Alice Crane de NM Zimmermann

 

Tome 1, Alice Crane, les corbusards de NM Zimmermann

Tome 2, Alice Crane, Les anciens dieux de NM Zimmermann

4/5

Alice Crane, médecin légiste et petit génie, vient de démarrer à son nouveau poste, la morgue d’Edencity. Passionnée par la science, Alice espère qu’elle a trouvé sa place avec ce job, jusqu’à ce qu’elle perde l’un de ces cadavres. Elle devient vite la risée de la morgue, entre son patron qui ne l’aimait déjà pas beaucoup et ses collègues qui l’ignorent encore plus, la perte de ce cadavre n’arrange pas les choses. Mais son monde rationnel régit par la science, s’effondre quand elle aperçoit dans la rue son cadavre, bien vivant, se promenant l’air de rien. En décidant de le suivre, Alice entre dans un monde qu’elle ne soupçonnait pas, celui des corbusards, ces être surnaturels que personne n’imagine exister. Les vampires, les mages, les gargouilles, les djinns…Alice quitte son monde calme et routinier pour pénétrer une sphère pleine de mystère mais aussi d’instabilité.

L’auteur nous crée ici un monde bien développé, prenant et originale, dans lequel évolue ses personnages, un monde qu’elle nous avait déjà présenté dans sa précédente trilogie, Edencity, une trilogie qui m’avait énormément plut.

Ici, elle reprend l’univers qu’elle a crée via le regard de personnages inédits, comme Alice qui suit son cadavre miraculeusement ressuscité, qui tel le lapin blanc emmène Alice Crane dans un monde qui va changer sa vie. Les personnages principaux de sa précédente trilogie apparaissent parfois furtivement, parfois de manière plus prononcé.

Avec Alice, on découvre Edencity, ses différentes races qui composent les êtres surnaturelles qui vivent parmi les humains sans que ces derniers ne soient au courant. On fait connaissance avec l’Organisation, cette agence chargée de gérer les relations entre les corbusards et les humains, s’assurant de la sécurité de ces derniers. Alice sera la cible de mauvaises personnes et collera au train de James Flynn, cet agent de l’Organisation qui va assurer sa sécurité le temps d’éliminer les intrus.

Dans le second tome, Alice travaille désormais pour la mystérieuse Organisation, en tant que biologiste. Suite à un chantage, elle n’a pas d’autre choix que d’avancer dans ses travaux sur les corbusards, sans trop savoir où elle met les pieds. Une première moitié se concentre surtout sur les états d’âme de l’héroïne, qui s’en veut de devoir mentir à James, qui est devenu un ami proche. Alice n’a pas trop de mal à faire bonne figure devant les uns et les autres, et son génie lui permet d’avoir une vision claire de ce qui se passe autour d’elle et de pouvoir analyser avec perspicacité les informations qu’elle déterre. Avec un sang froid sans faille, elle avance petit à petit, comprend qui parmi les êtres qui l’entourent, sont les plus dangereux. Elle arrive à manipuler son monde par son intelligence, et à comprendre bien plus que certains autre personnages qui sont plongés dans cet univers depuis plus longtemps qu’elle.

J’ai beaucoup aimé la seconde moitié, plein de rebondissement, d’action, de découvertes, et de révélations. J’ai beaucoup aimé la relation qu’elle a avec James et surtout la relation intelligente qu’elle a avec Démétrius. Alice n’est pas une héroïne, elle essaye avant tout de se maintenir en vie dans un monde où elle n’est peut être pas indispensable, et tente en second plan de ne pas nuire par ses travaux, à des tiers qu’elle ne connait pas  ou trop peu.

Un roman prenant donc, un univers toujours aussi intéressant, les pages tournent toutes seules, mais le roman est peu trop court. J’attends la suite avec impatience!

