Dernières lectures: Du policier, de la jeunesse, du manga et de la littérature anglaise

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Le train bleu

D’Agatha Christie

4/5

Comme chaque année, les londoniens de la bonne société fuient les hivers anglais pour se rendre sur la rivièra. Et quoi de plus chic que de s’y rendre en prenant le luxueux train bleu. Dans les compartiments de luxe, on peut y croiser Mme Kettering, fille d’un millionnaire américain qui est décidée à entamer une procédure de divorce dès son retour de vacance. Elle voyage en compagnie de sa femme de chambre et de son cœur de feu, un célèbre collier de rubis, cadeau de son père. Mais lorsque le train arrive à Nice, Mme Kettering est retrouvée assassinée, et les rubis envolés. Malheureusement pour le meurtrier, se trouvait à bord du train un certain Hercule Poirot…

J’avais vu il y a un bon moment, l’adaptation bbc de ce roman, mais en commençant ma lecture, je ne me souvenais plus du tout du coupable, et c’est tant mieux!

On suit donc la belle et déterminée Mme Kettering monter à bord du train bleu en compagnie de ses rubis. J’ai beaucoup aimé les personnages qu’on croise dans ce roman, mr Kettering qui n’aime plus sa femme, et qui se rend compte que sa maitresse reste avec lui uniquement pour son argent, j’ai beaucoup aimé Katherine Grey, issu d’une bonne famille qui a été ruinée et qui a du passer les dix dernières années de sa vie comme dame de compagnie pour une vieille femme acariâtre, mais qui a eu la bonne surprise d’hériter de la fortune de la vieille dame, fortune dont personne ne soupçonnait l’existence. Elle décide de profiter de la vie en s’offrant un voyage en train bleu. J’ai aussi beaucoup aimé sa visite chez des cousins lointains, qui se rappellent à son bon souvenir quand ils découvrent sa nouvelle fortune. Lady Tamplin est agaçante au possible à la limite du supportable, alors que sa fille Lennox est attachante et sympathique.

J’ai adoré suivre l’enquête d’Hercule Poirot, très actif et très présent, les interrogatoires, les indices, les coups de colère, l’amitié, l’indulgence et l’attachement qu’il ressent pour les plus jeunes, notamment envers Katherine, Lennox et Zia. Un de mes Agatha Christie préféré!

Discussion entre Hercule Poirot et son majordome George:

– la personnalité d’un criminel, George, est une chose passionnante. Les meurtriers sont souvent des gens charmants.

– j’ai entendu dire que la compagnie du docteur Crippen était très recherchée. Et pourtant il a coupé sa femme en petits morceaux.

-vos observations sont toujours pertinentes Georges.


-l’écureuil mon bon George, ramasse des noisettes. Il les emmagasine à la fin de l’automne afin d’en profiter plus tard. L’humanité,  George, devrait tirer des leçon du comportement de ses frères inférieurs. C’est ce que j’ai toujours fait. J’ai été le chat guettant la souris, le bon chien flairant sa piste sans jamais la quitter. J’ai emmagasiné un petit fait par ci, un petit fait par là. Et à présent je vais dans ma réserve chercher une certaine noisette, une noisette que j’ai mise de coté il y a environ 17 ans. Vous me suivez George?

– J’étais loin de penser monsieur, que l’on puisse garder des noisettes aussi longtemps. Mais je sais qu’à présent on fait des merveilles avec les bocaux à conserves.

Poirot le regarda et sourit.


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Les ombres de Kerohan

de NM Zimmermann

3.5/5

Au 19e siècle, Viola 12 ans et Sébastian 7 ans, viennent de perdre leur mère. Leur père les envoi chez leur oncle qui habite le manoir familiale en Bretagne, le temps de régler certaines affaires. Le plus dure pour les deux enfants, c’est qu’ils doivent s’installer pour un temps indéterminé chez un oncle qu’ils ne connaissent pas, seuls. Après un long voyage en train, ce n’est pas leur oncle qui les attends dans une gare déserte, mais un homme étrange, le docteur Vesper, un ami de leur oncle. Ils arrivent au manoir tard dans la nuit. Viola s’inquiète vite de leur quotidien dans ce manoir désolé. Son oncle est rarement présent, et sa tante et cousine toujours enfermées dans leur chambre. Seule la gouvernante s’occupe de les nourrir et de l es coucher le soir. Sebastian par contre ne parle que de créatures étranges et de fantômes qu’il aperçoit parfois. Viola pense que son petit frère a trop lu de contes mais elle se rend vite compte que le manoir renferme bien des mystères.

