Captain fantastic

Captain Fantastic : Affiche

de Matt Ross

Viggo Mortensen, Samantha Isler, Annalise Basso, Nicholas Hamilton, Shree Crooks, Charlie Stowell, George McKay, Frank Langella

4.5/5

Ben et Lexie ont décidé de vivre avec leurs six enfants, en pleine forêt, dans la nature, et de fuir ainsi la société qu’ils trouvent corrompue et fausse. Au milieu de nulle part, dans leur maison de bric et de broc, ils élèvent leurs enfants selon leur conception. Entrainement physique digne d’un entrainement militaire, et éducation par les livres. Les enfants sont ainsi robustes, ils savent se défendre, chasser, vivre en parfaite autonomie, sont aussi calés en math, physique, philosophie, littérature, politique et savent argumenter et défendre leurs idées. Mais un drame familiale vient bouleverser leur quotidien et la famille est obligée de sortir de sa retraite pour affronter le monde.

Lundi soir j’ai pu assister à l’avant première du film Captain fantastic en présence de Viggo Mortensen, venu défendre son film dans un français parfait.

Captain Fantastic : Photo Charlie Shotwell, George Mackay, Nicholas Hamilton, Samantha Isler

Captain fantastic raconte  la décision d’un couple de partir vivre loin du monde, dans la nature, suite à un problème important (je n’en dirais pas plus). Ils décident de s’exiler en pleine nature, se coupant du reste du monde pour y élever leurs six enfants, loin des lobby, des politiques hypocrites et égocentriques, des problèmes de finances, des centres commerciales, de la violence gratuite. L’éducation qu’ils donnent à leurs enfants est finalement complète, entre entrainement physique intensif, méthode de défense, et apprentissage autonome dans toutes les disciplines, les enfants de Ben sont en avance sur les autres enfants de leur age, ils ont appris à penser par eux même et a argumenter leurs idées, et sont équilibrés et solidaires. Mais du moment qu’ils sortent de leur retraite pour aller affronter le monde exterieur, les enfants sont déboussolés et en décalage. On sent que l’adaptation à une vie plus classique ne serait pas difficile pour les plus jeunes, mais c’est au final le plus grand, adolescent, qui souffre du manque d’interaction sociale avec d’autre jeunes de son age, qui n’est pas adapté socialement, qui a des lacunes concernant le lien social.

Captain Fantastic : Photo Annalise Basso, Shree Crooks, Viggo Mortensen

Matt Ross, dans son film, nous montre une alternative pour élever les enfants, les futurs générations, se rapprocher de la nature, apprendre un contrôler son corps, le maitriser par le sport intensif, et stimuler son intelligence, en permettant à tous, même au plus jeunes, d’étudier des matières pas toujours faciles, de la physique quantique à la philosophie pointue, en passant par des lectures adultes lu par de jeunes enfants. Leur père ne leur ment jamais, ni sur le sexe, ni sur la mort, il n’inculque à ses enfants aucune notion de religion, et essaye de leur apprendre que les politiques et les lobby pourrissent le monde et l’être humain. Mais Ben n’est pas pour autant le père parfait, il dépasse parfois les bornes, en poussant parfois un peu trop ses enfants. Dans le film, c’est finalement leur retour forcé à la civilisation qui va montrer les limites de l’éducation pas si parfaite de Ben. L’ainé à des envie d’études dans de grandes université, après avoir été admis dans toutes les écoles prestigieuses, il rêve de parcourir un peu le monde, ou encore Rellian, dix ans, qui estime que son père n’est pas forcément dans le vraie dans sa manière d’éduquer et qui a besoin d’une pause.

Captain Fantastic : Photo Annalise Basso, George Mackay, Nicholas Hamilton, Samantha Isler, Viggo Mortensen

Cette manière d’éduquer les enfants n’est pas parfaite. Si les enfants de Ben sont plus ouverts, intelligents et malin que la plupart des autres enfants de leur age, le manque social se fait sentir surtout chez les plus âgé, et encore, dans le cas des enfants de Ben, ils ont quand même eu la chance de grandir dans une famille nombreuse. Matt Ross nous fait réfléchir, sur un retour à la nature, aux choses simples, sans téléphone, sans internet, il nous donne une analyse de la société corrompu par les puissants et les lobbies qui sont partout (mais au final n’est ce pas toujours le cas, quelques soit l’époque?). Ceci dit, mis à part le manque social que ressentent les enfants, ou la sensation d’être en décalage avec leur monde et leur époque, ce genre d’éducation n’est valable que si les parents sont des gens aussi cultivés et instruit que le sont Ben et Lexie. On devine bien que Ben à du faire de longues études universitaires pour pouvoir à son tour instruire ses enfants, aussi bien en littérature qu’en physique, et on sait que la mère était avocate. Ce n’est pas le cas de tout le monde.

Captain Fantastic : Photo Annalise Basso, Viggo Mortensen

Captain fantastic, c’est une belle brochette d’enfants et d’ado qui jouent tous vraiment très très bien, on s’attache très vite à cette famille, à ces enfants, on se sent bien avec eux dans leur monde, c’est souvent très drôle, le sujet est très intéressant (mot interdit par le père, car il ne veut rien dire!), ça fait réfléchir tout en étant très divertissant, et Viggo Mortensen toujours aussi doué, et encore une fois tout nu, ça commence à devenir une habitude! Très bon film à ne pas rater. Sortie le 12 octobre.

Comancheria de David Mackenzie

Comancheria : Affiche

De David Mackenzie

Chris Pine, Ben Foster, Jeff Bridges

4.5/5

Dans le fin fond du Texas de l’ouest, les deux frères Howard, Toby et Tanner, viennent d’hériter du ranch de leur mère. Les Howard ont toujours été pauvres et ce sur des générations, et le maigre ranch familiale ne rapporte plus un centime depuis longtemps. Avec la mort de leur mère, la banque saisiront la propriété d’ici la fin de la semaine si ils ne remboursent pas les dettes accumulées. Pour Toby, hors de question de céder ce ranch à la banque responsable de tous leurs malheurs, surtout qu’on vient de découvrir des gisements de pétrole dans les sous sol. Alors Toby et son grand frère, récemment sorti de prison, décident de braquer les agences de la banque qui les menace d’expulsion, afin de réunir la somme nécessaire. Le ranger Marcus Hamilton, à quelques jours de la retraite se lance sur les traces de ces deux étranges braqueurs de banque qui n’ont pas l’air de chercher à voler de grosses sommes.