Broadway Limited tome 1 : Un diner avec Cary Grant

de Malika Ferdjoukh

4.5/5

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Jocelyn Brouillard, jeune français de 17 ans, débarque en automne 1948 à New York pour étudier la musique au Penhaligon collège, grâce à une bourse. Il laisse la France et sa famille aimante derrière lui, pour découvrir l’Amérique, ses contradictions, sa musique, sa modernité, ses étrangetés. Il débarque dans la pension Giboulée, et est accueilli par plusieurs jeunes filles, légèrement plus âgées que  lui. La directrice Madame Merle, est déconcertée. Elle avait accepté Jocelyn comme locataire en pensant qu’il s’agissait d’une fille, car à la pension Giboulée, on n’accepte que des gens du beau sexe! Mais grâce à un pot de soupe d’asperge et à un talent certain au piano, Jocelyn arrive à se faire accepter à l’essai par la propriétaire, Artemisia, surnommée le dragon. Jocelyn commence alors sa découverte de New York avec l’aide de ces colocataires, Manhattan, Chic, Paige, Hadley, qui tentent toutes de percer dans le monde du théâtre et de la danse, chacune avec ses qualités et ses problèmes personnels.

J’ai tout simplement adoré ce roman! Au début, j’étais un peu perdu, il y a un nombre assez important de personnages qui débarquent tous en même temps, les jeunes femmes qui vivent à Giboulée, Paige, Chic, Manhattan, Hadley, Ursula, Etchika, Charity, les femmes qui dirigent et gèrent la pension, Artemisia, Madame Merle, Ester, et les voisins, Monsieur Bezerides et sa fille Dido. Sans parler de tous les personnages secondaires que l’on croise au fil des aventures des personnages…j’ai mis un premier tiers du roman pour me familiariser avec toutes les jeunes femmes, leurs histoires personnelles, leurs ambitions à chacune, leurs parcours. Jocelyn fait le lien entre chaque personnage, mais le livre consacre des chapitres à chacune, Hadley qui a autrefois danser avec Fred Astaire, et qui se retrouve cigarette girl dans une boite la nuit, vendeuse de beignet le jour, afin de subvenir à ses besoins et à ceux de son neveu, dont la mère est partie au soleil pour se soigner d’une grave maladie; Il y a Chic, qui court les prétendants riches entre deux publicités qui lui permettent de vivre; Paige, qui rêve de grands rôles au théâtre et qui s’est épris d’un riche Addison qui a bien 20 ans de plus qu’elle, et enfin Manhattan, danseuse dans une troupe de théâtre et qui vient de retrouver son père déserteur…

Chaque histoire est prenante, chaque personnage possède une profondeur, un passé, une souffrance, une ambition, un rêve, le roman est un souffle de jeunesse, plein d’espoir, de rêve, de désir, d’attente. On passe Halloween, Thanksgiving, jusqu’à la veille de noël.

On s’attache progressivement aux personnages, en particulier Manhattan et Hadley, dont on apprend beaucoup de choses sur leurs passés et leurs vies. Je suppose que dans les tomes suivant on en apprendra peut être plus sur certaines autres pensionnaires qui ne sont pas vraiment approfondie dans ce roman ci (ou alors elles sont destinées à rester en arrière plan?). Outre les découvertes de Jocelyn, comme sa visite dans un supermarché, l’achat de bas pour sa sœur, le jazz, la place des noirs dans la société américaine, la visite de l’Empire state building, on suit aussi le parcours de ses filles qui rêvent de percer dans le monde du spectacle, et ce n’est pas facile! Les histoires personnelles de Manhattan, mais surtout celle de Hadley, sont romanesques comme pas possible, sans jamais tomber dans la mièvrerie, sans qu’il y ait un coté trop fleur bleue, ce sont de belles histoires et de belles rencontres.

Certains passages sont entrainants, d’autre complètement passionnant! Le roman est un véritable hommage aux comédies romantiques des années 40 et 50, avec ces amours contrariés, ces quiproquo et ces rencontres ratés, comme le passage dans la librairie, qui est un crève cœur, le poétique bal de fin d’année de Jocelyn et Dido, ou encore la rencontre entre Hadley et Arlan dans le train Broadway limited. Le nombre de référence aux films de l’époque, aux acteurs de théâtre et de cinéma, peuvent perdre pas mal de lecteurs. Rare sont ceux qui peuvent se vanter de connaitre tout les noms, titres, chansons, qui sont cités en référence dans le roman! On retrouve encore une fois la jolie plume de Malika Ferdjoukh, son style virevoltant, son sens de la répartie, son humour. Un véritable bonheur à lire, en espérant que la suite ne soit pas trop longue à nous arriver!

Les étoiles de Noss Head

Tomes 3-4-5

De sophie jomain

Tomes 1 et 2 ici.

