Daddy cool – Hill of freedom – La isla minima – Microbe et Gasoil

Bonne pioche ces derniers jours, au cinéma, j’ai eu quelques bonnes petites surprises en ce début d’été.

Daddy cool

Daddy Cool : Affiche

de Maya Forbes

Mark Ruffalo, Zoé Saldana, Imogene Wolodarsky, Ashley Aufderheide

3,5/5

Maggie et Cam se sont connus, aimés, mariés dans les années 70. Installés à la campagne avec leurs deux petites filles, Faith et Amelia, la famille pourrait être on ne peut plus heureuse, si Cam n’était pas maniaco dépressif. Après une ultime crise, Maggie découvre que Cam a dilapidé depuis longtemps l’argent que lui procurait ses riches parents, et sont donc contraints de déménager en ville, à Boston, et Maggie de trouver un travail, Cam étant  toujours trop malade pour travailler. Mais les mois passent, et Maggie ne gagne que des clopinettes. Quand les filles doivent entrées dans l’école du quartier, réputée mauvaise, Maggie prend son courage à deux mains pour changer leurs situations. Elle décide de confier les deux fillettes à Cam, et de partir pour New York afin d’obtenir un meilleur diplôme grâce à une bourse scolaire. Pendant 18 mois, Cam devra s’occuper seul de ses filles, et faire face aux démons de sa maladie.

Daddy Cool : Photo Mark Ruffalo

Au départ, je ne savais pas trop à quoi m’attendre avec ce film. La bande annonce était drôle, et originale, mais j’avais peur qu’en tant que bon film américain, l’histoire verse dans le pathos et les bons sentiments. Il n’en ai rien ici, le film est vraiment à l’image de la bande annonce.

Daddy Cool : Photo Mark Ruffalo

Daddy Cool : Photo Mark Ruffalo, Zoe Saldana

J’ai adoré Daddy cool, c’est drôle, intelligent, vrai, les deux fillettes ont de véritables comportement d’enfant, entre peur, témérité, colère, elles s’adaptent comme seule un enfant sait le faire. Les scènes entre les filles et leur père sont souvent vraiment très drôles, avec un Cam parfois responsable et posé, et parfois complètement loufoque ou inconscient, qui pique des crises de nerfs comme leurs enfants savent le faire parfois. C’est parfois touchant, notamment quand les filles essayent de prendre leur envol et de se détacher de leur père, pour vivre leur vie. Daddy cool c’est aussi une belle histoire d’amour entre Cam et Maggie, leur couple qui doit survivre malgré la maladie de Cam. En bref, une plongée dans le début des années 80 très sympathique, un humour réussi et intelligent, et un casting très brillant, avec ces deux petites filles si naturelles dans leurs rôles, si spontanées. A voir!

Hill of freedom

Hill of Freedom : Affiche

de Sang Soo Hong

Ryo Kase, Sori Moon, Eui Sung Kim

3/5

Mori, un jeune homme japonais, débarque à Séoul pour retrouver la femme qu’il aime, et qu’il n’a pas revu depuis deux ans. La jeune femme étant partie pour quelques jours, il s’installe dans une pension familiale en espérant la voir avant son retour au Japon. En attendant son retour, Mori fait des rencontres dans son nouveau quartier. Il sympathise avec la jeune femme qui tient le café du coin de la rue, il sympathise aussi avec sa logeuse, une vieille dame, ou encore avec le neveu de cette dernière, qui a trop de dettes.

Hill of Freedom : Photo

Hill of Freedom : Photo

Hill of freedom est un film très court, à peine une heure. On découvre l’histoire de Mori à travers les lettres destinées à la femme qu’il aime, et dans lesquelles il raconte son séjour à Séoul. Comme les lettres ont été mélangés, la jeune femme découvre le périple de Mori et ses sentiments, dans le désordre. J’ai trouvé que Hill of freedom ressemblait, dans sa construction, dans sa réalisation et son atmosphère, à un manga. J’ai vraiment eu l’impression de voir un animé japonais, le genre qui raconte le quotidien des gens d’un quartier.

Hill of Freedom : Photo

Tout comme la jeune femme qui lit les lettres de Mori, les spectateurs découvrent le quartier dans lequel il évolue durant ces quelques jours, les amis qu’il se fait, les petites aventures du quotidien qu’il vit. La vieille gérante de la pension, sa voisine mystérieuse qui pique des crises de nerfs, le neveu de la gérante, enjoué et souriant mais bourrer de dettes, l’américain expatrié pour l’amour d’une femme, la jeune gérante du café du coin qui tombe amoureuse de Mori. C’est gentil, c’est sympathique, c’est léger, ici pas de péripétie ou de rebondissement, le seul suspens étant de savoir si Mori va retrouver l’amour de sa vie ou pas!

La isla Minima

La Isla mínima : Affiche

de Alberto Rodriguez

Raul Averalo, Javier Guttierez

4/5

Dans les années 80, deux inspecteurs sont envoyés dans un petit village au fin fond de l’Andalousie, afin de retrouver deux jeunes ado disparues. Les deux jeunes sœurs n’ont pas donné signes de vie depuis plusieurs jours. Leurs cadavres sont retrouvés rapidement, perdus au milieu des marécages et des champs. Elles ont été torturées atrocement puis assassinées. Les deux inspecteurs vont devoir lutter contre la loi du silence instaurée dans le village.

