préféré résoudre des énigmes. J’ai toujours beaucoup aimé les romans d’Agatha Christie, j’avais commencé au collège, avec Le crime de l’orient express, suivi de près de l’un de mes favoris, Le meurtre de Roger Acroyd, dont le dénouement m’avait complètement retournée!

La série fut tout de suite un coup de cœur, une de mes séries chouchou, je ne me suis jamais lassée de voir et revoir les épisodes. Évidemment, ce qui fait le succès de la série en plus des histoires policières parfaitement menées, c’est les prestations et le casting, à commencer par l’excellent David Suchet, qui incarne à la perfection Hercule Poirot, entre sarcasme, belle assurance, fierté, prétentieux pour certains, plein d’humour et souvent plein de tendresse envers la jeunesse. Hercule Poirot tel que jouer par David Suchet ne peux être qu’attachant.

On peut voir d’ailleurs l’évolution du personnage au travers les saisons, au début très précieux, centré sur sa moustache, et toujours accompagné de Hastings sont fidèle ami, il évoluera vers un personnage plus âgé, plus posé, plus mélancolique, et qui essaye toujours d’être de bons conseils envers les jeunes gens qu’il rencontre lors de ces enquêtes, toujours ému par leurs amours naissants, lui l’éternel célibataire.

Hastings reste lui aussi un personnage excellent, qui apparait surtout dans la première moitié de la série (jusqu’à la saison 8 de manière régulière). Fidèle ami de Poirot, ils se connaissent depuis la première guerre mondiale, et se retrouve dans l’épisode, La mystérieuse affaire de styles (saison 3). Impossible de ne pas aimer Hastings, simple, presque simplet quand il est question de nature humaine, souvent naïf, un peu trop innocent, il voit le bien partout et a du mal à imaginer les manœuvres parfois diaboliques des criminels qu’il rencontre avec Poirot. Il soupçonne ou tout le monde ou personne, et voit toujours dans les jeunes dames, de potentielles futurs madames Hastings, le personnage étant un indécrottable romantique, voir fleur bleu dans certains épisodes.

J’aime toutes les saisons, mais ma grande préférence va quand même aux 8 premières saisons, dans lequel Hastings apparait toujours comme le second de Poirot. Leur duo ressemble plus à un vieux couple qui se tape mutuellement sur les nerfs, mais ils ne peuvent pas se passer l’un de l’autre pour autant. Et dans ces saisons là, on retrouve aussi dans beaucoup d’épisodes, l’inspecteur Japp, de scotland yard, qui au début était agacé de se voir voler la vedette par Poirot, créant une sorte de compétition saine entre eux, mais qui finira par devenir un très bon ami du détective belge. Contrairement à Hastings, Japp n’est ni naïf, ni romantique, et reste beaucoup plus blasé quant aux talents de Poirot, n’admettant pas toujours la supériorité du belge. Mais leur amitié, tout comme celle avec Hastings, apporte énormément d’humour à la série. Tout comme l’autre personnage récurrent de cette moitié de série, avec Melle Lemon, la secrétaire de Poirot, elle aussi beaucoup plus blasée que Hastings, et qui participera souvent aux enquêtes.

Ces épisodes entre les saisons 1 et 8, sont pour la majorité d’une durée de 45 minutes et on sent que les moyens ne sont pas toujours au rendez vous, même si la reconstitution de l’Angleterre de l’entre deux guerre est toujours bien faite. L’humour et la légèreté prennent le dessus.

A partir de la saison 9, les choses changent, la chaine a plus de moyens et ça se sent à l’image, c’est visuellement plus clair, plus beau, et les épisodes sont systématiquement plus longs, 1h30 et il y en a moins par saison. Ce qui change surtout, c’est la quasi absence d’Hastings, qui dans l’histoire est parti en Argentine avec sa nouvelle femme, laissant Poirot seul. Il n’y a plus de Miss Lemon ou d’inspecteur Japp non plus. Du coup, si les épisodes sont plus somptueux visuellement, l’humour manque quand même cruellement. Mais je n’ai pas pour autant délaissé la série, j’aimais toujours autant suivre les épisodes. Poirot aura d’ailleurs parfois la visite d’une nouvelle alliée, Ariadne Oliver, écrivaine de roman policier, et qui croise souvent le chemin de son ami Poirot, dans des affaires de meurtre. Si le personnage apporte parfois de l’humour, je ne me suis jamais sentie proche d’elle comme je l’étais de Miss Lemon, Japp ou Hastings.  Si les personnages secondaires me manquent, il y a quelques épisodes vraiment excellents, comme Les cinq petits cochons, Je ne suis pas coupable, Les indiscrétions d’Hercule Poirot, Le chat et les pigeons, ou encore l’excellent Rendez vous avec la mort.

