Nemesis d’Agatha Chrisitie

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4/5

de Agatha Christie

Miss Marple se fait vieille, elle a interdiction de faire de l’exercice par son médecin, pas même le droit d’aller travailler son petit jardin et d’arracher les mauvaises herbes. Elle découvre un matin dans les journaux, la mort de monsieur Rafiel, avec qui elle avait résolue une histoire de meurtre pendant ses vacances en Jamaïque. Ce dernier lui demande au travers d’une lettre transmise par son avocat, de jouer les némésis et d’apporter la justice sur une affaire qui lui tient à coeur. Miss Marple n’a pas d’autre élément ou indices pour savoir ce qu’elle doit faire, si ce n’est que monsieur Rafiel lui a offert un voyage en car à travers la campagne anglaise. Au menu, visite de maisons remarquables, de jardins célèbres et la rencontre d’autre voyageurs qui vont la menée à une injustice vieille de dix ans.

J’avais vu l’adaptation ITV il y a longtemps, au point que je ne me souvenais pas des détails ni du meurtrier. J’ai pu donc lire le roman sans rien savoir de l’intrigue. On retrouve Miss Marple vieillissante, fatiguée sur le plan physique, mais niveau cérébrale, Marple est toujours aussi vive! Monsieur Rafiel qui vient de mourir aimerait que son amie résout un énigme, répare une injustice, mais n’explique rien et n’apporte aucune piste. Sans rien dévoiler de l’intrigue, l’histoire est prenante et avance vite. Les rencontres se multiplient, les petits témoignages des uns et des autres éclairent doucement l’histoire et le passé de certains personnages. Et dans ce tome, j’ai beaucoup apprécié voir Miss Marple à chaque page, prendre les initiatives, prendre l’enquête en main, la voir discuter et poser des questions innocemment pour essayer d’en savoir plus, la voir utiliser son image de vieille dame respectable pour tirer les vers du nez des gens sans en avoir l’air.

Un très bon Miss Marple donc, j’ai beaucoup aimé l’histoire, beaucoup aimé la présence de Miss Marple et la voir dans « l’action ». Après ma lecture, j’ai pu revoir l’adaptation ITV de ce roman. J’ai été étonné de voir les personnages changés complètement. Exit la jeune fille à l’avenir prometteur, le jeune homme à la très mauvaise réputation, exit la directrice d’école, les deux vieilles dames cachotières ou le jardin mystérieux, ici on parle d’une jeune novice, de nonnes, d’un aviateur allemand, bref, on garde juste une demande d’outre tombe de monsieur Rafiel qui demande l’aide de Miss Marple pour réparer une injustice, et d’un voyage en car autour de la campagne anglaise, le reste est finalement assez différent.

Lu dans le cadre du challenge Le mois anglais

Un an de plus

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Et voila, le jour de mon anniversaire s’achève doucement! Aujourd’hui le 7 février, c’était ma journée et ça tombe bien on est dimanche, je vais pouvoir faire ce que je veux! Mais pas de grasse matinée et de farniente à regarder la télé, levée 9h du matin, je me suis préparée rapidement pour aller à la piscine pas loin de chez moi. ça fait donc plus d’un mois que j’ai commencé la natation, deux fois par semaine. Je nage environ 1h par séance et je vais à mon rythme. Je sentais ces derniers temps que j’avais besoin d’exercice, physiquement mais aussi mentalement, et rien ne me tentais, sauf la natation et je dois dire que j’en suis très contente. Les séances me dont du bien, ça me détends, j’adore! Après la natation, direction un très bon restaurant indien en famille, puis retour maison pour dévorer des patisseries. Rien d’extraordinaire, mais j’étais contente de pouvoir profiter un peu du ciel bleu et du soleil, ça a été une belle journée! J’ai pu aussi inspecter un peu mon balcon, et dans mes bacs on peut déjà voir les jonquilles, les jacynthes, les iris, les crocus et même quelques feuilles de tulipes, j’ai hâte de voir tous ça en fleurs!

Je vous laisse avec des nouvelles du mois de janvier.