J’ai lu beaucoup de romans de cette romancière jeunesse, et j’ai beaucoup aimé la plupart de ces romans. J’avais eu notamment un gros coup de cœur pour sa trilogie Eden city, le premier roman que j’avais lu d’elle. Et j’avais aussi beaucoup aimé ces autres romans, Disparition, Alice Crane, Dream box ou encore Sous l’eau qui dort. NM Zimmermann a un univers originale et bien à elle, un univers sombre, parfois trop pour du jeunesse, mais en tant qu’adulte, j’aime beaucoup! Certaines histoires sont très sombres, d’autre vraiment flippantes.

Dans les ombres de Kerohan, on part s’installer dans un manoir de Bretagne au 19e siècle. Ce roman est destiné à un public plus jeune que les romans que j’ai lu jusqu’ici, c’est donc un peu moins sombre, moins dure, mais il y a toujours un univers fantastique, des personnages ambigus. C’est l’une des choses que j’aime énormément dans les romans de cet auteur, les personnages ne sont pas du tout manichéens.

On est tout de suite mis dans l’ambiance avec ce manoir perdu au milieu de nulle part, ce voyage en train presque fantomatique, et ces deux pauvres enfants, trop jeunes pour pouvoir s’en aller, mais assez grand pour se rendre compte que quelque chose cloche. J’ai beaucoup aimé Viola et son frère Sébastian, Viola très pragmatique, qui a les pieds sur terre, et ne veut pas se laisser influencer par l’imaginaire enfantine de son frère qui est beaucoup plus ouvert face aux choses surnaturelles.

C’est un huis clos de plusieurs semaines qui se déroule dans le manoir. Les deux enfants se sentent fragiles et dans l’insécurité suite au décès de leur mère et à la fuite de leur père dans les affaires. Les enfants doutent quant au retour de leur père. Et puis ces évènements surnaturels étranges, mystérieux et qui deviennent très vite angoissants.


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Le bras de la vengeance

de Thomas De Quincey

3/5

1816, dans une petite ville allemande tranquille, des meurtres sanglants sont perpétrés. Les tueurs semblent attaquer que durant la nuit. Des vieilles personnes ou des personnes un peu plus jeunes, des femmes, des hommes, des célibataires, des personnes mariées, tout le monde y passe. Il semble que les tueurs n’agissent pas au hasard, puisqu’ils épargnent certains membres de la famille, quand ils s’attaquent à une maison. Mais qui se cache derrière ses meurtres horribles?

L’histoire est racontée par l’un des personnages du roman et il nous plonge dans un village allemand qui connait durant plusieurs mois l’horreur, avec des meurtres violents et sanglants, qui semblent frapper un peu au hasard. Les victimes sont toutes tuées dans leur propre maison. Alors que le narrateur nous relate ces meurtres qui secouent la ville et qui ne semblent pas se calmer, il nous raconte aussi en parallèle, l’arrivée d’un jeune homme remarquable, beau, intelligent, issu d’une bonne famille avec des origines anglaises, et qui a servit l’armée de l’empereur. Il est accueilli chez le narrateur, le temps pour lui de faire quelques années d’études bien méritées. Il nous raconte comment l’une des plus jolies et des plus gentilles filles de la ville est tombée sous son charme et vice versa, au grand désespoir d’un autre jeune homme qui espérait l’épouser.

C’est tragique, mélancolique, finalement les meurtres passent au second plan dans la deuxième moitié de l’histoire. Une nouvelle qui commence comme une histoire d’horreur et qui finit à la limite du roman gothique. Une lecture intéressante qui n’ennuie pas, l’écriture est fluide et on a bien entendu, envie d’aller jusqu’au bout et savoir le pourquoi de ces meurtres.


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Orange tome 1

4/5

Naho, 16 ans, lycéenne ordinaire, reçoit une bien étrange lettre en ce premier jour de rentrée scolaire. La Naho du futur, âgée de 26 ans, lui écrit. Elle espère que la Naho de 16 ans pourra éviter de faire les erreurs qu’elle a commise pour ne pas avoir les même regrets. Chaque matin ou presque, Naho reçoit donc une lettre, dans laquelle son elle du futur lui raconte les évènements importants et les décisions qu’elle doit prendre.

