Calvary

Calvary : Affiche

de John Michael McDonagh

Brendan Gleeson, Kelly Reilly, Chris O’Dowd, Aiden Gillen, Isaach de Bankolé, M Emmett Walsh

4/5

Le père James, prêtre dans un petit village de l’Irlande de l’ouest, voit son dimanche perturbé par la confession d’un villageois qui lui dis avoir été victime d’un prêtre pédophile durant toute son enfance. Il déclare qu’il assassinera le père James le dimanche suivant pour marquer le coup, tuer un prêtre innocent et sans histoire lui semble plus frappant que d’assassiner un prêtre coupable. Le père James sait bien sur de qui il s’agit, mais continue sa vie normalement, il essaye d’aider ses paroissiens dans leurs difficultés quotidiennes, adultère, solitude, idées de suicide, perte d’un proche, et puis la visite de sa fille  (devenue prêtre après la mort de sa femme), qui a essayé de se suicider et qui vient rendre visite à son père. Doit il prendre au sérieux la déclaration d’un homme qu’il croise tous les jours?

Calvary : Photo Aidan Gillen, Killian Scott

L’Irlande de l’ouest, la mer déchainée, le soleil qui ne semble pas réchauffer les os, le vent incessant, les décors grandioses, les collines verdoyantes, visuellement on est tout de suite enchanté par la beauté de l’Irlande. J’ai adoré Calvary, j’ai adoré arpenter les rues de ce petit village côtier au coté du père James, un prêtre pas du tout conventionnel.

Calvary : Photo Brendan Gleeson, Kelly Reilly

Autrefois marié, père d’une jeune femme déprimée, il est entré dans les ordres suite à la mort de sa femme, ce qui fait de lui un prêtre avec de l’expérience, l’expérience de la vie, de la mort, de la perte. Je ne me suis pas ennuyée une seconde à voir le père James parler sans concession, d’un ton franc et direct, à ses paroissiens, à essayer de régler leurs problèmes, à essayer de prendre part à la vie des habitants de son village.

Calvary : Photo Brendan Gleeson

Le père James est donc un personnage attachant et très intéressant, qui parle sans détour. Il faut dire que Brendan Gleeson est un excellent acteur et qu’il signe encore une fois une sacrée prestation, il a une véritable présence à l’écran. La brochette de personnages secondaires est elle aussi très intéressante, entre Milo, un jeune en mal d’amour ou de but dans la vie, Veronica et Jack un couple marié qui se sent mieux depuis que chacun va voir ailleurs, Frank un médecin on ne peut plus cynique, Micheal Fitzgerald un riche propriétaire terrien désœuvré, son prêtre collègue qui a une crise de foi ou encore un vieil écrivain reclus qui attend la mort avec impatience.

Calvary : Photo Brendan Gleeson, David Wilmot

Le film se déroule sur une semaine, du dimanche au dimanche, et à chaque jour, sa violence, ses rencontres, la visite de sa fille suicidaire, la crise de foi de son collègue, l’incendie criminelle de son église, ses promenades sur la plage sauvage. Calvary nous parle de la vie, de son intérêt, de ses déceptions, de la perte. Si le sujet est plutôt déprimant à la base, le film regorge de scènettes comiques, de moments drôles, de réparties cyniques qui ont fait rire la salle, un humour noir, cynique, et qui fonctionnait à merveille, détendant l’atmosphère, du coup le film n’a rien de lourd, de plombant ou de déprimant.

Calvary : Photo Brendan Gleeson, M. Emmet Walsh

En bonus film magnifiquement interprété, par d’excellents acteurs, de l’acteur principale au moindre petit rôles secondaires, Brendan Gleeson bien sur mais aussi M Emmett Walsh ou encore Aiden Gillen (littlefinger dans game of throne). Très bonne surprise!

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Night call

Night Call : Affiche

 

 

 

 

 

 

 

 

de Dan Gilroy

Jake Gyllenhaal, Rene Russo, Riz Ahmed

4/5

Lou Bloom est un marginal, qui vit en volant des matériaux ou des objets, qu’il revend au plus offrant. Un jour sa route croise celle d’un accident de voiture. Policiers, feu, adrénaline, et un caméraman qui filme les détails les plus trash. Lou a trouvé sa vocation, parcourir les rues de Los Angeles en écoutant le scanner de la police, pour pouvoir arriver sur les lieux des accidents ou autre crimes et filmer les détails “croustillants”, qu’il revend aux chaines télé. Petit à petit il apprend les règles du milieu, à la recherche des scènes de crimes les plus spectaculaires qu’il puisse trouver.