Comancheria : Photo Gil Birmingham, Jeff Bridges

Comancheria nous emmène dans l’Amérique profonde, celle des grands espaces, celle qui donne l’impression qu’on n’est pas du tout au 21e siècle, qu’on est plutôt encore au début du 20e. Bien sur, la crise est passée par là, ce qui donne l’impression d’être au lendemain de la crise de 29. Toutes les maisons sont à vendre, vendues ou saisies par les banques, les publicités pour des organismes de crédit et de rachat de crédit sont partout, les policiers ressemblent à des cow boys sortis d’un western, et toute la population est armée et n’attend qu’une occasion pour dégainer les pistolets.

Comancheria : Photo Ben Foster, Chris Pine

C’est dans ce contexte qu’on fait connaissance avec les frères Howard. Chacun des deux frères est malin ou intelligent à sa façon, mais n’ont pas du tout le même caractère. Tanner, l’ainé, au tempérament violent qu’un séjour à la prison locale n’a pas arrangé, à la répartie facile, sait parler à son prochain, sait convaincre, et joue son rôle protecteur de grand frère à merveille. Toby, le plus jeune, est plus posé, calme, déteste la violence, mais ne peut se résoudre à transmettre à ses deux fils, qui vivent avec leur mère depuis le divorce, que misère et pauvreté et veut que ses fils aient une vrai chance de changer le destin. Avec la découverte du pétrole dans les sous sol de leur ranch, qui ne valait pas de quoi rembourser leur dette jusque la, les frères Howard on une vraie carte à jouer.

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J’ai adoré l’ambiance du film, cet Amérique loin des images de rêve, excitante et pleine de vie que véhiculent les séries et les films. Ici, ni de grandes mégapoles où tout est possible, pas de grands espaces verts romanesques où tout est paisible. C’est champs à perte de vue, décharges, maisons mal entretenues, bâtiments saisis par la banque, propriété agricole à l’abandon. Quelques vrais cow boy vivent encore là , à élever du bétail, mais on nous fait bien comprendre qu’ils sont probablement les derniers de la région…Et puis le réalisateur n’oublie pas d’écorcher à vif l’image des banques qui participent grandement à l’appauvrissement des gens et qui n’hésitent pas à frôler la malhonnêteté.

Dernières séances: Dernier train pour Busan – Star trek sans limites – Divines

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De Sang Ho Yeon

Gong Yoo, Ma Donh Seok, Jung Yoo Mi, Kim Soo An

4/5

A Séoul, Sok Woo travaille dure dans le monde de la finance. Il a peu de temps à consacrer à sa fille Soo-an, qu’il élève seul depuis que lui et sa femme se sont séparés. En attendant le divorce, c’est lui qui s’occupe de leur fille, mais Soo an ne veut qu’une chose, rejoindre sa mère qui espère avoir sa garde. Le jour de son anniversaire, Soo an demande à son père de l’emmener par le train du matin à Busan pour voir sa mère qui l’attendra à la gare. Sok woo qui n’a pas été présent pour sa fille ces derniers mois, cède à la demande de sa fille. Ils prennent alors un train grand vitesse pour Busan. Alors que le train est sur le point de partir, une jeune femme monte in extremis dans le dernier wagon. Dans un état de convulsion, la jeune femme s’attaque aux autre passagers, qui une fois mordus, deviennent agressifs. Tous ceux qui sont mordus se transforment donc en zombies et cherchent inlassablement à contaminer les autres en les mordants. Sok woo et soo an se réfugient dans un autre wagon, avec d’autre passagers. Le chauffeur du train déclare au même moment qu’il ne s’arrêtera pas avant Busan, car à l’extérieur, le virus s’est répandu très vite, les zombies sont partout, et dans les villes règnent chaos et violence. Sok Woo va tout faire pour que sa fille survive à cette catastrophe.

Dernier train pour Busan : Photo Dong-seok Ma, Gong Yoo

Dernier train pour Busan est donc un film de zombie, un film catastrophe. On apprendra qu’un virus s’est répandu en dehors d’un laboratoire en faillite, dont les mesures de sécurité étaient probablement défaillantes. Le virus s’est répandu à vitesse grand v, contaminant la population et transformant les humains en zombies violents et assoiffés de sang. En cela, dernier train pour Busan n’apporte rien d’originale ou de nouveau. Un virus, des zombies classiques dans leur genre, des villes saccagées, des actes de violences, du sang. Les personnages aussi ne sortent pas du cadre. On a le gros bras qui apporte pas mal d’humour, une femme enceinte, deux vieilles dames, deux ado qui viennent à peine de commencer à vivre, le gros pdg riche qui piétine tout le monde pour favoriser sa survie.

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Le plus du film, c’est qu’il s’agit ici d’un huis clos, toute l’action ou presque se passe dans un train à l’exception d’une scène en gare, et de la fin du film. Les zombies et les survivants sont coincés dans le même train. De ce côté-là, c’est donc très intéressant et très bien filmé.

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Mais au-delà du simple film de survie, de zombie, dernier train pour Busan interroge surtout sur la nature humaine et ce que sont capable de faire les êtres humains pour survivre.  Survivre à une catastrophe mais aussi survivre tout court, sans forcément être face à un danger imminent. Le personnage de Sok woo est devenu un être sans pitié. Dans le train, il ne comprend pas pourquoi sa fille d’à peine 7 ans, se lève pour laisser sa place à une vieille dame. Bien sur, face aux zombies, le père agira encore sans penser aux autres. Il n’aura aucun geste pour aider ceux qui l’entoure, mis à part sa fille bien sur, car dans ce monde il faut savoir ne penser qu’à soi pour survivre.

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Bien sur, face aux réactions de sa fille, Sok woo deviendra un peu plus attentif à son entourage, et quand des inconnus prendront des risques pour l’aider et lui sauver la vie, il se remettra en question.

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Dernier train pour Busan nous parle de sacrifice, d’entraide, d’empathie, de solidarité entre humain. Sans le sacrifice de certaines personnes, personnes n’aurait pu survivre. Le film suit des lignes tracées concernant le film de survie. Les zombies, les attaques, deux ou trois scènes qui glacent le sang, un peu de suspense, mais au final, tout est assez stéréotypé. Chaque personnage à son rôle à jouer, et je n’ai pas été surprise de la tournure que prend l’intrigue ou de la destinée de certains personnages, si ce n’est une ou deux exceptions. Reste un film prenant, qui renvoie une image clairvoyante de l’humanité confronté à des situations extrêmes.

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On ne s’ennuie pas une seconde, on ne voit pas le temps passé, et comme souvent dans les films coréens, on prend toujours quelques minutes pour égratigner soit la police, soit le gouvernement, et ici c’est le gouvernement qui en prend un peu pour son grade. J’ai été un peu surprise qu’il n’y ait pas plus d’humour, en générale, les films coréens savent mélanger les genres les plus terribles avec un peu d’humour mais ici on n’en a pas des masses, si ce n’est un peu dans la première moitié du film.