J’ai débuté l’année en Belgique chez une amie avec qui j’ai passé le nouvel an. Journée à la mer à Koksijde ; la journée fut très grise, froide, et venteuse, mais ça fait toujours du bien de respirer l’air marin. Et on a pu manger de délicieuses brochettes d’agneau! Puis le lendemain, ce fut Gent très jolie ville aux airs de Bruges, j’aurais aimé prendre le temps de me promener autour du château, mais faire les soldes avec des amis nous a pris tout notre temps! On a aussi été passée la soirée à Bruxelles voir des amis, bref, un petit weekend très sympa, même si j’ai failli rater mon train!

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J’ai pu tester l’afternoon tea au peninsula, délicieux sandwichs, délicieux scones, mais surtout très bonnes petites pâtisseries, notamment le banoffe et la verrine vanille mangue. A signaler, les boissons sont à volonté, on nous a resservi café et thé quand nos tasses fut vides et l’accueil et le service est parfait!

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L’expo Osiris à l’institut du monde arabe, excellente expo que j’ai pu voir dans les tous derniers jours du mois de décembre. On en apprend beaucoup sur le mythe Isis-Osiris-Horus. C’est très intéressant, très bien raconté, une musique subtile et une lumière tamisée nous plongent dans une ambiance mystique et zen, j’ai pris mon temps pour faire le tour, sans trop de monde, et on peut admirer des pièces remontées récemment des eaux dans la baie d’Aboukir. L’expo a été prolongée jusqu’au 6 mars, je l’a conseille fortement!

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Je n’ai pas pu voir énormément de films au cinéma ce mois ci, j’ai débuté un tout nouveau boulot qui m’a pris du temps, mais j’ai pu voir Carol dont je reparlerais bientôt.

J’ai pu assister à mon premier concert de l’année, avec Stereophonics, à l’olympia, excellent concert, j’en reparlerais aussi plus tard, avec photos à l’appui!

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J’ai lu R&B Le gros coup de Ken Bruen

Au sud de Londres, dans les quartiers populaires, l’inspecteur principal Roberts et son second le sergent Brant, appliquent la loi et les règlements façon old school. Eux c’est plutôt les interrogatoires violents, c’est plutôt on frappe d’abord on discute ensuite. Mais les méthodes de cogneurs on en veut plus dans la police métropolitaine. Les grosses pontes veulent redorer le blason de la police, finit les méthodes pas propres, finit les intimidations et la violence, place à une police nickel et surtout qui respecte à la lettre les règlements et autres lois. Roberts et Brant font partis d’un autre temps, une autre époque, et ils se demandent s’ils vont survivre au grand ménage quand des meurtres particulièrement violents se produisent dans le quartier. D’un côté il y a un gang dérangé et violent qui torture et assassine brutalement des personnes connus comme étant des petits dealers ou voleurs, d’un autre côté, un homme sortie de nulle part se met à assassiner un à un les membres de l’équipe nationale de cricket. Les médias se jettent sur ces news sanglantes et Brant et Roberts espèrent conclure les deux affaires en espérant que ça les sauve du grand coup de balais prévu.

J’ai découvert Ken Bruen avec sa série Jack Taylor, des romans policiers très noires qui racontent le quotidien d’un détective privé irlandais, alcoolique et souvent à la dérive, installé à Galway.

Cette fois ci l’intrigue se déroule à Londres, dans les quartiers populaires de la capitale, loin des jolies quartiers qu’on a l’habitude de voir. Roberts est un inspecteur principale en fin de carrière, qui attend de pouvoir partir à la retraite, bedonnant, vieillissant, marié et père d’une ado. Roberts est blasé, fatigué des politiques, fatigué de faire des ronds de jambes.

Brant lui, est sergent, il est encore jeune et vigoureux comparé à Roberts, mais lui aussi est blasé, il en a vu des horreurs dans sa carrière, il est difficilement ému par les affaires qu’il s’active de résoudre, et comme Roberts, le seul flic de son commissariat qu’il apprécie, il n’est pas prêt à renoncer à ses méthodes pas nettes pour mener ses enquêtes, les interrogatoires musclés, les fouilles pas règlementaires, les descentes improvisées et les passages à tabac dans les ruelles sombres.

Encore une fois, j’ai beaucoup aimé la plume de Ken Bruen, sa façon de décrire sans concession, brutale et sombre.

Dans le gros coup, on retrouve l’humour cynique de Bruen, qui se mélange à des situations parfois grotesques, parfois tragiques et souvent violentes. Ce premier tome des aventures de Brant et Roberts se lit vite, les pages tournent toutes seules, et se termine sur un petit suspense qui me donne bien sûr, envie de me lancer dans la suite.