Night Call : Photo Jake Gyllenhaal

Night call nous plonge dans le monde de la nuit, des crimes, des accidents de la route, des fusillades, dans le monde des JT des chaines locales, dans le monde des vidéastes freelance, à la poursuite d’images sensationnelles, toujours plus trash, filmer par des êtres qui ont perdu toute sensibilité, ne pensant qu’à filmer le malheur et la souffrance d’autrui pour le compte du plus offrant.

Night Call : Photo Jake Gyllenhaal

Lou Bloom tombe dans ce monde de requins complètement par hasard, et il découvre sa vocation. Jake Gyllenhaal porte le film sur ses épaules, il est tout simplement magistrale. Glauque, sournois, froid comme la glace, et surtout malsain, personne ne peut éprouver la moindre sympathie pour ce personnage aux yeux constamment exorbités qui aime s’entendre parler et qui adore se sentir intelligent et professionnel même quand il ne l’est pas. Lou Bloom n’aime pas l’échec, et même si son boulot est bien dégueulasse, il le fait à la perfection et ne tarde pas à en devenir le maitre et à dépasser les limites de la loi et de la morale.

Night Call : Photo Jake Gyllenhaal

Le film reste parfois un peu lent, un peu lourd, mais reste toujours tendu, sur le fil comme son personnage principal qui mord un os en voyant pour la première fois un caméraman freelance filmer un accident de la route, et ne lâchera plus l’os qu’il ronge, jusqu’à la moelle. Lou Bloom fait froid dans le dos, malsain jusqu’à l’os.

Night Call : Photo Jake Gyllenhaal, Riz Ahmed

Si le personnage de Lou Bloom est très réussi notamment grâce à la performance de Jake Gyllenhaal, ça ne suffit pas non plu pour faire de Night call (Night crawler, en vo, plus parlant) le film de l’année. Intéressant, bien filmé, très bien interprété, il reste tout de même quelques longueurs. La fin élève le film à un niveau supérieur, avec son cynisme affiché, sans compromis.

 

L’oranais

 

L'Oranais : Affiche

de Lyes Salem

4/5

Lyes Salem, Khaled Benaissa, Djemel Barek, Hamal Khateb, Nabil Oudghiri, Sabrina Ouazani

Au début de la guerre d’indépendance algérienne, Djaffar est impliqué malgré lui dans des faits de résistance à cause de Hamid, son meilleur ami, qui l’embarque dans ses aventures sans rien lui dire. Les deux amis sont désormais grillés. Le chef de la cellule de Hamid oblige ce dernier à partir à l’étranger, plaider leur cause auprès des nations étrangères, tantis que Djaffar est envoyé dans les maquis. Durant cinq ans, Djaffar devient une légende, appelé l’oranais, ou le commandant, grâce à ses fait d’armes. De retour dans son village après l’indépendance, accueilli en héros, il découvre alors la triste vérité. Sa femme, Yasmine, est morte quelques mois après son départ. Violée par un français, elle donne naissance à un fils avant de se laisser mourir de désespoir. Difficile alors pour Djaffar de fêter l’indépendance. Quelques mois plus tard, il retrouve Hamid, marié à une américaine, et rentre dans les affaires et la politique à ses cotés.

De Lyes Salem, j’ai beaucoup aimé le film Mascarade, une comédie hilarante et joliment faite. ça remonte à quelques années mainenant, et j’ai été bien contente d’apprendre qu’il sortait enfin un autre film.

On est loin de la légèreté et l’humour de Mascarade. Dans L’oranais, on nous parle de l’indépendance de l’Algérie. La guerre pour l’obtenir n’est raconté que de manière anecdotique au début du film, ce n’est pas le sujet. Le film se passe surtout dans les premières années de l’indépendance, mais si L’oranais nous parle d’un pays en pleine construction, c’est surtout un film sur l’amitié, les pouvoirs de l’amitié, mais aussi ses limites.

Après l’indépendance, les algériens sont trop heureux pour se soucier du futur, ils fêtent leur libération encore et encore. Djaffar revient dans son village en héros, acclamé par la foule, mais il déchante vite quand il découvre que durant les cinq années passées dans les maquis, personne n’a oser lui avouer la vérité sur sa femme, qui fut violer par un français et qui a mis au monde un petit garçon avant de se laisser mourir de désespoir. Pour lui la fête est finie, il doit faire son deuil et réfléchir à ce qu’il va faire de ce petit garçon de cinq ans, élevé par sa sœur. Il retrouve aussi ses deux meilleurs amis, Farid qui a subit des tortures et qui s’en ai sortie et hamid, qui revient en homme poltique qui a su tisser de nombreuses relations internationales, et qui est nouvellement marié à une américaine.

