inherent vice

de Paul Thomas Anderson

Joaquin Phoenix, Katherine Waterston, Josh Brolin, Owen Wilson, Benicio del Toro

4/5

« Doc » Sportello, détective privé hippie et fumeur de marijuana dans la Californie des années 70, reçoit un soir la visite de Shasta, son ex copine et probable grand amour, qui est partie du jour au lendemain sans laisser de trace quelques mois plus tôt. Elle dit être devenue la maitresse de Wolfman, un homme d’affaire richissime et puissant. Elle explique qu’elle a été abordée par la femme de Wolfman et l’amant de cette dernière pour faire partie d’un complot visant à enfermer Wolfman dans un asile pour s’emparer de la fortune du monsieur. Shasta se comporte comme si elle était suivie et en danger et demande à Sportello de jeter un œil sur cette histoire.


Inherent vice commence comme un rêve, se poursuit comme une hallucination et se termine en trip bizarre. Un vrai film de drogué, il faut probablement se mettre dans le même état que le héros Sportello pour comprendre l’intrigue, parfois complètement farfelue, parfois d’une complexité qui perd le spectateur.


Certaines scènes ont l’air tout droit sortie du cerveau embrumé de Sportello, d’autre suivent une logique ordinaire, parfois on suit parfaitement l’intrigue, parfois on se sent complètement perdu, tout comme Sportello en fait.


Alors qu’il enquête sur Wolfman, on fait connaissance avec Sportello, un hippie qui évolue dans un monde de hippie, sous le soleil de la Californie, son bureau se trouve dans un service médicale, il vit au bord de l’eau, la moitié du temps il est pieds nus, l’autre en sandales, la moitié du temps il fume des joints et ressemble physiquement à Steven Hyde dans That’s 70 show, en plus vieux !


Certains moment de Inherent vice sont hilarant, j’ai ri en moyenne toutes les dix minutes, j’ai adoré le personnage de l’inspecteur de police Bigfoot, ami de longue date de Sportello, mais dont les vies sont diamétralement opposées, Sportello le célibataire hippie au cheveux longs qui fument tout le temps et Bigfoot, l’inspecteur tiré à quatre épingle, cheveux en brosses et femmes et enfants à charges.


Finalement, on se détache beaucoup de l’enquête policière, à la moitié du film on ne comprend plus grand chose même si au final, on a compris tout ce qui il y avait à comprendre.
En bref, un film psychédélique, hippie, embrumé, hallucinatoire, avec des acteurs géniaux, et deux personnages que j’ai beaucoup apprécié, Sportello et Bigfoot. Paul Thomas Anderson remonte dans mon estime après le très maitrisé mais superbement ennuyant The master.

American sniper

American Sniper : Affiche

de Clint Eastwood

Bradley Cooper, Sienna Miller,

3/5

Chris Kyle est un champion de rodéo qui se lasse de la vie de cowboy. Après les attentats contre l’ambassade américaine en Afrique, il décide de s’engager dans l’armée et commence sa formation au sein des navy seals. Il rencontre Taya dans un bar et se marie quelques mois plus tard. Il sera envoyé ensuite en Irak, après le 11 septembre, en tant que sniper d’élite, et sera très vite surnomée the legend par ses camarades.

American Sniper : Photo Bradley Cooper

j’aime beaucoup le cinéma de Clint Eastwood même si tous ses films ne m’ont pas tous plut. J’essaye de voir toutes ses réalisations, et comme j’avais déjà fait l’impasse sur Jersey boys, j’ai fait un effort pour ne pas rater American sniper même si le sujet du film ne me tentait pas trop.

La question que se pose beaucoup de gens est celle du patriotisme exacerbé. Dans American sniper, on ne parle quasiment pas du contexte politique, des raisons controversées des américains envahissant l’Irak, de la décision de Bush d’envoyer des troupes, des faux prétextes, d’une guerre qui n’a servit à rien qu’à faire des horreurs. Ici on garde surtout le point de vue de Kyle, doué durant sa formation dans les seals, excité quand il reçoit son ordre de mission pour l’Irak, motivé, efficace, il passe la guerre sur les toits des maisons et immeubles accompagné d’un marine qui garde ses arrières pour qu’il puisse se concentrer sur des cibles dans les rues, ayant pour ordre de tirer tout irakien, homme, femme, enfant, qui tiendrait une arme. Il tire sans état d’âme, du haut de son toit, au travers de son viseur, comme dans un jeu vidéo, sans remord ni traumatisme.

