Interstellar “N’entre pas docilement dans cette douce nuit”

Interstellar : Affiche

de Christopher Nolan

Matthew McConnaughey, Anne Hathaway, Jessica Chastain, Micheal Caine, John Lithgow, Casey Affleck

4.5/5

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Dans un avenir plus ou moins proche, les conditions de vie sur Terre se dégradent lentement mais surement. L’atmosphère terrestre s’est dégradée, des tempêtes de poussière deviennent le nouveau quotidien des habitants. Cooper, ancien ingénieur et pilote de l’air, s’est comme presque tout le monde, reconvertie en agriculteur, puisque la Terre n’a plus besoin d’appareils électroniques, mais de nourriture, la plus grande menace étant la faim. Il élève seul son fils ado et sa fille de 10 ans Murphy. Cooper est sollicité par la NASA pour participer à une mission spatiale, afin de trouver une nouvelle planète pour l’espèce humaine. Grâce à la découverte récente d’un trou de ver, les astronautes se retrouvent dans une autre galaxie. S’offre à eux, trois possibilités de mondes viables.

Interstellar : Photo Mackenzie Foy, Matthew McConaughey

Je suis depuis quasiment le début la carrière de Christopher Nolan. Je n’ai pas vu son premier film (following), mais j’ai vu tous ces autres films depuis Memento (Memento, Insomnia, Batman begins, Le prestige, Batman dark knight, Inception, Batman Dark knight rises). J’ai adoré tous ces films, je suis fan du travail de Nolan sur le plan visuel mais aussi sur le plan du scénario, même si parfois ce n’est pas toujours un sans faute.

Interstellar, je l’attends depuis longtemps, la bande annonce m’avait époustouflé, et j’en attendais beaucoup. Je suis tellement en manque de très bons films et de coup de cœur, (va falloir réduire le top 10 à un top 3 cette année tellement les films vu sont moyens), que j’étais excitée et énervée par la séance d’interstellar, je n’ai pas attendu le week end pour le voir (la motivation était bien présente, ça faisait longtemps) et malgré les 2h49 de film, je n’ai pas pu attendre et j’y suis allée mercredi soir, après mon travail.

Interstellar : Photo Anne Hathaway

Nolan nous montre une Terre malade, les humains ont épuisé ses ressources, l’ont usé jusqu’à la corde et est maintenant en perdition. Les gadgets, la technologie importent peu dorénavant, les industries et les économies se sont effondrées, seul l’agriculture importe, seul l’alimentation intéresse, dans un monde où les ressources alimentaires sont difficiles à maintenir, les champs de céréales tombant malade les uns après les autres. J’ai trouvé un peu dommage de ne pas approfondir sur les raisons de cet état particulier, mais surtout sur le fait qu’on reste concentré sur les États Unis alors que le phénomène est mondiale.

Interstellar : Photo

Dès les premières minutes je suis dedans, je suis dans cette histoire, dans ce monde. J’ai beaucoup aimé la relation si fusionnelle entre le père et sa fille, le déchirement qu’ils ressentent lors du départ de Cooper. Mais bien sur, le film prend toute son envergure une fois que les astronautes s’envolent pour l’espace. Le décollage, les différentes étapes, le voyage vers saturne. Et puis surtout le voyage à travers le trou de ver, l’approche d’un trou noir énorme appeler Gargantua. Aucun film n’a filmé avec autant de précision, autant de beauté menaçante, autant de réalisme, la galaxie et ces phénomènes, les étoiles, la réalité d’un trou noir, la traversée d’un trou de ver. Nolan filme l’univers comme jamais personne ne l’a fait avant lui et le résultat est grandiose. L’univers, c’est froid, c’est dangereux, c’est effrayant, c’est plus qu’immense, c’est infini, c’est visuellement magnifique. La traversée du trou de ver pour atteindre une autre galaxie est impressionnante, on a vraiment cette impression d’être avec eux dans la navette spatiale, enfermé dans cette immensité sombre, on pourrait presque ressentir un sentiment de claustrophobie.

Tout est impressionnant dans ce film, le voyage intergalactique, les visites des différents mondes entre planète couverte de vagues géantes, et planète de nuages de glaces. Nolan se lance dans des théories sur la relativité, sur les effets des trous noirs, sur le temps comme dimension propre, qui serait la clef de tout. Sans rien dévoilé, c’est un mélange pure de science (voyage dans la galaxie, utilisation du trou de ver, planètes à explorer) et fiction, (la traversée du trou noir, l’énigme du temps dans l’espace).