La Isla Minima : Photo Javier Gutiérrez (II), Raúl Arévalo

J’ai beaucoup aimé le film, on ne voit pas le temps passé du début à la fin. Un enquête prenante, un village désolé, un paysage déchiqueté par les marécages et les champs, du vrai suspens, une tension palpable sous le soleil andalou. Les meurtres sont atroces, et les pratiques mises à jour par les deux policiers bien révoltantes.

La Isla Minima : Photo Javier Gutiérrez (II), Raúl Arévalo

Le duo d’inspecteurs est attachant à suivre, entre le jeune inspecteur qui espère résoudre l’affaire pour obtenir une bonne mutation, nouvellement marié, bientôt père de famille, qui représente la nouvelle Espagne démocratique, et l’inspecteur de l’ancienne école, celui qui a rouler sa bosse, et qui a fait toute sa carrière dans l’Espagne de Franco, trimballant derrière lui quelques fantômes et casseroles dont il ne peut se débarrasser. Le film m’a rappelé dans ses décors et ses meurtres, la première saison de True détective. A ne pas manquer, c’est un polar espagnole qui vaut vraiment le détour!

Microbe et Gasoil

Microbe et Gasoil : Affiche

de Michel Gondry

Ange Dargent, Theophile Baquet, Diane Besnier, Audrey Tautou

4/5

Daniel, ado de 14 ans, collégien à Versailles, est surnommé Microbe à cause de sa petite taille et de son allure de fille. Un peu marginal, il n’a pas beaucoup d’amis, et essaye difficilement de grandir. Un jour, Théo, un nouvel élève débarque dans sa classe. Il est vite surnommé Gasoil à cause de ses mains toujours pleines de cambouis. C’est tout naturellement qu’ils deviennent amis, comme seuls savent le faire les enfants et ado. Les deux amis ont alors un projet, celui de construire leur propre voiture grace à un moteur de tondeuse récupéré, et de partir à l’aventure pour les vacances d’été.

Microbe et Gasoil : Photo Ange Dargent, Théophile Baquet

J’aime beaucoup le travail de mise en scène et l’imagination visuelle de Gondry, même si je n’aime pas forcément tous ces films. Ici, il n’y pas de scènes farfelues, de rêves éveillés, toutes les scènes sont parfaitement réalistes. Pour faire court, j’ai adoré le film, j’ai passé un délicieux moment en compagnie de ces deux ados qui se découvrent qui se posent des questions, qui tentent de se forger une confiance en eux même , et essayent de s’affranchir du monde des adultes. Comme c’est le cas pour beaucoup d’amitié à cet age là, la relation entre Microbe et Gasoil est fusionnelle, presque parfaite, une totale confiance,une compréhension mutuelle existent entre les deux enfants, et donne l’impression qu’ils se connaissent depuis des années, et non depuis quelques semaines. Et comme beaucoup de ces amitiés fulgurantes et fusionnelles, les deux enfants ne sont pas du tout issu du même milieu familiale et sociale.

Je me suis énormément amusée en replongeant dans l’enfance, l’absence de conscience, le sens de l’aventure, j’ai adoré partir avec ces deux garçons à bord de leur voiture maison, de suivre leurs péripéties, et d’entendre leurs discussions, leurs réflexions sur la vie et leurs émotions. Un petit coup de cœur pour ce film, très drôle et touchant!

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Spy / Ex machina

Spy : Affiche

de Paul Feig

Melissa McCarthy, Jude Law, Jason Statham, Rose Byrne, Allison Janney, Miranda Hart, Bobby Canavale.

4/5

 Susan Cooper est une agent secret qui travaille pour la CIA. Elle aurait pu être agent de terrain grâce à d’excellente note lors de son entrainement, mais ça fait dix ans qu’elle travaille au sous sol, à être les yeux et les oreilles de l’agent Finn, l’un des meilleurs agents en activité. Amoureuse transie, elle adore le guider lors de mission périlleuse, mais ne peut s’empêcher d’être déçu par sa vie. Pas de mari, pas d’enfant, et son rêve d’être agent de terrain et vivre des moments palpitants ont l’air définitivement enterrés. Lors d’une mission, l’agent Finn est tué par Rayna, l’héritière d’un grand terroriste. Elle doit alors trouvé un acheteur pour une bombe nucléaire hérité de son père. Mais Rayna connait toutes les identités des agents actifs et la CIA ne peut donc envoyer an agent sans prendre de gros risque. Susan voit une chance de changer de carrière et de sortir du sous sol. N’ayant pas d’autre choix, Elaine Crocker, la chef des opérations, envoie Susan à Paris, sur les traces de Rayna, sous la couverture d’une vendeuse de logiciel informatique.

Spy : Photo Melissa McCarthy, Peter Serafinowicz

Au départ, je n’étais pas très motivée, je n’avais pas vu la bande annonce, je ne savais pas à quoi m’attendre. Et puis l’envie d’un film divertissant et drôle fut plus fort, et je n’ai pas regretter mon choix! Spy est hilarant du début à la fin. J’ai adoré Melissa McCarthy, elle nous avait prouvé plus d’une fois son sens de la comédie, et ici elle est vraiment très drôle, sans jamais en faire des caisses. J’ai beaucoup aimé son personnage, beaucoup de gens peuvent s’identifier à Susan, cette femme qui à 40 ans, n’est pas satisfaite de sa vie. Ancienne professeur, elle a voulu plus d’action et plus d’adrénaline en devenant agent secret. Mais ça fait dix ans qu’elle reste dans les sous sol de l’agence, juste pour les beaux yeux de  l’agent Finn, dont elle est folle amoureuse. J’ai adoré voir Susan partir en mission, ses désillusions, des couvertures de femmes célibataires obsédée de chats, à descendre dans des hôtels miteux, alors que Finn était toujours en smoking à descendre dans des hôtels de luxe.