Star Trek Sans limites : Affiche

Star trek

de Justin Lin

Chris Pine, Zachary Quinto, Simon Pegg, Zoé Saldana, Karl Urban, Idris Elba, Sofia Boutella

3,5/5

Le capitaine James T Kirk s’ennuie un peu à bord de l’Entreprise. Poursuivant l’exploration de la galaxie, la mission trop longue qui doit encore durer 3 ans, commence à peser sur les épaules du jeune capitaine Kirk qui va bientôt fêter son anniversaire. Il pense sérieusement à accepter une promotion pour devenir un amiral et dire adieu à l’entreprise. Mais alors qu’ils viennent d’arriver sur un énorme satellite de la fédération starfleet, ils reçoivent un sos provenant d’une nébuleuse non exploré. L’équipe du capitaine Kirk se rend alors dans la nébuleuse. Ils tombent dans un piège et le célèbre vaisseau est disloqué avant de s’écraser sur une planète.

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J’aime beaucoup le reboot star trek, j’ai aimé les deux premiers volets. Ce 3e film est de la même qualité que les deux premiers, le même humour, l’action, l’aventure spatiale. J’ai tout de même trouvé ce film un peu moins drôle que les deux premiers. Et coté scénario, le truc du sos bidon pour attirer les personnages pour qu’ils tombent dans un piège, c’est du déjà vu surtout dans l’univers de Star trek.

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J’ai beaucoup aimé retrouvé le capitaine Kirk qui ici se pose des questions à la veille de son anniversaire. Il repense à son père qui s’est sacrifié pour qu’il survive, il s’interroge sur les vrais raisons de son engagement avec starfleet. Spock lui aussi se pose des questions sur ce qu’il doit faire, ses devoirs envers sa race en voie de disparition, et sa relation avec Uhura.

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Ce coté introspection de soi est intéressant, mais gomme un peu le coté humoristique, peut être un peu plus présent dans les deux premiers films. Ce qui m’a beaucoup plut dans ce film, c’est le duo Spock/docteur MacCoy, obligé de se serrer les coudes, leur duo est très drôle, tout comme le duo entre Scotty et Jaylah joué par la danseuse Sofia Boutella. Et puis le méchant interprété par Idris Elba nous interroge sur une civilisation qui n’a plus besoin de faire la guerre et qui n’a plus d’ennemi.

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En bref, toujours un aussi bon casting, de l’humour, de l’action et donc un bon divertissement!

Divines : Affiche

Divines

de Ouda Benyamina

Oulaya Amamra, Déborah Lukumuena, Jisca Kalvanda

4/5

Dans une banlieue parisienne Dounia vit dans la misère auprès d’une mère souvent soule. Elle rêve de gagner beaucoup d’argent et de ne plus vivre au jour le jour. Avec sa meilleure amie Maimouna, elle propose ses services à Rébecca, la plus grande dealeuse de la cité, et espère par gagner beaucoup d’argent. L’argent rentre doucement mais surement, et avec Maimouna, les deux jeunes femmes s’amusent beaucoup, mais bientôt, Dounia va trop loin et les choses échappent à son contrôle.

Divines : Photo Oulaya AmamraJ’ai beaucoup aimé Divines, un film fort, passionnel, excessif, mais pas sans défaut. La première partie du film nous montre la réalité des banlieues, le manque de perspective, l’absence d’espoir, la pauvreté, la routine du quotidien. Le discours que Dounia tient à sa professeur en bep est très vrai. C’est aussi un film bourré d’humour, on rit énormément dans Divines, il y a beaucoup de scènes drôles. C’est aussi un film très féminin. Ici les personnages fort, qui ont le pouvoir ou qui le cherche, sont des femmes, et j’ai aimé l’absence de femme objet, car il faut le dire, le cinéma français ne peut s’empêcher de dénuder ses personnages féminins ou de les transformer en objet sexuel à un moment ou à un autre. Ici, ce n’est pas le cas, pas d’utilisation de ce genre parce que le personnage est une femme, et ça fait du bien.

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Ici le personnage de Dounia est fort, déterminé, et rêve de sortir de sa vie de misère, de briser le destin qui veut qu’elle reste dans cette cité et cette pauvreté. Elle rêve de s’élever, elle est ambitieuse et surtout elle a la rage de vaincre. Petit à petit, elle s’endurcit, prend des risques, pète les plombs. J’ai aussi beaucoup aimé l’amitié fusionnelle entre Dounia et Maimouna, ces deux femmes qui sont prêtes à tout l’une pour l’autre, qui ne supportent pas être séparées.

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Pour ce qui est des défauts, je parlerais surtout de l’apparition du danseur/vigile, que Dounia et Mamouina observent du haut des coulisses, pendant que lui et d’autre danseurs, passent des auditions et s’entrainent avec un chorégraphe. L’attirance que Dounia ressent pour ce danseur, la fascination qu’elle ressent quand elle le voit dansé, permet de belles scènes, et l’histoire d’amour naissante entre ces deux personnages est touchante, mais me semble un peu hors sujet, et un peu contradictoire avec le reste.

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Un film fort, qui nous parle de banlieue mais qui en fait va beaucoup plus loin que ça. C’est la motivation de s’élever, la rage de vivre une autre vie, de changer sa destinée, de se donner les moyens d’y arriver quelque soit le prix à payer. Les deux actrices principales sont excellentes et la mise en scène subtile et douce, malgré le sujet. La fin est dure et brutale.

Jason Bourne

Jason Bourne : Affiche

de Paul Greengrass

Matt Damon, Alicia Vikander, Tommy Lee Jones, Julia Stiles, Vincent Cassel

4/5

Plusieurs années après la fin des évènements de Bourne Ultimatum, Jason Bourne vit au jour le jour, sans raison, en se battant dans des combats à main nue clandestin, histoire de pouvoir se payer a manger et un hôtel. Il a quasiment recouvrer toute la mémoire, son passé, sa famille, son enrôlement. Il est alors contacté par Nicky Parsons, qui lui fournit des documents de la CIA qu’elle a piraté et dans lesquels Jason découvre des informations sur son père, sur son implication dans le projet treadstone, et son assassinat. Parsons lui demande son aide pour révéler au public le nouveau projet de la CIA, Iron hand, visant à contrôler et surveiller tous les citoyens du monde grace à une nouvelle application internet. Mais Jason n’a pas l’âme d’un révolutionnaire et ne s’intéresse qu’à découvrir la vérité sur son père. Au même moment à la CIA, l’analyste cyber Heather Lee repère Jason Bourne grâce au piratage de Nicky Parsons. Le directeur Dewey décide donc de lancer son atout, un tueur implacable, aux trousses de Bourne.

Jason Bourne : Photo

J’ai pu voir ce nouveau volet des aventures de Bourne en avant première, lundi soir.

