Noblesse oblige

Noblesse oblige : Affiche

de Robert Hamer

Dennis Price, Alec Guiness, Valérie Hobson, Joan Greenwood

4/5

Louis a grandi auprès de sa mère, une noble qui a été reniée par sa famille après avoir fait un mariage avec un roturier. Toute sa vie, sa mère ne cesse de rappeler à Louis ses origines, et le fait qu’il pourrait un jour hériter des biens familiaux et du titre de duc. Après la mort de sa mère, et le refus de sa famille à ce qu’elle soit enterrée dans le caveau familiale, Louis est décidé à se venger en éliminant tout les héritiers du titre de duc qui se trouve avant lui sur l’arbre généalogique.

Noblesse oblige : Photo Robert Hamer

Ces deux dernières semaines était organisé une rétrospective sur le thème d’Alec Guinness and friends. Quelques salles d’art et d’essai repassaient 7 films d’humour typiquement anglais tournés dans les années cinquante. Passeport pour pimlico, de l’or en barre, tueur de dames, whisky a gogo, et quelques autres. Avec mes vacances j’en ai profité pour voir au moins l’un de ces films. J’ai choisi noblesse oblige tourné en 1949, vu au cinéma art et essai Mac Mahon.

Noblesse oblige : Photo Robert Hamer

On y suit le pauvre Louis, qui après la mort de sa mère, une noble reniée par sa famille après un mariage roturier, décide de se venger de cette famille qui n’a pas voulu satisfaire les dernières volontés de sa pauvre mère. Petit commis dans un magasin, Louis décide d’éliminer un à un tout les préposés au titre de duc qui se situent avant lui dans la ligne de transmission.

Noblesse oblige est un petit bijoux d’humour noir, de cynisme et d’humour british. Ici pas de franche rigolade ou de fou rire, mais un humour fin et intelligent. Louis est au départ un personnage un peu simpliste, très attaché à sa mère, très naïf, maladroit. Une fois son premier meurtre accompli, il prend de l’assurance, devient plus téméraire, ose plus, et tout en montant l’échelle sociale, voit son accès au titre de duc se rapprocher rapidement. L’acteur Dennis Price, avec ces cheveux bouclés, ses manières et son personnage m’a fait penser plus d’une fois à Guillaume Gallienne dans son flm Guillaume et les garçons à table.

Un empoisonnement, un sabotage, une explosion, des accidents à gogo, tous les héritiers de la famille de Louis sont interprétés par le même acteur, Alec Guinness (loin de son rôle d’Obi Wan Kenobi!), que ce soit un vieux prêtre alcoolique, un séducteur, et surtout une sufragette un peu violente, Alec Guiness a le sens du déguisement, il incarne chaque héritiers de la famille d’Ascoyne, huit personnes différentes dont une femme, chacun avec humour!

J’aurais aimé en voir d’autre notamment, tueur de dames, mais le cycle se termine aujourd’hui. Un très bon film d’humour noir, avec d’excellents acteurs, notamment Dennis Price et Alec Guinness.

 

The house of mirth

de Terrence Davies

Gillian Anderson, Dan Acroyd, Eric Stoltz, Laura Linney, Anthony LaPaglia

4/5

1905, New York. La jeune et jolie Lily Bart a longtemps fuit le mariage, mais doit dorénavant s’avouer vaincu. Face aux dictats de la haute société new Yorkaise, Lily doit comme toutes les femmes, trouver un mari. Difficile pour elle de trouver quelqu’un à la hauteur de ses ambitions, surtout quand on est déjà amoureuse du séduisant Laurence Seldon, mais qui hélas n’a pas tout à fait la fortune qu’il faut pour subvenir aux luxueux besoins de Lily. Les mois passent et Lily enchaine les impairs et les faux pas, jusqu’à ce que sa réputation finisse par recevoir un coup rude.