American Sniper : Photo Bradley Cooper

Comme souvent avec Eastwood, c’est super bien réalisé, il sait manier sa caméra, rien à redire, et Bradley Cooper est impeccable dans le rôle de ce marine qui manque de recule et de jugement, qui ne pense qu’à tirer comme des lapins, du haut des toits, tous ceux qu’il juge être une menace pour ses camarades.

On sent que Clint Eastwood est partagé entre son amour pour son pays et son patriotisme, et la réalité des faits concernant la guerre en Irak. Il atténue le coté patriotique de son film avec des regards négatifs sur cette guerre, apportés par d’autres personnages que Kyle. Son jeune frère qui rentre d’une mission en Irak traumatisé et dégouté constitue l’un de ses regards, mais sa portée est affaiblie par le fait qu’il est présenté dans le film comme un être fragile et moins dure que Kyle, qui incarne le vrai cowboy à l’américaine. Il y a aussi les camarades seals de Kyle qui émettent, pour certains, des réserves quant au but de cette guerre, mais ça reste très subtil. Ou encore la réaction de Kyle face à un jeune marine qu’il croise lors de ces permissions chez lui et qui le salue comme un héros, Kyle est un peu mal à l’aise et ne répond quasi rien, mais là encore c’est très subtil…

Ici on ne parle à aucun moment des dérapages de Chris Kyle dans la vraie vie, sur les centaines d’irakiens qu’il a abattu, incluant femmes et enfants, sur les déclarations de Kyle et ses regrets de ne pas en avoir tué plus. Clint Eastwood nous sert l’image du héros américain, du soldat parfait qui se cache derrière ses talents de sniper, un père et un mari aimant, qui a des passes de dépression post traumatique à son retour de sa dernière mission mais qui arrive à les surmonter, le tout conclut par des images documentaires filmés lors des hommages de la population texane pour Chris Kyle, une parade saluant un héros sans tâche, ce qui montre là encore le parti pris d’Eastwood, ce qui peut être un peu dérangeant…

Birdman

Birdman : Affiche

de Alejandro Gonzalez Inarritu

Micheal Keaton, Zach Galifianakis, Naomi Watts, Edward Norton, Emma Stone

4/5

L’acteur Riggan Thompson fut autrefois l’un des acteurs les plus populaires de son pays, grâce à son rôle le plus célèbre, Birdman, un super héros à plume. Mais aujourd’hui, Riggan est pratiquement un has been, et tente de redorer son image en produisant et en jouant dans une pièce sur Broadway. A quelques jours de la première, l’un des acteurs est blessé et est remplacé au pied levé par Mike Shiner, un prodige. Mais Riggan est soumis à de rudes pressions, l’attente des médias, les critiques de théâtre, son avocat et meilleur ami, sa fille, son ex femme, sa pièce et l’ombre de Birdman qui pèse toujours sur lui.

Birdman : Photo Edward Norton, Michael Keaton

En voilà un film que j’attendais avec impatience depuis que j’ai pu voir la bande annonce il y a plusieurs semaines maintenant. J’étais bien contente de pouvoir le voir.

Birdman : Photo Michael Keaton, Naomi Watts, Zach Galifianakis

Le gros point fort du film réside tout de même dans sa mise en scène et le talent d’Inarritu. La caméra suit inlassablement les personnages dans les coulisses du théâtre, sur scène, dans les loges, sans jamais prendre les devant, comme un documentaliste qui aurait eu carte blanche et qui se serait munis de la cape d’invisibilité d’Harry Potter pour qu’aucun des protagonistes ne soient au courant de la présence de la caméra.

Birdman : Photo Michael Keaton, Naomi Watts

Elle suit donc Riggan, cet acteur déprimé, qui n’arrive pas à se détacher du personnage de superhéros qui a fait son succès, Birdman, qui rêve de s’émanciper de cette gloire passé et être reconnu en tant qu’acteur indépendamment de ce personnage populaire. On le voit sur scène, en répétition, en discussion avec son avocat et surtout seul avec lui même a discuter avec son alter ego, Birdman lui même, avec qui il a des conversations schizophrènes, à l’instar de Gollum et Smeagol!

Birdman : Photo Michael Keaton

La caméra virevolte, nous livre avec fluidité les états d’âmes des acteurs, du mégalo Mike, à la peu sur d’elle Lesley, ou à la blasée Laura. Elle nous fait parcourir les couloirs étroits et tarabiscoté des coulisses du théâtre, des loges, du toit, de time square tout autour, le film est un quasi huis clos d’ailleurs.