J’adore la trilogie Jason Bourne (je ne parlerais pas de Jason Bourne l’héritage qui n’a rien à voir), j’adore voyager à travers le monde, j’adore les courses poursuites, j’adore les combats à mains nues. Quel plaisir de retrouver Matt Damon dans le rôle de Bourne et Paul Greengrass derrière la caméra.

On retrouve tout ce qui a fait qu’on aime la trilogie des Bourne: les courses poursuites en voiture, les combats à main nues, l’implication politique, la CIA en gros méchant, les complots, les personnages forts, le suspense, la tension, les mouvements de caméra toujours aussi efficace de Paul Greengrass, un tour du monde en bonus.

Jason Bourne : Photo Matt Damon, Tommy Lee Jones

On suis Jason Bourne en Grèce, en pleine crise financière et émeutes populaires, à Londres au bord des canaux, à Berlin, et enfin à Las Vegas. Comme toujours c’est les vraies visages des mégapoles qui nous sont montré, et pas que des gros plans sur les monuments les plus touristiques. Ici, la CIA fait pression, voir exerce un chantage sur Kalloor, un génie qui vient de lancer une nouvelle application sur internet qui va être utilisées par des milliards de personnes à travers la planète, afin qu’il donne accès à toutes les données personnelles et privées de ces utilisateurs, sous prétexte de sauver les États Unis de futures attaques terroristes. Paul Greengrass pose le débat aussi vieux que la société moderne, qui oppose les libertés individuelles et le droit à la vie privée, contre la sécurité nationale. Ce n’est pas une question nouvelle au cinéma, et ce n’est pas traité ici de manière originale, mais reste efficace. Il permet de souligner les grandes lignes de ce débat et les enjeux, sans que ça compromettre le rythme du film.

Jason Bourne : Photo Vincent Cassel

Greengrass reprend aussi le classique sujet  de la CIA en machine inhumaine, qui ne sert que ces intérêts, et qui est toujours prête à tuer et à avoir toujours dans un tiroir un pauvre bouc émissaire utilement mort qui portera le chapeau et servira d’excuse. ça non plus ce n’est pas nouveau, ni traité avec originalité, mais ça reste toujours efficace. Dans le cas de Jason Bourne  2016, le directeur de la CIA organise l’assassinat de Kalloor, peu enclin à coopérer, et espère faire porter le chapeau à un jeune irakien qui a le bon gout d’être mort et d’avoir ces empreintes sur l’arme qui servira au meurtre. Cet aspect du film m’a rappeler un peu le scénario du film Au revoir à jamais avec Geena Davis et Samuel Jackson, dans lequel la CIA fomente un attentat terroriste le jour de noël, en faisant porter le chapeau à deux hommes arabes morts, afin que le sénat américain vote plus de crédit pour la CIA. Le film date de 1996 et en 20 ans, ba rien à changer finalement!

Jason Bourne : Photo Matt Damon

J’ai donc apprécié le scénario, j’ai apprécié mon petit tour du monde, j’ai adoré les scènes d’action, de courses poursuites dans Las Vegas, les combats à main nues entre Bourne et son ennemi joué par Vincent Cassel. Et j’ai beaucoup aimé le personnage de Alicia Vikander, en analyse cyber de la CIA, ambitieuse, froide, j’ai adoré la découvrir au fil du film et la fin m’a bien fait sourire!

Jason Bourne : Photo Alicia Vikander, Matt Damon

On peut reprocher au film d’avoir un peu trop copié les précédents volets en faisant des parallèles qui n’étaient pas nécessaire (la scène en moto avec Nicky Parsons, qui rappelle l’ouverture de Bourne Supremacy, la course poursuite à Las Vegas qui rappelle celle de Moscou dans Bourne Supremacy…). Mais sinon, très bon film d’action qui n’est pas stupide pour autant, toujours la mise en scène rythmée de Paul Greengrass, toujours les petits jeu de cache cache dans les grandes capitales d’Europe, toujours ses combats à main nues impressionnant.

Elvis & Nixon

Elvis & Nixon : Affiche

de Liza Johnson

Micheal Shannon, Kevin Spacey

3.5/5

L’histoire vraie d’une rencontre entre Elvis Prestley et le président Nixon en 1971. Elvis décide de devenir un agent fédérale non rattaché, et demande dans une lettre à rencontrer le président des Etats Unis. Les deux meilleurs amis d’Elvis essayent alors d’organiser une rencontre rapide, avec l’aide de deux conseillers de Nixon qui aimerait bien exploiter cette rencontre à des fins politiques.

Elvis & Nixon : Photo Kevin Spacey, Michael Shannon

Je ne savais pas trop à quoi m’attendre avec ce film, je n’avais vu qu’un ou deux extraits. Mais étant fan des deux acteurs principaux, j’y suis allée un peu les yeux fermés. Au final, j’ai bien aimé le film, même si au fond il n’y a pas grand chose dedans. On découvre un Elvis des années 70, qui commence à avoir un peu d’embonpoint, qui est dans sa phase bling bling années 70, qui est un peu déconnecté de la réalité et qui rêve de pouvoir arranger les problèmes de son pays en parlant au président Nixon. On apprend quelques anecdotes sur la vie d’Elvis, qui viennent naturellement se coller au récit, on découvre l’entourage proche d’Elvis aussi, comme son meilleur ami Jerry, et quelques scènes de quotidien d’une maison blanche en effervescence pour accueillir the king.

Elvis & Nixon : Photo Colin Hanks, Evan Peters

Micheal Shannon ne ressemble pas du tout à Elvis mais on s’en fout un peu, il est très bon dans son rôle, et Kevin Spacey imite les mimiques de Nixon, même si on remarque que la mise en scène fait tout son possible pour ne pas rester trop longtemps sur le visage de Spacey, histoire que le spectateur ne se rendent pas compte de la non ressemblance. On s’attarde que quelques secondes sur le visage souvent de profil ou sur un détail comme les yeux ou la bouche. J’ai trouvé le procédé un peu bizarre, d’autant que pour Micheal Shannon qui ne ressemble pas du tout à Elvis, ça ne dérangeait personne de filmer l’acteur en gros plan.

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J’ai trouvé le duo d’acteur très bons, les seconds rôles aussi (Colin Hank a la même voix que son papa), et on rit plus d’une fois. Y’a pas mal d’humour, mais au finale, j’ai préféré toute la partie du film qui organise cet entretien entre les deux hommes, plutôt que l’entretien lui même. La discussion entre Elvis et Nixon est parfois drôle, parfois un peu ennuyeuse, mais elle représente qu’une petite partie du film au final. Un jolie hommage au King tout  de même, et un film intéressant et bien tournée, même si ce n’est pas le film de l’année.