Ce week end, j’avais le choix entre revoir un film déjà vu, une valeur sure pour passer le temps en ce dimanche gris, ou bien tenter ma chance avec l’un des dvd de ma pile que je n ‘avais pas encore vu. Toujours cette flemme et ce confort rassurant de voir un film que l’on connait déjà plutôt que de se lancer dans l’insécurité d’un film qu’on est pas sur d’apprécié!

Je me suis donc lancée dans cette adaptation du roman d’Edith Wharton, Chez les heureux du monde. Je m’étais procurée le dvd en promotion à Londres, vendu pour pas grand chose, achetée surtout parce que j’aime beaucoup Edith Wharton, et que j’aime beaucoup le jeu de Gillian Anderson.

The house of mirth nous montre durant 2h15 les travers de la haute société new yorkaise du début du siècle, son hypocrisie, ses mensonges, ses non dits, ses faux semblants, ses méchancetés et bassesses.

Lily qui se veut moderne, indépendante, est à la recherche d’un mari. Elle a certaines possibilités, certaines propositions qui pourraient la propulser à un statut social élevé, mais son amour pour le séduisant Laurence l’empêche de sauter le pas, et elle finit toujours par saboter les tentatives de ces prétendants. Le personnage de Lily se veut libre mais elle va vite se laisser entrainer dans des déboires qui vont entacher sa réputation, quelques erreurs naïves de sa part, quelques coups bas de certaines femmes mariées.

Le film nous montre à quel point une femme célibataire peut être faible, facile à atteindre, sans protection et mal considérée par ses pairs. On peut voir la place de la femme mariée, sa force, son poids dans la société. On suit en deux ans, la déchéance de la pauvre Lily, qui d’erreur en trahison, finira seule et rejeter de tous.

The house of mirth m’a tenu durant tout le film, je ne me suis pas arrêtée une fois, je n’ai pas vu le temps passé non plus. La réalisation laisse penser qu’on évolue dans un rêve, une atmosphère nonchalante se fait sentir du début à la fin, un peu comme l’est la société de ce début de siècle, les décors et les costumes sont magnifiques et le casting impeccable, à commencer bien sur avec Gillian Anderson, excellente dans le rôle de Lily Bart, enjouée et sur d’elle au début, qui finira dans un désenchantement total. On souffre avec elle, notamment lorsque son amie lui annonce devant toute une assemblée qu’elle ne remontera pas avec elle et son mari sur leur yacht, l’a laissant seule et abandonnée durant ses vacances en Europe.

Par contre, difficile de ne pas s’énerver de voir Lily se sacrifier comme elle le fait. Une fois son rejet total par la haute société, Lily à plusieurs occasions de revenir sur le devant de la scène, de faire un beau mariage, et de se venger au passage des personnes responsables de son rejet, mais ce n’est pas dans la nature de la pauvre Lily. Libérée, rêvant d’indépendance, Lily ne veut ni d’un mariage arrangé, ni de vengeance, qui pourrait toucher son cher Laurence. Laurence Seldon aussi m’a souvent énervé, leur amour réciproque, leur bonheur quand ils sont ensemble n’aboutit pas. Entre l’absence totale de communication et de franchise de Seldon, et une Lily qui joue les inaccessibles, les deux ne se trouvent jamais. J’ai eu parfois un peu de mal de voir Lily se laisser faire comme elle le fait alors que les occasions de refaire surface se sont présentées à elle. Mais d’un autre coté, il est toujours très difficile de partir de haut et de tout perdre ensuite, la chute est dure, et on ne peut pas blâmer la pauvre Lily de s’être laisser sombrer.

Un très beau film donc, superbement interprété, superbement réalisé, nous décrivant une société malsaine, hypocrite, fausse et vide de sens. Très envie de lire le roman maintenant!