Birdman : Photo Michael Keaton, Zach Galifianakis

Birdman est un film sur le mal être des acteurs, sur la vie d’un comédien, sur la création d’une pièce de théâtre, sur la dépression de l’acteur qui a été célèbre et adulé et qui ne l’ai plus, sur l’envie de tous d’être important, de laisser un trace. J’ai adoré le jeu des acteurs, Micheal Keaton tient là l’un de ses meilleurs rôle, j’ai adoré le personnage complètement mégalo et imbu de lui même joué par Edward Norton, la fragilité de Naomi Watts, le coté paumé d’Emma Stone, j’ai adoré Galifianakis dans le rôle de l’avocat le seul personnage censé garder un peu les pieds dans la réalité autour de tous ces rêveurs.

Birdman : Photo Edward Norton, Michael Keaton

La fin flirte avec la farce et la pirouette laissant le spectateur dans le mystère. Un film qui ne sera peut être pas le film de l’année, mais il a bien mérité l’oscar du meilleur réalisateur avec ces scènes d’une longueur inouïe sans coupure ni interruption, à suivre les acteurs dans les dédales du théâtre, c’est assez impressionnant.

Kingsman

Kingsman : Services secrets : Affiche

De Matthew Vaughn

Taron Eggerton, Colin Firth, Samuel L Jackson, Micheal Caine, Mark Strong

4/5

Eggsy vit dans les quartiers populaires de Londres et passe son temps avec ses potes à tromper l’ennui par des petits actes de délinquances. Après avoir embouti volontairement une voiture de police, Eggsy comprend que cette fois ci il n’échappera pas à la prison. Il passe alors un coup de fil à un numéro mystérieux donné par l’inconnu venu lui annoncé quand il était enfant, la mort de son père, militaire mort lors d’une mission. Un numéro qu’il doit utiliser en cas d’ennui. Il sort dans l’heure du commissariat en homme libre et rencontre Harry Hart, l’homme qui doit la vie au père d’Eggsy. Il lui explique qu’il fait parti des services secret britannique, un groupe ultra secret, kingsman, et qu’ils sont en train de sélectionner un nouveau membre. Eggsy décide de tenter sa chance pour devenir un kingsman.

Kingsman : Services secrets : Photo Colin Firth

Je ne m’attendais pas à un film aussi déjanté en allant le voir! il faut dire que la bande annonce ne m’avait pas tenter plus que ça. Et pourtant, le film m’a finalement beaucoup plut!

Matthew Vaughn s’amuse comme un fou à détourner les clichés et autre standards des films d’action et d’espionnage, en prenant pour grand méchant qui veut anéantir l’univers, un Samuel Jackson complètement barré, loufoque, en prenant un agent secret qui ne quitte jamais son costume sur mesure, en se moquant des gadgets habituels qu’on peut voir chez les agents secrets de cinéma comme James Bond.

Kingsman : Services secrets : Photo

On a droit à quelques clichés, les quartiers populaires londoniens, les racailles locales, les agents secrets britanniques et leurs flegmes à tout épreuve. Et la touche Matthew Vaughn apporte le coup de folie, la surenchère, l’exagération, l’absurde, sans aller pour autant trop loin. On prend son pied en assistant aux entrainements et épreuves des potentiels futurs “kingsman”, en regardant Eggsy prendre sa revanche sur le caïd de son quartier, en voyant Eggsy essayer de sauver le monde, en voyant Colin Firth, toujours impeccable dans son costume sur mesure, s’attaquer aux méchant de l’histoire, on prend son pied dans la violence aussi comme ce fut le cas avec Kick ass, une violence  exagérée au point qu’on n’y accorde finalement que peu de crédit, comme la scène de l’héroine de Kick ass quand elle dévaste tout dans les appartements de son ennemi.

Kingsman : Services secrets : Photo Colin Firth, Taron Egerton

Kingsman ressemble beaucoup à Kick ass finalement, un mélange d’humour british, d’humour plus gras, de scènes d’actions affolantes, de scènes de pures comédies, de drames auxquels on ne s’attend pas, des codes détournés et moqués et une violence absurde. Matthew Vaughn nous emmène dans son délire contrôlé, Kingsman c’est surtout un fantasme, un délire, on s’éclate, on ne prend rien au sérieux, on passe un excellent moment, on ne s’ennuie pas une seconde et on prend son pied comme c’est rarement le cas au cinéma!

Kingsman : Services secrets : Photo Colin Firth, Taron Egerton

J’aime beaucoup les films de Matthew Vaughn je les ai tous vu, Kick ass, Stardust, X men le commencement, et même son premier film, Layer Cake, ils ont tous en commun un ton complètement décalé, absurde, un mélange d’humour et de violence étrange qui marche à tout les coups et Kingsman ne fait pas exception!