Guibord s’en va – t – en guerre

Guibord s'en va-t-en guerre : Affiche

de Philippe Falardeau

Patrick Huard, Suzanne Clément, Irdens Exantus, Clémence Dufresne Deslières

4/5

Steve Guibord est un député indépendant élus dans la région du nord Québec. Dans son coin du Canada, il s’occupe surtout des problèmes qu’on les indiens Algonquins avec la pollution de leur rivière, ou des ouvriers de la scierie local. Il vient de prendre en stage politique, un jeune homme venu tout droit de Haiti, Souverain, passionné par la politique. Mais tout change quand le Canada doit décider d’entrer en guerre au coté des Etats Unis en Irak. Les députés vont devoir voté; alors que les conservateurs sont pour et l’opposition contre, le nombre de députés des deux partis sont à égalité. Le vote de Guibord, seul député indépendant, devient alors décisif pour départager les deux camps. Mais Guibord ne sait pas ce qu’il va voter.

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Je suis allée voir ce film un peu par hasard. Je voulais aller voir Man on high heels, mais les horaires ne me convenaient pas. Et finalement, j’ai bien choisi, car Guibord s’en va-t- en guerre est vraiment une réussite.

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J’ai adoré suivre le quotidien de ce député habitant une petite ville, dans son petit bureau situé au dessus d’une boutique de lingerie, ancien hockeyeur qui a renoncé à une carrière internationale pour cause de phobie en avion. Le suivre dans les affaires locales entre les problèmes des indiens algonquins, les problèmes des mineurs, les inaugurations ordinaires, les routes bloquées.

Guibord s'en va-t-en guerre : Photo Irdens Exantus

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J’ai adoré sa famille, sa femme décidé à ce que son mari vote pour la guerre, sa fille Lune, qui veut que son père vote contre la guerre, et puis sa rencontre avec le jeune Souverain, tout droit débarquer de son pays Haiti, pour faire un stage politique auprès de Guibord, et qui arrive avec son optimiste, son sourire, sa motivation, sa passion pour les grands philosophes, ou les citations des grands politiciens de tout bord.

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Le film nous présente rapidement les grandes lignes de la politique canadienne et son fonctionnement, c’est bien écrit, bien construit, l’intrigue est bien mené, on ne s’ennuie pas une seconde et surtout c’est vraiment hilarant, ça faisait longtemps que je n’avais pas ri autant au cinéma. On n’oublie tout et on parcours les routes du Canada en compagnie de Guibord, sa petite famille et Souverain, et on passe avec eux un très bon moment. A ne pas rater!

La tortue rouge – The strangers – Un traitre ideal

La Tortue rouge : Affiche

de Micheal Dudok De Wit

4/5

Un homme fait naufrage seul sur une ile déserte. Une colline, des rochers, une forêt de bambous, quelques crabes curieux, quelques fruits et un peu d’eau douce, rien de plus. Il essaye de fuir l’ile grâce à un radeau de bambou, mais étrangement à chaque fois qu’il tente de prendre le large, une tortue rouge géante détruit son radeau, l’empêchant de quitter l’ile.

La Tortue rouge : Photo

Le réalisateur d’animation néerlandais à travailler en collaboration avec les studios Ghibli et notamment Isao Takahata. Ici tout est épurée, les images, les personnages, l’histoire. Le film ne comporte aucun dialogue, on entend uniquement le bruit des vagues, des oiseaux, du vent dans les arbres, et quelques cris et rires humains. La tortue rouge, c’est plus un conte qu’un film au final. Cet homme qui ne pense qu’à quitter l’ile sur laquelle il a fait naufrage, une ile sur laquelle les tortues pondent leurs œufs, et qui n’arrive pas à dépasser la centaine de mètres du rivage à cause d’une étrange tortue rouge qui détruit à chaque tentative, le radeau du naufragé.

La Tortue rouge : Photo

Le film comporte donc quelques éléments fantastiques (SPOILER: notamment la tortue rouge, tombée amoureuse du naufragé et qui empêche l’homme de quitter l’ile. Ce dernier se vengera en tuant la tortue sur le sable. Le naufragé regrette son geste, mais il est trop tard, jusqu’à ce que finalement, la tortue se transforme étrangement en jeune femme rousse).

La Tortue rouge : Photo

La Tortue rouge : Photo

Le film dure 1h20, il envoute, et parle d’amour, de la vie, de son sens, de son cycle perpétuel, de la nature qui peut être belle et apaisante comme impitoyable ou inéluctable. Le contenu est beau et poétique et l’aspect extérieur n’est pas en reste. Les dessins et les couleurs sont sobres, le dessin est de toute beauté, sans rajouter de fioriture à une nature déjà sublime naturellement. Un film d’animation à voir, et qui convient à tout âge.

The Strangers : Affiche

de Na Hong Jin

Kwak Do Won,  Hwang Jeong Min, Kim Hwan Hee

4/5

Jong Goo, sergent dans la police, habite dans un patelin sans histoire avec sa femme, sa fille de 10 ans et sa belle mère. Un matin, il est appelé sur les lieux d’un crime monstrueux. Un jeune homme aurait assassiné très violement tous les membres de sa famille sans raison apparente, et est retrouver sur les lieux du crime dans un état second étrange. Très vite, les superstitions, les légendes urbaines et autres rumeurs refont surface, ce qui n’arrange pas l’état d’angoisse des villageois et de Jong Goo, en proie à de violents cauchemar. Les meurtres continuent avec d’autre massacres étranges, sanglants et sans raison. Puis Jong Goo découvre que sa fille développe certains symptômes présent chez les récents meurtriers. La belle mère est persuadé qu’elle a été possédée et décide d’appeler un chaman réputé.

The Strangers : Photo Kwak Do-Won

Du réalisateur coréen, j’avais vu the chaser, un excellent thriller, qui tient en haleine le spectateur comme rarement, et dont la fin me traumatise encore. Cette fois ci, je suis un peu plus préparer, je sais qu’avec ce réalisateur, tout peut très vite dérapé. Comme dans The chaser, et comme souvent dans les films coréens, même si le thème du film est glauque, même si’il s’agit d’un thriller, d’un film d’horreur ou d’un drame, il y a toujours quelques moments hilarants. Dans The strangers, on a droit aussi à ces moments comiques, malgré le contexte dramatique. Notamment dans la première heure, certaines scènes sont hilarantes, surtout autour du personnage principal Jong Goo, un policier un peu idiot. La salle à eut plusieurs fou rire, et ça faisait longtemps que je n’avais pas ri autant au cinéma.