Les deux premiers tomes m’avaient plut, dans le genre distrayant mignon on a fait pire ! Les personnages étaient sympathiques, en particulier la grand-mère de Hannah, Gwen la meilleure amie de Leith, les paysages décrits me faisaient rêver, l’intrigue se déroulant entre Wick tout au nord de l’écosse et st Andrews, près d’Edimbourg.

La fin du tome 2 ne laisse pas le choix au lecteur, on est obligé de se lancer dans la suite pour savoir ce qui arrive à l’héroïne Hannah. J’ai bien apprécié ce tome, dans lequel hannah doit affronter un changement majeur dans sa vie, (spoiler, elle devient un ange noir après avoir été mordu), on peut voir une vrai faiblesse dans la relation entre Hannah et Leith, ce dernier ne supportant pas ce changement chez son âme sœur et l’abandonne entre les mains de Darius, ce qui est assez décevant de sa part!

J’ai donc beaucoup apprécié voir Hannah s’habituer à sa nouvelle vie, et surtout j’ai trouvé touchante sa relation avec Darius et ses deux frères jumeaux, qu’elle traite comme ses propres frères. J’ai beaucoup aimé cette partie là, isolés dans la maison en bord de mer, ce tome est donc l’un des meilleurs de la série, les personnages évoluent, Leith fait de grosses erreurs de jugements, Darius et Hannah développent une très belle amitié, Gwen prend des initiatives et la fin est bien amenée. D’ailleurs l’auteur aurait très bien pu s’arrêter là je trouve, les trois tomes sont assez bien construits, l’évolution des personnages est bien vu et la fin conclut bien les choses.

Dans les tomes 4 et 5 qui constituent une fin en deux tomes, Leith et Darius disparaissent. Dans le premier tome, tout le monde les recherche activement, on verra les personnages partirent en urgence en Europe de l’est, dans le fief des plus anciens vampires du monde, qui retiendraient Darius pour venger ce qui s’est passé dans le tome 3. Dans le dernier tome, c’est sur Leith que les choses se concentrent, et après avoir approfondi le monde des vampires et leurs origines, on passe dans celui des loups garous.

J’ai beaucoup moins aimé ces deux derniers tomes, en particulier le dernier qui se déroule surtout dans le monde des loups garous, ceux qui ont choisi de vivre en autarcie se rapprochant de la vie des amish. L’auteur introduit deux nouveaux personnages, Dimitri dans le tome 4 et Christy dans le tome 5, délaissant beaucoup de personnages déjà existants, ce qui est dommage.

J’ai trouvé le personnage d’Hannah too much! Déjà que Hannah est passée d’humaine à ange noir puis à loup garou, elle a aussi la particularité de voir certaines choses que seuls de rares élus peuvent voir, elle a charmé le beau Leith, elle aurait pu facilement charmer aussi Darius, et maintenant c’est carrément le beau Dimitri qui tombe sous son charme, faisant d’Hannah “son âme sœur vampirique”ça fait beaucoup, je ne suis pas très fan des héroïnes trop parfaites, belle intelligente, je rentre à st Andrew comme je veux, les plus beaux mecs du monde me tombe dans les bras, c’est agaçant et peu réaliste au final.

Et puis j’ai trouvé ces deux tomes souvent absurdes. Les parents d’Hannah sont très protecteurs, dans le tome 1, elle ne peut pas partir avec Leith un week end dans sa famille, sans la permission de ses parents, elle ne peut pas s’absenter une nuit sans que ses parents lui fasse une crise d’angoisse et là elle passe de long mois entiers, sans jamais entrer en communication avec ses parents, pas même un coup de fil sans que ces derniers ne s’inquiète le moins du monde, sans qu’ils ne posent une question, c’est un peu trop gros quand même.

L’auteur introduit de nouveaux personnages au détriment d’anciens qui sont quasi inexistant dans ces tomes. Darius et Gwen sont pas souvent présent, la grand mère d’Hannah à peine présente, Jamie totalement absent alors qu’il avait été développé dans les deux tomes précédents. certains personnages secondaires disparaitront sans aucune émotion c’est à peine si je me suis souvenue de qui était qui. Les deux mondes crées par l’auteur et tout le folklore sont intéressants, mais si peu développés et approfondis, qu’on a du mal à s’y croire. Sur trois tomes qui se concentraient surtout sur quelques personnages ça passait facilement, mais sur cinq tomes avec une intrigue qui se détachent du noyau dur des personnages, ça se voit beaucoup plus et ça passe donc beaucoup moins bien.

