Dernières séances: Sentinelle sud – The duke

de Mathieu Gerault

Neils Schneider, Sofian Khammes, India Hair, Denis Lavant

4/5

Christian Lafayette, soldat dans l’armée française, vient de rentrer d’Afghanistan. Traumatisé par la violence qu’il a vécu pendant la guerre il essaye de reprendre une vie de civile normale, bien décidé à convaincre les psy qu’on peut le renvoyer sur le terrain. Mais les choses ne sont pas si simple: toute la brigade a été victime d’une mission qui a très mal tournée en Afghanistan. Hubert, un de leur ami soldat est revenu endommagé par la guerre, le « père », leur supérieur hiérarchique, est sous le coup d’une enquête suite à la débâcle lors de leur dernière mission, Lafayette doit faire face à ses démons et à un stress post traumatique. Il doit aussi gérer son ami d’enfance et frère d’arme, Mounir, qui n’a pas eu la chance de revenir intact d’Afghanistan.

Sentinelle sud est un film bien plus complexe qu’il n’y parait et qui aborde des thèmes bien nombreux. A travers le personnage de Mounir, le film nous parle des blessures de la chaire, de cette vie qui ne sera plus jamais la même, des espoirs et des rêves qui s’envolent. Le film nous parle également de l’identité et la quête d’identité avec les personnages de Mounir et Lafayette. Mounir, d’origine algérienne, a toujours souffert du mal être que son père ressentait dans un pays qu’il souhaitait faire sien mais qui ne l’a jamais accepté comme il était. Changer pour satisfaire autrui ne fonctionne jamais.Lafayette, orphelin qui ne connait quasi rien de ces origines, il a grandit au côté de Mounir et de sa famille au point qu’il se considère comme un membre de leur famille, parlant arabe aussi bien que son frère d’arme. Lafayette cherche partout quelque chose à laquelle se raccrocher, sa famille d’adoption officieuse, la famille que représente l’armée avec ces « frères d’armes » ou « le père », ce grand père qui n’était pas vraiment son grand père mais qui lui lègue une terre dans laquelle il pourrait bien y faire ses racines.

De désillusion en déception, Lafayette va devoir essayer de maintenir la tête hors de l’eau, et par la même occasion celle de son « frère » Mounir.

J’ai beaucoup aimé Sentinelle, des personnages qui tentent de s’en sortir sur fond de trafic de drogue et de mystère à résoudre: que s’est-il vraiment passé en Afghanistan ce jour là dans ce village perdu? le « père » est-il aussi dévoué à ses poulains, l’armée a t-elle quelque chose à cacher? Lafayette cherche la vérité tout en se cherchant lui même; un beau film, bien réaliser, de belles images avec d’excellents acteurs, en particulier Sofian Khammes, Niels Schneider. A voir.

de Roger Michell

Jim Broadbent, Helen Mirren, Fionn Whitehead

3/5

En 1961, M. Kempton Bunton vit modestement dans un quartier populaire du nord de l’Angleterre en compagnie de sa femme et de son plus jeune fils, qui bosse dans la rénovation de vieux bateaux. M. Bunton, toujours entre deux jobs, ne supporte pas les injustices sociales et passe son temps à manifester pour x ou y raison, au plus grand désarroi de son épouse, qui travaille dure comme femme de ménage chez un riche couple. Un jour, le portrait du duc de Wellington, que la national portrait gallery vient d’acquérir pour 140 000£, disparait. M. Bunton le cache dans le fond de sa vieil armoire…

Tiré d’une histoire vraie, le film raconte le quotidien de M. Bunton, un vieil homme autodidacte qui aime écrire des pièces de théâtre. M. Bunton tente toujours de garder sa bonne humeur et sa détermination quand il s’agit de défendre une cause perdue, la dernière en date étant le boycott de la redevance télé.

Je ne m’attendais pas à grand chose en allant le voir, j’y suis surtout allée parce que j’adore Jim Broadbent et Helen Mirren. C’est d’ailleurs les deux atouts du film, en particulier Jim Broadbent. Ce couple qui s’aime mais qui ne se comprend pas toujours, cache une lourde souffrance, celle de la mort de leur fille. L’histoire n’a rien d’exceptionnelle, la réalisation plutôt ordinaire et certains effets manque de subtilités, je pense surtout aux scènes autour du procès vers la dernière demi heure de film, dans lesquelles la caméra ne cesse de faire des gros plans sur certains visages pour montrer à quel point ils sont touchés par l’histoire de M. Bunton et par son humour.

Jim Broadbent vaut à lui seul de voir The duke. J’ai bien aimé le suivre dans son quotidien, dans ses luttes pour une meilleure justice sociale, toujours à défendre le plus faible, j’ai bien aimé le suivre dans sa maison, le voir écrire ses pièces, regarder sa télé, discuter avec ses fils ou sa femme. Il est touchant et drôle, toujours aussi bon acteur. Reste un film sympathique et distrayant.

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