Le cinéma de Nolan dans Interstellar c’est aussi la réussite de mêler de magnifiques scènes visuelles dans l’espace et des scènes plus intimistes, les conversations entre le père et sa fille de 10 ans, les messages envoyés par Murphy à son père pleins de rancœur et de misère, les conversations entre Cooper et le professeur Brand perdus dans une autre galaxie, la réaction et la solitude de Cooper face aux messages envoyés par sa famille.

Il y en aurait des choses à dire sur ce film, mais pour faire court, de très bons acteurs, de très belles scènes humaines, l’humanité dans tout ses états, un visuel époustouflant. Une manière de filmer les voyages dans l’espace juste hypnotisant. J’ai été happé, emporté, j’ai voyagé avec eux, c’est d’un réalisme impressionnant. La musique sublime le tout, et sait se taire complètement pour laisser la place au silence totale, définition correcte de l’espace, là où le bruit n’existe pas. Et le silence de certaines scènes est parfois plus puissante que la musique du film. Visuellement parlant, filmer l’espace comme il l’a fait me rappelle Gravity qui me fait  l’effet d’une pauvre blague à coté d’Interstellar, et ici pas besoin de gadget comme la 3D pour impressionner le spectateur et le clouer à son siège. Et là où je trouvait le fond de Gravity vide, Interstellar aborde des sujets et des thèmes qui m’ont toujours passionnés et les met en image. Bien sur le film n’est pas dénué de défaut,  à commencer par l’absence totale de mondialisation. On ne voit  que les Etats Unis, on a l’impression que les terriens ne sont que américains et seule la bannière étoilée est présente sur les planètes visitées. Ou encore la fin (SPOILER; bien trop optimiste, bien trop heureuse comme fin, même si ça fait plaisir que tout finisse bien c’est pas tout à fait crédible, mais pourquoi pas après tout?!).

Balade entre les tombes

Balade entre les tombes : Affiche

de Scott Frank

Liam Neeson, Brian Bradley, Boyd Holbrook, Dan Stevens

3,5/5

A la veille de l’an 2000, à New York, Matt Scudder, un ancien flic, joue les détective privée sans licence pour arrondir les fins de mois. Il est un jour abordé par Peter un junkie alcoolique qu’il a rencontrer lors de l’une de ses séances aux alcooliques anonymes. Il souhaiterait que Matt rende visite un son frère, Kenny, qui a fait fortune dans le trafique de drogue. Ce dernier aimerait que Matt retrouve les kidnappeurs de sa femme. Il n’a plus espoir de la retrouver vivante, elle a été sauvagement assassinée et découpé en morceau deux jours auparavant, mais voudrait pouvoir se venger des coupables. Au départ Matt refuse, puis il finit par accepter l’affaire et découvre vite que les  coupables n’en sont pas à leur première victimes, toutes ayant un lien avec des trafiquant de drogue.

Je n’étais pas trop emballée au départ, parce que les films avec Liam Neeson ces derniers temps c’est pas souvent pour le meilleur, avec ces films d’action un peu crétins à répétition qu’il fait de plus en plus souvent. Heureusement Liam Neeson est aussi présent dans très bon films.

 

Balade entre les tombes aurait pu être du même acabit que Taken, mais ouf, ce n’est pas le cas. Ici il joue un retraité de la police. Autrefois inspecteur alcoolique, il devient sobre et prend sa retraite anticipée après une bavure. Il joue le détective amateur pour arrondir les fins de mois, discrètement et sans licence.

Le film est sombre, parfois dure, et souvent d’une violence un peu cru. Ce que j’ai apprécié dans ce film, c’est de voir un détective privée simple, mener une véritable enquête pour retrouver le coupable, suivre son instinct, interroger des suspects, avancer doucement mais surement, voir Liam Neeson vieillissant, enquêter sans tout démolir sur son passage, sans être un super héros, ni physiquement ni moralement, ça fait du bien de le voir dans un vrai rôle, avec un peu de profondeur.

Balade entre les tombes : Photo Dan Stevens

Même le rôle du jeune garçon des ruess avec qui il sympathise reste loin des clichés habituels, le film n’est pas attendu, n’est pas prévisible, n’est pas surréaliste, et ça fait du bien de retrouver un acteur comme Liam Neeson dans un rôle intéressant, évoluant dans un film intéressant.

Sans rien révolutionner, sans être le film du siècle, j’ai beaucoup apprécié ce film policier, noir, avec de bons acteurs, et une histoire simple mais bien travailler.