Dans le dernier tome, je n’ai pas du tout aimé aussi la décision de l’auteur de faire perdre la mémoire à Leith. Ce dernier qui a subi un sortilège, à tout oublié de sa vie jusqu’à ces propres parents. A partir de là, j’ai eu du mal à m’intéresser au couple Leith/Hannah, dans le sens où Leith est ce qu’il est grâce à toutes les expériences qu’il a vécut, (son enfance heureuse, la mort violente de sa mère dont il est témoin, les relations parfois difficiles avec son père, sa relation avec son oncle et sa tante, ses études d’histoires à St Andrews, son amitié avec Gwen…), là ce n’est plus qu’une coquille vide, et j’ai eu du mal à m’intéresser à leur histoire post perte de mémoire.

En bref, trois premiers tomes qui sont très distrayants, des personnages attachants, de beaux paysages écossais, une héroïne qui faut accepter pour mieux apprécier l’histoire, et qui heureusement, évolue assez au fil des tomes, un univers mythologique plutôt bien vu, mais de grosses lacunes, quelques contradictions, des choses parfois très énervantes, et deux derniers tomes un peu trop bâclés, un peu trop tirés par les cheveux, autant j’ai lu les trois premiers tomes en un rien de temps, autant j’ai du faire des efforts pour finir les deux derniers.

Les étoiles de Noss Head

Tome 1 et 2

de Sophie Jomain

3.5/5

Hannah vient d’en terminer avec les études secondaires et le bac. Pour les vacances d’été, elle part avec ses parents pour Wick sur la cote nord de l’écosse, afin de tenir compagnie à sa grand-mère qui devient de plus en plus dépendante . Hannah aurait préféré passer ses vacances et surtout son 18e anniversaire avec ses copines, mais la famille passe avant. A Wick, Hannah retrouve ses habitudes de vacancière, quelques amis, la nature, jusqu’à sa rencontre avec le mystérieux Leith qui va lui faire découvrir malgré lui tout un monde fantastique et dangereux auquel Hannah ne doutait pas de son existence.

Ça fait pas mal d’année maintenant que j’en entends parler de ce livre, de cette série de roman YA fantastique, avec bien sur comme il se le doit dans ce genre, une romance difficile et pleine d’embuche. J’ai lu des avis dithyrambiques et aussi des avis plus mitigés. Finalement ce qui m’a décidé c’est l’avis d’Élodie qui a eu un vrai coup de cœur pour l’histoire, et aussi le fait que les bouquins soient disponibles en kindle pour pas cher.

Je n’ai pas eu le coup de cœur de mon coté, mais ce n’est pas un rejet total non plus ! j’ai avancé doucement avec Hannah, son arrivée en Écosse, sa famille, son quotidien, les descriptions de l’écosse qui est une région que j’adore tout particulièrement, sa rencontre avec Leith, la découverte de sa vraie nature. Car évidemment ici rien de bien originale, Hannah tombe sous le charme de Leith, grand, fort, très très beau, gentil, et qui semble avoir un petit faible pour la jolie Hannah, puis la découverte que Leith est en fait un loup garou, mouais que du classique en somme.

Le début ne m’emballe pas plus que ça, l’écriture est fluide et simple, les pages tournent toutes seules, mais les dialogues entre les jeunes adultes, entre Hannah et les amis qu’elle croise, sont souvent pauvres, un peu désuets, un peu ringards parfois, j’ai souri plusieurs fois lors de ma lecture à cause de certains mots ou expressions utilisées. Mais on finit par s’y faire et on se laisse prendre par l’intrigue.

Les personnages sont tous assez attachants, que ce soit la nouvelle copine d’Hannah, Gwen, passionnée par le fantastique et qui tient une librairie ésotérique, la grand-mère d’Hannah, Elaine, qui est quasi aveugle mais qui est celle qui est la plus clairvoyante et la plus perspicace de la famille. Ou encore l’oncle et la tante de Leith, qui nous permettent nous lecteurs, de visiter les iles Orcades.