J’ai adoré l’oranais, voir l’évolution de ces jeunes hommes, certains dévoré par l’ambition et grisé par le pouvoir,  certains aspirant qu’à une vie prospère et calme, et d’autre qui pense encore comme un idéaliste et espère le meilleur pour son pays. Trois amis qui s’adorent mais qui vont se retrouver éloignés les uns des autres par des ambitions et des priorités différentes. On passe de la joie de la libération, à l’âge d’or des années 60 et 70 avant de sombrer dans les dificiles années 80.

Le film passe très vite, même certaines scènes que j’ai trouvé en trop (la pièce de théâtre qui retrace la vie de Djaffar le héros) n’ennuie pas une seconde, on suit les trois amis dans leurs vies, on les voit passé par tout les sentiments, le rire, la joie, la fête, la déception, la déprime, la trahison. Les acteurs sont tous magnifiques, à commencer par Lyes Salem qui joue si bien le rôle de Djaffar, un homme bon vivant, de nature joyeuse, très loyale, mais quelque peu naïf. J’ai beaucoup aimé aussi Amal Kateb, qui joue Halima, la sœur de Djaffar ou Djamel Barek qui joue un ancien résistant et qui est resté fidèle à Djaffar depuis leurs envois dans les maquis.

Un film prenant donc, parfaitement interprété, qui nous fait passer par beaucoup d’émotion, le rire, et les larmes. J’espère revoir Lyes Salem très vite à l’écran.

Interstellar “N’entre pas docilement dans cette douce nuit”

Interstellar : Affiche

de Christopher Nolan

Matthew McConnaughey, Anne Hathaway, Jessica Chastain, Micheal Caine, John Lithgow, Casey Affleck

4.5/5

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Dans un avenir plus ou moins proche, les conditions de vie sur Terre se dégradent lentement mais surement. L’atmosphère terrestre s’est dégradée, des tempêtes de poussière deviennent le nouveau quotidien des habitants. Cooper, ancien ingénieur et pilote de l’air, s’est comme presque tout le monde, reconvertie en agriculteur, puisque la Terre n’a plus besoin d’appareils électroniques, mais de nourriture, la plus grande menace étant la faim. Il élève seul son fils ado et sa fille de 10 ans Murphy. Cooper est sollicité par la NASA pour participer à une mission spatiale, afin de trouver une nouvelle planète pour l’espèce humaine. Grâce à la découverte récente d’un trou de ver, les astronautes se retrouvent dans une autre galaxie. S’offre à eux, trois possibilités de mondes viables.

Interstellar : Photo Mackenzie Foy, Matthew McConaughey

Je suis depuis quasiment le début la carrière de Christopher Nolan. Je n’ai pas vu son premier film (following), mais j’ai vu tous ces autres films depuis Memento (Memento, Insomnia, Batman begins, Le prestige, Batman dark knight, Inception, Batman Dark knight rises). J’ai adoré tous ces films, je suis fan du travail de Nolan sur le plan visuel mais aussi sur le plan du scénario, même si parfois ce n’est pas toujours un sans faute.

Interstellar, je l’attends depuis longtemps, la bande annonce m’avait époustouflé, et j’en attendais beaucoup. Je suis tellement en manque de très bons films et de coup de cœur, (va falloir réduire le top 10 à un top 3 cette année tellement les films vu sont moyens), que j’étais excitée et énervée par la séance d’interstellar, je n’ai pas attendu le week end pour le voir (la motivation était bien présente, ça faisait longtemps) et malgré les 2h49 de film, je n’ai pas pu attendre et j’y suis allée mercredi soir, après mon travail.

Interstellar : Photo Anne Hathaway

Nolan nous montre une Terre malade, les humains ont épuisé ses ressources, l’ont usé jusqu’à la corde et est maintenant en perdition. Les gadgets, la technologie importent peu dorénavant, les industries et les économies se sont effondrées, seul l’agriculture importe, seul l’alimentation intéresse, dans un monde où les ressources alimentaires sont difficiles à maintenir, les champs de céréales tombant malade les uns après les autres. J’ai trouvé un peu dommage de ne pas approfondir sur les raisons de cet état particulier, mais surtout sur le fait qu’on reste concentré sur les États Unis alors que le phénomène est mondiale.