White bird in the blizzard

White Bird : Affiche

de Gregg Araki

Eva Green, Shailene Woodley, Christopher Meloni

3.5/5

1988. Kat est une ado de 17 ans. Son quotidien c’est son petit ami, ses deux meilleurs amis, le lycée et ses parents, un couple étrange, un père effacé, une mère dépressive à la limite de la folie. Mais Kat ne s’intéresse pas du tout aux états d’âmes de sa mère, jusqu’au jour où elle rentre du lycée pour découvrir que sa mère a disparut.

White Bird : Photo Gabourey Sidibe, Shailene Woodley

White bird est un film qui parle de l’adolescence à travers le personnage de Kat. A 17 ans, elle n’est pratiquement plus une ado, mais pas encore une adulte. Kat apprend à mieux se connaitre à travers les autres, son petit ami, ses deux meilleurs amis, et grâce à certaines expériences. Quand sa mère disparait, elle ne ressent quasiment aucun manque ni émotion. Auto centrée sur elle même, elle n’est préoccupée que par son petit ami, qui semble s’être éloigné d’elle depuis la disparition de sa mère.

White bird c’est aussi un film sur Eve la mère de Kat, une jeune femme belle, élégante, aux airs de star de cinéma comme l’a décrit sa fille, qui se retrouve enfermée, voir emprisonnée dans un mariage ennuyeux, avec un mari qu’elle finit par méprisé totalement, sans qu’elle ne sache vraiment pourquoi. Une femme qui n’a dans la vie que le ménage de sa maison, le diner de son mari tout les soirs, et sa fille Kat, qui avec les années devient de plus en plus belle, comme si cette fille qui a achever de l’enterrer dans cette vie terne, lui volait sa jeunesse et sa beauté. Kat représente l’espoir de la jeunesse, la promesse d’une vie future, alors qu’Eve elle, a jouer son tour, et qu’elle a perdu. La déprime évolue en dépression, qui frise la folie mentale, notamment dans les scènes entre la mère et la fille.

White bird nous parle aussi du rôle que l’enfant occupe dans un couple lorsque celui ci ne fonctionne pas. Doit elle être triste pour son père qui ne comprend pas pourquoi sa femme se sent si mal, doit elle être inquiète pour sa mère qui semble perdre pied, et plonger dans une dépression agressive. Kat n’est pas du genre à s’angoisser pour la souffrance que ressent ses parents bien au contraire, mais ne supporte pas entendre sa mère se plaindre à elle de ses malheurs conjugaux. Kat n’a pas à supporter le mal être perturbant de sa mère, mais à 17 ans, elle ne peut pas non plus faire l’autruche et se désintéresser complètement de leurs problèmes.

Entre les affres de l’adolescence et de la vie d’épouse et de mère, le film avance aux travers de flashback, dans lesquels on découvre la relation entre Eve et Kat, Eve et son mari, dans lesquels on découvre la vie de cette famille moyenne et ordinaire. On devine au bout d’une petite moitié de film, qu’elle est le destin de Eve, les indices s’accumulant sans trop de subtilité, reste une petite révélation finale quant au détail qui déclencha tout.

White bird nous montre une Shailene Woodley très douée dans le role de cette presque adulte, un Christopher Meloni qui joue parfaitement un père de famille effacé et terne en apparence. Et puis une Eva Green toujours aussi douée, qui crève toujours autant l’écran, et qui confirme une fois de plus son talent. Assez effrayant, d’ailleurs de la voir jouer si bien la folie (cf Penny Dreadful!). White bird in the blizzard reste intéressant, certaines scènes et détails font froid dans le dos, et offre de beaux rôles à d’excellents acteurs, mais reste au final, une histoire pas très originale même si il n’y a aucun cliché dans les personnages ce qui est appréciable.

Gone girl

Gone Girl : Affiche

de David Fincher

Ben Affleck, Rosamund Pike, Carrie Coon, Tyler Perry, Neil Patrick Harris

4/5

Nick et Amy Dunne forment un couple en apparence parfait. Mais au matin de leur cinquième anniversaire de mariage, alors que Nick est sorti, Amy disparait. Certains éléments laissent penser qu’il y a eut lutte dans la maison des Dunne. Très vite, les soupçons se portent sur Nick, le mari, et la police découvre rapidement des éléments dans ce sens, d’autant que leur mariage battait de l’aile.