The Strangers : Photo Han Chul, Kwak Do-Won

Mais bien sur, the strangers n’est pas une comédie et plus on avance dans l’intrigue plus le drame et l’horreur reprennent le dessus. Comme pour the chaser, ici l’ambiance est vraiment tendu. La pluie, les averses, les éclairs, la nuit silencieuse, la forêt où personne n’a envie de mettre les pieds, les rumeurs, les étrangers pointés du doigt, les superstitions, tout y est pour mettre dans l’ambiance. Ajouté à ça des dialogues qui fusent, un suspense prenant, une intrigue bien tournée, des personnages attachants, de l’humour bien dosé. Et surtout le réalisateur a su distillé les révélations, les rebondissements, les avancées de l’enquête pour faire en sorte qu’on ne sent pas du tout passé les 2h36 que dure le film. Pas un moment d’ennui ou de retombé. Et notamment une scène de rituels coréen avec chaman, tambours et feux de joie qui dure une bonne dizaine de minute et qui vous prend aux tripes du début à la fin.

The Strangers : Photo Kwak Do-Won

Un film entre thriller et horreur, avec une énorme louche d’humour, un film parfaitement maitrisé sur sa longueur avec d’excellents acteurs, notamment Kwak Do Won qui joue le policier, Hwang Jeong Min qui joue le chaman, et Kim Hwan Hee qui joue la petite fille du policier.

Un traître idéal : Affiche

3/5

de Susanna White

Ewan McGregor, Damian Lewis, Naomie Harris, Stellan Skarsgard

Perry et Gail forment un couple en pleine crise conjugale, et décident de passer un long week end à Marrakech pour réfléchir à leur futur. Ils font alors la connaissance de Dima, un russe exubérant et riche, qui les invite à plusieurs fêtes, et leur présente sa famille, sa femme, ses fils, sa fille ainée, et deux petites jumelles qu’il a adopté suite à la mort brutale de leurs parents. Lors de leur dernière soirée à Marrakech, Dima avoue à Perry qu’en réalité il est un membre très important de la mafia russe. Mais depuis peu, l’un des leurs surnommé le Prince, a conclu des accords lui permettant de donner une forme légale au blanchiment d’argent de la mafia. Pour cela, il a réussi à convaincre les chefs mafieux de lui transmettre le contrôle total des comptes bancaires de la mafia, afin de pouvoir ouvrir une banque tout ce qu’il y a de plus légale à Londres. Dima explique à Perry, que le dernier chef mafieux à avoir accepté s’est fait exécuté avec sa famille juste après la signature, et qu’il sait pertinemment que le même sort l’attend lui et sa famille. Il arrive à convaincre Perry de rapporter avec lui à Londres, une clé usb contenant certaines preuves de la corruption de certains membres haut placés du gouvernement britannique, en espérant pouvoir négocier son exil pour lui et sa famille avant leur exécution. Perry qui a pitié de Dima et surtout de sa famille, accepte.

Un traître idéal : Photo Stellan Skarsgård

Donc on suit ce couple londonien en vacance à Marrakech, lui est professeur de poésie à l’université de Londres, elle est une grande avocate. Leur couple est en pleine crise suite à la liaison de Perry avec une de ses étudiantes. Je n’ai pas trouvé le comportement de Perry très crédible, cet homme qui vient tout juste de rencontrer ce parrain de la mafia russe avec qui il sympathise un peu et qui au bout de deux petits jours, accepte d’emporter dans ses bagages une clé usb en Angleterre pour la remettre au MI-6 sans même regarder le contenu. J’ai trouvé le personnage trop naïf pour être crédible, même si finalement il n’y avait pas d’entourloupe.

Un traître idéal : Photo Damian Lewis

L’intérêt du film réside dans son casting. J’aime beaucoup Ewan McGregor, même si dans ce film on peut pas dire qu’il brille énormément, j’adore Damian Lewis, qui joue parfaitement les chefs du MI-6 blasé, au sang froid britannique sans faille, mais celui qui tire son épingle du jeu reste Stellan Skarsgard, qui retient l’attention du spectateur, cet homme exubérant, bon vivant, qu’on apprend à connaitre, qu’on voit dans le rôle de mari, de père. Même si le monsieur a du en faire des horreurs pour être dans les hautes sphères de la mafia russe, on s’attache à lui et à sa petite famille.

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Un traitre idéal reste un thriller plutôt bien mené, sans temps morts, qui nous entraine de Marrakech, à Londres, puis à Paris et à Bern, qui nous apprend certaines choses, en dénoncent d’autre, servit par un casting intéressant et qui a su distillé une petite tension, même si au final, il n’y a pas de surprise dans l’intrigue ou les rebondissements.

Love and friendship

Love & Friendship : Affiche

de Whit Stillman

Kate Beckinsale, Chloé Sevigny, Stephen Fry, Xavier Samuel, Emma Greenwell, Morfydd Clark

3.5/5

Au 19e siècle, Lady Susan est une jeune veuve, mère d’une jeune fille Frederica, et encore très bien conservée. Dans la bonne société, Lady Susan a très mauvaise réputation, séductrice, aguicheuse. Après avoir dilapidée l’argent que son mari lui a laissé, elle trouve refuge chez des amis, à Langford, mais après avoir un peu trop réussi à séduire le mari, monsieur Manwaring, sa femme se charge de la mettre à la porte avec sa fille. Elle trouve ensuite refuge chez sa seule famille, son beau frère, monsieur Vernon. Mais sa belle sœur ne l’apprécie pas du tout, car elle avait manigancée autrefois, pour empêcher son mariage avec monsieur Vernon. Lady Susan, qui ne peut s’empêcher de séduire tout ce qui lui plait, se met à tourner la tête de monsieur de Courcy, le jeune frère de sa belle sœur, tout en essayant de convaincre sa fille Frederica, d’épouser un jeune idiot, bête comme ses pieds mais très riche, seul intérêt chez les hommes.

Love & Friendship : Photo Emma Greenwell, James Fleet, Jemma Redgrave, Morfydd Clark, Xavier Samuel

J’avais beaucoup aimé le roman Lady Susan, qui me faisait penser un peu aux Liaisons dangereuses. Ici Jane Austen ne se concentre pas sur des romances contrariées, l’héroïne est une femme cynique, froide, qui ne pense qu’à l’argent, qui voit sa fille comme un boulet à trainer, et qui espère la voir épouser un riche idiot histoire de se mettre à l’abri des problèmes d’argent. Lady Susan est veuve, mais est encore jeune et belle, et sait séduire qui elle veut! Elle a sur le monde un regard cynique et moqueur, ses paroles sont pleins de sarcasmes, et ne voit sa fille que comme un moyen d’obtenir un confort sécurisé.