Cinéma coréen – Kim Ki Duk

Dans le cadre du challenge printemps coréen organisé par coccinelle, après Bong Joon Ho, je vous parle aujourd’hui de Kim Ki Duk, un autre réalisateur coréen qui a marqué mes heures passées dans les salles obscurs. Ces films, contrairement à ceux de Bong Joon Ho, ne nous parle pas de problèmes de société, et n’inclut jamais l’humour. Ici, ce sont de courtes histoires, des personnages passionnés, des sentiments souvent absolus, et une poésie omniprésente.

Le premier film de Kim Ki Duk que j’ai vu, c’est aussi le meilleur de son cinéma, et mon film préféré parmi ceux que j’ai pu voir de lui, Printemps été automne hiver et printemps. J’ai un énorme coup de cœur pour ce film.

Le film est court, mais riche, bien menée, intelligent, qui fait réfléchir sur le sens de la vie et la nature humaine, et visuellement magnifique. Il raconte l’histoire d’un homme d’un certain age, vivant seul dans une maison ouverte flottant au milieu du lac. Connu par les habitants alentour pour être une sorte de maitre et de sage, une jeune femme décide un jour d’abandonner son tout jeune enfant au vieux monsieur, sans lui demander son avis. L’homme n’a pas d’autre choix que de l’élever, chaque saison correspondant à un age de la vie de cet orphelin, l’enfance durant le printemps et l’apprentissage du bien et du mal, l’adolescence durant l’été et la découverte de l’amour, l’age adulte durant l’automne et les premiers coups durs, et enfin l’age mûre en hiver…Une beauté visuelle mais pas que, j’ai été complètement hypnotisé par l’atmosphère du film, son message philosophique, son absence de leçon morale, et par la vie de ce petit garçon.

Autre film Locataires, qui raconte l’histoire d’un jeune homme qui a un moyen infaillible pour découvrir les maisons qui vont restées désertes au moins 24 heures. Une fois la maison choisie, il s’y installe, pour un ou deux jours, il se fait à manger, prend un bain, dort au chaud, et en profite pour réparer tous les objets de la maison qui seraient en panne ou abimés, une manière pour lui de payer son du. Un jour, il s’installe dans un grande maison qu’il croit être vide, jusqu’à ce qu’il découvre qu’en réalité, la jeune épouse du propriétaire n’est jamais partie. Entre eux, une relation étrange et silencieuse nait, ils deviennent très complice, et le lendemain, alors qu’il découvre que le mari en question bat violemment sa femme, il prend sa défense et s’enfuit avec elle, l’emmenant dans ces périples de maison en maison.

Locataires : Photo Kim Ki-duk, Lee Seung-yeon

Locataire est un film quasiment silencieux, le héros et son héroïne n’échangent aucune paroles, seules les personnages qu’ils rencontrent font entendre le son de leurs voix. La musique est par contre omniprésente, notamment une chanson orientale, Gafsa chanté par Natasha Atlas, qui est juste sublime et amène les choses à un degré poétique supérieur. Le film est court encore une fois, Kim Ki Duk ne s’embête d’aucune longueur, répétition ou de scènes inutiles. C’est un très beau film, plein de douceur et de poésie.

Locataires : Photo Kim Ki-duk

De Kim Ki Duk, j’ai aussi vu les films Time (une jeune femme change de visage pour ressusciter sa relation avec son mari), Souffle (une mère de famille délaissée par son mari, décide de rendre visite à un détenu condamné à mort et en tombe amoureuse), The coast guard (le quotidien des gardes cotes qui surveille la frontière entre la Corée du nord et du sud), Samaria (l’histoire d’une lycéenne qui se lance dans la prostitution pour se payer un voyage en europe), l’arc (l’histoire d’un vieux pêcheur qui compte épouser sa petite protégée lorsqu’elle atteindra ses 17 ans et qui essaye de précipiter le mariage quand il découvre que la jolie jeune fille est attirée par un homme de son âge), Pieta (un homme sans foi ni loi, orphelin, gagne sa vie en frappant, agressant et mutilant les pauvres commerçant qui n’ont pas remboursé leurs dettes aux usuriers. Il reçoit la visite d’une dame qui se dit être sa mère).