Gone Girl : Photo Ben Affleck, David Clennon, Patrick Fugit

Gone girl, ce n’est pas seulement l’histoire d’une personne disparue et d’un mari soupçonné de meurtre. A lire le résumé, on a presque l’impression d’être face à un de ces nombreux téléfilms en deux parties que nous servait tous les week end m6, avec des couples qui se déchirent, des meurtres, des maris assassins, et des scènes de tribunaux interminables.

Gone Girl : Photo Rosamund Pike

Gone girl, c’est un film sur l’amour, le mariage, comment les hommes et les femmes épousent un concept, une idée, la manière dont ils imaginent leurs conjoints, l’image qu’ils se font d’eux, et comment ces conjoints font tout pour coller à l’image que leur moitié se font d’eux; des relations basées sur un mensonge, une illusion, ils vendent l’image que l’autre veut voir, et après le mariage, ils essayent de s’y tenir, même si ce n’est pas facile.

Nick a su montrer à Amy la personne qu’elle avait envie d’épouser, et Amy à su voir en Nick ce qu’elle avait besoin de voir pour l’épouser, sans regarder la réalité. Quand le couple n’a aucune difficulté financière, tout se passe pour le mieux, on ne voit pas les défauts de l’illusion. Mais une fois que les Dunne s’installent dans le Missouri, que les dettes s’accumulent, que le manque de travail et d’emploi les rends inactifs et de plus en plus pauvres, les défauts de l’autre et les limites de leur illusion mutuelle se font sentir.

Gone Girl : Photo Ben Affleck, David Clennon, Lisa Banes

L’intrigue n’est pas le plus important dans le film. On ne se cramponne pas à son siège dans l”attente de savoir ce qui s’est passé, si Amy s’est faite tuer, si Nick est un assassin. On devine assez vite les choses, David fincher n’a pas voulu jouer sur l’intrigue et le suspens.

Fincher s’est concentré sur les illusions des mariages, des unions, sur le fait que l’on ne connait jamais assez bien l’autre, tout en le connaissant par cœur. Le film a une dimension psychologique que l’on ne voit pas souvent dans ce genre de film.

Gone girl possède aussi ses instants d”humour, notamment les scènes entre Nick, sa sœur et son avocat, un ténor du barreau, ou encore les têtes à têtes entre Nick et Amy une fois qu’ils jouent franc jeux l’un envers l’autre. Certaines scènes font froid dans le dos, il y a  une dose d’humour noire et de cynisme. Ben Affleck joue très bien le mari hébété (assez rare pour le mentionner) et surtout Rosamund Pike est impressionnante dans le film, elle fait parfois peur à voir, une vrai héroïne de film d’horreur,

Still the water

Still the Water : Affiche

de Naomi Kawase

Nijiro Murakami, Jun Yoshinaga, Miyuki Matsuda, Makiko Watanbabe, Teta Sugimoto

4/5

Sur l’ile d’Amami, Kyoko aimerait bien que Kaito devienne son petit ami. Les deux adolescents passent beaucoup de temps ensemble, mais des problèmes familiaux les préoccupent chacun de leur coté. Kyoko doit faire face à la maladie de sa mère, qui revient à la maison après une passage à l’hôpital, pour y vivre ces derniers jours. Kaito lui n’arrive pas à accepter que sa mère refasse sa vie avec d’autre hommes depuis le divorce avec son père. Les deux adolescents s’interrogent sur la vie, la mort, la nature.

J’ai été assez surprise par le film, je ne m’attendais pas du tout à ça. Au vue des rares extraits que j’ai pu voir et du résumé un peu à côté de la plaque sur allociné, je pensais aller voir un film un peu décalé, un peu farfelue, un peu léger, alors qu’en fait still the water n’a rien de décalé, rien de farfelue et rien de léger.

 

Il n’empêche que le film a su captiver mon attention, m’emporter avec ces personnages et surtout les magnifiques paysages dans le sud du Japon. Sur l’ile d’Amami, les habitants sont confrontés à un été chaud, à des typhons automnales. Les maisons sont ouvertes sur la nature, sont aérées par les vents. Il y a un coté apaisant et envoutant dans le film.

Le film comporte quelques scènes contemplatives et des moments plus lents, mais jamais il n’ennuie ou ne lasse. Still the water possède quelques moments de grâce, Kyoko qui nage tout habillée dans les eaux turquoises, les balades en vélo de Kyoko et Kaito, les quelques jours que passera Kaito à Tokyo chez son père, la famille de Kyoko qui profite d’un moment de bonheur parfait sous un arbre plusieurs fois centenaire…

L’une des scènes les plus marquantes reste l’agonie de la mère, allongée dans son lit, dans sa maison, orientée vers le jardin pour qu’elle puisse admirer son arbre favori. La scène a une puissance rare, de voir les voisins regrouper autour de la mourante, lui chantant ses chants préférés, et dansant la danse du mois d’aout, tout le monde souriant, comme à une fête pour que la malade garde le morale et le sourire jusqu’à son dernier soupir, les regards entre la mère et la fille sont bouleversants, et la manière de gérer du père incroyable.