Interstellar : Photo

Dès les premières minutes je suis dedans, je suis dans cette histoire, dans ce monde. J’ai beaucoup aimé la relation si fusionnelle entre le père et sa fille, le déchirement qu’ils ressentent lors du départ de Cooper. Mais bien sur, le film prend toute son envergure une fois que les astronautes s’envolent pour l’espace. Le décollage, les différentes étapes, le voyage vers saturne. Et puis surtout le voyage à travers le trou de ver, l’approche d’un trou noir énorme appeler Gargantua. Aucun film n’a filmé avec autant de précision, autant de beauté menaçante, autant de réalisme, la galaxie et ces phénomènes, les étoiles, la réalité d’un trou noir, la traversée d’un trou de ver. Nolan filme l’univers comme jamais personne ne l’a fait avant lui et le résultat est grandiose. L’univers, c’est froid, c’est dangereux, c’est effrayant, c’est plus qu’immense, c’est infini, c’est visuellement magnifique. La traversée du trou de ver pour atteindre une autre galaxie est impressionnante, on a vraiment cette impression d’être avec eux dans la navette spatiale, enfermé dans cette immensité sombre, on pourrait presque ressentir un sentiment de claustrophobie.

Tout est impressionnant dans ce film, le voyage intergalactique, les visites des différents mondes entre planète couverte de vagues géantes, et planète de nuages de glaces. Nolan se lance dans des théories sur la relativité, sur les effets des trous noirs, sur le temps comme dimension propre, qui serait la clef de tout. Sans rien dévoilé, c’est un mélange pure de science (voyage dans la galaxie, utilisation du trou de ver, planètes à explorer) et fiction, (la traversée du trou noir, l’énigme du temps dans l’espace).

Le cinéma de Nolan dans Interstellar c’est aussi la réussite de mêler de magnifiques scènes visuelles dans l’espace et des scènes plus intimistes, les conversations entre le père et sa fille de 10 ans, les messages envoyés par Murphy à son père pleins de rancœur et de misère, les conversations entre Cooper et le professeur Brand perdus dans une autre galaxie, la réaction et la solitude de Cooper face aux messages envoyés par sa famille.

Il y en aurait des choses à dire sur ce film, mais pour faire court, de très bons acteurs, de très belles scènes humaines, l’humanité dans tout ses états, un visuel époustouflant. Une manière de filmer les voyages dans l’espace juste hypnotisant. J’ai été happé, emporté, j’ai voyagé avec eux, c’est d’un réalisme impressionnant. La musique sublime le tout, et sait se taire complètement pour laisser la place au silence totale, définition correcte de l’espace, là où le bruit n’existe pas. Et le silence de certaines scènes est parfois plus puissante que la musique du film. Visuellement parlant, filmer l’espace comme il l’a fait me rappelle Gravity qui me fait  l’effet d’une pauvre blague à coté d’Interstellar, et ici pas besoin de gadget comme la 3D pour impressionner le spectateur et le clouer à son siège. Et là où je trouvait le fond de Gravity vide, Interstellar aborde des sujets et des thèmes qui m’ont toujours passionnés et les met en image. Bien sur le film n’est pas dénué de défaut,  à commencer par l’absence totale de mondialisation. On ne voit  que les Etats Unis, on a l’impression que les terriens ne sont que américains et seule la bannière étoilée est présente sur les planètes visitées. Ou encore la fin (SPOILER; bien trop optimiste, bien trop heureuse comme fin, même si ça fait plaisir que tout finisse bien c’est pas tout à fait crédible, mais pourquoi pas après tout?!).

Balade entre les tombes

Balade entre les tombes : Affiche

de Scott Frank

Liam Neeson, Brian Bradley, Boyd Holbrook, Dan Stevens

3,5/5

A la veille de l’an 2000, à New York, Matt Scudder, un ancien flic, joue les détective privée sans licence pour arrondir les fins de mois. Il est un jour abordé par Peter un junkie alcoolique qu’il a rencontrer lors de l’une de ses séances aux alcooliques anonymes. Il souhaiterait que Matt rende visite un son frère, Kenny, qui a fait fortune dans le trafique de drogue. Ce dernier aimerait que Matt retrouve les kidnappeurs de sa femme. Il n’a plus espoir de la retrouver vivante, elle a été sauvagement assassinée et découpé en morceau deux jours auparavant, mais voudrait pouvoir se venger des coupables. Au départ Matt refuse, puis il finit par accepter l’affaire et découvre vite que les  coupables n’en sont pas à leur première victimes, toutes ayant un lien avec des trafiquant de drogue.