Ce manga je l’ai découvert sur le blog d’ori, et son avis m’a vraiment donné envie de le lire. En générale, j’aime bien les mangas, mais je ne me lance dans quasiment plus de série, car la plupart du temps elles sont interminables, et au bout d’une dizaine de tomes, c’est souvent une lassitude que je ressens. Dans le cas d’Orange, la série ne comporte que cinq tomes, ce qui m’a encore plus motivée.

J’ai beaucoup aimé ce premier tome, Naho est, comme souvent dans les mangas dits pour fille, une jeune ado peu sur d’elle, qui n’ose pas, mais finalement elle reste un personnage très crédible, et pas aussi fleur bleue et mièvre que certains autre mangas shojos que j’ai pu lire. On s’attache vite à son groupe d’amis, tous ayant des caractères différents. Voir Naho prendre le risque d’oser faire ou dire des choses parce que la lettre de son elle du futur le lui conseille, est intéressant à voir. Ces décisions changent finalement peu de choses, ou de manière très subtil, c’est un peu comme l’effet papillon, sur le moment ces choix différents n’entrainent que très peu de changement dans le quotidien de Naho, mais on devine qu’un effet boule de neige peut tout changer pour la Naho du futur. C’est aussi une lecture assez émouvante, notamment quand on lit les passages se situant 10 ans dans l’avenir et qu’on voit ce qu’il est advenu du groupe d’amis de Naho. Hâte de lire la suite.


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Le bras atrophié et Les intrus de la maison haute

de Thomas Hardy

4/5

Le bras atrophié: Dans une ferme, Rhoda la laitière fut autrefois la maitresse du maitre des lieux, mr Lodge, mais pour des raisons qu’on ignore, il n’a jamais voulu l’épouser. Aujourd’hui Rhoda est solitaire parmi les autres laitières, et élève seule le fils qu’elle a eut avec mr Lodge. Un jour ce dernier revient en ville avec sa toute jeune épouse, Gertrude, jolie et joyeuse. Rhoda est aigrie de se retrouver mère célibataire. Une nuit, Rhoda rêve qu’elle agrippe violemment le bras de Gertrude. Le lendemain, Gertrude vient se présenter à Rhoda. Finalement entre les deux femmes, une certaine amitié est en train de naitre. Mais Gertrude découvre sur son bras, une marque laide qui ne fait que s’aggraver. Serait-ce une malédiction issu du rêve de Rhoda?

Les intrus de la maison haute: Darton, un riche fermier, se rend de nuit à la Maison Haute, pour rejoindre sa fiancée Sally. Dans quelques jours ils célèbreront leur mariage, pour le plus grand plaisir de la mère de Sally, contente de voir sa fille épouser un si bon parti. Mais voilà, alors que le fiancé tarde, le frère de Sally, parti plusieurs années auparavant faire fortune en Australie, débarque sans prévenir. Il revient chez lui aussi pauvre qu’un mendiant avec sa femme Hélène, et leurs deux enfants. Au même moment, Darton arrive aussi et semble être reconnaitre la jolie Hélène. Sally ne manque pas le regard que pose son fiancé sur sa nouvelle belle sœur…

J’ai beaucoup aimé ces deux nouvelles, l’auteur sait installé une atmosphère et sait développer des personnages en très peu de pages, c’est très réussi.

J’ai beaucoup aimé Le bras atrophié, l’amitié entre ces deux femmes qui n’étaient pas faite pour se rencontrer, une Rhoda aigrie d’être mère célibataire sans avoir pu se faire épouser par son amant, et la belle et jeune Rhoda, qui voudrait que son mariage marche mais dont le monde s’écroule doucement brique par brique, quand elle comprend que sa marque sur le bras ne disparaitra pas. On ressent le désespoir de Gertrude, ses visites chez le vieux sorcier, sa motivation à aller jusqu’au bout pour essayer de sauver son mariage, plutôt que de rester sans rien faire à attendre que le temps passe.

Mais je pense que j’ai préféré la seconde nouvelle. Dans Les intrus de la maison haute, on s’attache très vite aux personnages, on apprend à les connaitre, aussi bien que si on avait lu un roman de 300 pages, et c’est un vrai exploit je trouve. Sally est un personnage indépendant et intéressant à suivre, j’ai beaucoup aimé lire les rebondissements, l’intrigue, lire les choix malheureux de Darton. Deux nouvelles aussi riche que des romans, Thomas Hardy a un don pour raconter les histoires.