Spy : Photo Rose Byrne

J’ai adoré la voir prendre de l’assurance très vite, le terrain c’est son milieu, ça lui va comme un gant et toute sa formation d’agent de terrain ressort. Susan est parfois douce, mais petit à petit son langage devient dure, ses réflexes sont plus affutés.

Spy : Photo Melissa McCarthy

Pendant deux heures on court dans les rues de Paris, Rome, Budapest, on croise Rick Ford, un agent secret complètement débile joué par Jason Statham très drôle, on croise Allison Janney en directrice de la CIA intransigeante, ou encore Rose Byrne, la méchante de service qui m’a fait un peu penser à son rôle dans Mes meilleures amies. J’ai bien ri pendant deux heures, sans temps morts, il n’y a pas de ralentissements dans l’intrigue comme dans l’action, sans que ça tombe dans l’absurde total, même si c’est une comédie, ici le métier d’agent secret n’est absolument pas réaliste!

Spy : Photo Jude Law, Melissa McCarthy

Spy : Photo Jason Statham, Melissa McCarthy

En bref, une comédie hilarante et très réussie, j’ai adoré le casting, Melissa McCarthy est géniale, et tous les seconds rôles sont particulièrement réussi, que ce soit la géniale Allison Janney, Jude Law, Jason Statham qui est très drôle, Rose Byrne, et Miranda Hart, qui joue toujours des personnages décalés. L’humour ne retombe jamais, et j’en suis sortie avec les joues douloureuses à force de rire ou de sourire. Pendant deux heures, on sort complètement de sa propre tête, et on ne pense à rien du tout, parfait divertissement!

Ex Machina : Affiche

de Alex Garland

Alicia Vikander, Oscar Isaac, Domhnall Gleeson

3.5/5

Calen est programmeur pour la plus importante entreprise de moteur de recherche. Il gagne un tirage au sort organisé par l’entreprise, dont la récompense est de partir chez le big boss, Nathan, dans un centre de recherche personnel, afin de passer ensemble une semaine. Pour Caleb c’est un rêve qui devient réalité, car Nathan est un génie de la programmation et de l’informatique et c’est tout simplement le héros de Caleb. Il débarque donc en hélicoptère dans un domaine perdu au milieu de la nature sauvage. Nathan s’avère sympathique et accueillant quoique un peu bizarre. Caleb n’est pas très à l’aise mais sa curiosité intellectuelle l’emporte. Nathan lui explique alors qu’il travail sur une intelligence artificielle, qui dépasse les technologies actuelles. Il présente à Caleb Ava, une intelligence artificielle qui a pris une forme humanoïde. Caleb est alors chargé de lui faire passer un test afin de savoir si cette intelligence artificielle possède une conscience qui lui ait propre.

Ex Machina : Photo Domhnall Gleeson, Oscar Isaac

J’en avais entendu du bien, et j’avais envie d’un film qui me surprenne. Ex machina est un huis clos, dans ce centre ultra moderne, où tout le confort est possible, où tous les gadgets dernier cris sont disponibles. Mais l’endroit est froid, dépourvu d’âme et de touche personnel. Nathan est un génie, c’est un bosseur, et son but reste encore de créer une intelligence artificielle parfaite, qui peut évoluer seule, et qui a sa propre conscience.

Ex Machina : Photo Oscar Isaac

Le film consiste, jour après jour, à nous montrer Caleb qui doit discuter avec Ava, afin de la tester et de voir si sa façon de penser est identique à celle d’un être humain. Petit à petit Caleb s’attache à Ava et se laisse prendre au jeu.

Ex Machina : Photo Domhnall Gleeson, Oscar Isaac

Plus le film avance et plus Caleb est mal à l’aise avec Nathan. Il s’attache beaucoup a Ava et remet en question l’intérêt d’une intelligence artificielle. Les questions de morale et d’éthique se pose à lui. Le film est donc assez glaçant, prenant, la tension entre les personnages, dans ce triangle étrange, est de plus en plus palpable, de plus en plus fort et dérangeant.

Ex Machina : Photo Domhnall Gleeson

Quelques surprises viennent surprendre le spectateur, même si j’avais déjà deviné certaines choses (SPOILER: surprise de voir Ava si froide et détachée, pas surprise de voir que la servante de Nathan est en fait un robot). Un film qui fait réfléchir sur l’intelligence artificielle avec un trio d’acteurs excellents Alicia Vikander et Oscar Isaac en tête. Une intelligence artificielle réussie, Ava développe une conscience mais reste un brin sociopathe!