Et puis la romance entre Leith et Hannah est tout de même jolie et romantique à souhait. Certes, leur histoire est un peu trop déjà vu, entre une jeune femme fragile, toujours à se mettre en danger et Leith, trop beau pour être vrai, qui s’avère être un loup garou, toujours prêt à jouer les chevaliers servants ou les héros avec sa belle ; la naïveté de Hannah, sa fragilité, sa crédulité, sont souvent énervants, mais au finale, quand on se rappelle qu’elle n’a que 18 ans, on se dit qu’elle a une bonne excuse, et qu’on ne peut pas lui en vouloir !

Dans le tome 2 que j’ai lu juste après, les choses deviennent plus intéressantes, Hannah rentre à l’université de St Andrews pour des études d’histoires des arts, sa relation avec Leith s’intensifie, elle rencontre d’autre personnes, comme Tarja, sa colocataire d’origine finlandaise, et surtout elle découvre l’existence des anges noirs, une sorte de vampire supérieur, qui sont les ennemis mortels des loups garous.

Là aussi l’auteur a su renouveler le mythe, créant tout un historique. Les garous et les anges morts se détestent mais st Andrews est une sorte de terrain neutre où personne n’a le droit de s’en prendre à l’autre camp. J’ai beaucoup aimé le personnage de Darius, ses discussions avec Hannah, le fait qu’il n’y ait pas de méchant ou de gentils, que tout soit un peu plus compliqué que ça et donc un peu plus réaliste. Hannah rencontrera aussi Georgia l’ex de Leith, elle aussi Loup garou et d’autre de la meute de Leith, comme Julia, ou encore le chef de la meute, Jaimie.

Dans ce tome les choses s’accélèrent, les drames s’enchainent dans la seconde moitié du roman, et là aussi on peut encore reprocher la grande naïveté de l’héroïne, mais la encore on se souvient qu’elle n’a que 18 ans !

En bref, il faut jouer le jeu ; le roman met en scène une jeune adulte de 18 ans, qui n’a pas énormément d’expérience, on ne peut pas lui demander d’être forte, maline et sur ses gardes. C’est un roman YA, il faut donc se mettre un peu dans la peau d’une jeune fille de cet âge pour apprécier l’histoire et surtout le personnage d’Hannah ! Une fois dépassé ça, on peut apprécier cette lecture bonbon, douce et tendre, avec une mythologie qui reste quand même bien travaillée, un folklore autour de l’écosse bien documenté, et une intrigue qui tient en haleine. Du coup, j’enchaine sur le 3e tome, malgré les défauts ont à tout de même grandement envie de voir comment tout ce monde va évoluer et finir.

Le passeur de Lois Lowry

de Lois Lowry

4/5

Jonas, 12 ans, vit dans un monde réglé comme une horloge. Cette société futuriste ne laisse place à aucune imagination, ne laisse aucun choix à ces habitants. Ainsi les habitants de ce microsome sont constamment surveillé, des règles de politesse et de savoir vivre très strict sont respecté à la lettre. des médicaments permettent de refréner tout sentiments et émotions. Tout ce qui peut entrainer la destruction ou l’évolution trop brutale de leur société est banni, le libre arbitre, les choix, la liberté, et surtout les émotions. Jonas vient d’avoir 12 ans et lors d’une cérémonie il se voit attribuer son futur métier et rôle dans la société, il sera le nouveau dépositaire de la mémoire passée. Il sera celui qui apprendra le passé et l’histoire douloureuse de l’humanité afin de mieux conseiller les dirigeants qui eux reste dans l’ignorance du passé. Mais si devenir le nouveau dépositaire est un honneur, c’est aussi un statut qui plonge le dépositaire dans une profonde solitude.

A l’occasion de la sortie du film adapté du roman, je participe à une lecture commune organisée par Adalana, l’occasion pour moi de lire ce roman qui prend la poussière depuis plusieurs années dans ma bibliothèque.

Le livre est assez court, et on met du temps avant d’apprendre la vraie nature de la société dans laquelle vit Jonas et ce que cache le dépositaire aux autres citoyens. Le roman est court, et c’est assez impressionnant de voir comment l’auteur à réussi à nous présenter toute une société, tout ces défauts, tout ces personnages en peu de pages et peu de fioriture, malgré le nombre de pages limité, on apprend suffisamment de chose pour comprendre le monde inventé par l’auteur et s’attacher à certains personnages.