La main droite du diable de Ken Bruen

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4.5/5

On retrouve Jack Taylor dans son Galway natal, en Irlande. A la suite des évènements tragique dans la fin du tome précédent (Le dramaturge), Jack Taylor, détective privé à ses heures perdues, est en hopital psychiatrique, en mode légume. Finalement, grâce à quelques mots que lui diront un autre patient, Jack sort du brouillard et reprend sa vie là où il l’avait laissé. Plus d’alcool, et même plus de cigarette, c’est la révolution chez Jack Taylor. Il a même un peu de chance qui lui sourit. Mais voila que son ennemi de toujours, le père Malachy, vient lui demander son aide. Un prêtre vient d’être retrouver décapiter dans son église. Le père Joyce était soupçonné fortement d’être un pédophile. Malachy lui demande de retrouver le meurtrier et Taylor accepte, bien qu’il pense que ça risque de lui apporter des ennuis. Il croise également la route de Cody, un jeune homme persuadé d’être un Taylor plus jeune, et qui rêve d’ouvrir avec lui une agence de détective digne de ce nom.

J’adore Jack Taylor, cet homme trop écorché vif, trop à fleur de peau, qui ne laisse rien couler, qui est trop dans l’émotion, toujours dans la rage, la colère, le manque de retenu. Toujours dans l’alcool, la clope et même la drogue à un moment de son passé bien lourd. J’adore le suivre dans les rues de Galway, l’entendre décrire les irlandais, l’Irlande, sa météo, son caractère. J’aime le voir remarquer les changements et la modernité dans sa ville, pour le pire et le meilleur.

J’ai adoré les quatre premiers tomes, même si j’ai un gros faible pour le premier, Delirium tremens. Dans La main droite du diable, on commence comme souvent avec Taylor, par un Jack qui se sent mieux, qui fait des efforts, qui reste sobre. Souvent dans les romans de cette série policière, Jack finit par déraper, par se laisser submerger par ses émotions, par sa colère, et finit dans le fond d’une bouteille de whisky. Cette fois ci, ce n’est pas le cas, enfin Jack Taylor a réussi à vaincre un peu ses démons. Les occasions de replonger sont nombreuses pourtant, les tentations très présentes, mais Jack tient bon, car sa culpabilité est plus forte, il ne se pardonne pas les évènements horribles de la fin du tome 4. J’ai d’ailleurs mis du temps à digérer et à lire le tome suivant.

L’intrigue est intéressante, mais les anecdotes et témoignages des pauvres victimes du prêtre pédophile, qui sont maintenant adultes, c’est dure à lire, violent. Taylor nous raconte comment les prêtres et les nonnes étaient adulés, et comment les pauvres petites victimes ne pouvaient rien dire et de toute façon personne ne les entend.

Un excellent tome, avec un Jack Taylor qui doit rester sobre, plus pour certaines personnes qu’il espère voir aller mieux, que pour lui même. Comme d’habitude, c’est bourrer de références littéraires et musicales et ce style sobre, court, un humour noir et pleines de réparties cinglantes. J’ai beaucoup aimé son amitié avec le jeune Cody, et la fin m’a laisser encore une fois un peu traumatisé, mais cette fois ci, j’ai bien envie de lire très vite le tome suivant.

La fille au revolver de Amy Stewart

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4/5

1914, dans une petite ville de la cote est américaine, vivent les sœurs Kopp. Constance l’ainée de 35 ans, Norma sa cadette et Fleurette la petite dernière qui va bientôt fêter ses 16 ans. Les sœurs Kopp vivent isolées dans une ferme à l’extérieur de la ville de Paterson, au grand désespoir de leur frère ainé, Francis, qui aimerait bien voir ses soeurs venir s’installer chez lui et sa femme afin de garder un œil vigilant sur elles. Mais il n’en est pas question pour les sœurs Kopp, indépendantes et qui aiment leur liberté. Alors qu’elles se rendent en ville dans leur carriole, elles sont percutées de plein fouet par une automobile, conduite par un certains Henry Kauffman et ses amis. Constance réclame alors 50 dollars à Monsieur Kauffman, le prix des réparations de la carriole, mais ce dernier, patron d’une usine de soie, n’est pas d’accord. C’était sans compter l’obstination de Constance mais Kauffman avec sa bande de bons à rien, se met à harceler les sœurs Kopp et à leur envoyer des menaces en tout genres.