Certains de ces films sont plus intéressants que d’autre, notamment Coast guard, Samaria et Pieta. Mais Printemps, été, automne…et Locataires, sont les deux films à retenir.

Dans le cadre du challenge, Printemps coréen

Veronica Mars – Le film

Veronica Mars : Affiche

Veronica Mars – le film

de Rob Thomas

Kristen Bell, Enrico Colantoni, Jason Dohring, Ryan Hansen, Tina Majorino

3/5

On l’aura attendu ce film, les projets auront défilés, changés, annulés, et enfin le film vu le jour. La série Veronica Mars m’avait beaucoup plut à l’époque. Si on passe outre les scènes parfois surréalistes dans lesquelles une petite lycéenne arrive à faire tout ce que fait Veronica Mars, avec parfois une facilité déconcertante, on prend un grand plaisir à suivre cette ado cynique, à la répartie cinglante, qui ne se laisse pas démontée facilement, et qui arrive à reprendre le dessus malgré les épreuves. La saison 1 et 2 furent donc excellentes, on suit avec grand plaisir les intrigues dans lesquelles l’ado blonde se trouve mêlées, de l’assassinat de sa meilleure amie, à la chute suspecte d’un bus d’étudiants, en passant par toutes les petites histoires un peu plus futiles d’ado, car Véronica a acquis la réputation de savoir régler les problèmes moyennant argent ou services rendus. La saison 3 fut moins bonne, avec les héros partant pour la fac, et une histoire un peu moins travaillée, un peu moins prenante.

Veronica Mars : Photo Jason Dohring, Kristen Bell

C’est donc avec plaisir que j’ai retrouvé Veronica Mars. L’histoire se déroule 9 ans après la fin de la série. Veronica a réussi, elle a été à Standford, a étudié le droit dans les meilleures université, et se retrouve à New York où elle vit avec Piz, son ancien copain de fac qu’elle a retrouvé et est sur le point d’entrer dans l’un des cabinets d’avocat les plus prestigieux de la ville. Mais le fantôme de Neptune High n’est pas loin, avec l’appel de Logan, qui lui demande son aide pour l’aider dans le choix de son avocat, puisqu’il vient d’être accusé du meurtre de sa copine, la star de la pop Bonnie DeVille, retrouvée noyée dans sa baignoire. Veronica retourne donc dans sa ville natale, son père toujours détective privée, Wallace professeur au lycée, Mac devenue informaticienne pour la compagnie Kane, elle retrouve aussi Dick qui continue à jouer la vie de riche héritier, ou encore Eli, devenu père de famille respectable.

Veronica Mars : Photo Kristen Bell

C’est vraiment agréable d’avoir des nouvelles de tous les personnages de la série, de revoir Veronica sortir du placard son fameux sac à bandoulière, son appareil photo avec objectif de paparrazzi, la revoir y aller au culot pour obtenir quelques infos, prêcher le faux pour obtenir le vrai. Avec la fête de réunion d’anciens élèves pour les 10 ans de leurs diplômes on replonge aussi dans les mesquineries lycéennes.

Veronica Mars : Photo Kristen Bell, Percy Daggs III, Tina Majorino

Au finale, je n’ai pas vu le temps passé, l’intrigue n’a rien d’exceptionnelle, on a bien envie de savoir qui a voulu piéger Logan, mais c’est surtout une bonne excuse de réunir tout le monde. Seul absent, on ne sait pas ce que devient Duncan (surement toujours en fuite en Australie et élevant sa fille loin de sa famille).

Veronica Mars : Photo Daran Norris, Enrico Colantoni, Jerry O’Connell

Sans être inoubliable, j’ai passé un bon moment en compagnie d’une héroïne que j’aime beaucoup et des rôles secondaires attachants. En tout cas, ça m’a vraiment donné envie de me refaire la série!