En bref, un film qui nous parle de nature, de la vie, de la mort, de deux adolescents qui se découvrent. Naomi Kawase sait filmer la nature, le soleil, la mer et le vent comme rare savent le faire. A voir, ne serait-ce que pour la beauté de ces paysages, ou pour la grace qui se dégage de certaines scènes.

Un homme très recherché

Un Homme très recherché : Affiche

 

 

 

 

 

 

 

 

 

de  Anton Corbijn

Philip Seymour Hoffman, Rachel McAdams, Robin Wright, Willem Dafoe, Grigori Dubryguine

3.5/5

A Hambourg, Gunther Bachman fait partie d’une agence d’espionnage allemande clandestine. Alors qu’il surveille les activités du milieu islamique, son chemin croise celui de Issa, un tchétchène qui vient d’arriver en ville et qui semble suspect à son équipe. Aidé par des gens qui le prenne en pitié, il contact une avocate, Annabel Richter, pour l’aider à contacter un grand banquier qui fut autrefois en contact avec son père. Gunther comprend vite que Issa n’est pas un futur terroriste, mais il décide se servir de lui pour atteindre un suspect intéressant. Il n’a donc aucun scrupule pour atteindre son objectif, ni envers les innocents ni envers les autres organismes d’espionnage, allemand et surtout américain.

Un Homme très recherché : Photo Philip Seymour Hoffman

Je n’ai jamais lu les romans de John Le Carré, mais il faut dire que les films adaptés de ces romans sont en générale très bons. J’avais apprécié the constant gardener, j’avais beaucoup aimé le tailleur de panama, mais surtout j’avais adoré La taupe.

A l’instar de La taupe, plus que l’histoire en elle même , ce sont surtout les personnages qui sont très intéressants, ce sont eux qui sont mis en avant. Et contrairement à la taupe, ici l’histoire reste bien moins compliqué, il fallait quand même suivre et pas se disperser devant la taupe!

Un Homme très recherché : Photo Philip Seymour Hoffman, Robin Wright

Un Homme très recherché : Photo Philip Seymour Hoffman

Évidemment, Philip Seymour Hoffman est le grand intérêt du film. Il joue Gunther, cet espion qui se retrouve à Hambourg à surveiller le milieu islamique, un vieux loup de mer, qui a rouler sa bosse à travers le monde, qui possède un recul précieux dans la lutte anti terroriste, qui sait doser les actes répréhensibles pour atteindre son but tout en sachant rester humain, notamment quand il faut savoir faire la différence entre les innocents, et les véritables cibles. J’ai beaucoup aimé son personnage, blasé, sans illusion, qui connait trop bien le monde de l’espionnage et qui malgré des trahisons passées par les américains, retombe dans les même pièges. Philip Seymour Hoffman est excellent dans ce film, surtout dans la scène finale où les dernières illusions s’envolent.

Un Homme très recherché : Photo Grigoriy Dobrygin, Rachel McAdams

Les seconds rôles sont aussi intéressants, avec Issa, ce Tchétchène qui hérite de plusieurs millions d’euros de son père russe et qui n’en veut pas le considérant comme sale, Annabelle (MacAdams) la jolie avocate aux principes pacifistes mais qui devra mettre de l’eau dans son vin ou encore Sullivan (Robin Wright), en agent de liaison avec la CIA qui derrière un visage d’ange cache ses véritables intentions comme dans son rôle de Claire Underwood dans House of cards d’ailleurs.