J’avais croisé ce roman à plusieurs reprises sur les blogs, et les avis m’avaient plutôt donnés envie. L’histoire des sœurs Kopp est tirée de véritables faits divers et de véritables personnages. Ainsi les trois sœurs Kopp ont réellement existé, elles ont vraiment fait l’objet d’harcèlement et de menace de la part de Kauffman et de ses acolytes. Certains autres personnages secondaires ont réellement existé aussi.

J’ai beaucoup aimé les sœurs Kopp. Elles ont chacune leur caractère et leur force, leur qualité et leur défaut. Constance l’ainée, qui se sent responsable de ces sœurs, à la particularité de mesurer 1,80m, ce qui pour l’époque devait être hors norme! C’est un personnage très attachant, elle est forte et déterminée, têtue, volontaire, mais à ses petites faiblesses, ses petites douceurs. Norma la cadette est  au final plus rude que sa soeur ainée, elle est plus acharnée et travailleuse que ses sœurs, c’est elle aussi qui apprécie le plus la vie à la ferme, et c’est une passionnée des pigeons voyageurs. Quant à Fleurette c’est celle qui a le plus de liberté dans le sens où elle est encore très inconsciente du danger. Elle est romantique, elle rêve d’aventure et de rencontres étranges, au grand désespoir de ces soeurs. Fleurette c’est aussi la plus coquette, elle adore les franfreluches, à un talent particulier pour la couture, et adore la danse et le théâtre. Chacune a un caractère bien trempée.

L’enquête criminelle n’est pas vraiment le plus intéressant du roman. L’histoire avec Kauffman permet de sortir les sœurs Kopp de leur torpeur, de leur petite vie monotone et sans saveur. Elles vont devoir sortir plus souvent de leur ferme, faire des rencontres, avoir des aventures palpitantes, apprendre à tirer au revolver. On en apprend beaucoup sur l’époque, les usines de soies de la région, le quotidien des ouvriers, les grêvistes, le système judiciaire, le système pénitencier, la technologie et les mœurs qui évoluent, l’image de la femme. C’est surtout ça qui m’a intéressé dans ma lecture, avec bien sur suivre le quotidien des soeurs Kopp, en apprendre beaucoup sur leurs origines et leurs passés.

Seul bémol, le livre est parfois, surtout dans sa seconde moitié, un peu répétitif, une menace de Kauffman, la réaction des soeurs Kopp, une visite chez le shériff pour en parler et retour case départ. Parfois, il y a certains épisodes qui ne sont pas utiles et une petite impression de tourner en rond, mais vraiment une ou deux fois, ce qui ralentit le rythme. Sur le site de l’auteur, on trouve des photographies d’époque sur lesquelles on peut voir les soeurs Kopp ou encore le shérrif Heath. Un 2e tome est sortie, j’attendrais qu’il sorte en poche pour le lire, en espérant ne pas trop attendre, car je me suis vraiment attachée aux sœurs Kopp!

 

Nemesis d’Agatha Chrisitie

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4/5

de Agatha Christie

Miss Marple se fait vieille, elle a interdiction de faire de l’exercice par son médecin, pas même le droit d’aller travailler son petit jardin et d’arracher les mauvaises herbes. Elle découvre un matin dans les journaux, la mort de monsieur Rafiel, avec qui elle avait résolue une histoire de meurtre pendant ses vacances en Jamaïque. Ce dernier lui demande au travers d’une lettre transmise par son avocat, de jouer les némésis et d’apporter la justice sur une affaire qui lui tient à coeur. Miss Marple n’a pas d’autre élément ou indices pour savoir ce qu’elle doit faire, si ce n’est que monsieur Rafiel lui a offert un voyage en car à travers la campagne anglaise. Au menu, visite de maisons remarquables, de jardins célèbres et la rencontre d’autre voyageurs qui vont la menée à une injustice vieille de dix ans.