Beautiful creatures

Sublimes créatures : affiche

de Richard Lagravanese

Alden Ehrenreich, Alice Englert, Jeremy Irons, Emma Thompson

3.5/5

Ethan est un ado comme les autres, qui s’ennui à mourir dans la petite ville du sud des Etats unis. Il ne rêve que de partir loin de ce patelin ennuyant. La monotonie du village est rompue par l’arrivée de Lena Duchannes, une nouvelle élève qui s’avère la nièce d’un homme riche et excentrique de la région, mal vue et craint par les habitants. Personnes n’apprécient Lena sauf Ethan qui se sent vite intriguée par  la jeune habite fille d’autant plus qu’il est persuadé qu’il s’agit de la personne qui habite ses rêves. Lena et Ethan sympathisent doucement jusqu’à ce qu’elle lui révèle qu’elle est en faite une sorcière. A ses 16 ans, une cérémonie aura lieu durant laquelle Lena saura si elle servira la magie noire ou la magie blanche.

Sublimes créatures : photo Alice Englert, Eileen Atkins, Jeremy Irons

je n’ai pas chercher à voir ce film, mais l’occasion s’est présentée. Je n’étais pas motivée au départ j’avais un peu peur d’avoir affaire à un pseudo twilight, avec du romantisme fleur bleue bien dégoulinant.

Sublimes créatures : photo

J’ai été agréablement surprise par ce film, dès les premières minutes le ton est donné, beaucoup d’humour, beaucoup de légèreté, un film qui ne se prend pas au sérieux. Le personnage d’Ethan est enjoué, très attachant, drôle, bourré d’humour et Lena n’est pas le cliché auquel je m’attendais.

Sublimes créatures : photo

la première partie est celle que j’ai le plus apprécié, beaucoup d’humour pour présenter les personnages. Jeremy Irons et Emma Thompson sont un plus dans les roles des adultes. Et les deux acteurs principaux sont très bons.

Sublimes créatures : Photo Alden Ehrenreich, Alice Englert, Thomas Mann (II)

L’ambiance de petite ville du sud, avec sa végétation, ses habitants suspicieux envers n’importe quel nouveau venu, sa lenteur au quotidien, rajoute un petit quelque chose qui fait que le film est réussi et pourrait facilement devenir l’un de ses films un peu cultes pour la génération de jeunes ados qui tomberaient dessus, à l’instar de Dangereuse alliance (un film qui ne casse pas trois pattes à un canard, mais qui avait fait son petit effet à l’époque).

Sublimes créatures : photo Alden Ehrenreich, Alice Englert

Sublimes créatures : photo Alden Ehrenreich, Alice Englert, Jeremy Irons

En bref, un film extrêmement sympathique, attachant, drôle et bien interprété. Les personnages sont vraiment intéressants, surtout quand on devine que le film n’a fait que les présentés et n’a pas pu aller au fond des choses. J’ai trouvé l’ensemble réussi et les personnages loin des clichés avec un Ethan enjoué et très attachant.

L’armée des ombres

de Jean Pierre Melville

1969

5/5

coup coeur

Lino Ventura, Jean Pierre Cassel, Paul Meurisse, Simone Signoret

1942. Philippe Gerbier, ingénieur, est arrêté pour ses pensées anti allemande et placé dans un camp de prisonnier tenue par des français. Personne n’a encore découvert sa véritable fonction, l’un des chef de la résistance. Il prépare son évasion quand la gestapo le récupère et l’emmène dans un de leur quartier générale. Il arrive à s’enfuir avant de subir un interrogatoire. Il retrouve alors certains membres de la résistance qui lui sont proches, comme Le bison, ou encore Le masque, mais avant tout, il s’agit de s’occuper de celui qui l’a dénoncé.

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ça fait longtemps que ce film est dans ma PAV et ça fait longtemps que j’avais envie de le voir. C’est en lisant l’avis d’Adalana sur le roman de Joseph Kessel, qui a servi pour le scénario du film, que je me suis dit qu’il était temps de le voir.