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Et enfin, une amie m’a fait découvrir Kaffehaus rue poncelet, près de la place des ternes, un salon de thé qui sert des pâtisseries autrichiennes, un vraie délice! Les pâtisseries sont gourmandes, savoureuses, et légères, accompagné d’un café liégeois très aérien. Il faut juste passer la vendeuse du rez de chaussée, aimable comme une porte de prison, mais une fois à l’étage, on est gentillement servie par un gentil monsieur! Lambris de bois partout et coucou sur les murs, les prix sont raisonnables, une adresse que je retiens!

 

Un intérêt particulier pour les morts

de Ann Granger

3.5/5

Elizabeth Martin débarque un beau matin à Londres, en cette fin du 19e siècle. Originaire du nord de l’Angleterre, elle était autrefois la fille du docteur du village, le seul qui soignait avec bon coeur les mineurs de charbon, trop pauvres pour payer un médecin. Mais Lizzie Martin a du faire face aux dettes accumulées par son père et ses actes de bonté et de charité, après sa mort, et la voilà qu’elle doit accepter une place de dame de compagnie auprès de la femme de son défunt parrain. Mais à peine est elle arrivée à Londres, qu’elle croise l’évacuation du cadavre d’une jeune femme, sortie des décombres du chantier de la futur gare londonienne St Pancras. Elle découvre très vite qu’il s’agit de la dernière dame de compagnie de sa marraine, celle qui l’a précède dans ce poste, et qui avait mystérieusement disparus quelques semaines plus tôt.

J’en ai entendu parler sur le blog de Adalana durant le mois anglais en juin dernier, et son avis m’a donné envie de découvrir ce roman. Ann Granger nous plonge dès les premières lignes dans le Londres victorien de la fin du 19e siècle, à travers le personnage de Lizzie Martin, cette fille de docteur de province du nord de l’Angleterre, originaire d’une région minière. Elle débarque à Londres pour faire ses débuts de dame de compagnie auprès de Madame Parry la femme de son défunt parrain. Si Lizzie a eu une bonne éducation, un peu libre et un peu anarchique, et si elle possède une solide culture, elle n’a plus le moindre sou, son père étant un homme généreux qui a trop souvent aider les plus démunis au lieu de penser à l’avenir.

Le roman nous parle aussi au travers du regard de l’inspecteur Ben Ross, qui fut autrefois fils de mineur et qui était destiné à faire comme son père, mais qui a eut la chance de bénéficier de l’aide de Monsieur Martin et de pouvoir faire des études. Les deux personnages au passé commun, vont se retrouver autour d’une enquête policière, suite au meurtre de l’ancienne dame de compagnie de Madame Parry.

Les chapitres alternent les point de vue de Lizzie et de l’inspecteur Ross, chaque point de vue faisant évoluer l’enquête et nous présente les personnages qui entourent nos deux héros, Madame Parry la marraine porter sur les affaires juteuses et les pâtisseries, Franck son neveu, ambitieux et arrogant mais très drôle aussi. Certains personnages sont bien intégrés à l’intrigue comme Franck, Madame Parry, mais certains autres personnages sont prometteurs mais vite oubliés, comme Wally le cocher, qui aura son importance dans la première moitié du roman et qui disparaitra par la suite, tout comme certains membres des employés de maison, qui seront bien dessinés mais dont les finitions laissent à désirer.

J’ai beaucoup aimé découvrir petit à petit le passé de Lizzie et de Ben, leurs enfances, et les épreuves qu’ils ont vécut. Je suppose qu’on en apprendra un peu plus dans les autres tomes.

Lu dans le cadre de  A year in England

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Témoin à charge

de Agatha Christie

4/5

Un recueil de nouvelles policières mettant en scène Hercule Poirot: Un joueur de golf particulièrement naïf qui croit entendre des voix, un avocat qui doit innocenter son client d’un meurtre atroce, une tante riche qui entend la voix de son défunt mari à la radio, voilà pour les trois nouvelles n’incluant pas de détective.