Dans le petit monde de Jonas, les citoyens doivent respectés des règles qui peuvent paraitre absurdes mais qui permettent de gérer les émotions et qui permettent de maintenir un ordre impeccable. Le matin, les enfants et les parents doivent se raconter leurs rêves, le soir, ils doivent se raconter leurs journées, et les choses qui ont pu les contrarier. A chaque âge correspond une cérémonie, à 8 ans, on doit abandonner son objet de bien être (doudou), à 12 ans, on nous attribue un métier, et on commence l’apprentissage de ce dernier, pour être utile à la société. A l’âge adulte, on peut demander un conjoint, qu’on ne choisit pas, et ensuite demander un enfant, qu’on ne procrée pas, une mère porteuse s’en charge. A la puberté et jusqu’à la vieillesse, on prend des médicaments qui annihile les émotions et les sentiments. Les personnes jugées inaptes (les personnes âgées et certains nourrissons) sont “élargis”.

Si la société de Jonas ne comporte ni violence, ni injustice, ni délinquance, ni crime, ni manque, ni pauvreté, elle est aussi froide, stérile, aseptisée, bridée. Ces citoyens ne décident de rien, et ne se révoltent contre rien, ils ne ressentent pas d’amour, pas même pour leur enfants, qu’ils élèvent à la perfection ceci dit.

Le roman se lit vite, mais comme dans le monde de Jonas, l’histoire, et les personnages sont un peu froids. Jonas en tant que dépositaire, arrête de prendre ses médicaments, et commence à ressentir toutes sortes d’émotions, révolte, colère, solitude, mélancolie, déprime, amour pour le nourrisson que ses parents gardent pour quelques semaines. Il comprend ce que veut dire le terme élargir. L’auteur nous présente une société parfaite, sans tâche, mais pour que l’humanité arrive à ce résultat, il faut déposer sa liberté et son libre arbitre, éliminer toute individualité et se défaire de son humanité. Lois Lowry nous montre le prix a payer et nous montre que ce prix est bien trop cher. Il se dégage une certaine froideur du récit, à l’exception de la relation entre Jonas et le passeur, seule relation qui implique des émotions humaines pures.

Si ce n’est pas un coup de cœur, Le passeur est vraiment une lecture intéressante et qui fait réfléchir les jeunes lecteurs. La réflexion est privilégiée par rapport à l’action, contrairement aux autres romans jeunesse du même genre qui se sont plus que clairement inspiré du passeur. On pense un peu à Hunger games, mais on pense surtout à Divergente, qui reprend pas mal d’éléments du roman de Lowry. ça m’a donné envie de lire les trois autres romans qui se déroulent dans le même monde que celui de Jonas. Par contre, en regardant la bande annonce de l’adaptation cinéma, on se demande si ils n’ont pas juste pris l’idée de départ pour faire tout autre chose, la bande annonce laisse penser que le film s’est beaucoup trop éloignée du roman de départ. Le film sort aujourd’hui, j’essairais de le voir dans la semaine;

Dream box

de NM Zimmermann

4/5

Aux Etats unis en 1979, Jeffrey est un petit garçon tout à fait commun. Sauf que depuis quelques temps, il voit les ombres, des formes fantasmagoriques que lui seul semble voir. Jeffrey ne les supporte plus, elles sont la peur, la colère, le doute et provoque chez lui d’horribles cauchemars la nuit. Plus le temps passe et plus les ombres ont prise dans la vie de Jeffrey. Son père, vétéran du Vietnam, n’est plus le même, de plus en plus soul, de plus en plus violent. Et sa mère en fait les frais, trop occupée à éviter les coups pour s’apercevoir de la peur de Jeffrey. Même le chien semble se transformer en animal psychopathe.

J’aime beaucoup les romans de NM Zimmermann, j’ai eu un coup de cœur pour sa première trilogie, Edencity, j’ai beaucoup aimé Apparitions, j’ai encore plus aimé Sous l’eau qui dort, et voilà que je viens de finir son dernier roman publié par L’école des loisirs.

Le roman est très sombre pour un roman jeunesse, du moins dans son premier quart. Un jeune enfant témoin des maltraitances de sa mère, des actes horribles de son père, la folie agressive de son chien adoré. C’est parfois dure, violent, jamais déprimant pour autant, mais on se demande où réside l’espoir, où réside une possibilité de rédemption.