Rendez vous avec la mort

En 25 ans, la série aura su garder une qualité d’écriture et de jeu, quelques très beaux morceaux, et pas mal de stars du grand ou du petit écran qui seront venus le temps d’un épisode comme James D’Arcy, Elliott Gould, Toby Stephens, Emily Blunt, Judy Parfitt, David Soul, Micheal Fassbender, Amanda Root, Tim Curry, Christina Cole, Elizabeth McGovern, Jessica Chastain, David Morissey, Sinead Cusak, Damien Lewis…

Les indiscrétions d’Hercule Poirot

Le chat et les pigeons

Quant à la 13e et dernière saison, elle ne regroupe pas mes épisodes préférés. L’épisode Les quatre est intéressant mais un peu étrange, j’ai préféré Une mémoire d’éléphant dont l’histoire était prenante. L’épisode Poirot joue le jeu se rapproche des épisodes classiques de la série, à savoir un grand domaine, une fête, des invités à domicile, et un meurtre, l’histoire m’a un peu trop rappelée celle de l’épisode Le crime d’halloween, mais il fut très bien menée, avec une excellente Sinead Cusak. J’ai aussi beaucoup aimé les douze travaux d’Hercule, cette brochette de clients si différents les uns des autres, coincés dans un hôtel perché au sommet d’une montagne enneigée, à cause d’un éboulement, un concierge comique mais malhonnête, et un Poirot qui a soif de vengeance. J’ai trouvé l’intrigue prenante, mais seul bémol, ce fut l’une des rares fois où j’ai découvert le meurtrier presque tout de suite, sans difficulté ce qui rend la fin de l’épisode moins palpitant.

Les travaux d’Hercule

Poirot quitte la scène

Quant au dernier épisode, Poirot quitte la scène, j’ai été triste de voir mon détective favori, mourant, dans un fauteuil roulant, diminué physiquement mais heureusement, ces petites cellules grises étaient bien en forme, son analyse de la nature humaine toujours affutée. J’ai beaucoup aimé cette histoire de meurtre par procuration, d’assassin qui n’en ai pas un aux yeux de la loi, j’ai surtout adoré revoir Hastings, qui a bien vieilli. J’ai été surprise de la philosophie de vie de la fille d’Hastings, dure et intransigeante, tellement pas comme son père. Et la fin fut assez surprenante, de voir Hercule Poirot, l’homme qui respectait les chemins de la loi et les procédures juridiques comme personne, traverser la frontière qu’il a longtemps gardée, pour devenir lui même ce qu’il a toujours traquée, avant de rendre son dernier soupir. J’ai beaucoup aimé voir la résolution de l’enquête au travers de la lettre que lit Hastings, qui n’a bien entendu pas résolu l’enquête tout seul, 4 mois après la mort de Poirot. J’ai pas pu résister et j’ai bien sur versé ma petite larme. Heureusement, me reste encore plein de romans de Christie que je n’ai pas encore lu, mais la série me manquera énormément.

 

N ou M

d’Agatha Christie

3.5/5

Les Beresford se font vieux, en tout cas c’est que leur dit les services secrets alors que la seconde guerre mondiale vient d’éclater et qu’ils aimeraient bien servir leur pays comme ils l’avaient servi durant la première guerre mondiale. Mais tout le monde estiment que des vieux de leur ages feraient mieux de rester à l’abri chez eux, que ce soit les dirigeants des services secrets auxquels ils ont appartenu ou leurs enfants devenus grands. Finalement, alors qu’ils dépriment et se demandent s’ils sont vraiment si vieux que ça, on fait appel à eux. Envoyés sous une fausse identité dans un tout petit village côtier, dans une pension, les Beresford sont sensé démasquer des agents doubles cachées parmi les pensionnaires et qui espionneraient pour le compte des allemands. Les Beresford vont donc rencontrer la propriétaire et sa fille, un allemand réfugié, une jeune femme et son bébé, un vieux couple, une vieille dame veuve, un colonel à la retraite…

Je n’avais jamais lu de roman mettant en scène les Beresford, et j’ai plutôt aimé ma lecture. L’intrigue est assez classique, démasqué un traitre qui se cache dans une pension au milieux de gens tout à fait ordinaires. L’intrigue et les rebondissements sont intéressants mais un peu évidents et sans grande surprise.

Ce qui m’a beaucoup par contre, dans ce roman, c’est les Beresford. Le couple est très attachant, très drôle, l’humour anglais est partout, les dialogues et les petits pics qu’ils s’envoient m’ont fait souvent rire, rien que pour ça, je lirais bien d’autre romans mettant en scène le couple d’espions!