It follows

It Follows : Affiche

de David Robert Mitchell

Maika Monroe, Lili Sepe, Olivia Luccardi, Keir Gilchrist, Daniel Zovatto

3/5

Jay, une lycéenne, sort depuis peu avec Hugh, un peu plus âgé. Après avoir couché dans la voiture de son nouveau copain, ce dernier lui révèle qu’il est atteint d’une malédiction sexuellement transmissible. Une créature qui prend la forme d’humain lambda, femmes, hommes, enfants, vieillards, poursuit la dernière personne infectée en date. Il lui explique que cette personne/chose, poursuivra Jay sans jamais se lasser ni être arrêté, qu’elle est la seule à pouvoir voir cette chose, qu’elle ne peut que marcher pour la rejoindre, ce qui lui laisse la possibilité de la distancer en voiture ou autre, mais que la chose finit toujours par atteindre sa cible, même si ça doit prendre plusieurs semaines de marche. Jay ni croit pas vraiment au départ, mais reste sur ses gardes jusqu’à ce qu’elle doit bien se rendre à l’évidence, qu’une chose qui change de forme tous les jours, l’a pourchasse sans relâche. Avec l’aide de sa sœur, de leur meilleure amie Yara et de leur ami d’enfance Paul, Jay cherche une solution à son malheur tout en passant ses journées à échapper à la chose violente qui l’a poursuit.

It Follows : Photo Maika Monroe

Je ne suis pas fan des films d’horreur, souvent ce ne sont que des compilations de scènes sanguinolentes ou de torture, ou alors des films au scénario banale ou décevant. Il y en a certains qui sortent du lot, comme Carrie au bal du diable, Poltergeist (même si c’est presque un film fantastique que d’horreur), l’exorciste (uniquement l’original), Le sous sol de la peur, ou plus récemment The descent.

Comme je n’ai entendu quasiment que du très bien concernant ce film, des critiques dityrhambiques proclamant le renouvellement du genre etc etc, je me suis lancée.

La scène d’ouverture est assez flippante et parfaitement rendu. Au début du film, on ne sait pas grand chose de cette malédiction, on voit seulement une pauvre fille fixé le vide du regard, contourner des espaces vides, comme si elle y voyait une créature infernal qu’elle seule peut voir, puisque le voisinage ne voit rien de spéciale. Cette scène ne nous montre rien finalement, seulement une tension quasi palpable, et une dernière image d’une violence inouïe.

La première moitié du film est donc assez prenante, on fait connaissance avec Jay, une ado populaire que tout le monde admire pour sa beauté, sa jeune sœur un brin envieuse mais qui adore trop sa sœur pour être jalouse, leur meilleure copine, Yara, un brin m’en foutiste, et Paul leur ami d’enfance. Un père absent (mort, divorcé?), une mère aux abonnées absent (alcoolique, dépressive). Puis la malédiction frappe, et le petit groupe ne fait que fuir en rond, essayant d’échapper à la créature que seul Jay peut voir.

Certaines scènes sont donc vraiment flippante, la créature qui prend la forme d’un géant de deux mètres et qui rentre dans la chambre de Jay, qui prendra la fuite in extremis, ou encore la créature se changeant en jeune femme qui arrive à attraper les cheveux de Jay. Le fait que la chose qui poursuit l’héroïne soit une forme inerte et sans expression, qui ne se déplace qu’en marchant lentement, qui ne fait jamais de geste brusque, rend les choses assez flippantes finalement, la scène de la chambre de Jay par exemple est assez effrayante!

Le point fort c’est aussi la mise en scène. Des plans à 360°, un beau travaille de mise en scène, rend le film différent, visuellement au dessus des films d’horreur habituels. Le réalisateur fait de son film quelque chose d’intemporel, des tenues qui échappent à la mode, des technologies contradictoires (téléphone portable dans une scène, vieux téléphone fixe dans les chambres, une sorte de liseuse minuscule en forme de coquillage qui sort d’un rêve…), le tout filmé en partie dans un Détroit ville fantôme (depuis sa faillite il y a quelques années).  Une tension palpable, presque matérielle se dégage du film, on ressent toute la détresse et le désespoir de l’héroïne qui ne sait plus quoi faire pour échapper à cette malédiction, cette épée de Damoclès.

Les personnages du film sont loin des stéréotypes habituel, l’héroïne n’est pas l’idiote de service, la sœur n’est pas la laide de service, il n’y a pas vraiment de prince charmant ni de méchant dans cette histoire. J’ai particulièrement adoré le personnage de Yara, la meilleure copine, qui voit toute cette aventure d’un œil un peu extérieur (elle n’est pas directement visée, et ce n’est pas un membre de sa famille qui est en danger), j’ai aimé son ton décalé, son coté blasée, sa façon qu’elle a de constamment manger et de continuer à vivre comme si de rien n’était entre deux fuites.