Le roman nous présente des personnages vraiment passionnant à suivre, que ce soit le jeune Jeffrey, et l’adulte qu’il finit par devenir, Thérésa si naïve et innocente, sa famille si vieillotte, si vieux jeu, si étroite d’esprit, tout droit issu d’un siècle révolu. Ou encore Andy, ce petit garçon qui avait un avenir radieux mais que les ombres viendront ternir, un petit garçon tellement clairvoyant et intelligent, accompagné de son rat, étrangement malin.

Petit à petit le roman retrouve la lumière et l’espoir face à ces ombres qui détruisent des familles entières. L’auteur sait parfaitement nous tenir en haleine, les pages tournent toutes seules, je les ai parcourus sans temps morts. L’auteur sait installer une atmosphère bien particulière, parfois flippante, parfois sombre, parfois hypnotisante, toujours très bien écrit. Je verrais bien cette histoire être adaptée en mini série, un livre qui aurait pu se trouver en littérature adulte sans problème. J’ai beaucoup aimé!

La trilogie Shatter me de Tahereh Mafi

2.5/5

 

Dans un monde post apocalyptique, la Terre a subit de grave dommages environnementaux et sociétales et est désormais régit par le restablishment, une nouvelle forme de gouvernement. Juliette est une jeune fille de 17 ans qui vit depuis quelques mois, dans un asile isolé de tout. Seule, elle ne voit personne, ne parle à personne. Juliette a une particularité, lorsque sa peau rentre en contact avec une autre personne, celle ci subit une douleur intenable et finit par en mourir. Après avoir accidentellement touché un jeune enfant à l’âge de 14 ans, ces parents se débarrassèrent d’elle, la considérant comme un monstre. Son quotidien n’est que froideur et solitude, jusqu’au jour où un co-détenu est envoyé dans sa cellule, Adam.

Je crois que c’est l’avis enthousiaste d’Ori concernant le tome 3 et son ode à Warner qui m’a convaincu de me lancer dans cette trilogie young adult. Au vue des prix des romans grands formats en français, 17€ par tome, et ne sachant pas si j’allais aimé, je me suis lancée dans les versions kindle en vo.

Le premier tome Shatter me, m’a pas mal emporté je l’ai lu en peu de temps. C’est le personnage de Juliette qui parle à la première personne du singulier, on voit donc ses pensées, ses craintes, sa solitude. C’est intéressant de suivre cette jeune fille qui frôle la folie, elle qui n’a jamais connu ni amour parentale, ni amitié, les enfants de son école la fuyant comme la peste, et ses parents la traitant de monstre, sans parler de son enfermement dans un asile, de quoi devenir un peu cinglé, d’où une narration originale, des phrases barrées, des répétions dans ses mots, une manière originale d’exprimer ses émotions, sa rencontre avec Adam, son immersion dans la base de l’ennemi avec son chef, Warner.

De ce coté là rien à dire, c’est originale et bien écrit, mais du coup, l’auteur qui s’est concentré sur cet aspect, n’a pas assez penser la société, on ne comprend pas on ne cerne pas le monde dans lequel évolue les personnages.

Le tome 2 UNRAVEL ME fut plus dure à lire dans le sens où je me suis grandement ennuyée durant la première moitié (les 50% du roman). On est enfermé dans les pensées très ado de l’héroïne, c’est du « moi je » tout le temps je suis seule, je suis triste, je me lamente encore et toujours, au point que je n’en pouvais plus.

Dans ce tome, Juliette a rejoint Omega point, un groupe de quelques centaines de membres, qui se dit être la résistance face au restablishment. Elle a donc du mal à s’intégrer elle qui a toujours été rejetée ou isolée. Mais c’est surtout sa relation avec Adam qui est mis en avant, une relation maudite puisqu’elle découvre qu’Adam ne peut plus la toucher sans être blessée par le pouvoir de Juliette, comme les autres.

Dès lors, l’héroïne devient souvent insupportable, une vrai ado qui broie du noir, qui ne pense qu’à sa personne, elle en devient énervante. C’est lamentation sur lamentation, centré sur son drame personnel, jusqu’à ce qu’enfin, Kenji qui reste un de mes personnages préférés, et qui est le seul à apporter un peu d’humour dans le récit, lui dise le fond de sa pensée, et lui dit exactement ce que nous lecteur, on a envie de lui dire. Kenji l’a secoue un peu. On en apprend pas plus ni sur le restablishment, ni sur le rôle de la résistance si ce n’est son rôle contradictoire énoncé par l’auteur.