Un Homme très recherché : Photo Rachel McAdams, Willem Dafoe

Un Homme très recherché : Photo Philip Seymour Hoffman

En bref, un film d’espionnage réaliste et loin des scènes d’action ébouriffantes. Le film dénonce l’absurdité des décisions des organismes d’espionnage, leur manière de se marcher dessus, une lutte inter agence, plus qu’une lutte réelle contre le terrorisme, juste un besoin d’arrêter n’importe qui pour faire plaisir aux supérieurs hiérarchiques, sans chercher à véritablement régler les vrais problèmes. Un système absurde tenu par ce qui reste être de simples fonctionnaires au final. Le film n’est pas sans lenteur, mais il vaut vraiment le détour ne serait-ce que pour la présence de Philip Seymour Hoffman vraiment excellent, quel dommage qu’il soit parti si tôt…

Hippocrate

Hippocrate : Affiche

de Thomas Lilti

Vincent Lacoste, Reda Kateb, Marianne Denicourt, Jacques Gamblin

4/5

Benjamin est un jeune interne, qui vient de commencer un nouveau stage en internat dans le service de son père un professeur en médecine. Sur de son choix professionnel. Il fait la connaissance d’un autre interne, le docteur Rezzak, qui vient d’Algérie et qui est obligé de refaire son internat pour pouvoir exercer un jour en France. Plus expérimenté, Benjamin ne sait pas trop si il doit faire ami ami avec Rezzak ou si il doit garder ses distances. Les journées passent et avec les patients, les choix difficiles à prendre, les erreurs qui peuvent entrainer de graves conséquences, le jeune Benjamin perd confiance et doute.

Hippocrate : Photo Jacques Gamblin, Marianne Denicourt, Reda Kateb

ça fait vraiment longtemps que je n’avais pas vu de film français au cinéma. La bande annonce d’Hippocrate me tentait bien et je n’ai pas été déçu.

Le film est tourné à la manière d’un docu fiction, la caméra en mouvement constant, suivant dans les couloirs de l’hôpital, les médecins, les infirmiers, les voir prendre leur pauses dehors dans le froid pour échapper quelques minutes à la pression. On est beaucoup plus proche de la réalité que les nombreuses séries médicales que l’on peut voir en ce moment, comme grey’s anatomy ou docteur house. Ici les hôpitaux n’ont pas l’aspect parfait du neuf et de l’ultra moderne, la peinture s’écaille, les parties privées pour le repos du personnel est vieillot, mal entretenue, couvert de dessins et tags, contributions direct des internes pour éagyer la pièce de repos.

Hippocrate : Photo Vincent Lacoste

Entre petites blagues du quotidien, patients difficiles, conflits avec la hiérarchie, moments de détentes, défouloirs improvisés, la vie de ces internes qui travaillent trop, qui sont confrontés à des cas difficiles à gérer sur le plan humains, n’est pas facile! ça ne m’a pas donné envie d’être médecin! j’ai été très intéressée par le personnage du docteur Rezzak, d’origine algérienne, qui est obligé à son arrivée en France de reprendre depuis le début son internat pour obtenir à nouveau le droit d’exercer. Ce personnage est touchant, humain, intègre, et sa vie n’est pas facile. J’ai beaucoup aimé aussi le personnage de Benjamin, tout jeune, confiant un jour, aucune assurance le lendemain. Touchant lui aussi, dans sa manière de vouloir faire ami avec Rezzak tout en étant jaloux de son assurance, son coté sympathique finira par le remporter.

On ne s’ennuie pas une seconde, c’est prenant, la vie hospitalière intéressante à suivre, et on nous présente très rapidement, les gros problèmes que peuvent rencontrer des centres hospitaliers publics, notamment les problèmes de budget. Le casting est excellent aussi, avec de très bons seconds rôles (Marianne Denicourt dans le rôle du docteur Denormandy ou Carole Franck dans le rôle de l’infirmière Myriam), et surtout les deux acteurs principaux, Vincent Lacoste, très bon et le très doué Reda Kateb.

Magic in the moonlight

Magic in the Moonlight : Affiche

de Woody Allen

Colin Firth, Emma Stone, Jacki Weaver, Marcia Gay Harden, Eilean Atkins

 

3/5

Dans les années 20, Stanley est un grand illusionniste connue dans le monde entier sous le nom de Wei Lin Soo. Il reçoit un soir la visite d’un très vieil ami illusionniste aussi, qui lui propose de venir avec lui sur la cote d’azur pour rencontrer la jeune et jolie Sophie, qui se dit être une vraie médium, afin de la confondre et de prouver sa fraude. Elle et sa mère se sont installées dans la grande demeure d’une riche famille après avoir convaincu tout le monde de son talent de médium. Stanley se fera t-il lui aussi embobiner?

 colin firth 2

Hier donc, c’était l’avant première à Paris du nouveau film de Woody Allen. Ce réalisateur est très aimé en France mais je dois dire que je ne fais pas partie de ses fans inconditionnels. Depuis une bonne dizaines d’année, Woody Allen nous sert des films agréables, sympas à regarder, pas mal, sans plus, bref, rien de transcendant, rien qui retienne l’attention plus de l’heure trente que dure le film. J’avais beaucoup aimé Vous allez rencontrer un sombre et bel inconnu et j’avais pas mal apprécié Blue Jasmine, mais ce  fut surtout plus pour la performance d’actrice que pour le reste. Le must de ses films récents reste Match Point.