Love & Friendship : Photo Chloë Sevigny, Kate Beckinsale

Le film reprend très bien le caractère des personnages du roman, le cynisme de Lady Susan et de sa complice madame Johnson, la naïveté de Frederica et de monsieur de Courcy, la clairvoyance de Catherine Vernon. J’ai en particulier beaucoup aimé les échanges entre Lady Susan et son amie et confidente madame Johnson, il  y a certains dialogues et conversations entre les deux femmes assez drôles, on retrouve l’humour british. Et si les hommes ont tous les droits à cette époque, ici ce sont les femmes qui sont le sexe fort. Lady Susan ne perd jamais son sang froid, et les hommes sont ici idiots, naïfs, mous, faibles, ou influençables. Elles ne voient qu’un seul intérêt aux hommes, c’est l’argent qu’ils peuvent apporter. La scène entre madame Johnson et Sir Martin, l’idiot de l’histoire, qui discute de l’infidélité qui est normal chez l’homme puisque c’est dans sa nature et qui est intolérable chez la femme, est une des scènes les plus réussies.

Love & Friendship : Photo Jenn Murray, Stephen Fry, Xavier Samuel

Un film léger, aux dialogues bien écrits, aux conversations intéressantes, aux costumes et décors somptueux, et au casting bien choisi. Ici pas de Darcy, pas d’Elisabeth Bennett, les personnages sont plus proches d’une réalité commune, aucun héros, héroïnes ou grand méchant ici, que des gens cyniques, naïfs, ou idiots. Le film dure 1h30 et je pense que c’est largement suffisant. Love and friendship est tourner presque comme une pièce de théâtre pour le cinéma, ce qui change des autres films d’époque et autre adaptations. Un film agréable, qui m’a fait sourire une ou deux fois, à voir si on est fan du roman Lady Susan ou de Jane Austen, ou des deux!

Vu dans le cadre du challenge Le mois anglais

the neon demon

The Neon Demon : Affiche

de Nicolas Windin Refn

Elle Fanning, Jena Malone, Christina Hendricks, Keanu Reeves

3/5

Jesse 16 ans, vient de débarquer à Los Angeles dans le but de devenir mannequin. Sans famille ni amis, et naïve, Jesse vient de mettre les pieds dans un monde impitoyable. Mais alors que beaucoup de belles filles mettent des mois à obtenir des contrats, Jesse a ce petit quelque chose qui la rend spéciale aux yeux des photographes, directeurs de casting et créateurs de mode. Elle devient très vite la chouchou et attise la jalousie des autres mannequins.

The Neon Demon : Photo Elle Fanning

Le premier mot qui me vient à l’esprit quand je repense à ce film c’est glauque. Tout est glauque dans The neon demon. Les personnages sont glauques, les décors, la tapisserie des murs du motel, le défilé de mode, les séances de maquillage, la couleur des rouges à lèvres, les tenues, l’atmosphère, l’ambiance, l’histoire, tout est glauque, oppressant, énervant.

The Neon Demon : Photo Elle Fanning

On suit Jesse qui débarque de son trou perdu dans un Los Angeles sans âme. Elle fait ses premiers pas dans le monde impitoyable du mannequinat tel le petit chaperon rouge qui se promène dans les bois. Telle la jolie biche innocente, elle ne se rend pas compte de la jalousie des filles qui sont dans le métier depuis quelques années, et qui ont compris qu’elles ne deviendraient jamais des stars, qui envie la fraicheur et la nouveauté que représente Jesse, qui a le monde à ses pieds, et qui se rend compte petit à petit de l’effet qu’elle fait. Le spectateur suit Jesse avec un sentiment d’oppression et de stress, persuadé qu’il va lui arriver quelque chose d’horrible, que ce soit dans son motel minable avec un gérant cinglé, dans les coulisses des défilés de mode, ou durant des séances de photos.

The Neon Demon : Photo

Nicolas Winding Refn aime la couleur rouge sang, aime filmer le sang, il y en a partout tout le temps. La mise en scène est impeccable, inventive, originale. Il a su parfaitement montrer comment ces filles sont traitées. On a l’impression de voir des veaux parader lors d’un concours agricole. Ici rien de sexuel, elles ne sont pas perçu comme des êtres humains, pas comme des femmes. Jesse ou les deux autres mannequins qui tournent autour d’elle, ne sont vu que comme des mannequins de plastiques qu’on voit dans les vitrines des magasins, elles ne représentent rien, elles sont interchangeables, elles sont vu comme des morceaux de plastiques ou de métal que le créateur de mode, tel un sculpteur, manie selon son envie. Comme lors de la fameuse scène où Jesse fait une séance photo avec un photographe renommé; Jesse à peur de ce qu’il compte lui faire, en tête à tête dans un studio désert, mais très vite toute peur disparait quand Jesse comprend que le photographe ne voit en elle qu’un objet de plastique asexué. Refn film ses jolies actrices de telle manière qu’on a l’impression de voir des coquilles vides, qui ont des visages si parfaits, sans expression, figés, comme des masques de plastiques.

The Neon Demon : Photo Elle Fanning

Visuellement, le film est intéressant, mais au final, l’histoire est assez simple, voir banale, un peu trop exagéré dans le glauque pour paraitre un minimum réaliste. Surtout j’étais déçue par l’évolution de Jesse, cette fille qui sait parfaitement qu’elle n’a aucun talent ni don particulier, excepté sa beauté et son aura. Son évolution la rend un peu imbue d’elle même, elle commence à prendre la grosse tête, oscillant entre naïveté confondante et folie passagère. Au vue de ce qu’elle tient comme discours je pensais que le petit agneau allait se transformer en loup, qu’elle allait manger tout cru ses concurrentes plus expérimentées et agressives, qu’elle allait perdre son innocence, mais c’est finalement le contraire, et sa fin m’a paru un peu trop expédiée. Un film a voir si on est fan du travail visuel et stylisé de Refn, on retrouve son style maitrisé, la qualité d’image, on retrouve aussi ce coté gore et sanguinolent, mais personnellement le tout est trop glauque, et ce n’est pas un film que j’aimerais revoir une seconde fois.

Dernières séances: X Men apocalypse – The nice guys

X-Men: Apocalypse : Affiche

de Bryan Singer

James McAvoy, Micheal Fassbender, Sophie Turner, Jennifer Lawrence, Oscar Isaac, Nicholas Hoult

3.5/5

3500 ans avant notre ère en Égypte, En Sabah Nur est l’un des premiers  mutants de l’histoire de l’humanité. Extrêmement puissant, il est vénéré comme un dieu par les hommes effrayés par ses pouvoirs. Après des règnes de plusieurs milliers d’années, il se retrouve plongé dans un sommeil après avoir voulu transférer son esprit dans un corps plus jeune. 1983, des fouilles archéologiques permet de déterrer le corps de En Sabah Nur qui se réveille dans un monde qu’il ne connait pas. Déterminé à remodeler le monde à son image, à prendre le pouvoir et à faire en sorte que les mutants du monde entier dominent le monde au détriment des humains, En Sabah Nur choisit 4 mutants pour l’accompagner. De son coté, Charles gère son école pour mutants et garde à l’œil l’étudiante Jean Grey, incroyablement puissante, tandis que Mystique parcours le monde pour aider ses semblables. Magnéto lui, en plein deuil, sombre à nouveau du coté obscur de la force.