Mustang / Vice versa / La loi du marché

Mustang : Affiche

Mustang

de Deniz Gamze Erguven

Güneş Nezihe Şensoy, Doğa Zeynep Doğuşlu, Tuğba Sunguroğlu, Elit İşcan, İlayda Akdoğan

 

 

4.5/5

Dans un petit village de Turquie, à 1000 kilomètres d’Istanbul, Lale, Sonay, Ece, Nur et Selma sont cinq sœurs élevées par leur grand mère depuis la disparition de leurs parents. Avec leur grand mère, les 5 jeunes filles sont libres, joyeuses, pleines de vie, épanouies. Après le dernier jour d’école avant les vacances scolaires, les 5 sœurs rentrent à pied et s’amusent avec des garçons de leur classe. Jeux dans la mer, balade sur la plages. Mais à leur retour, la grand mère punit sévèrement les filles, après avoir reçu le coup de fil d’une voisine qui dénonce le comportement des filles avec des garçons. Dès lors, les oncles et tantes viennent plus souvent surveillés les filles, la maison se transforme peu à peu en bunker, les filles sont interdites de sorties, les ordinateurs et téléphones sont confisqués, la cuisine et le ménage sont les seules matières qu’elles étudient entre deux contemplations de plafond, histoire de passer le temps. Jusqu’au jour où la famille décide d’organiser des mariages arrangés, histoire de se débarrasser des jeunes filles.

La presse a décrit le film comme une sorte de Virgin suicides turc, c’est tout de même très réducteur comme comparaison. Mustang nous montre le quotidien de ces 5 filles, des filles comme toutes les autres, qui aiment le rose, les petits gadgets, sentir leurs long cheveux sur leurs épaules, se sentir jolies. Elles aiment sortir, se promener, se dorer au soleil, nager dans la mer, jusqu’au jour où une vieille voisine décide de dénoncer leur comportement. La peur du qu’en dira t-on est le plus fort pour la grand mère qui ne supporte pas que les critiques et les rumeurs fusent sur ses petites filles, empêchant peut être de futur mariages, à cause de réputations salies.

On nous montre le quotidien de ses filles après ce terrible coup de fil qui marque le début du calvaire. La maison est bouclée, les filles ne sortent plus, elles sont constamment surveillées, et elles commencent à apprendre le ménage et la cuisine, pour devenir de futur parfaites épouses. C’est assez terrible de voir ces filles si pleines de vie et de joie devenir de véritables prisonnières, même la tenue du détenu est imposé quand elles reçoivent de la visite ou lors de leur rare sortie. Qu’on t-elles fait pour mériter pareille sort?

Je n’en dis pas plus sur l’évolution lors de leur captivité, j’ai tout simplement adoré le film, on s’y perd jusqu’au bout. Il y a un vrai suspens aussi, concernant la destinée de ces cinq sœurs, notamment la plus petite, débrouillarde, rebelle, dont la colère la fera réagir plus que ces sœurs, plus grande et moins prompt à la rébellion.

Malgré un sujet difficile, et quelques moments dures, le film ne manque pas de scènes drôles et de quelques moments plus légers, qui allègent l’atmosphère, notamment la fameuse scène du match de foot retransmis à la télé, qui est très drôle. Les cinq jeunes actrices jouent toutes très bien, de belles surprises, notamment la petite dernière. Allez voir ce film sans hésiter, vous ne le regretterez pas, c’est vraiment un excellent film, surtout que la programmation du moment n’est pas terrible!

Vice versa

de Pete Docter

4/5

L’histoire de Riley, 11 ans, qui vient de déménager. Nouvelle maison, nouvelle chambre, nouvelles habitudes, et nouvelle école, pas facile pour Riley qui était si heureuse dans le Minnesota. Dans son cerveau, les choses commencent à changer, mélancolie, coup de colère, sans le savoir Riley subit des changements psychologiques qui l’amènent doucement vers la puberté. Dans son cerveau, les émotions Joie, Tristesse, Colère, Peur et Dégout, voient leur quotidien chamboulés aussi quand Joie et Tristesse sont propulser loin des commandes des émotions de Riley. Et tandis que Joie et Tristesse tente tout pour revenir dans le QG, Riley elle, déprime, et plus rien ne va…

Jolie surprise que le nouveau Pixar! Les émotions du cerveau de Riley ont toujours été bien définie. Joie dirige tout dans la bonne humeur, Tristesse est garder le plus loin possible des émotions de Riley. Sous couverts d’émotions personnifiés, le nouveau Pixar nous fait un cour sur les changements psychiques et psychologiques, chez une enfant pré ado. Riley à 11 ans, elle n’est pas encore une ado, mais est sur le point de le devenir. Le film nous montre que les émotions et les perceptions psychologiques, qui sont simples et clairs chez une enfant, deviennent de plus en plus complexes à l’approche de la puberté. C’est vraiment très bien fait, la séparation entre joie et tristesse dans l’enfance, sont entremêlés à l’adolescence. Là où les choses sont tout noir ou tout blanc dans l’enfance, les choses deviennent grises en grandissant.

Le film nous montre aussi le fonctionnement de la mémoire et des souvenirs. Comment certains souvenirs de l’enfance qui sont cher à l’être, sont rangés pour certains, jeter aux oubliettes pour d’autre, sans aucun moyen de se ré-souvenir (l’exemple de l’ami imaginaire de Riley dans sa petite enfance, dont elle ne se souviendra jamais, la mémoire l’ayant jugé inutile et relégué aux oubliettes). C’est drôle, notamment quand on voit les interfaces émotionnelles des deux parents. C’est divertissant, drôle, intelligent, et vice versa pourrait même avoir une suite avec une Riley adolescente, il y aurait de quoi faire!