Dans It follows, on peut y voir une géante métaphore du passage à l’âge adulte, ou du passage à l’acte sexuel. Jay est souvent infantilisé dans ses tenues vestimentaires (jolie robe de petite fille, rose, puis blanche), Jay ne tombe dans le drame qu’après avoir couché avec la mauvaise personne, et que dire de cette piscine finale qui se remplit de sang après une lutte ultime? (voir la scène de fin). On peut aussi voir It follows dans son degré premier, un film d’horreur visuellement  mieux travaillé que la plupart, point barre.

En bref, un film d’horreur visuellement bien foutu, bien réalisé, visuellement originale, qui crée une tension horrible, matérielle, mais qui hélas, est quelque peu bâclé sur la fin, l’histoire se délaye trop et ne conclut pas, c’est dommage.

Imitation game

Imitation Game : Affiche

de Morten Tyldun

Benedict Cumberbatch, Keira Knightley, Mark Strong, Matthew Goode, Charles Dance

3.5/5

Au début de la seconde guerre mondiale, le mathématicien Alan Turing est engagé par les services secrets et l’armée britannique à Bletchley park, afin d’intégrer l’équipe chargé de craquer les codes des messages de la machine allemande Enigma. Alan Turing a du mal à travailler en équipe et au lieu de passer des heures à essayer de craquer manuellement un code pratiquement incraquable, il décide de fabriquer une machine capable d’exécuter le travail de plusieurs milliers d’hommes. Il se débarrasse de certains membres du groupe pour en embaucher d’autres, plus doués en décryptage.

Imitation Game : Photo Benedict Cumberbatch

Après le film sur la vie de Stephan Hawking (ou plutôt sur celle de sa femme), les anglais nous sortent un autre biopic, celui du mathématicien Alan Turing qui a révolutionner la conception d’intelligence artificielle, précurseur des ordinateurs. Le film se concentre surtout sur la période de la seconde guerre mondiale, son implication à Bletchley park (que j’ai connu grâce à la série britannique the bletchley circle), son travail sur les codes cryptés allemand, son acharnement à vouloir tenter de craquer les codes de la machine Enigma, utilisé par les allemands dans toutes leurs opérations militaires.

Imitation Game : Photo Benedict Cumberbatch

Imitation game nous parle surtout de Turing, sa difficulté à s’intégrer à un groupe, sa façon de se faire détester par son manque de sociabilité. On se concentre aussi beaucoup sur sa relation amicale avec Joan Clarke, qu’il engage pour faire partie de Bletchley park, pour ses talents de mathématicienne.

Imitation Game : Photo Benedict Cumberbatch, Keira Knightley, Mark Strong

Comme il s’agit d’un biopic, on nous sert des flashbacks remontant à un épisode marquant de l’enfance de Turing, et à sa fin en 1954. Turing se suicidera suite à sa condamnation pour son homosexualité et sa prise de traitement hormonale dans le cadre de sa castration chimique.

Imitation Game : Photo Benedict Cumberbatch, Charles Dance

Le film est bien mené, bien équilibré, on ne s’ennuie pas, Benedict Cumberbatch interprète à la perfection cet être intelligent né trop tôt, qui aura été d’un secours inestimable pour combattre les nazis et qui malgré tout cs services rendus à la nation, sera trahit par elle quelques années plus tard.

Imitation Game : Photo Allen Leech, Benedict Cumberbatch, Keira Knightley, Matthew Beard, Matthew Goode

Keira Knightley, qui est une actrice que je ne supporte pas beaucoup (voir pas du tout), nous sort une performance sobre, contrairement à son habitude. Le reste du casting est pas mal aussi notamment Mark Strong en énigmatique agent du MI6.

Un film qui ne verse pas dans le misérabilisme, ni dans le pathos, et qui a l’avantage de nous éclairer sur une personnalité intéressante et importante des années 40 et 50, le tout brillamment interprété.

Jupiter ascending

Jupiter : Le destin de l'Univers : Affiche

de Andy et Lana Washowski

Mila Kunis, Channing Tatum, Sean Bean, Eddie Redmayne, Maria Doyle Kennedy

3/5

Jupiter est la fille d’une russe professeur de mathématique et d’un diplomate anglais passionné d’astronomie. Alors qu’elle est encore dans le ventre de sa mère, son père se fait assassiner par des cambrioleurs. Sa mère décide alors de quitter la Russie pour les états unis, en compagnie de sa sœur. Jupiter vit donc à Chicago avec sa mère, sa tante, et toute une branche de sa famille d’origine russe. Pour gagner leur vies, elles travaillent comme femmes de ménages pour les plus riches familles de la ville, et Jupiter s’occupe tout particulièrement des toilettes et salles de bains. Alors que Jupiter n’apprécie pas sa vie, elle est sauvée in extremis par un mystérieux inconnu qui lui explique qu’elle est une sorte de réincarnation d’une reine et qu’en tant que telle elle peut réclamée son titre. Elle découvre alors l’origine de l’humanité et le reste de l’univers.