Puis vient plusieurs nouvelles dont les enquêtes sont menées par Hercule Poirot, parfois avec Hasting, parfois avec Miss Lemon, sa très efficace mais peu imaginative secrétaire. Poirot doit résoudre des mystères bien variés dans ces nouvelles, le client d’un restaurant qui change subitement de régime alimentaire avant de mourir, une jolie dame qui se fait voler un bien précieux et qui charme le romantique Hasting, des triangles amoureux qui finissent mal pendant les vacances de Poirot au bord de mer, un vieux milliardaire excentrique qui rêve qu’il se suicide et qui demande l’aide de Poirot, persuadé qu’on veut l’assassiner, ou encore un homme retrouver mort dans un bahut espagnol, dont l’épouse est trop jolie pour ne pas attirer les ennuis! Hercule Poirot à de quoi faire!

Les trois premières nouvelles indépendantes des aventures de Poirot sont plutôt bien faites et réussies, même si j’ai deviné la fin très tôt dans le récit (T.S.F., Témoin à charge, Le vase bleu), il n’empêche que Témoin à charge en particulier, ferait un excellent film en développant un peu plus les personnages (cette nouvelle a d’ailleurs été plusieurs fois adapté à la télévision et au cinéma).

Les nouvelles mettant en scène Hercule Poirot ont presque toutes été adapté en épisodes par la série de la BBC, Hercule Poirot. Toutes les nouvelles sont plaisantes à  lire, et j’ai adoré pouvoir lire les conversations entre Hasting et Poirot, entre Poirot et Miss Lemon, et lire Poirot à qui Hasting manque énormément! On retrouve l’humour british si particulier de Poirot, ça me donne envie de me faire un autre Agatha Christie pour le mois anglais!

Lu dans le cadre du mois anglais!

Le dramaturge de Ken Bruen

4/5

Jack Taylor, toujours détective privé à Galway en Irlande, est dans une phase saine. Plus d’alcool, plus de drogue, et bientôt plus de cigarette qui l’eut crut? mais comme toujours avec Jack Taylor, son équilibre et son bien être sont des choses très fragiles, reposant sur des bases peu solides, qui ne demandent qu’à s’effondrer. Les choses commencent à noircir à l’horizon, quand Jack est quasiment sommé par son amie Cathy, de se rentre à la prison de Dublin pour rendre visite à Stewart, ancien dealer de drogue qui vient d’entamer sa peine de prison. Il lui demande de découvrir le responsable de la mort de sa soeur, retrouvée sans vie au pied des escaliers. La police à conclut à un accident, mais Stewart est persuadé qu’il s’agit d’un meurtre. Jack repart pour Galway et commence à enquêter.

Ahhhh Jack Taylor, ce personnage cynique, blasé, accroc à tout et n’importe quoi, mais qui ne ferait pas de mal à un innocent, m’avait manqué! J’ai retrouvé avec plaisir les rues pluvieuses et venteuses de Galway, le pub de son pote, qui ne boit plus, orné d’un pilier de bar inamovible, Ridge, une garda désagréable mais qui reconnait le bon enquêteur chez Jack, Madame Bailey qui gère l’hotel poussiéreux dans lequel Jack vit. J’ai adoré retrouver les citations, les références que Jack sort à longueur de temps, ses visites à la librairie d’occas du coin chez qui il se fournit en romans.

Les enquêtes policières sont encore une fois qu’en arrière plan, elles avancent doucement voir pas du tout pour enfin être résolus dans les dernières pages, les romans de Ken Bruen se concentrant surtout sur Jack Taylor et ses malheurs, car on ne peut pas dire que la vie y met du sien pour lui facilité les choses, quelques moments de douceurs qui ne dure jamais, de la violence aussi bien physique que psychologique, s’abattent sur lui en permanence, le désespoir n’est jamais loin, et si on est surpris de le voir tenir tout le long de ce tome sans boire ni se drogué, la dernière page du roman le pousse dans l’horreur et nous avec, je ne m’attendais pas à un final aussi dure et sombre.

En bref, toujours aussi géniale à lire, j’adore la plume de Bruen, j’aime ses personnages sombres, dures, tourmentés par la vie, cassé parfois, j’aime Jack Taylor, ses réparties, entre celles qu’il dit tout bas dans sa tête et celles qu’il sort tout haut, j’aime l’humour cynique, noir, dure. Me reste encore trois tomes, je vais les faire durer, bien que la fin de ce tome me donne très envie de commencer le suivant.

