Dernière séance: Les crimes du futur de David Cronenberg

de David Cronenberg

Viggo Mortensen, Lea Seydoux, Kristin Stewart, Scott Speedman, Tanaya Beatty, Nadia Litz

3,5/5

Dans un futur indéterminé, une partie de l’humanité est confrontée à de nombreuses mutations et transformations étranges. Certaines personnes développent des changements organiques, de nouveaux organes indépendants apparaissent, rendant certaines modalités comme dormir ou manger, difficiles, nécessitant certaines machines perfectionnées. Saul fait partie de ces personnes qui se réveillent avec certains nouveaux organes. Pouvant être dangereux pour sa santé, il est obligé de les faire retirer comme des tumeurs. C’est Caprice, sa partenaire et ancienne chirurgienne, qui s’en occupe. Artiste performeur, Saul met en scène les extractions chirurgicales devant un public, élevant cette pratique au rang d’art avant gardiste. Il intéresse énormément Wippet et Timlin, les fondateurs d’un nouveau service, le bureau du registre des nouveaux organes qui tentent de répertorier et enregistrer les nouveaux organes. Il est également abordé par un certain Lang Dotrice, qui souhaite par l’intermédiaire de Saul, mettre en lumière une évolution en partie créée par la main de l’homme et en partie par la nature, une évolution des organes digestives permettant à l’Homme de manger et digérer le plastique.

De Cronenberg, je suis loin d’avoir tous vu, mais j’ai beaucoup aimé Dead Zone, Existenz, les promesses de l’ombre, A history of violence. Que penser de ce film, en compétition à Cannes cette année? Je m’attendais à un film bizarre, à l’atmosphère étrange et c’est exactement ce que j’ai vu.

Ce futur ne semble pas jolie à voir, tout y es assez glauque. A l’instar des organes internes d’une partie de la population qui voit leur corps s’écrouler et se transformer pas dans le bon sens du terme (ici les mutations ne donnent pas naissance à des pouvoirs cools), la ville dans laquelle les personnages évolue semble s’écrouler aussi: des immeubles délabrés, des peintures qui s’écaillent, des appartements qui ressemblent à des squats abandonnés, des murs recouvert de graffitis qui semblent d’une autre époque.

Cronenberg nous montre une humanité qui vit avec ces nouvelles mutations. Certaines personnes doivent pour manger et digérer ou pour dormir, se munir de machines sophistiquées qui permettent de remplacer et compenser certaines fonctions du corps. D’autre ne ressentent plus aucune douleur physique et pratiquent des mutilations au couteau comme si de rien. Les mutations semblent emmener les humains vers de nouvelles fonctionnalités qui ne sont pas encore connues.

On retrouve le visuel de Cronenberg, notamment dans ces films des années 80. Les machines ressembles à des choses organiques faites de tendons et de chairs, on a droit à des scènes un peu gore de chirurgies, des autopsies, des corps qui s’ouvrent, qui exposent les chaires et les organes, le sang qui coulent. Passer les premières scènes, je pensais que ça me donnerait un peu la nausée mais finalement non, car ces scènes me semblent tellement exagérées et me semblent visuellement « vintage » ou d’une autre époque, que j’ai l’impression de voir un film de SF des années 80. Même la musique ajoute cette dimension nostalgique.

Le film soulève des questions comme l’environnement, la planète malade rendant malade les humains qui y vivent et qui sont la cause de leur propre mal. Il y a aussi des questionnements autour de l’art, des « performeurs », leurs légitimités et la question de qu’est ce que l’art finalement.

Viggo Mortensen retrouve pour la 4e fois si je ne me trompe pas, David Cronenberg pour incarner cet artiste étrange, ambigu et en plein doute sur beaucoup de chose. Comme d’habitude Mortensen est excellent dans son rôle. J’avais entendu des critiques très positives concernant Kristen Stewart, personnellement je n’ai jamais adhérer à son jeu d’actrice et ce film ne fait pas exception. Moi qui ne suis pas une fan de Léa Seydoux, j’ai trouvé qu’elle s’en sortait un peu mieux que Stewart.

Reste un film étrange, un peu bizarre. On ne s’ennuie pas et c’est appréciable de voir un film qui ne prend pas le temps de nous raconter un peu grossièrement le contexte de cette société du futur, on découvre petit à petit ce monde et ces particularités, par petite touche, tout le long du film.

2 réflexions sur “Dernière séance: Les crimes du futur de David Cronenberg

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