J’avais vu l’adaptation ITV il y a longtemps, au point que je ne me souvenais pas des détails ni du meurtrier. J’ai pu donc lire le roman sans rien savoir de l’intrigue. On retrouve Miss Marple vieillissante, fatiguée sur le plan physique, mais niveau cérébrale, Marple est toujours aussi vive! Monsieur Rafiel qui vient de mourir aimerait que son amie résout un énigme, répare une injustice, mais n’explique rien et n’apporte aucune piste. Sans rien dévoiler de l’intrigue, l’histoire est prenante et avance vite. Les rencontres se multiplient, les petits témoignages des uns et des autres éclairent doucement l’histoire et le passé de certains personnages. Et dans ce tome, j’ai beaucoup apprécié voir Miss Marple à chaque page, prendre les initiatives, prendre l’enquête en main, la voir discuter et poser des questions innocemment pour essayer d’en savoir plus, la voir utiliser son image de vieille dame respectable pour tirer les vers du nez des gens sans en avoir l’air.

Un très bon Miss Marple donc, j’ai beaucoup aimé l’histoire, beaucoup aimé la présence de Miss Marple et la voir dans “l’action”. Après ma lecture, j’ai pu revoir l’adaptation ITV de ce roman. J’ai été étonné de voir les personnages changés complètement. Exit la jeune fille à l’avenir prometteur, le jeune homme à la très mauvaise réputation, exit la directrice d’école, les deux vieilles dames cachotières ou le jardin mystérieux, ici on parle d’une jeune novice, de nonnes, d’un aviateur allemand, bref, on garde juste une demande d’outre tombe de monsieur Rafiel qui demande l’aide de Miss Marple pour réparer une injustice, et d’un voyage en car autour de la campagne anglaise, le reste est finalement assez différent.

Lu dans le cadre du challenge Le mois anglais

Un an de plus

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Et voila, le jour de mon anniversaire s’achève doucement! Aujourd’hui le 7 février, c’était ma journée et ça tombe bien on est dimanche, je vais pouvoir faire ce que je veux! Mais pas de grasse matinée et de farniente à regarder la télé, levée 9h du matin, je me suis préparée rapidement pour aller à la piscine pas loin de chez moi. ça fait donc plus d’un mois que j’ai commencé la natation, deux fois par semaine. Je nage environ 1h par séance et je vais à mon rythme. Je sentais ces derniers temps que j’avais besoin d’exercice, physiquement mais aussi mentalement, et rien ne me tentais, sauf la natation et je dois dire que j’en suis très contente. Les séances me dont du bien, ça me détends, j’adore! Après la natation, direction un très bon restaurant indien en famille, puis retour maison pour dévorer des patisseries. Rien d’extraordinaire, mais j’étais contente de pouvoir profiter un peu du ciel bleu et du soleil, ça a été une belle journée! J’ai pu aussi inspecter un peu mon balcon, et dans mes bacs on peut déjà voir les jonquilles, les jacynthes, les iris, les crocus et même quelques feuilles de tulipes, j’ai hâte de voir tous ça en fleurs!

Je vous laisse avec des nouvelles du mois de janvier.

J’ai débuté l’année en Belgique chez une amie avec qui j’ai passé le nouvel an. Journée à la mer à Koksijde ; la journée fut très grise, froide, et venteuse, mais ça fait toujours du bien de respirer l’air marin. Et on a pu manger de délicieuses brochettes d’agneau! Puis le lendemain, ce fut Gent très jolie ville aux airs de Bruges, j’aurais aimé prendre le temps de me promener autour du château, mais faire les soldes avec des amis nous a pris tout notre temps! On a aussi été passée la soirée à Bruxelles voir des amis, bref, un petit weekend très sympa, même si j’ai failli rater mon train!

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J’ai pu tester l’afternoon tea au peninsula, délicieux sandwichs, délicieux scones, mais surtout très bonnes petites pâtisseries, notamment le banoffe et la verrine vanille mangue. A signaler, les boissons sont à volonté, on nous a resservi café et thé quand nos tasses fut vides et l’accueil et le service est parfait!

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L’expo Osiris à l’institut du monde arabe, excellente expo que j’ai pu voir dans les tous derniers jours du mois de décembre. On en apprend beaucoup sur le mythe Isis-Osiris-Horus. C’est très intéressant, très bien raconté, une musique subtile et une lumière tamisée nous plongent dans une ambiance mystique et zen, j’ai pris mon temps pour faire le tour, sans trop de monde, et on peut admirer des pièces remontées récemment des eaux dans la baie d’Aboukir. L’expo a été prolongée jusqu’au 6 mars, je l’a conseille fortement!

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Je n’ai pas pu voir énormément de films au cinéma ce mois ci, j’ai débuté un tout nouveau boulot qui m’a pris du temps, mais j’ai pu voir Carol dont je reparlerais bientôt.

