Dernières séances: Vesper chronicles – Bullet train

de Krystina Buozite et Bruno Samper

Raffiela Chapman, Eddie Marsan, Rosie McEwen

4/5

Dans un futur lointain, la Terre est ravagée par les trop nombreuses manipulations génétiques faites par l’homme pour modifier l’adn des organismes vivants. Les végétaux et les animaux sont pratiquement tous éteints. Une petite partie très privilégiée de la population s’est retranchée dans des cités protégées appelées citadelles où nourritures, technologie et confort sont de rigueur, tandis que les humains vivants en dehors de ces citadelles sont livrés à eux même, à la violence des autres et à l’absence de nourriture. Ayant besoin de sang jeune à des fins d’expériences et de test, les citadelles échangent volontiers avec les humains restés sur terre, des graines contre des poches de sang, graines qui leur permettent de faire pousser légumes et fruits, mais pour s’assurer la collaboration des laissés pour compte, les graines procurées sont génétiquement modifiées pour qu’elles ne germent qu’une fois et ne permettent pas de nouvelle récolte. Vesper habite avec son père dont le corps est maintenue en vie par des machines, tandis que son esprit, toujours vif, accompagne sa fille partout grâce à un robot ambulant. La plus grande menace est de trouver de quoi manger mais il y a aussi son oncle, une sorte de despote qui mène à la baguette ces ouailles. Il aimerait beaucoup que Vesper qui commence à devenir grande, rejoigne la protection de sa ferme, mais en échange de sa protection et de nourriture, le prix à payer est trop grand. Tout change quand une capsule venant de la citadelle s’écrase. Vesper tombe alors sur Camelia, une jeune femme venant de la citadelle. Elle espère qu’en l’aidant, Camélia pourra lui permettre d’aller vivre dans la citadelle avec son père.

J’étais intriguée par ce film et en même temps je ne savais pas trop à quoi m’attendre n’ayant pas vu de bande annonce et ne connaissant quasi rien de l’histoire. Au final ce fut une bonne surprise. Le visuel du film est vraiment original, ici on sent qu’on n’est pas dans un futur proche mais dans un futur assez lointain voir très lointain. La technologie utilisée même par la population laissée pour compte, est très avancée.

L’histoire de départ n’est pourtant pas très originale. Une catastrophe mondiale déclenchée par une trop grand manipulation génétique et une trop grande envie d’aller toujours trop loin jusqu’à l’autodestruction, a engendrée une terre stérile où faune et flore sont quasiment inexistants. Comme d’habitude l’humanité s’est alors divisée en deux catégories, une minorité qui représente l’élite, vivant dans des cités protégées et inaccessibles aux autres, vivant dans le luxe et le confort, tandis que la majorité restante survit tant bien que mal, entre victimes et despotes qui profitent d’un système brisé pour s’octroyer le peu d’avantages existants.

C’est surtout donc le visuel qui frappe dans le film. Les décors, le quotidien, la vie difficile et morne, les nouvelles formes de vies qui ont su s’adapter au nouvel ordre mondial. Vesper est une héroïne intéressante. Tous ses efforts, et tous les risques qu’elle prend ont pour but d’aider son père, dont le corps, quasiment mort, est maintenue en vie par une machine complexe, tandis que son esprit est toujours aussi vif. La technologie utilisée dans le film par Vesper et les autres laissés pour compte, mixe le savoir et l’organique et donne un visuel qui n’est pas sans rappeler un peu le dernier Cronenberg ‘les crimes du futur’.

Il y a aussi un coté conte pour enfant dans Vesper chronicles avec Vesper bien sur mais aussi la maison au fond des bois dans laquelle elle habite ou encore avec le personnage de Camélia qui, avec ces cheveux presque blancs, son regard elfique et sa peau translucide, ressemble à un être magique, une bonne fée, venue pour aider une héroïne qui mérite une autre destinée que de rejoindre la ferme de son oncle pour engendrer la nouvelle génération de gosses (on ne veut pas savoir comment d’ailleurs), oncle qui ressemble à un ogre de conte de fée d’ailleurs, impeccablement joué par Eddie Marsan, qui pour rien au monde, quitte à tout perdre, ne renoncerait à son pouvoir malsain, dans ce monde perdue.

Bref un film de SF intéressant, qui parle d’écologie, de technologie, de juste équilibre, de despotes, de profiteurs de misère, d’espoir. Un visuel originale, une atmosphère de conte, interprété par d’excellents acteurs. A voir.

Brad Pitt, Bryan Tyree Henry, Aaron Taylor Johnson, Hiroyuki Sanada, Sandra Bullock

de David Leitch

3/5

A Tokyo, Coccinelle, un tueur à gage en pleine crise existentielle, monte à bord du shinkansen pour Kyoto pour une mission imprévue. En effet sa référente, la mystérieuse Maria Beetle, lui demande de remplacer à la dernière seconde un collègue malade. La mission est simple, récupérée une mallette et descendre à la prochaine station. Mais coccinelle n’est pas seul dans le train, les tueurs à gage Mandarine et Citron sont chargés de ramener à bon port le fils d’un des plus grand parrain de la mafia russe qui œuvre au Japon « la mort blanche » ainsi qu’une mallette remplie de fric. Il y a aussi une jeune femme aux allures d’ado qui fait chanter un japonais dans le but d’assassiner la mort blanche, frelon et le loup, deux autres tueurs à gages qui se retrouvent dans le train. Et très vite les cadavres s’amoncellent.

Je m’attendais à un film barré et j’ai eu un film barré, mais un peu trop peut être. Le début est un peu chaotique, avec tous ses personnages qu’on doit apprendre à connaitre, toutes ces situations, tous ces flashback pour comprendre les implications des uns avec les autres. C’est un peu bavard, un peu brouillon.

Je pensais rire plus aussi, le film n’est pas aussi drôle que je pensais même si plusieurs scènes sont très drôles. J’ai surtout accroché au personnage de Coccinelle interprété par Brad Pitt, qui passe son temps à mentionner les leçons de vie apprises chez son psy lors des conversations qu’il a continuellement avec son commanditaire au téléphone, Mme Beetle. J’ai aussi beaucoup aimé le duo Mandarine et Citron (Tangerine et Lemon) qui sont très drôles.

L’histoire et la façon de raconter, avec les flashbacks et les liens qui relient au finale tous ses personnages qui ne semblaient pas avoir grand chose en commun au départ, rappelle un peu le style de Tarantino, Reservoir dogs et Pulp fiction en particulier, mais si le résultat n’est pas désagréable ce n’est pas non plus une totale réussite, n’est pas Tarentino qui veut. Bien sur il faut prendre le film au second degré, rien n’est crédible, (les cadavres qui se multiplies à la barbe et au nez du contrôleur, les autres voyageurs qui disparaissent pour ne laisser que les personnages du film; la gare de Kyoto remplie de yakuzas prêts à en découdre, un trajet Tokyo-Kyoto qui dure des heures…) ni réaliste, et si on ne prend pas le film au sérieux on peut passer un bon moment. Personnellement, c’est assez rare pour le mentionner, mais j’ai préféré la seconde moitié du film qui vire dans l’absurde complet.

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2 réflexions sur “Dernières séances: Vesper chronicles – Bullet train

  1. Bullet train m’avait fait penser à Tarantino lorsque je l’avais vu… (pas vu Vesper, je le verrai sûrement en DVD une année ou l’autre…).
    (s) ta d loi du cine, « squatter » chez dasola

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