Les Wachowski divisent, ne font pas l’unanimité, leurs films passionnent les foules, et si ils sont souvent loin de la perfection, ils ont le bon gout d’être hors normes, originaux, bref les Washowski ont un style, et osent des choses, même si le résultat n’est pas toujours génial. Avec Matrix, ils avaient marquer les esprits, avec Cloud Atlas, ce n’est pas le même effet, mais c’était originale et bien mené.

Avec Jupiter Ascending, le résultat est plutôt mitigé. Ici, les Washowski ne font pas forcément dans l’originalité, mais plutôt dans le bon divertissement. C’est visuellement bien foutu, les décors sont tape à l’œil, les costumes aussi, on sent l’envie des réalisateurs d’en foutre plein la vue aux spectateurs, même si ça n’apporte rien à l’intrigue ou à l’univers du film. Les paysages et l’architecture des différentes planètes sont visuellement bien fait, bien travaillés, même s’ils ne sont pas vraiment originaux, y’a du déjà vu.

L’histoire est sympa mais ce n’est pas particulièrement originale ou nouveau, l’univers est intéressant mais pas assez développé. Une jeune femme qui a une vie ennuyeuse, routinière, une looseuse qui passe son temps à récurer les toilettes des riches et qui pense sérieusement à vendre ses ovules histoire d’avoir un peu d’argent à elle, et qui découvre que sa destinée est tout autre, qu’elle est née pour embrasser une vie incroyable, hors du commun, c’est une reine, qui peut décider à elle seule du sort de l’univers. Et à grands pouvoirs, grandes responsabilité comme dirait l’autre!

Jupiter : Le destin de l’Univers : Photo Eddie Redmayne, Mila Kunis

Jupiter ascending c’est donc un bon divertissement, de belles scènes d’action (même si certaines sont un peu longuettes), de belles images, on sent la volonté des réalisateurs à trop vouloir en faire, mais bon, ça passe. Mila Kunis incarne une héroïne intéressante, ni super forte, ni la faible princesse en détresse, ce qui est appréciable. (C’est même elle qui prendra les devants pour draguer le mâle de l’histoire). Les acteurs nous sortent des interprétations correctes mais sans plus, personne ne sort vraiment du lot, on sent que les Washowski étaient plus préoccuper par le résultat visuel que par leurs personnages, ou la direction d’acteur, mais encore une fois ça passe.

Jupiter : Le destin de l’Univers : Photo

Jupiter : Le destin de l’Univers : Photo

Le film aurait gagner à se prendre un peu moins au sérieux, et à introduire un peu plus d’humour. Heureusement la famille d’immigrés russes de Jupiter apporte un peu d’humour à l’histoire ce qui fait du bien! A noter que pour une fois SPOILER                           Sean Bean ne meurt pas, ouf!

Loin des hommes

Loin des hommes : Affiche

de David Oelhoffen

Viggo Mortensen, Reda Kateb

4/5

1954. Daru est instituteur dans une petite école perdu dans les montagnes loin de tout. Il adore faire la classe aux petits élèves algériens qui lui sont confiés. Un jour débarque à sa porte un ami gendarme qui lui annonce que les algériens s’insurgent et demandent leur indépendance. Débordé, il n’a pas le temps d’emmener le jeune Mohamed à la gendarmerie la plus proche qui se trouve à une journée de marche, afin qu’il soit jugé, Mohamed ayant tué son cousin. Daru n’a aucune envie de mener cet inconnu à une mort certaine, mais n’a pas d’autre choix que de l’y emmener, la pression venant à la fois des algériens qui réclament vengeance et des français qui veulent s’en débarrasser.

Loin des hommes : Photo Viggo Mortensen

J’ai voulu voir ce film surtout pour deux raisons, d’abord Viggo Mortensen que l’on ne voit pas assez souvent au cinéma, et ensuite pour Reda Kateb, que j’adore. Le film se situe dans le contexte du tout début de la guerre d’Algérie mais se concentre surtout sur l’histoire de deux hommes, un français d’origine espagnol, ancien commandant lors de la seconde guerre mondiale, et qui aspire à une vie calme perdue au milieu des montagnes, à enseigner les bases à de jeunes enfants algériens. Et Mohamed, ce jeune paysan qui a tué son cousin dans le cadre d’une vengeance familiale, et qui espère se faire tuer par les gendarmes français, pour mettre un terme au cycle de la vengeance familiale. Car le pauvre homme est coincé, il ne peut fuir, sinon ses cousins se vengeront sur les petits frères, et ne peut se rendre car s’il se fait tuer par ses cousins, ses frères auront l’obligation de le venger à leur tour.