J’ai pu assister à mon premier concert de l’année, avec Stereophonics, à l’olympia, excellent concert, j’en reparlerais aussi plus tard, avec photos à l’appui!

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J’ai lu R&B Le gros coup de Ken Bruen

Au sud de Londres, dans les quartiers populaires, l’inspecteur principal Roberts et son second le sergent Brant, appliquent la loi et les règlements façon old school. Eux c’est plutôt les interrogatoires violents, c’est plutôt on frappe d’abord on discute ensuite. Mais les méthodes de cogneurs on en veut plus dans la police métropolitaine. Les grosses pontes veulent redorer le blason de la police, finit les méthodes pas propres, finit les intimidations et la violence, place à une police nickel et surtout qui respecte à la lettre les règlements et autres lois. Roberts et Brant font partis d’un autre temps, une autre époque, et ils se demandent s’ils vont survivre au grand ménage quand des meurtres particulièrement violents se produisent dans le quartier. D’un côté il y a un gang dérangé et violent qui torture et assassine brutalement des personnes connus comme étant des petits dealers ou voleurs, d’un autre côté, un homme sortie de nulle part se met à assassiner un à un les membres de l’équipe nationale de cricket. Les médias se jettent sur ces news sanglantes et Brant et Roberts espèrent conclure les deux affaires en espérant que ça les sauve du grand coup de balais prévu.

J’ai découvert Ken Bruen avec sa série Jack Taylor, des romans policiers très noires qui racontent le quotidien d’un détective privé irlandais, alcoolique et souvent à la dérive, installé à Galway.

Cette fois ci l’intrigue se déroule à Londres, dans les quartiers populaires de la capitale, loin des jolies quartiers qu’on a l’habitude de voir. Roberts est un inspecteur principale en fin de carrière, qui attend de pouvoir partir à la retraite, bedonnant, vieillissant, marié et père d’une ado. Roberts est blasé, fatigué des politiques, fatigué de faire des ronds de jambes.

Brant lui, est sergent, il est encore jeune et vigoureux comparé à Roberts, mais lui aussi est blasé, il en a vu des horreurs dans sa carrière, il est difficilement ému par les affaires qu’il s’active de résoudre, et comme Roberts, le seul flic de son commissariat qu’il apprécie, il n’est pas prêt à renoncer à ses méthodes pas nettes pour mener ses enquêtes, les interrogatoires musclés, les fouilles pas règlementaires, les descentes improvisées et les passages à tabac dans les ruelles sombres.

Encore une fois, j’ai beaucoup aimé la plume de Ken Bruen, sa façon de décrire sans concession, brutale et sombre.

Dans le gros coup, on retrouve l’humour cynique de Bruen, qui se mélange à des situations parfois grotesques, parfois tragiques et souvent violentes. Ce premier tome des aventures de Brant et Roberts se lit vite, les pages tournent toutes seules, et se termine sur un petit suspense qui me donne bien sûr, envie de me lancer dans la suite.

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Et enfin, une amie m’a fait découvrir Kaffehaus rue poncelet, près de la place des ternes, un salon de thé qui sert des pâtisseries autrichiennes, un vraie délice! Les pâtisseries sont gourmandes, savoureuses, et légères, accompagné d’un café liégeois très aérien. Il faut juste passer la vendeuse du rez de chaussée, aimable comme une porte de prison, mais une fois à l’étage, on est gentillement servie par un gentil monsieur! Lambris de bois partout et coucou sur les murs, les prix sont raisonnables, une adresse que je retiens!

 

Un intérêt particulier pour les morts

de Ann Granger

3.5/5

Elizabeth Martin débarque un beau matin à Londres, en cette fin du 19e siècle. Originaire du nord de l’Angleterre, elle était autrefois la fille du docteur du village, le seul qui soignait avec bon coeur les mineurs de charbon, trop pauvres pour payer un médecin. Mais Lizzie Martin a du faire face aux dettes accumulées par son père et ses actes de bonté et de charité, après sa mort, et la voilà qu’elle doit accepter une place de dame de compagnie auprès de la femme de son défunt parrain. Mais à peine est elle arrivée à Londres, qu’elle croise l’évacuation du cadavre d’une jeune femme, sortie des décombres du chantier de la futur gare londonienne St Pancras. Elle découvre très vite qu’il s’agit de la dernière dame de compagnie de sa marraine, celle qui l’a précède dans ce poste, et qui avait mystérieusement disparus quelques semaines plus tôt.