Heureusement, la seconde moitié est déjà bien plus palpitante, de l’action, des rebondissements, et une Juliette qui se réveille sur la fin, qui se lâche, qui maitrise de mieux en mieux son pouvoir, qui consiste également en une force surhumaine. Elle frôle la folie meurtrière ce qui est intéressant à lire.

Dans le troisième tome, il est quand même plaisant de voir l’héroïne évoluer, elle n’est plus la petite fille apeurée qui ne sait pas quoi dire quoi faire, ça fait du bien de la voir prendre le dessus. Donc le tome 3 commence bien, Juliette se réveille réellement, elle devient un leader naturel, prend des initiatives, prends des décisions, prends confiance en elle et en ses pouvoirs qu’elle maitrise enfin presque parfaitement.

J’ai apprécié la voir ainsi, ça fait un tome entier que j’attendais de la voir réagir comme ça. Du coup, sa relation avec Adam ne tient plus, elle a évolué vers sa vraie nature, courageuse, battante, un coté dominant, sa véritable personnalité ne correspond plus à l’idéale d’ Adam qui était tombé amoureux d’une jeune fille fragile, timide, peu sur d’elle, qui a besoin de protection et d’assistance. Et la réaction d’Adam face aux évènements se révèlent un peu décevant aux yeux de Juliette, les choses changent; si au début je me suis dit que c’était quand même surprenant de voir une fille qui parlait d’Adam de manière si amoureuse, si fusionnelle, changer brutalement, et sentir ses sentiments s’évanouir comme neige au soleil, j’ai finalement trouvé ça crédible car après tout, c’est la première fois que Juliette se découvre, se connait, qu’elle découvre sa personnalité, ses pulsions, sa force, son pouvoir, sa passion, et elle reste une ado de 17 ans, qui peut aimer passionnément un jour et plus du tout le lendemain, ce n’est que dans la fin du tome 2 et dans le tome 3 qu’elle découvre vraiment qui elle est et de quoi elle est capable, et bien sur ça change tout.

Le point fort réside dans les personnages principaux et leurs relations. Juliette est un personnage que j’ai apprécié voir évolué. Sa relation avec Adam est intéressante, mais au final j’ai de loin préféré les scènes entre Juliette et Warner, personnage ambigu, tout sauf manichéen, qui a un coté sombre, qui aurait pu sombrer dans le mal, un personnage comme je les aime, et c’est à son contact que Juliette se révèle et apprend à se connaitre même si elle n’aimera pas tout ce qu’elle découvrira, et ce depuis leur première rencontre. J’ai aussi énormément apprécié les interactions avec Kenji, le seul personnage à apporter de l’humour, le seul qui dit tout haut ce que le lecteur a envie de hurler à Juliette, et leur amitié est vraiment mignonne à voir même si elle évolue un peu brutalement entre le tome 2 et 3.

Par contre ce qui m’a déçu dans cette trilogie, c’est qu’en trois tomes, rien est dit, c’est presque du vent. On sent que l’auteur était très intéressé par ses personnages, leurs relations, l’évolution de leurs sentiments et de leurs personnalités. L’histoire, le contexte politique, sociale, mondiale, rien n’est développer, rien n’est dit mais d’une manière qui donne l’impression que l’auteur n’a pas voulu se casser la tête et n’a pas réfléchi à tout ça. Des militaires, des civils, un commandant suprême, des sections dans le monde…des pistes nous laissent entendre qu’il y a eu un bouleversement climatique, mais on a aucun détails, rien n’est expliquer, rien n’est approfondi, en trois tomes on a rien du tout. Même le commandant suprême, qui s’avère être le père de Warner, n’est absolument pas développer si ce n’est que c’est un sociopathe, qu’elle est son histoire, d’où vient il, comment est il arriver au sommet de la hiérarchie ? des personnages secondaires introduit tardivement et qu’on n’apprend pas à connaitre du tout, il y a de grosses lacunes dans l’histoire, dans la compréhension de ce nouveau monde, des non sens, des oublis, on a l’impression que tous ça est un prétexte pour mettre en scène l’histoire d’amour entre Warner et Juliette. Sans parler que la fin est véritablement bâclée, à la limite du ridicule. Dommage.