 

La loi du marché

de Stéphane Brizé

Vincent Lindon

4/5

Thierry, la cinquantaine, est chômeur depuis la fermeture de son usine, il y a plus d’un an. Il enchaine les rendez vous à l’ANPE, les formations qui ne débouchent sur rien, les entretiens impersonnels qui ne donnent rien. Avec un fils handicapé qui passe son bac, et le crédit de l’appartement, les choses ne sont pas facile pour Thierry. Il finit par retrouver un emploi d’agent de sécurité dans un supermarché. Il doit alors surveiller les clients et interpeller les éventuels voleurs. Mais très vite, Thierry découvre qu’une grosse partie de son travail est de surveiller les caissières, la moindre faute étant prétexte aux licenciements.

C’est sur que La loi du marché n’est pas le film le plus gai, mais  c’est d’un réalisme presque documentaire. A travers Thierry, on peut voir le vrai quotidien d’un chômeur longue durée qui est plus proche de l’âge de la retraite que de la vingtaine. Beaucoup de monde peuvent se reconnaitre en Thierry, qui gravit les échelons de son usine pendant une bonne vingtaine d’années, avant de se faire licencier. La période de chômage qui s’éternise, les entretiens d’embauche bidons, les rendez vous à l’ANPE qui ne servent à rien, les formations qui servent plus à occuper les chômeurs qu’à les former réellement, la banque qui met la pression en voyant les revenus de leur client diminué, plus tous les soucis qu’une personne chef de famille peut avoir.

Mais le film ne tombe jamais dans le pathos ou le mélodrame. On suit l’évolution de Thierry dans son nouveau boulot, et on passe de la problématique du chômeur à la difficulté de bosser dans un supermarché. Les caissières sont épiées, interrogées, humiliée et traitées comme de petites voleuses prise la main dans le sac, et peu importe qu’elles ont 20 ans d’ancienneté et qu’elles ont toujours eu un comportement irréprochable; badger sa carte de fidélité une fois de trop, ou ramasser des coupons réductions abandonnés par les clients leur vaut humiliation, réprimande et licenciement. La scène dans laquelle le DRH essaye de convaincre les employés que le suicide d’une caissière licenciée pour trois fois rien n’a rien à voir avec son licenciement mais probablement à d’autre soucis personnel, (et le fait qu’elle se soit suicider dans le supermarché ne prouve rien) est à vomir.

Un film très réaliste, mais très intéressant et prenant, on constate l’état des lieux du marché du travail et c’est pas beau à voir. Vincent Lindon est excellent dans ce rôle, il n’a pas voler sa récompense cannoise.

Titli, Une chronique indienne

Titli, Une chronique indienne : Affiche

de Kanu Behl

Shashank Arora, Shivani Raghuvanshi, Ranvir Shorey, Amit Sial

4/5

Dans une banlieue près de Delhi, Titli vit avec ses deux frères et leur vieux père, dans un taudis. Le frère ainé organise régulièrement des coups de petits malfrats en braquant des voitures afin de subvenir à leurs besoins. Titli espère sortir de ce quartier, de ce taudis et des braquages violents et absurdes organisés par son frère. Il a un rêve mais pour y accéder il a besoin d’argent. Alors que la famille est acculée financièrement, suite à un coup qui n’a pas marché, les frères de Titli le contraint à se marier avec Neelu, une jeune femme d’une famille correcte et honnête.

Titli, Une chronique indienne : Photo Amit Sial, Shashank Arora

Cette semaine, il n’y a pas grand chose qui me tentait, mis à part ce film indien bien loin des habituels films dansant et chantant que l’on a l’habitude de voir sur les écrans français. C’est la dure réalité des indiens pauvres, qui ont toujours connus la pauvreté, et qui n’ont pas eu la possibilité de faire des études pour s’en sortir, ou s’élever sur l’échelle sociale.

Titli, Une chronique indienne : Photo Amit Sial, Ranvir Shorey, Shivani Raghuvanshi

Titli est pourtant un peu plus privilégié par rapport à ces deux grands frères, il a l’occasion de faire quelques études de plus, de se former à un métier. Mais il doit prendre part aux braquages de voitures, à la violence qui se déchainent sur leurs propriétaires. Titli rêve de pouvoir se payer la gestion d’un des parkings du tout nouveau centre commercial qui va bientôt ouvrir, l’occasion pour lui de pouvoir gagner sa vie et de ne plus dépendre de ses frères et de leurs coups tordus et de tourner le dos au ghetto. Mais pas de chance pour Titlit qui se voit confisquer son argent par la police corrompu. Sa rédemption viendra de sa nouvelle jeune épouse Neelu, éduquée, intelligente. Mais ici pas d’histoire d’amour interdit, pas de sentiments qui viendront vaincre les obstacles. Neelu est la maitresse d’un homme déjà marié, et refuse tout mariage, dans l’espoir qu’il divorce un jour. Mais Neelu finit par accepter la demande de la famille de Titli, pousser par son amant, et pousser par sa famille, qui n’est pas trop regardante sur leur futur gendre, au vu de la liaison extraconjugale que leur fille entretient.

Titli, Une chronique indienne : Photo Shivani Raghuvanshi

Titli Une chronique indienne nous dépeint un paysage réaliste de l’inde pauvre. Les difficultés d’avancement sociale, la violence, les lois du mariage, mais surtout Titli est honnête et direct dans la manière de dépeindre ses personnages. Titli n’est pas le jeune héros sans tâche, il est très blasé de la violence que subi les victimes de ses frères, il peut lui même être assez violent dans ses propos avec Neelu. Neelu n’est pas la jeune princesse qui a fait un mauvais mariage et qui espère s’en sortir, elle est la maitresse d’un homme marié, et malgré son intelligence et son coté malin, elle ne voit pas la malhonnêteté de son amant.