J’adore le cinéma français des années 50, 60, 70 et 80 (et même avant), c’est dans ces décennies là qu’on peut voir le meilleur du meilleur, contrairement à aujourd’hui, où le cinéma français peine et nous sort difficilement quelques bons éléments…Le film fut donc un coup de cœur, mais faut dire qu’avec un tel casting et un tel réalisateur, c’est difficile de faire mal.

Le film nous montre d’abord Philippe Gerbier, ingénieur, homme de science, qui est au service de la résistance sous les ordres de son maitre à penser, Luc Jardie. Et puis on nous présente les autres membres forts de la résistance, Le Bison, connue pour sa carrure de boxeur poids lourd, Le masque, un jeune résistant qui va devoir apprendre des méthodes parfois rudes et mettre au placard son humanité et ses scrupules, Félix, le bras droit de Gerbier, qui retrouvera en cour de route un ancien camarade pilote de chasse, Jean François qui s’ennui dans l’inaction et qui rejoindra la résistance à son tour.

Et puis bien sur, Madame Mathilde, une femme brillante, au sang froid sans faille, qui à obtenu le respect de tous par son intelligence et sa bravoure, c’est elle qui sortira d’affaire la plupart des membres de son groupe de résistance.

J’ai adoré apprendre à connaitre toutes ces figures, les voir prendre des risques mesurés, voir Lino Ventura retrouver à Londres son mentor Jardie, une figure énigmatique, mais surtout L’armée des ombres nous montre une résistance froide et réaliste, ici personne n’est un héros au sens pure du terme, ce sont avant tout des humains ordinaires qui se retrouvent dans des situations dramatiques et difficiles, les personnages ne sont pas du tout des héros, leurs actes ne les rends pas admirables ou honorables bien au contraire, entre étrangler de sang froid un jeune homme à peine majeur pour trahison, à l’aide d’un torchon de cuisine, ou d’assassiner en pleine rue l’un des leurs membres victimes d’un odieux chantage, ici seul le résultat compte, tous les moyens sont bons pour obtenir le résultat escompté, tant pis si ces héros de la résistance salissent leurs âmes en cours de route, c’est une sorte de sacrifice bien moins fracassant que dans les films romanesques, mais ça rend leur sacrifices encore plus forts.

Lino Ventura est exceptionnel dans ce rôle de résistant pragmatique, sa relation avec Jardie, joué par l’excellent Paul Meurisse, est prenante, et certaines scènes sont vraiment puissantes et hypnotiques, comme la fameuse scène du tunnel et du peloton d’exécution par les allemands. Sans parler du regard de Ventura et de Meurisse, dans les cinq dernières minutes, avec Simone Signoret. Et que dire aussi de la mise en scène de Jean Pierre Melville, L’armée des ombres est magistralement filmé du début à la fin par le réalisateur du Cercle rouge, autre très grand film.

En bref, des acteurs impressionnant, une mise en scène magistrale, une histoire prenante et des personnages incroyablement humains, avec les bons et mauvais coté. Le film marque les esprits, en tout cas il a marqué le mien, et m’a accompagné bien longtemps après la dernière scène, le tout accompagné par la magnifique musique d’Eric Demarsan qui va à la perfection avec les images.

Je vous laisse avec un des morceaux emblématique de la bande originale.

Film vu dans le cadre de mon challenge perso, ou comment vaincre ma PAV (j’ai encore pas mal de chemin à faire pour en venir à bout!).