Loin des hommes : Photo Reda Kateb, Viggo Mortensen

Le film nous montre donc la rencontre de ses deux hommes qui n’ont rien en commun. C’est un long chemin, d’abord sur une piste trop fréquentée à leur gout, recherché de toute part, puis dans les montagnes, isolés, se nourrissant de ce qu’ils trouvent, s’abritant des intempéries comme ils peuvent. Il rencontreront des algériens qui ont pris le maquis, puis des soldats français. Quelques coups de projecteurs sur les affres de la guerre d’Algérie qui ne fait que commencer, de la prise des maquis par les algériens, qui se réfugient dans les montagnes, et des soldats français qui agissent plus comme des mercenaires aux méthodes douteuses, que comme des soldats en guerre.

Loin des hommes : Photo Viggo Mortensen

J’ai beaucoup aimé la rencontre et l’amitié naissante entre les deux hommes, les voir ensemble, se parler, ils apprennent à se connaitre, leur voyage est très intéressant à suivre. Sans parler des magnifiques paysages du sud, le film est parfaitement réalisé, j’ai beaucoup aimé la mise en scène qui met en valeur les magnifiques paysages, et l’amitié naissante entre les deux protagonistes.

Loin des hommes : Photo Reda Kateb

Un beau film, interprété par deux excellents acteurs, en bonus une belle mise en scène et de beaux paysages.

Une merveilleuse histoire du temps

Une merveilleuse histoire du temps : Affiche

de James Marsch

Eddie Redmayne, Félicity Jones, David Thewlis

3/5

Stephen Hawking, étudiant en sciences à Oxford, doit choisir son sujet de thèse. Mais il a d’autre soucis en tête. Il trouve la femme de sa vie, la jolie Jane étudiante en lettres. Alors qu’ils filent le parfait amour, Stephen découvre qu’il est atteint d’une maladie dégénérescente, qui touche un à un tous ses muscles, le condamnant un vie handicapante majeure. Le médecin lui donne deux ans à vivre.

Une merveilleuse histoire du temps : Photo Eddie Redmayne, Felicity Jones

Le film nous raconte donc la jeunesse de Stephen Hawking, connu pour ses théories dans le domaine de la cosmologie. Une merveilleuse histoire du temps (dont le titre originale sonne quand même mieux “the theory of everything”), nous montre le jeune Stephen Hawking, qui a pour but de trouver l’équation ultime, celle qui expliquerait l’univers et résoudrait tous ses mystères. Mais si vous vous attendez à voir des discussions scientifiques intéressantes, à entendre des théories complexes sur l’univers et son fonctionnement, de manière suffisamment claires pour que le public puisse comprendre, ce n’est peut être pas la peine d’aller voir le film. Car ici on se concentre surtout sur la maladie de Hawking, son corps qui le lâche peu à peu, qui l’abandonne, cette maladie qui le rend de plus en plus handicapé, de plus en plus dépendant des autres.

Une merveilleuse histoire du temps : Photo Eddie Redmayne, Felicity Jones

Le film nous parle aussi beaucoup du couple Hawking, de leur complicité, et de leurs différence surtout concernant la croyance en Dieu, de Jane en épouse dévouée, portée par l’amour qu’elle ressent pour son mari, coincée dans ce mariage de plus en plus difficile. On voit le couple soudé, se soutenir en dépit des épreuves de la maladie, Jane et les sacrifices qu’elle fait pour soutenir sa famille, les trois enfants qui naitront du couple, la rupture très cordiale du couple, et la renommée d’Hawking.

Une merveilleuse histoire du temps : Photo Charlie Cox, Eddie Redmayne

Peu de choses donc, concernant la cosmologie, la physique quantique, les différentes théories sur le fonctionnement de l’univers qui seront mis à jour au fil de ces décennies. Quelques discours foireux, quelques théories abordées légèrement et c’est tout.

Au final, un film d’acteurs, encore, un film qui n’a d’intérêt que pour admirer la performance des acteurs, Eddie Redmayne qui sort une interprétation comme l’aime les américains et l’académie des oscars, et une Félicity Jones qui joue un rôle moins physique mais tout aussi intéressant et qui nous montre qu’elle est une excellente actrice.