L’homme au complet marron

de Agatha Christie

4/5

Anne Beddingfeld est une jeune femme nouvellement libre. La mort de son père, un éminent scientifique, l’a laisse sans le sou, mais aussi avec des possibilités infinies. Après une vie plutôt morne, elle rêve d’évasion et d’aventure. Du coup elle rejette la demande en mariage du médecin du village et pars pour Londres, hébergé pour quelques temps par le notaire de famille. Elle est alors mêlée malgré elle, à une mort étrange, dans le métro, et décide de se lancer dans cette affaire. Elle liquide son héritage, juste de quoi se payer un billet en première classe sur un paquebot à destination de l’Afrique du sud, seule piste qu’elle possède. Elle y fera la connaissance de la charmeuse Susanne Blair, l’énigmatique Harry, le truculent politicien Sir Eustache Pedler ou encore le rassurant colonel Race.

C’est le deuxième roman d’Agatha Christie que je lis qui ne met pas en scène un de ses détectives récurrent, le premier étant Rendez vous à Bagdad. Le ton est donné dès les premières lignes, avec une Anne Beddingfeld toute contente de pouvoir vivre sa vie comme elle l’entend, et elle rêve d’aventure, de rebondissements, d’action et de romance, et elle ne va pas être déçue. Entre agressions, mystérieux inconnus, nouvelles rencontres, meurtres sur fond de diamants volés, elle va vivre quelques semaines très intenses, au coté de sa nouvelle meilleure amie, et de quelques figures masculines influentes, entre le politicien St Eustache, imbu de sa personne, et à l’humour britannique hilarant, le séduisant colonel Race et le bourru Harry.

J’ai donc beaucoup aimé suivre les aventures d’Anne, qui est une héroïne très moderne, qui n’a pas froid aux yeux, passionnée et qui fonce tête baissée. J’ai adoré lire les rebondissements en tout genre à travers les yeux de Anne, mais aussi les passages où l’on suit l’intrigue à travers les yeux de St Eustache, qui reste un personnage très drôle. Je crois que c’est le Agatha Chrsitie le plus drôle que j’ai lu. Il existe une adaptation télé avec Stéphanie Zimbalist dans le rôle titre (Remington steele). Je trouve ça étrange que le roman n’est pas fait l’objet d’adaptations plus récentes, elle en vaut la peine!

La plume empoisonnée

de Agatha Christie

4/5

Jerry vient de subir un grave accident d’avion et pour terminer de se remettre, le médecin lui prescrit du repos, du calme, de l’ennui et l’envoi à la campagne. Avec sa sœur Joanna, ils décident donc de quitter Londres pour Lymstock, un petit patelin perdu au milieu de nulle part, où ils sont sur de se languir suffisamment, comme le médecin l’a prescrit. Mais à peine sont ils arrivés dans la maison qu’ils louent, qu’ils reçoivent des lettres anonymes insultantes. Ils comprennent vite qu’ils ne sont que les énièmes victimes d’un corbeau, qui sévit dans le village depuis quelques mois, frappant au hasard. Joanna et Jerry vont faire connaissance avec les figures connues de Lymstock, Madame Dane Calthrope, la femme du pasteur, Mr et Mme Symmington, le notaire et sa femme, Megan, la fille de madame Symmington issu d’un premier mariage, le docteur Girffith et sa sœur, l’énergique Aimée, ou encore Elsthie, la jeune et jolie gouvernante des deux plus jeunes enfants des Symmington. Puis tout prend une dimension différente, lorsque l’on découvre le corps de madame Symmington, dans son lit, qui s’est apparemment suicidée après avoir reçu une lettre du corbeau…

J’avais beaucoup aimé l’épisode adapté de ce roman, dans la série des Miss Marple de la BBC, je l’avais trouvé très réussi et notamment la réalisation. L’histoire tourne beaucoup autour des petites habitudes du village, et les personnages apprennent tout des derniers cancans presque toujours autour d’une bonne tasse de thé, et j’avais adoré ces plans filmés de haut sur les jolies services remplis de crumpets et de thé.

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Le roman se lit vraiment très vite, les pages tournent et on est dès la première ligne entrainé avec Jerry dans ce petit village à l’aspect tranquille. On apprend à travers ses yeux à connaitre les différents personnages et à apprendre les différents nouveaux éléments de l’enquête. L’humour noire un peu cynique ne manque pas ici, surtout après la découverte du premier meurtre officiel de l’histoire. La nature humaine est encore une fois bien présentée dans ce roman.

Si j’ai beaucoup aimé suivre les personnages de Joanna et Jerry, Miss Marple m’a quand même beaucoup manqué. Je m’attendais à la voir durant tout le roman, mais finalement elle n’apparait que vers le dernier quart (et encore), pour remettre en ordre les pièces du puzzle. J’ai été un peu frustrée de ce coté là puisque je m’attendais à voir Miss Marple enquêter autour d’une bonne tasse de thé et de son éternel tricot.

Lu dans le cadre du challenge British mysteries organisé par Lou et Hilde

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