X-Men: Apocalypse : Photo Alexandra Shipp, Olivia Munn, Oscar Isaac

J’avais entendu pas mal de mauvaises critiques concernant ce nouveau X men. Avec cette nouvelle trilogie débuter avec X men le commencement, on peut voir les origines de nos héros favoris. Charles Xavier en fils de bonne famille riche qui se sent seul et qui rencontre pour la première fois Mystique, Magnéto qui découvre ses pouvoirs lors de son emprisonnement en centre de concentration. On est en plein dans les années 60, et ce fut un plaisir à voir! le second volet, X men the days of future past, permet de faire un reboot pour la suite, une histoire qui se déroule dans un futur apocalyptique et qui renvoi dans les années 70 Wolverine, afin de prévenir certains évènements qui sont les causes direct de ce futur apocalyptique. L’occasion ici d’effacer tout ce qui a été dis dans la première trilogie de 2000 et d’avoir le champ libre pour réécrire l’histoire.

X-Men: Apocalypse : Photo Jennifer Lawrence, Lucas Till, Nicholas Hoult, Rose Byrne

Donc avec ce volet, on en est en 1983. Jean Grey est encore étudiante à l’école pour mutant de Charles, Charles n’est pas encore chauve, mais roule déja en fauteuil roulant, Magnéto a essayer de se créer une vie de famille simple et paisible en Pologne, mais ça se termine en drame. Mystique est devenue une héroine aux yeux de tous les jeunes mutants, suite aux évènement de X men the days of future past, et parcours le monde pour aider discrètement les mutants victimes de répression ou injustices. En pleine guerre froide, Moira MacTaggart, l’agent de la CIA, découvre le tombeau de En Sabbah Nur. Charles réunit ses amis pour lutter contre ce mutant qui semble invincible. J’ai beaucoup aimé ce nouvel opus des X men, il  faut dire que j’adore l’univers des X men, c’est probablement mes super héros favoris, et ce depuis le collège lorsque je regardais les épisodes du dessins animé des débuts des années 90. J’adore que ce soit plusieurs héros, chacun sa personnalité, son passé, sa destinée, ses blessures et doutes. Dans le dessin animé en question j’adorais l’amitié entre Tornade et Malicia, j’adorais Jubile, Gambit et the beast mais déjà à l’époque mon personnage préféré était Wolverine, son humour, son cynisme. Et si j’ai aimé la première trilogie ciné des années 2000, c’est en grande partie pour le personnage de Wolverine parfaitement joué par Hugh Jackman, comme je l’imaginais.

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J’avais beaucoup aimé les deux premiers volets, j’ai aimé que ça se passe dans les années 60 puis 70. ici l’histoire se déroule en 1983. C’est vrai que certains peuvent penser que le personnage de En Sabbah Nur est un peu too much, mais j’ai adoré voir Jean Grey ado, avec Scott et revoir le personnage de Vif Argent toujours aussi très drôle. J’ai adoré les touches d’humour, les quelques clins d’œil. J’ai adoré retrouver Charles Xavier, Mystique et Magnéto. L’histoire est bien ficelée, le rythme ne retombe jamais, il y a beaucoup d’action sans que ce soit lourdingue ou de trop, on prend le temps de faire évoluée les personnages, Charles et Magnéto qui ont pris quelques années, tout comme Mystique, qui font figure d’anciens, alors que les petits nouveaux s’affirment doucement mais surement, comme Vif argent, Scott ou encore Jean Grey qui reste un personnage très intéressant. Après, le personnage de En Sabbah Nur parait un peu too much, l’intrigue autour de Magneto est un peu lourdingue, encore un drame perso qui le pousse dans les même travers que dans les films précédents, à vouloir se venger, à vouloir se laisser dominer par sa colère, ça tourne un peu en rond de reprendre cette ficelle là. Mais en bref, si vous aimez l’univers X men, si vous avez aimé les autres volets des films X men, y’a pas de raison que vous n’aimiez pas ce volet là.

The Nice Guys : Affiche

de Shane Black

Russell Crowe, Ryan Gosling, Angourie Rice, Margaret Qualley, Kim Basinger, Matthew Bomer

4/5

En 1977 à Los Angeles, l’actrice de porno Misty Mountains est retrouvée assassinée. Le détective Holland March est engagé par une vieille dame pour retrouver Amélia, sa nièce, qui serait liée à l’actrice décédée. Se sentant menacée, et recherché par pas mal de monde, Amélia engage Jackson Heally, une sorte de mercenaire payer pour “intimider” les gens menaçant, afin de se débarrasser de Holland qui est celui qui est le plus tenace. Mais une fois son travaille fini Jackson découvre que Amélia a disparue et propose au détective Holland March de faire équipe pour la retrouver.

The Nice Guys : Photo Angourie Rice, Russell Crowe, Ryan Gosling

J’avais vu la bande annonce mais ne m’avait pas complètement convaincu. Et pourtant j’ai adoré le film. Ryan Gosling joue le rôle d’un détective privée un peu loser, alcoolique, dépressif, veuf, qui a parfois des éclairs de génies dans ses enquêtes de détective, et qui élève seul sa fille de 12 ans, Holly. J’ai adoré ce personnage, presque cartoonesque, j’ai beaucoup aimé sa relation avec sa fille Holly, qui fait figure de parent en s’occupant de son père, trop souvent dans des états de loque au bord du gouffre. Mais Holland reste le papa poule, qui sait reprendre son rôle de père quand il le faut pour sauver la peau de sa fille chérie. J’ai aussi beaucoup aimé Russell Crowe, avec quelques kilos en trop, dans le rôle de ce casseur de bras, qui aide les plus faibles à se défendre des plus dures, moyennant argent bien sur, car les deux personnages masculins sont motivés par la même cause, le fric et rien que le fric.

The Nice Guys : Photo Russell Crowe, Ryan Gosling

The Nice Guys : Photo Kim Basinger

Kim Basinger, à vous de juger…

Ils sont des figures datées de leur époque, regrettant le monde policé des gentlemen et des ladys des années 60, les costumes impeccables, les jeunes femmes fragiles, les enfants innocents, et sont tous les deux déçus et désabusés de voir la jeunesse de 1977 en avance sur leurs âges, pas innocents malgré leur jeunesse, blasés par tout et n’importe quoi avant l’heure. Le film est très drôle, parfois un peu trash presque cartoonesque, j’ai ri plus d’une fois, j’ai passé un très bon moment, une replongée dans les années 70 bien rigolote, aux personnages bien barrés, au casting en or, même si la pauvre Kim Basinger est méconnaissable à force de chirurgie esthétique (on dirait qu’elle porte un masque en latex sur le visage, quel dommage) bref, à ne pas rater si vous aimez rire.