Mais si on ne s’ennuie pas et si la vie intime du couple Hawkins reste intéressante, j’ai trouvé le film très classique, parfois visuellement pas terrible, un manque flagrant de personnalité dans la réalisation, et surtout un manque. Une merveilleuse histoire du temps, c’est en réalité le vide sidéral, rien, pas de profondeur, et des discours qui n’apporte rien comme celui que l’on voit à la fin du film, quand Hawking fait une conférence aux États Unis, et qui répond à des questions du public fades et vides de sens, tout comme les réponses qu’il apporte. Face à une intelligence comme celle de Hawking, je m’attendais à entendre des discours, des dialogues et quelques conversations scientifiques prenantes et intéressantes, dommage.

Souvenirs de Marnie

de Hiromasa Yonebayashi

3.5/5

Anna est une enfant de 12 ans adoptée quand elle était toute petite. Elle a grandis heureuse dans sa nouvelle famille, maise lle tombe doucement dans une dépression après avoir découvert que sa mère adoptive touche une allocation pour l’élever. Pré ado elle se pose des tas de questions sur son identité, sur qui elle est, et n’arrive pas à contenir la colère qu’elle ressent face à la mort de ses parents biologiques. Sa mère adoptive décide de l’envoyer chez des amis à la campagne afin qu’elle profite du calme et de l’air pur suite à une crise d’asthme importante. En se promenant, elle tombe sous le charme d’une magnifique maison aux bords des marais, qui semble abandonnée depuis des décennies. Elle y rencontre une jeune fille de son âge, Marnie, qui devient vite son âme sœur.

Dernier film en date des studios Ghibli, (en espérant que ce ne soit pas le dernier film tout court), Souvenirs de Marnie est un film assez inégale. Certaines scènes sont très justes d’autres un peu too much.

On suit Anna cette pré ado timide, renfermée, qui n’a pas d’amis, silencieuse, et limite dépressive. Elle est à un âge où l’enfance s’efface doucement, et laisse place à un grand vide qui peut rendre mélancolique, déprimé, on se cherche, on se demande qui on est, où on va, à plus forte raison pour Anna qui est une enfant adoptée, dont les parents biologiques sont mort dans un accident quand elle était encore un bébé. Son mal être est renforcée quand elle découvre que ses parents adoptifs touchent une allocation pour son éducation.

Le film parle énormément du mal être que peuvent ressentir les pré ado, et abordent des thèmes qui touchent tout particulièrement les 11-14 ans et en cela, les enfants plus jeunes ne seront pas très intéressés et les adultes devront se rappeler leurs propres expériences longtemps oubliés! Ceci dit, on se prend très vite d’amitié pour Anna. On a parfois l’impression qu’elle dramatise tout, qu’elle déprime pour un rien, trop sensible, mais après tout ces réactions restent très crédibles et réalistes. Tout comme l’amitié qui se crée entre Anna et Marnie, très fusionnelle comme seules savent le faire des ado de cette age.

Les rêveries, l’imagination débordante, le subconscient qui se confond avec la réalité, tout ça peut être parfois un peu lourd, mais j’ai beaucoup aimé entendre l’histoire finale, qui résout le mystère qui entoure le personnage de Marnie et ses multiples apparitions. Si parfois certaines scènes sont too much, qui pousse un peu trop dans l’émotion et qui cherche clairement à tirer la larme au spectateur, il y a certaines scènes et personnages qui viennent alléger la dépression d’Anna, comme le vieux pêcheur silencieux Toichi, le couple Oiwa qui accueille Anna pour l’été, très sympathique et drôle, dédramatisant tout, et aussi surtout la petite fille Sayaka, qui deviendra une vraie amie pour Anna, avec son ton enjoué, son franc parler et ses petites couettes, ça contrebalance la mélancolie de Anna, dommage qu’elle arrive dans le film de manière tardive.

Sur le plan de l’animation, les décors et les paysages sont magnifiquement réalisés, les marais, la marée, les forêts, le village, ou encore les deux maisons, celle des Oiwa qui accueille Anna, sa chambre en particulier est vraiment jolie et chaleureuse, une pièce de rêve, jusque dans les moindres détails (tout comme c’était déjà le cas dans son précédent film, Arrietty), et bien sur la maison des marais, juste sublime, et l’ntérieur encore plus, une fois que la famille de Sayaka vient s’y installer.

En bref, un très beau travail visuel sur les détails, les pièces des maisons jusqu’au moindre détails du mobilier et de la décoration, un film qui parlera surtout aux pré adolescents, un peu trop mélancolique, un peu trop tire larme mais dont le coté triste est atténué par certains personnages sympathiques, joyeux et attachants comme les Oiwa et la rigolote Sayaka. Sans parler de l’histoire suffisamment complexe et mystérieuse pour tenir l’attention des spectateurs en éveil.