Titli, Une chronique indienne : Photo Shashank Arora, Shivani Raghuvanshi

En arrière plan, on nous montre aussi certaines discriminations envers les plus pauvres, la corruption de la police, l’hypocrisie des classes moyennes, l’importance du mariage, les procédures de divorce, la violence fait aux femmes comme aux hommes. Les deux heures sont prenantes, malgré quelques rares moments de flottement, pas de décors somptueux ou de paysages magnifiques, on ne nous montre que la dure et froide vérité dans ce film, qui malgré son coté sociale, ne manque pas d’humour, surtout dans la première moitié du film.

A voir donc, pour mieux comprendre l’Inde loin des clichés touristiques ou du romantisme bollywoodien, pour son humour, pour son  histoire, et pour ses acteurs, tous excellents.

The avengers : L’ère d’Ultron

Avengers : L'ère d'Ultron : Affiche

de Joss Whedon

Robert Downey Jr, Chris Hemsworth, Scarlett Johansson, Chris Evans, Mark Ruffalo, Jeremy Renner, Samuel Jackson, Elisabeth Olsen

3/5

La suite des aventures des Avengers, les super héros Marvel réunit pour sauver la terre. Après avoir récupérer le sceptre de Loki, les héros célèbrent leur réussite. Mais elle est de courte durée quand Tony Stark décide d’utiliser la puissance du sceptre de Loki pour créer une intelligence artificielle parfaite et supérieure sensée protéger la planète. Mais l’expérience tourne mal et l’intelligence artificielle prend le pouvoir et décide d’éliminer tous les êtres humains, faibles et défectueux, qui n’ont pas su évoluer, pour faire place à une nouvelle race capable de s’adapter aux changements.

Avengers : L’ère d’Ultron : Photo Aaron Taylor-Johnson, Elizabeth Olsen

J’aime beaucoup l’univers Marvel, les films de super héros, même si parfois il y a d’énormes ratés. Depuis la révolution des Batman (dc comics) de Christopher Nolan et sa vision plus sérieuse et plus sombre du super héros, tout le monde ou presque à eu droit à son film et son renouveau. Avec les Marvels, on a eut Captain America (très moyen), Iron man (très réussie), Thor (moyen), Hulk (moyen), et puis on a eut droit aussi à la série télé Marvel’s agents of the shield, et les films Avengers, qui réunit tous les superhéros. ça fait beaucoup, on s’y perd, ça part un peu dans tous les sens.

Avengers : L’ère d’Ultron : Photo Chris Evans, Chris Hemsworth, Mark Ruffalo, Robert Downey Jr., Scarlett Johansson

Le premier Avengers était sympa, c’était un peu le délire du fan qui réalise son fantasme en réunissant les héros dans un même film. Le film ne se prenait pas au sérieux, chacun avait un peu sa place, et l’humour très présent, en gros un divertissement sympa qui divertie et c’est déjà pas mal.

Avengers : L’ère d’Ultron : Photo Mark Ruffalo, Scarlett Johansson

Dans ce second volet des aventures des Avengers, l’histoire part dans tous les sens, il faut se rappeler le premier volet, sorti il y a trois ans, il faut se souvenir du dernier volet de Captain America qui ne m’a pas laissé un souvenir impérissable, c’est le moins qu’on puisse dire, et ce n’est pas nécessaire mais c’est quand même pas mal si on pouvait avoir vu la saison 1 de la série Agents of shields.

Avengers : L’ère d’Ultron : Photo Mark Ruffalo, Robert Downey Jr.

On retrouve l’humour cynique d’Iron man, le style vieux jeu de Captain America, et le beau Thor, mais on sent que tout est forcé, leurs jeux, leurs dialogues et toutes les touches d’humour qui sortent brutalement entre deux batailles, ont l’air tirés par les cheveux et ne s’assimilent pas naturellement au récit, du coup ça tombe souvent à plat, et je n’ai pas rit autant que les scénaristes auraient voulu. En bref, ça n’a pas pris ce coup ci.

Pour faire court, the Avengers l’ère d’Ultron c’est TROP. Trop de bruits, trop de boum, trop de batailles, trop de luttes, trop de musiques grandiloquentes qui vous explosent les oreilles. Pas assez de temps pour approfondir les personnages sauf Natasha et Clint Barton, qui nous permettent de nous reposer un peu. L’humour ne marche pas aussi bien que d’habitude, quelques scènes réussies mais souvent un humour qui ne fonctionne pas, ça manque de naturel, ça se sent. Le film de trop peut être, tirer sur la corde ça n’a jamais réussi à personne, surtout qu’on va encore avoir le droit à des Thor et des Captain America dans les années à venir… D’ailleurs Joss Whedon n’a pas l’air chaud pour tourner le troisième volet, apparemment plus aussi libre sur le tournage de ce film, ceci explique peut être cela.

Taxi Téhéran – broadway therapy – Jauja – Une belle fin

Un peu de retard dans mes chroniques ciné, donc je condense les derniers films vu au cinéma dans ce billet! y’a du bon, du moyen, du très bon!

Taxi Téhéran : Affiche

Taxi Téhéran de Jafar Panahi

3/5

De nos jours, à Téhéran, le réalisateur iranien Jafar Panahi, s’est transformé en chauffeur de taxi anonyme afin de filmer discrètement les clients et leurs conversations. Il prend à son bord à revendeur de films et séries piratées interdits par le régime, deux vieilles dames qui transportent un poisson rouge dans un bocal pour des raisons de superstition, ou encore sa propre petite nièce, qu’il passe chercher à son école.