Liste:

  • la foret de mogari de Naomi Kawase
  • le chateau de cagliostro de Hayao Miyazaki (avis)
  • the longest nite de Patrick Yau
  • l’armée des ombres de Jean Pierre Melville
  • le monocle rit jaune de Georges Lautner
  • la foret oubliée de Kohei Oguri
  • la servante et le samourai de Yoji Yamada
  • le vase de sable de Yoshitaro Nomura
  • police contre syndicat du crime de Kinji Fukasaku
  • bronco billy de Clint Eastwood
  • dead man de Jim Jarmusch
  • la vie est belle de Franck Capra
  • psychose d’Alfred Hitchcock
  • rain blood Kim Dae Seung
  • love and secrets de Andrew Jarecki
  • True grit (version John Wayne)
  • six filles à marier
  • Pollock

Pompoko

Pompoko : affiche Isao Takahata

de Isao Takahata

4/5

Dans les années 60, à Tokyo, la démographie explose. Pour pallier au manque de logements, il est décidé de construire une nouvelle ville en périphérie, et pour cela, il faut déboiser toute une colline. Ces chamboulements ne sont pas du gout des Tanukis, un animal qui a toujours vécut en harmonie avec les humains. Voyant vers quel désastre ils vont, les tanukis décident de réunir les chefs de clans, et de laisser leur vie simple de coté. Finis le squatte dans une maison abandonnée, détruite par les grues, finit la saison des amours et la procréation, les tanukis vont devoir concentré toute leur énergie pour mettre en place un plan sur 5 ans, visant à étudier les humains d’aujourd’hui, et aussi à réapprendre leur pouvoir ancestrale, longtemps inutilisé, la transformation, qui permet aux tanukis de se transformer en n’importe quoi, même en humain, pouvoir qui leur permettra de combattre les humains à armes égales.

Pompoko : photo Isao Takahata

De Takahata, j’ai vu le dramatique Tombeau des lucioles, Le très drôle Mes voisins les Yamada et dernièrement Omoide Poro poro, très poétique. Je n’avais jamais vu Pompoko, sortie en france en 2005 mais qui date en fait de 1994.

Pompoko : photo Isao Takahata

Pompoko : photo Isao Takahata

Pompoko : photo Isao Takahata

Le film dure deux heures, ce qui est assez long pour un film d’animation, et alors que je pensais ne voir qu’une moitié un soir tard, j’ai fini par tout regarder d’un coup. On s’attache très vite à ces petites bêtes, qui prennent une apparence animale devant les humains, qui sont toujours sur deux pattes et pas quatre quand les humains s’en vont et qui sont capables de se transformer en tout et n’importe quoi pour ceux qui maitrisent le pouvoir de la transformation, ce qui n’est pas le cas de tout les tanukis.

Pompoko : photo Isao Takahata

Évidemment, le film nous parle surtout d’environnement ici, avec la construction de toute une ville en pleine campagne et pour ce faire, la destruction de toute une colline et foret, entrainant la destruction de l’habitat naturelle de tout une brochette d’animaux, incluant bien sur les tanukis.

Pompoko : photo Isao Takahata

Ils ont appris à cohabiter avec les humains, durant le 20e siècle, à ramener du fast food dont ils raffolent, à manger des pop corns, à regarder la télé pour s’informer des attaques des humains sur leur colline.

Pompoko : photo Isao Takahata

Pompoko : photo Isao Takahata

Le film est donc assez drôle, les tanukis passant d’animaux sacrés, à bêtes traquées, qui finissent par se transformer en humains pour saboter les travaux des ouvriers, ou pour se transformer en spectres et faire peur aux nouveaux habitants. C’est aussi assez triste, puisqu’au finale, les tanukis ne gagnent pas, bien sur, la banlieue est construite, et les tanukis doivent abandonner leurs maisons. Ceux qui maitrisent l’art de la transformation se transformeront même en humain pour vivre parmi leurs anciens ennemis, faute de nouvelle maison. Seuls ceux qui ne savent pas se transformer s’installeront dans les parcs des villes.

Pompoko : photo Isao Takahata

Pompoko nous parle d’évolution, d’adaptation des espèces, de la loi du plus fort, mais aussi de l’absurdité des hommes. En bref, une jolie histoire sympathique et attachante, drôle et touchante, qui fait aussi réfléchir, à voir par les petits et par les grands.