Le grand sommeil

de Raymond Chandler

3.5/5

Dans le Los Angeles des années 40, le détective Philip Marlowe est demandé à la demeure des Sternwood, une riche famille qui a fait sa fortune dans le pétrole. Il croise les deux filles du patriarche, deux jeunes femmes un peu étranges, puis le père qui lui demande d’enquêter sur des menaces de chantages. Marlowe s’enfonce dans les tréfonds de  la ville et va croiser des petits truands, des maitres chanteurs, des cadavres à la pelle, des femmes fatales, et autre joyeusetés du genre.

Je connaissais de réputation Raymond Chandler, et je connaissais de nom le personnage de Philip Marlowe, le célèbre détective, mais je n’avais jamais lu ces aventures. Cet archétype du détective privée, insolent, blasé, qui croise souvent de jolies femmes, qui a la répartie facile, qui travaille et vit dans un petit appart un  peu minable, qui suit un régime plus liquide qu’autre chose et qui se balade dans le Los Angeles des années 40, a été repris encore et encore au cinéma, dans les séries télé et dans pas mal d’autre romans noirs. Ce personnage du détective, un peu macho, beaucoup blasé, on lui a rendu hommage plus d’une fois, d’où cette impression de déjà vu/lu, d’où cette impression de familiarité.

J’ai parfois eu un peu de mal avec certains vocabulaire à la mode de l’époque, du genre appeler toutes les jeunes femmes « mon chou », et les jeunes femmes appeler certains hommes aussi « mon chou »! faut s’y faire…il est vrai aussi que les personnages féminins ne sont pas des plus intéressants, souvent décrites comme de grands enfants irresponsables qu’il faut sauver ou consigner pour leur bien, mouais, une image de la femme un peu dépassée pour nous lectrices du 21e siècle! heureusement, certaines de ces femmes sont un peu plus intelligentes que d’autre, mais bon, il n’y en a qu’une qui ne sautera pas au cou du détective en cinq minutes!

C’est sombre, on a droit à un Los Angeles pluvieux, c’est le roman policier noir par excellence, avec son détective privée et sa brochette de truands à la petite semaine. J’ai pris plaisir à suivre l’enquête de Marlowe, ses rencontres, ses discussions avec le vieux Sternwood, un peu touchant en fin de vie. L’écriture est fluide , pas mal de dialogues, pas mal de rebondissements, ça avance vite, les pages tournent toutes seules. Un classique du genre à lire pour voir.

Lu dans le cadre du Mois Américain chez Titine.

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Toxic blues

de Ken Bruen

4/5

coup de coeur

Jack Taylor est de retour dans sa ville adorée, Galway, après quelques mois d’exil à Londres, qui ne lui auront pas du tout réussi, puisque voilà que notre détective amateur irlandais est devenu accroc à l’héroine en plus de sa dépendance à l’alcool. Il n’a pas finit de terminer son premier verre dans son bar préféré, qu’il se fait déjà aborder par Sweeper, un tinker (sorte de gitan local), qui lui demande son aide pour découvrir qui se cache derrière les meurtres violents et sadiques qui frappent sa communauté. Taylor se laisse convaincre et commence son enquête.

J’étais très contente de retrouver Jack Taylor, ce détective ex policier, alcoolique, nouvellement accroc à la drogue, qui vient de passer quelques mois à Londres pour son plus grand malheur. Toujours aussi accroc à la bouteille, toujours aussi accroc aux romans et à la lecture, en particulier les romans policiers noirs, toujours d’une humeur inégale, entre espoir et bonne humeur et mélancolie désespérée.  On retrouve les personnes (encore en vie ) qu’on a croisé dans le premier tome, Cathy l’ex punk enceinte, Jeff le barman, le pilier du bar, mais on fait aussi connaissance de Sweeper, ce leader tinker charismatique et mystérieux, qui se prend d’affection pour Taylor, ou      , flic londonien rencontré pendant son exil et qui vient lui rendre une visite.

On a droit aux habituels passages à tabac que le pauvre Taylor subit, comme d’habitude, je dois dire que je suis impressionnée par son degré de tolérance vis à vis de la violence qu’il subit, des dents qui volent, des coups dans le dos, des coups dans le nez, ça en plus de ces cuites mémorables qui le laissent dans un état second et une hygiène de vie bien mauvaise, c’est étonnant de le voir reprendre le dessus rapidement, à cinquante ans.