Taxi Teheran : Photo

Taxi Téhéran nous donne un aperçu de la société actuelle, à travers des personnages ordinaires. En réalité, le film n’est pas un documentaire, les clients qui montent dans le taxi sont donc des acteurs amateurs, mais le film n’est pas totalement fictif puisque Panahi joue son propre rôle en prenant le volant d’un taxi. Le film veut nous montrer certaines réalités du quotidien d’un iranien, notamment au travers du client qui passe son temps à vendre des dvd piratés introuvables de manière officielle, la conversation qu’il a avec sa nièce et qui nous montre les limites que la politique impose concernant l’art et la création (notamment dans la réalisation de films), ou encore la discussion que Panahi a avec son ami concernant les lois répressives pour les voleurs et autres racketteurs.

Taxi Teheran : Photo

Taxi Téhéran n’est ni une fiction ni un documentaire, il mélange un peu les genres, sans exploité à fond les possibilités. Les petites anecdotes et conversations que Panahi a avec ces “clients”, ne sont pas toujours très pertinentes, énergiques ou prenantes, ces petites anecdotes auraient pu être plus nombreuses et plus actives. Même si le film est très intéressant et qu’il a un intérêt évident, sur le plan cinématographique le film n’est pas très abouti et présente quelques longueurs.

Broadway Therapy : Affiche

3.5/5

Broadway therapy de Peter Bogdanovich

Imogen Poots, Owen Wilson, Jennifer Aniston

Isabella, ancienne call girl devenue star à Broadway, raconte ses débuts à une journaliste, comment elle est passée de prostitué à actrice pleine de succès, et elle commence son récit par sa rencontre avec l’infidèle Arnold, metteur en scène, marié et père de famille, qui a une tendance maladive à tromper sa femme et a aider financièrement ses maitresses.

Broadway Therapy : Photo Imogen Poots, Will Forte

Je ne savais pas trop à quoi m’attendre en allant voir ce film, ce fut finalement une bonne surprise, une comédie drôle et rafraichissante, surtout grâce à la pétillante Imogene Poots, qui raconte son histoire à une journaliste. L’histoire se déroule sur quelques jours, qui vont changés la vie et la destinée de la jolie Isabella, qui rêve de paillette et de planche de théâtre.

Broadway Therapy : Photo Imogen Poots, Owen Wilson

C’est un peu bavard, c’est très énergique, les personnages sont nombreux et virevolte dans le New York de broadway, c’est souvent très drôle, et outre la performance joyeuse d’Imogene Poots, je retiens la perfomance de Jennifer Aniston en psychologue psychopathe, égocentrique et hystérique, elle m’a fait oublier Rachel Green, c’est la première fois qu’elle m’épate au cinéma. Très bonne comédie, histoire de se distraire, bourrée de référence aux films de l’âge d’or hollywoodien.

Jauja : Affiche

Jauja de Lisandro Alonso

Viggo Mortensen, Viilbjorg Malling Agger

3/5

A la fin du 19e siècle, un capitaine et ingénieur d’origine danoise, se trouve en Patagonie pour une mission de construction en compagnie de sa fille la jolie Ingeborg. Au milieu de nulle part, un soir, Ingeborg s’enfuit en compagnie d’une jeune homme. Le père part à sa recherche seul avec son cheval à travers les paysages désertiques de la Patagonie.

Jauja : Photo

Le premier mot qui me vient à l’esprit pour décrire Jauja c’est spéciale, ou étrange. Dans les beaux paysages désertiques et quelques fois lugubres, on suit les efforts d’un père pour retrouver une fille en fuite. Jauja est filmé dans un format peu habituel pour le cinéma, il n’y a quasiment pas de musique, (sauf dans une seule scène) ce qui donne une dimension très réaliste et sans romantisme aucun au voyage que fait Viggo Mortensen. Les quelques jours pendant lesquels le père cherche sa fille sont parfois longuets, certaines scènes sont un peu trop lentes, le réalisateur prend son temps, mais nous spectateur on sent parfois un peu l’ennui. Jauja est un peu trop contemplatif et pas dans le sens envoutant ou hypnotisant, mais plutôt du genre ennuyant.

La dernière demi heure nous plonge dans une dimension fantastique, surnaturelle, la scène de la grotte réveil mon intérêt pour le film mais les dix dernières minutes me plonge dans l’incompréhension totale, en bref, un film bien étrange…

Une belle fin : Affiche

Une belle fin de Uberto Pasolini

Eddie Marsan, Joanne Frogatt, Andrew Buchan

4/5

John May travaille dans les services administratifs d’une des morgues londonienne. Son travail consiste à retrouver des membres de la famille des défunts que personne n’a réclamé et qui semblent seul au monde. La plupart du temps, John ne retrouve personne que ça intéresse et il finit par organiser les obsèques de ces solitaires, écrivant éloge funèbre et choisissant la musique d’accompagnement; il assiste bien sur à chaque fois à la cérémonie. Un jour, le défunt dont il doit s’occuper est son voisin d’en face, mort seul et sans famille. John se rend compte aussi qu’il fait parti de ces solitaires, lui non plus n’a pas de famille, il se pose alors des questions pour quand son heure viendra.