colin firth

Donc hier soir, j’étais à moitié motivée pour aller voir son dernier film, mais quand Monsieur Colin Firth fait le déplacement, difficile de dire non! Il est venu présenter le film en compagnie d’ Emma Stone. J’ai bien failli ne pas le voir, car je n’avais pas de billet pour le film, j’ai tout simplement attendu pour voir si il y avait des désistements, et finalement, entre les journalistes et VIP invités qui ne se sont pas présentés, UGC était bien content de nous trouver à attendre, histoire de ne pas présenter une salle vide à Colin Firth et Emma Stone.

colin

Voir Colin/Mr Darcy/Firth en chair et en os, c’est assez impressionnant, il en impose et même si il a un peu vieilli, il a toujours la classe! La classe anglaise. Il présente le film , nous dit quelques mots, et nous fera l’honneur de rester visionner le film avec nous du début à la fin, ce qui est assez surprenant, puisqu’en générale, les acteurs ne restent pas.

Magic in the Moonlight : Photo Colin Firth, Emma Stone

Quant est-il du film? et bien comme d’habitude avec Woody Allen, c’est pas mal, ça se laisse voir, c’est parfois drôle, c’est parfois sympa, mais c’est aussi parfois long. Pour un film qui dure 1h30, j’ai senti le temps passé, je me suis même demandée, ne voyant pas le film finir, si je ne m’étais pas trompé sur sa durée. Évidemment, Woody Allen fait du Woody Allen, c’est bavard, parfois trop, le style est le même, même façon de filmer même façon de diriger. Il prend plaisir à filmer les beaux paysages du sud de la France et les jolies tenues des années 20 et puis c’est tout.

Magic in the Moonlight : Photo Emma Stone, Marcia Gay Harden

Magic in the Moonlight : Photo Colin Firth, Eileen Atkins, Simon McBurney

Heureusement, Colin Firth est toujours aussi géniale, c’est sur il fait partie des acteurs les plus doués de sa génération, toujours un plaisir que de le voir jouer à l’écran. Emma Stone est mignonne en ingénue. Y’a de beaux seconds rôles, mais ils ne sont hélas, pas assez exploités (dommage que Marcia Gay Harden ne fait quasiment que de la figuration), sauf Eilean Atkins qui nous joue une tante Vanessa très attachante. Le film sort en France le 22 octobre prochain.

Salvation

The Salvation : Affiche

de Kristian Levring

Eva Green, Mads Mikkelsen

3/5

1871, dans l’ouest des Etats unis. Jon, un émigré danois vient de passer sept ans à travailler dure pour économiser et construire sa maison, dans le but de faire venir sa famille, sa femme Mary et leur fils de sept ans. Le jour est enfin arrivé où sa famille est réunie. Sa femme et son fils arrivent par le train. Dans la diligence qui doivent les emmener dans leur village, ils sont attaqués par les deux autres voyageurs, deux hommes violents. Après une lutte acharnée au beau milieu de la nuit, sa femme et son fils sont violemment assassinés. Jon rattrape les tueurs et les abats. L’un des tueurs s’avère être le frère d’un homme qui tient le village de Jon en son pouvoir, faisant sa loi et sa volonté. Il décide de raqueter et tuer certains habitants en représailles.

The Salvation : Photo Eva Green, Jeffrey Dean Morgan, Mads Mikkelsen

The Salvation : Photo Mads Mikkelsen, Nanna Øland Fabricius

J’en avais entendu parler lors du dernier festival de Cannes, et un film qui associe Eva Green et Mads Mikkelsen, je ne pouvais pas passer à coté! Salvation est donc un western, un genre qui ressort souvent au cinéma, mais qui n’innove pas énormément.

The Salvation : Photo Eva Green

Ici, Mads Mikkelsen et Eva Green sont comme à leur habitude, excellents. Lui dans le rôle de Jon, un danois venu sept ans auparavant et qui voit son fils et sa femme fraichement débarqués, se faire sauvagement assassinés par deux malfrats. Elle dans le rôle de la femme de l’un des deux malfrats, qui n’a connue que la souffrance, son enfance étant définie par son enlèvement par les indiens, l’assassinat de ses parents devant ses yeux, sa langue qui s’est trouvée arrachée par les indiens, et un mari violent.