J’en ai entendu parler sur le blog de Adalana durant le mois anglais en juin dernier, et son avis m’a donné envie de découvrir ce roman. Ann Granger nous plonge dès les premières lignes dans le Londres victorien de la fin du 19e siècle, à travers le personnage de Lizzie Martin, cette fille de docteur de province du nord de l’Angleterre, originaire d’une région minière. Elle débarque à Londres pour faire ses débuts de dame de compagnie auprès de Madame Parry la femme de son défunt parrain. Si Lizzie a eu une bonne éducation, un peu libre et un peu anarchique, et si elle possède une solide culture, elle n’a plus le moindre sou, son père étant un homme généreux qui a trop souvent aider les plus démunis au lieu de penser à l’avenir.

Le roman nous parle aussi au travers du regard de l’inspecteur Ben Ross, qui fut autrefois fils de mineur et qui était destiné à faire comme son père, mais qui a eut la chance de bénéficier de l’aide de Monsieur Martin et de pouvoir faire des études. Les deux personnages au passé commun, vont se retrouver autour d’une enquête policière, suite au meurtre de l’ancienne dame de compagnie de Madame Parry.

Les chapitres alternent les point de vue de Lizzie et de l’inspecteur Ross, chaque point de vue faisant évoluer l’enquête et nous présente les personnages qui entourent nos deux héros, Madame Parry la marraine porter sur les affaires juteuses et les pâtisseries, Franck son neveu, ambitieux et arrogant mais très drôle aussi. Certains personnages sont bien intégrés à l’intrigue comme Franck, Madame Parry, mais certains autres personnages sont prometteurs mais vite oubliés, comme Wally le cocher, qui aura son importance dans la première moitié du roman et qui disparaitra par la suite, tout comme certains membres des employés de maison, qui seront bien dessinés mais dont les finitions laissent à désirer.

J’ai beaucoup aimé découvrir petit à petit le passé de Lizzie et de Ben, leurs enfances, et les épreuves qu’ils ont vécut. Je suppose qu’on en apprendra un peu plus dans les autres tomes.

Lu dans le cadre de  A year in England

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Témoin à charge

de Agatha Christie

4/5

Un recueil de nouvelles policières mettant en scène Hercule Poirot: Un joueur de golf particulièrement naïf qui croit entendre des voix, un avocat qui doit innocenter son client d’un meurtre atroce, une tante riche qui entend la voix de son défunt mari à la radio, voilà pour les trois nouvelles n’incluant pas de détective.

Puis vient plusieurs nouvelles dont les enquêtes sont menées par Hercule Poirot, parfois avec Hasting, parfois avec Miss Lemon, sa très efficace mais peu imaginative secrétaire. Poirot doit résoudre des mystères bien variés dans ces nouvelles, le client d’un restaurant qui change subitement de régime alimentaire avant de mourir, une jolie dame qui se fait voler un bien précieux et qui charme le romantique Hasting, des triangles amoureux qui finissent mal pendant les vacances de Poirot au bord de mer, un vieux milliardaire excentrique qui rêve qu’il se suicide et qui demande l’aide de Poirot, persuadé qu’on veut l’assassiner, ou encore un homme retrouver mort dans un bahut espagnol, dont l’épouse est trop jolie pour ne pas attirer les ennuis! Hercule Poirot à de quoi faire!

Les trois premières nouvelles indépendantes des aventures de Poirot sont plutôt bien faites et réussies, même si j’ai deviné la fin très tôt dans le récit (T.S.F., Témoin à charge, Le vase bleu), il n’empêche que Témoin à charge en particulier, ferait un excellent film en développant un peu plus les personnages (cette nouvelle a d’ailleurs été plusieurs fois adapté à la télévision et au cinéma).

Les nouvelles mettant en scène Hercule Poirot ont presque toutes été adapté en épisodes par la série de la BBC, Hercule Poirot. Toutes les nouvelles sont plaisantes à  lire, et j’ai adoré pouvoir lire les conversations entre Hasting et Poirot, entre Poirot et Miss Lemon, et lire Poirot à qui Hasting manque énormément! On retrouve l’humour british si particulier de Poirot, ça me donne envie de me faire un autre Agatha Christie pour le mois anglais!

Lu dans le cadre du mois anglais!