Les réparties sont toujours aussi cinglantes, j’ai apprécié les références littéraires et les citations de romans, j’ai adoré le voir reprendre en main sa bibliothèque, j’aime toujours autant son humour cynique et violent, sa vision noir du monde, son fatalisme, mais aussi son humanité et sa sensibilité, lui qui ne s’attache à aucun bien matériel, mais qui prend toujours les plus faibles sous sa protection, sans hésité à se mouiller le pantalon.

En bref, encore une enquête mener de manière bancale. Encore pas mal de violence, encore un Jack Taylor à la vie dissolue, encore de l’alcool, de la drogue, de l’humour  noir, mais jamais de situations dramatiques ou de personnages dépressifs.

 

Crimes à l’affiche de Nicola Upson

4/5

1934, en Ecosse, Josephine Tey, la célèbre romancière, prend le train pour se rendre à Londres, assister aux dernières représentations de la pièce à succès, Richard de Bordeaux, adapté de son roman. Dans le train elle rencontre la très jeune Elspeth, une fan inconditionnelle de Josephine et de la pièce. Les deux femmes sympathisent. Le lendemain de son arrivée à Londres, Josephine reçoit en visite son vieil ami l’inspecteur Penrose, qui lui annonce une mauvaise nouvelle: la pauvre Elspeth a été retrouver assassiner dans le train.

J’avais entendu parler de cette série chez Clarabel qui avait lu le 4e tome de la série qui met en scène Joséphine et Penrose. Même si l’histoire de ce 4e tome me tentait plus, j’ai voulu commencer par le début avec Crimes à l’affiche. L’histoire se déroule sur à peine quelques jours (3 jours peut être), le temps d’un week end, celui de la dernière représentation de la pièce à succès, Richard de Bordeau, écrit par Joséphine, dans le Londres des années 30. On évolue donc dans le monde du théâtre de l’avant guerre.

J’ai beaucoup apprécié suivre l’enquête criminelle, menée par l’inspecteur Penrose et ses conversations avec son collègue le brigadier Fallowfield, il y a dans ces scènes pas mal d’humour malgré le crime horrible sur lequel ils enquêtent.

On fait la connaissance de Josephine, de son passé commun avec Penrose, des effets de la première guerre mondiale sur sa vie, de son entourage actuelle, de ses amis, mais j’ai trouvé qu’on en savait plus sur Penrose et sa personnalité que sur Joséphine. Au final, on a parfois l’impression que l’auteur veut nous en dire beaucoup mais qu’on en sait pas tellement. Certains chapitres n’apportent pas d’info sur les personnages principaux, du coup, on sent un manque quant à la personnalité de Joséphine Tey, manque qui sera surement comblé avec les tomes suivants. Je croyais que le personnage principal était Joséphine mais finalement, je pense que c’est plutôt Penrose.

L’enquête est intéressante, mais j’avoue avoir compris pas mal de chose un peu trop tôt à mon gout, j’aime bien être complètement surpris par les révélations finales, là je n’ai été surpris qu’en partie seulement. Je lirais bien les autres tomes disponibles, j’aime beaucoup les personnages de Penrose et Fallowfield, et je suis curieuse de voir comment va évoluer les choses entre Penrose et Josephine, et le résumé du tome 4 me fait vraiment envie!

Delirium tremens

de Ken Bruen

4,5/5

coup de coeur

Jack Taylor, ancien garda (policier) irlandais, s’est reconvertie en détective privé dans sa ville de Galway. Son bureau c’est le pub du coin, endroit dans lequel il se sent mieux que chez lui. Son quotidien c’est boire jusqu’à plus soif, parler avec Sean le barman, Sutton son plus vieux pote et sa bouteille. Ses petites habitudes sont chamboulées par la visite d’une mère de famille, qui ne croit pas au suicide de sa fille, et qui apporte certains éléments troublants à Jack Taylor qui finissent par le convaincre qu’il s’agit peut être d’un meurtre. Il décide donc de mener l’enquête.

C’est en lisant l’avis de Dasola que je me suis rappelé l’existence de ce roman dans ma pal. J’y vis un signe du destin, il était temps de le lire et je ne regrette pas parce que ce fut un coup de cœur!