The Salvation : Photo Mads Mikkelsen, Mikael Persbrandt

L’histoire par contre reste extrêmement classique, une histoire de western très simple, des méchants qui raquettent les habitants d’une ville perdue au milieu de nulle part, avec un shérif lâche et un maire corrompu, qui aident les méchants du coin à racheter les terres alentour pour des bouchées de pain, pour pouvoir dans un avenir proche forer le pétrole qui se trouve en abondance sous les terres. Une famille massacrée, un homme qui a tout perdu et qui demande vengeance, des bagarres, des duels, un affrontement final, de la violence, des sacrifices, et les deux blessés de la vie qui partent au soleil couchant.

The Salvation : Photo Eric Cantona, Eva Green, Jeffrey Dean Morgan

Donc, un western qui se laisse regarder, qui ne dure qu’1h30, une histoire banale, déjà vu, de beaux paysages, l’intérêt du film reste son casting.

 

Lucy

Lucy : Affiche

de Luc Besson

Scarlett Johanssen, Morgan Freeman, Choi Min Sik

2,5/5

Lucy, étudiante en vacances à Taipei, se voit dans l’obligation de livrer une mallette à un certain monsieur Jang, sans savoir de quoi il retourne. Elle est alors forcer de jouer les mules pour faire passer en Europe une nouvelle drogue tout juste créée. Après que le sachet de drogue pure se soit ouvert dans son estomac, Lucy découvre que ses capacités intellectuelles augmentent. Elle utilise son cerveau à un pourcentage de plus en plus élevé.

Lucy : Photo Scarlett Johansson

Luc Besson est le réalisateur de certains films qui ont marqué le cinéma, par son style particulier, par les thèmes abordées, ou par les personnages féminins qui sont les héroïnes de ses films. J’ai, comme beaucoup de monde, adoré Le grand bleu, Subway, Leon, Nikita, j’ai beaucoup apprécié Le cinquième élément, puis j’ai commencé à de moins en moins apprécié les films de Besson, Jeanne d’Arc, Angèle A, Adèle Blanc sec…

Lucy : Photo Morgan Freeman, Scarlett Johansson

L’idée de départ est intéressante, une jeune étudiante insouciante, qui voit ses capacités intellectuelles augmentées, elle devient de plus en plus intelligente, mais surtout Lucy devient une véritable source de savoir, elle contrôle la matière autour d’elle, les personnes qui se mettent sur son passage, les pensées, le savoir, et les intentions de ceux qu’elle croise n’ont pas de secret pour elle. En même temps qu’elle devient cette être puissant et sans limite, elle perd tout ce qui faisait d’elle une humaine, compassion, sentiments, émotions, empathie.

Lucy : Photo Scarlett Johansson

La première partie du film est assez prenante, on est prise dans l’action, on compati à sa situation, mais à partir du moment où Lucy devient une super héroïne, elle manque tout de même d’un point faible ou d’émotion pour qu’on se prenne de sympathie pour elle. Au départ j’avais peur de ce qui allait lui arriver pour au finale, me sentir complètement détachée du personnage et ne rien ressentir quant à sa destinée. Le film a aussi un coté un peu didactique, un peu scolaire, avec les nombreuses scènes dans lesquelles le professeur joué par Morgan Freeman explique à des étudiants le fonctionnement du cerveau et son potentiel possible.

Lucy : Photo Scarlett Johansson

On retrouve pas mal de chose qui sont habituels chez Luc Besson, le personnage principal féminin fort, déterminé, qui n’a besoin d’aucun prince charmant, comme l’était Nikita, Leloo, jeanne d’arc. Quand on voit le personnage de Lucy avant que sa vie ne bascule, on a l’impression que Luc Besson a oublier que les années 80 sont loin derrière, la tenue de Lucy au début du film, avec ses cheveux décolorés et bouclés, m’a fait penser au personnage de Roseanna Arquette dans le Grand bleu! Avec ce film on retrouve le style de Besson, mais aussi ses héroïnes toujours très féminines et très forte et certaines scènes au début m’ont fait penser à Nikita.

Lucy : Photo Min-sik Choi

Au final, Lucy est un film plein d’action, court ce qui fait qu’on a pas le temps de s’ennuyer, mais dont le  le scénario est trop faible, pas aussi innovant contrairement à ce qu’on pouvait s’attendre, il manque certaines choses, d’autres sont inutiles (le personnage du flic français apporte un peu d’humour mais n’est pas du tout développé), on survole sans attérir c’est dommage; reste un film distrayant.