Je n’étais pas trop emballée au départ, parce que les films avec Liam Neeson ces derniers temps c’est pas souvent pour le meilleur, avec ces films d’action un peu crétins à répétition qu’il fait de plus en plus souvent. Heureusement Liam Neeson est aussi présent dans très bon films.

 

Balade entre les tombes aurait pu être du même acabit que Taken, mais ouf, ce n’est pas le cas. Ici il joue un retraité de la police. Autrefois inspecteur alcoolique, il devient sobre et prend sa retraite anticipée après une bavure. Il joue le détective amateur pour arrondir les fins de mois, discrètement et sans licence.

Le film est sombre, parfois dure, et souvent d’une violence un peu cru. Ce que j’ai apprécié dans ce film, c’est de voir un détective privée simple, mener une véritable enquête pour retrouver le coupable, suivre son instinct, interroger des suspects, avancer doucement mais surement, voir Liam Neeson vieillissant, enquêter sans tout démolir sur son passage, sans être un super héros, ni physiquement ni moralement, ça fait du bien de le voir dans un vrai rôle, avec un peu de profondeur.

Balade entre les tombes : Photo Dan Stevens

Même le rôle du jeune garçon des ruess avec qui il sympathise reste loin des clichés habituels, le film n’est pas attendu, n’est pas prévisible, n’est pas surréaliste, et ça fait du bien de retrouver un acteur comme Liam Neeson dans un rôle intéressant, évoluant dans un film intéressant.

Sans rien révolutionner, sans être le film du siècle, j’ai beaucoup apprécié ce film policier, noir, avec de bons acteurs, et une histoire simple mais bien travailler.

White bird in the blizzard

White Bird : Affiche

de Gregg Araki

Eva Green, Shailene Woodley, Christopher Meloni

3.5/5

1988. Kat est une ado de 17 ans. Son quotidien c’est son petit ami, ses deux meilleurs amis, le lycée et ses parents, un couple étrange, un père effacé, une mère dépressive à la limite de la folie. Mais Kat ne s’intéresse pas du tout aux états d’âmes de sa mère, jusqu’au jour où elle rentre du lycée pour découvrir que sa mère a disparut.

White Bird : Photo Gabourey Sidibe, Shailene Woodley

White bird est un film qui parle de l’adolescence à travers le personnage de Kat. A 17 ans, elle n’est pratiquement plus une ado, mais pas encore une adulte. Kat apprend à mieux se connaitre à travers les autres, son petit ami, ses deux meilleurs amis, et grâce à certaines expériences. Quand sa mère disparait, elle ne ressent quasiment aucun manque ni émotion. Auto centrée sur elle même, elle n’est préoccupée que par son petit ami, qui semble s’être éloigné d’elle depuis la disparition de sa mère.

White bird c’est aussi un film sur Eve la mère de Kat, une jeune femme belle, élégante, aux airs de star de cinéma comme l’a décrit sa fille, qui se retrouve enfermée, voir emprisonnée dans un mariage ennuyeux, avec un mari qu’elle finit par méprisé totalement, sans qu’elle ne sache vraiment pourquoi. Une femme qui n’a dans la vie que le ménage de sa maison, le diner de son mari tout les soirs, et sa fille Kat, qui avec les années devient de plus en plus belle, comme si cette fille qui a achever de l’enterrer dans cette vie terne, lui volait sa jeunesse et sa beauté. Kat représente l’espoir de la jeunesse, la promesse d’une vie future, alors qu’Eve elle, a jouer son tour, et qu’elle a perdu. La déprime évolue en dépression, qui frise la folie mentale, notamment dans les scènes entre la mère et la fille.

White bird nous parle aussi du rôle que l’enfant occupe dans un couple lorsque celui ci ne fonctionne pas. Doit elle être triste pour son père qui ne comprend pas pourquoi sa femme se sent si mal, doit elle être inquiète pour sa mère qui semble perdre pied, et plonger dans une dépression agressive. Kat n’est pas du genre à s’angoisser pour la souffrance que ressent ses parents bien au contraire, mais ne supporte pas entendre sa mère se plaindre à elle de ses malheurs conjugaux. Kat n’a pas à supporter le mal être perturbant de sa mère, mais à 17 ans, elle ne peut pas non plus faire l’autruche et se désintéresser complètement de leurs problèmes.