Une belle fin : Photo Eddie Marsan

Une belle fin, ou still life en anglais, est un film touchant d’abord par son personnage John, seul sans famille ni amis. Son quotidien est identique jour après jour, son travail dans son bureau parfaitement rangé, sa pomme de l’après midi, son repas du soir avec sa boite de conserve et son toast grillé, toujours la même façon de s’habiller, toujours sa même sacoche en cuir. Sa vie n’est ni triste ni joyeuse, elle est tout simplement morne, à chercher des indices dans les logements des défunts, à passer quelques coups de fil, et à se faire son propre album de photos de famille, en utilisant les photos des décédés qui ne trouvent aucune famille pour leur rendre un dernier hommage.

Une belle fin : Photo Eddie Marsan

Malgré son sujet et son personnage, Une belle fin n’est pas triste, ce n’est pas un mélo. On retrouve toujours cet humour british, un humour intelligent, fin et assez noir! J’ai passé un très bon moment en compagnie de John May, je me suis beaucoup attachée à son personnage. Le message du film reste assez simple mais très vrai, finir seule et mourir isolé, ça arrive bien plus souvent qu’on ne le pense dans nos sociétés, l’illusion d’avoir une vie joyeuse et remplie disparait doucement avec l’âge, l’isolement se fait sans qu’on s’en aperçoive. Finalement, il n’y a que la fin du film qui est assez émouvante, c’est un très beau film sur un sujet qui aurait pu être déprimant mais qui ne l’est pas, à voir.

Lost river

Lost River : Affiche

de Ryan Gosling

Christina Hendricks, Saoirse Ronan, Iain De Caestecker, Matt Smith, Reda Kateb, Ben Mendelsohn

3.5/5

A Lost river, tout est en ruine et à l’abandon. La ville se meurt, les gens déménagent, et petit à petit la ville devient fantome. Seuls quelques irréductibles s’acharnent comme Billy, mère célibataire de deux garçons, Bones presque adulte et Franky qui encore tout petit. Il y a la voisine aussi, Rat, que Bones apprécie et qui s’occupe de sa grand mère, qui ne parle plus depuis la mort de son mari. Bones s’attire des ennuis en volant le cuivre des maisons abandonnées alors que les ruines ont été “revendiquées” par la petite frappe du quoi, Bully, qui n’hésite pas à découper les lèvres de ceux qui l’énerve, tandis que sa mère, Billy, accepte l’offre de boulot particulièrement étrange du directeur de la banque qui l’a menace d’expulsion, faute de crédit remboursé.

Contrairement à ce que nous fait croire Allociné, non Lost river n’est pas un film fantastique, pas l’ombre d’un élément surnaturelle dans ce film, bien au contraire. On suit plusieurs personnage dans une ville quasi fantôme, des personnages dont la vie est de plus en plus difficile, qui se sentent acculés au pied du mur, qui perdent peu à peu le reste d’espoir qu’ils possèdent. Alors que la ville se vide des rares habitants restant, Billy la mère célibataire se voit  menacée d’expulsion par le directeur de la banque et accepte une proposition de job étrange et flippant, Rat, la voisine, est coincée dans sa vieille bicoque en ruine à cause de sa grand mère qui ne bouge pas ni ne parle depuis la mort de son mari et passe son temps à regarder de vieux films de son mariage, et Bones, le fils de Billy, qui passe son temps à éviter Bully, qui rêve de lui découper les lèvres.

Rien de fantastique ou de surnaturelle dans ce film, si ce n’est l’atmosphère étrange et pesante, une musique souvent angoissante, une bande originale très intéressante, et une peur pour les personnages, et leurs devenir, on s’attend à chaque minute à les voir sombrer dans une destinée violente, dramatique et sanglante. Mais à chaque fois qu’on s’attend à voir le pire, Ryan Gosling épargne ses personnages. Ici pas de drame démesuré, par de mélo, ce qui rend les faits de l’histoire et le contexte sociale encore plus réaliste.

Quand on connait un peu l’univers de Ryan Gosling, on est pas du tout surpris finalement, de la tournure de l’histoire, de l’ambiance, de ce coté effrayant sans l’être réellement, de ce coté bizarre, parfois un peu morbide, qu’on peut voir dans les clips et les chansons de son groupe Dead man’s bones.

Lost River : Photo

En sortant de la salle, j’avais une forte impression que Gosling s’est inspiré de nombreux films des années fin 80 et début 90, dans son ambiance, son étrangeté. J’ai beaucoup aimé Katherine Hendricks, qui sort du lot dans ce film, même si la jeune Saoirse Ronan n’est pas en reste, et Ben Mendelshon fait froid dans le dos.

Lost River : Photo Christina Hendricks

C’est donc un ovni, avec une jolie maitrise de la caméra , certaines scènes sont vraiment très réussie, quelques moments de grace. Prise à part certains morceau du film sont d’une jolie virtuosité, mais le film dans son ensemble, c’est un peu bordélique, un peu trop bizarre,

PS : J’ai vu le film dans le cadre d’une avant première, avec Ryan Gosling et Reda Kateb venus présentés le film; Pas de photos cette fois ci, j’étais un peu loin dans la salle, puisque j’ai eu des places à la dernière minutes, (on y est allées sachant très bien qu’ à chaque fois, les avant première ne sont jamais vraiment complète, les personnes ayant réservées ne venant pas toujours à la séance, au final), On a tenter le coup à la dernière minute. C’est toujours un plaisir de voir les acteurs de près, même si il n’y a eu aucun échange comme ce fut le cas avec Russell Crowe.