« il y avait toujours eu des livres. au cours de ma vie dissolue ils ont été la seule constante.Même Sutton, mon ami le plus proche, s’était exclamé: -« C’est quoi cette manie de bouquiner mec? tu as été flic nom de Dieu! » La logique irlandaise dans sa plus belle expression. »

On est donc à Galway, on suit l’alcoolique détective privée Jack Taylor, dont le bureau est son pub de prédilection. L’enquête en elle même n’est pas véritablement le premier intérêt du roman, c’est plus la personnalité de Jack Taylor qui nous tient en haleine, apprendre à le connaitre, ses passions, son passé, ses démons intérieurs.

« Aucune décoration au bar. (…) il y a un triple cadre. on y voit un pape, saint Patrick et JFK. JFK est au centre. Les saints irlandais. Autrefois le pape occupait le poste de centre mais après le concile du Vatican il s’est fait viré. Maintenant il s’accroche à l’aile gauche. Position précaire ».

On y croise un clochard alcoolique philosophe qui parle comme un chevalier du 18e siècle, un barman attentionné, des piliers de bar qui font penser à des sentinelles, un hôtel à l’abandon terriblement attachant, une assistante chanteuse de rock, et un Jack Taylor que j’ai adoré voir enquêter, ou rechercher un nouveau bar dans lequel il puisse boire avec dignité, le tout écrit d’une main de maitre virevoltante, avec un langage qui fait mouche, des réparties intelligentes, un humour noir qui vous rentre dedans, une façon d’écrire simple, direct, efficace dont certains passages m’ont particulièrement frappés.

« Sean m’apportait du café. Avec une dose de brandy dedans. Pour tuer l’amertume.(…) La tasse tremble dans la soucoupe, comme la pire des mauvaises nouvelles. Je lui dis:

– Prends un mug.

Horrifié, il me réponds:

– Y’a des règles!

Un jour où il tremblait au même rythme que la tasse, je lui ai demandé:

– Tu penses prendre ta retraite?

– Tu penses arrêter de boire?

Normal. »

ça se lit avec passion, avec entrain, c’est rythmée comme c’est pas permis. J’ai adoré trainer dans les rues de Galway au coté de Jack et des gens qui l’entourent, écouter son franc parler, son honnêteté, ses réparties directs et sans concessions, et quand on tourne la dernière page on en redemande. La suite n’attendra pas trop longtemps dans ma PAL avant d’être lu.

« Je trouvais Nestor’s par hasard. Je descendais Forster street quand une averse éclata, le genre de pluie qui vous en veut. »

« J’allais m’assoir dans un coin. Table en bois vieille chaise. La porte s’ouvrit un fermier costaud entra et lança à la cantonade: »On aura pas d’été ». Un endroit fait pour moi. »

N ou M

d’Agatha Christie

3.5/5

Les Beresford se font vieux, en tout cas c’est que leur dit les services secrets alors que la seconde guerre mondiale vient d’éclater et qu’ils aimeraient bien servir leur pays comme ils l’avaient servi durant la première guerre mondiale. Mais tout le monde estiment que des vieux de leur ages feraient mieux de rester à l’abri chez eux, que ce soit les dirigeants des services secrets auxquels ils ont appartenu ou leurs enfants devenus grands. Finalement, alors qu’ils dépriment et se demandent s’ils sont vraiment si vieux que ça, on fait appel à eux. Envoyés sous une fausse identité dans un tout petit village côtier, dans une pension, les Beresford sont sensé démasquer des agents doubles cachées parmi les pensionnaires et qui espionneraient pour le compte des allemands. Les Beresford vont donc rencontrer la propriétaire et sa fille, un allemand réfugié, une jeune femme et son bébé, un vieux couple, une vieille dame veuve, un colonel à la retraite…

Je n’avais jamais lu de roman mettant en scène les Beresford, et j’ai plutôt aimé ma lecture. L’intrigue est assez classique, démasqué un traitre qui se cache dans une pension au milieux de gens tout à fait ordinaires. L’intrigue et les rebondissements sont intéressants mais un peu évidents et sans grande surprise.

Ce qui m’a beaucoup par contre, dans ce roman, c’est les Beresford. Le couple est très attachant, très drôle, l’humour anglais est partout, les dialogues et les petits pics qu’ils s’envoient m’ont fait souvent rire, rien que pour ça, je lirais bien d’autre romans mettant en scène le couple d’espions!