Entre les affres de l’adolescence et de la vie d’épouse et de mère, le film avance aux travers de flashback, dans lesquels on découvre la relation entre Eve et Kat, Eve et son mari, dans lesquels on découvre la vie de cette famille moyenne et ordinaire. On devine au bout d’une petite moitié de film, qu’elle est le destin de Eve, les indices s’accumulant sans trop de subtilité, reste une petite révélation finale quant au détail qui déclencha tout.

White bird nous montre une Shailene Woodley très douée dans le role de cette presque adulte, un Christopher Meloni qui joue parfaitement un père de famille effacé et terne en apparence. Et puis une Eva Green toujours aussi douée, qui crève toujours autant l’écran, et qui confirme une fois de plus son talent. Assez effrayant, d’ailleurs de la voir jouer si bien la folie (cf Penny Dreadful!). White bird in the blizzard reste intéressant, certaines scènes et détails font froid dans le dos, et offre de beaux rôles à d’excellents acteurs, mais reste au final, une histoire pas très originale même si il n’y a aucun cliché dans les personnages ce qui est appréciable.

Gone girl

Gone Girl : Affiche

de David Fincher

Ben Affleck, Rosamund Pike, Carrie Coon, Tyler Perry, Neil Patrick Harris

4/5

Nick et Amy Dunne forment un couple en apparence parfait. Mais au matin de leur cinquième anniversaire de mariage, alors que Nick est sorti, Amy disparait. Certains éléments laissent penser qu’il y a eut lutte dans la maison des Dunne. Très vite, les soupçons se portent sur Nick, le mari, et la police découvre rapidement des éléments dans ce sens, d’autant que leur mariage battait de l’aile.

Gone Girl : Photo Ben Affleck, David Clennon, Patrick Fugit

Gone girl, ce n’est pas seulement l’histoire d’une personne disparue et d’un mari soupçonné de meurtre. A lire le résumé, on a presque l’impression d’être face à un de ces nombreux téléfilms en deux parties que nous servait tous les week end m6, avec des couples qui se déchirent, des meurtres, des maris assassins, et des scènes de tribunaux interminables.

Gone Girl : Photo Rosamund Pike

Gone girl, c’est un film sur l’amour, le mariage, comment les hommes et les femmes épousent un concept, une idée, la manière dont ils imaginent leurs conjoints, l’image qu’ils se font d’eux, et comment ces conjoints font tout pour coller à l’image que leur moitié se font d’eux; des relations basées sur un mensonge, une illusion, ils vendent l’image que l’autre veut voir, et après le mariage, ils essayent de s’y tenir, même si ce n’est pas facile.

Nick a su montrer à Amy la personne qu’elle avait envie d’épouser, et Amy à su voir en Nick ce qu’elle avait besoin de voir pour l’épouser, sans regarder la réalité. Quand le couple n’a aucune difficulté financière, tout se passe pour le mieux, on ne voit pas les défauts de l’illusion. Mais une fois que les Dunne s’installent dans le Missouri, que les dettes s’accumulent, que le manque de travail et d’emploi les rends inactifs et de plus en plus pauvres, les défauts de l’autre et les limites de leur illusion mutuelle se font sentir.

Gone Girl : Photo Ben Affleck, David Clennon, Lisa Banes

L’intrigue n’est pas le plus important dans le film. On ne se cramponne pas à son siège dans l”attente de savoir ce qui s’est passé, si Amy s’est faite tuer, si Nick est un assassin. On devine assez vite les choses, David fincher n’a pas voulu jouer sur l’intrigue et le suspens.

Fincher s’est concentré sur les illusions des mariages, des unions, sur le fait que l’on ne connait jamais assez bien l’autre, tout en le connaissant par cœur. Le film a une dimension psychologique que l’on ne voit pas souvent dans ce genre de film.

Gone girl possède aussi ses instants d”humour, notamment les scènes entre Nick, sa sœur et son avocat, un ténor du barreau, ou encore les têtes à têtes entre Nick et Amy une fois qu’ils jouent franc jeux l’un envers l’autre. Certaines scènes font froid dans le dos, il y a  une dose d’humour noire et de cynisme. Ben Affleck joue très bien le mari hébété (assez rare pour le mentionner) et surtout Rosamund Pike est impressionnante dans le film, elle fait parfois peur à voir, une vrai héroïne de film d’horreur,