Dernières séances: Mademoiselle – Chouf – Sing street – Moi Daniel Blake

Mademoiselle : Affiche

Mademoiselle

de Park Chan Wok

Kim Min Hee, Kim Tae Ri, Jung Woo Ha

4/5

Dans les années 30, en Corée, Sookee est une jeune pickpocket élevée par une arnaqueuse et revendeuse de bébés orphelins. L’un de leur complice occasionnelle propose à Sookee de l’aider à arnaquer la belle et naïve Hideko, une riche héritière. Pour cela, il s’est crée tout un personnage de faux comte japonais, qui va aller séduire la riche héritière afin de toucher l’argent et qui se débarrassera d’elle dans un asile psychiatrique quelques jours après le mariage. Cette dernière vit sous la coupe d’un vieil oncle sévère, et il faudra donc séduire la belle au point de la convaincre de fuir pour se marier. Le rôle de Sookee est simple, elle doit gagner la confiance d’Hideko afin de la convaincre d’épouser le comte.

Mademoiselle : Photo Kim Tae-Ri

De Park Chan Wook j’ai vu tous ces films depuis Sympathy for mr vengeance (je suis un cyborg, thirst, lady vengeance, Stoker, Old boy). Mademoiselle a eut droit à des critiques dithyrambiques dans la presse, mais mon avis sera moins extatique.

Du coté esthétique du film, c’est vrai que Park Chan Wook est très doué, rien à redire, les décors, les costumes, les paysages, la manière de filmer, certains plans sont de vrais tableaux. Le film suit d’abord le point de vue de Sookee, cette jeune femme doué pour le pickpocket et les petites arnaques, qui va vite avoir le tournis dans la chambre de mademoiselle Hideko, avec toutes ses robes, ses bijoux, ses tiroirs remplis de gants, et ses armoires remplies de chaussures. Elle va vite s’attacher aussi à Hideko, cette jeune femme enfant, qui n’est jamais sortie de la maison de son oncle, chez qui elle est arrivée quand elle était petite, après la mort de sa mère. Entre manoir anglais d’un coté et maison traditionnelle japonaise de l’autre, la maison vacille entre escalier digne d’un palace, salle à manger à l’anglaise, et porte de papier de soie.

Mademoiselle : Photo

Ce que j’ai aimé dans le film, c’est la présence de l’humour durant quasiment tout le film et l’intrigue, les rebondissements, les surprises. Certes je n’ai pas été surprise au point d’écarquiller les yeux , mais agréablement surprise par des retournements de situations pas assez originale pour surprendre vraiment, mais qui viennent réveiller le spectateur qui risquerait de se laisser endormir par la torpeur de la première partie qui est centrée sur la relation Sookee/Hideko.

Mademoiselle : Photo Kim Min-Hee

Le coté érotique est poussée parfois à l’extrême dans le sens où on avait pas besoin d’en voir autant pour que ce soit efficace. La scène dans laquelle Hideko lit à voix hautes les livres pervers de son oncle pour ses invités, ou encore la scène dans laquelle Sookee lime la dent d’Hideko sont plus efficace que la scène beaucoup trop longue dans laquelle les deux femmes passent à l’action. Pareil pour la scène finale d’ailleurs, sur le bateau, qui donne plus l’impression que Park Chan Wook à voulu se faire plaisir une dernière fois, plutôt que de servir le film et l’intrigue. Et bien sur, c’est filmer par Park Chan Wook donc on oublie pas la scène bien gore à la fin du film! Malgré ses 2h25, on ne s’ennuie pas, on ne trouve pas le temps long et il n’y a pas de moment trop lent, bien que le film aurait pu être plus court en enlevant certaines répétitions du au changement de point de vue. Pas le film que j’ai préféré de Park Chan Wook mais un bon film quand même.

Chouf : Affiche

De Karim Dridi

Sofiane Khammes, Foued Naba, Zine Darar

4/5

Dans les quartiers nord de Marseille, la vie des cités est régulée par le business de la drogue et les descentes de flics. Sofiane a eut la chance de réussir dans ses études et d’être admis dans une école de commerce à Lyon. Il rêve d’ouvrir un fast food dans son quartier avec son frère Slim qui lui, est devenu dealer pour gagner sa vie. De retour dans son quartier pour quelques jours de vacances, Sofiane renoue avec ses amis d’enfance et passe du temps avec son frère. Mais un soir Slim est abattu en bas de son immeuble. Sofiane décide de rester et de découvrir qu’elle était la vie de son frère dans le réseau et qui a pu l’abattre. Ce qui n’est pas du gout des autres dealers.

Chouf : Photo Mohamed Ali Mohamed Abdallah, Sofian Khammes, Zine Darar

Chouf nous parle des quartiers difficiles de Marseille, loin des clichés. C’est ce que j’ai aimé dans ce film, les personnages ne sont pas caricaturaux, ni les personnages féminins ni les personnages masculins. Sofiane n’est pas le gentil garçon qui a réussi, il a un passé, mais ce n’est pas non plus le gros dur capable de violence pour venger son frère.

Chouf : Photo Sofian Khammes

Le film nous montre le deal de drogue sans fioriture, à la limite du documentaire, du simple guetteur au chef de réseau, en passant par les fournisseurs, par les dealers, par les flics corrompus qui tentent de garder un équilibre et une paix sociale au sein de la cité, tout en se faisant de l’argent. Sofiane débarque dans tous ces trafics et avec son oeil d’étudiant en commerce, apporte son grain de sel pour mieux rentabiliser les affaires.

La violence est filmé sans romantisme ni envergure, c’est simple, rapide, dure, impitoyable, sans musique ni effet de style. A voir aussi pour ses acteurs tous très bons.

Sing Street : Affiche

Sing street

de John Carney

Ferdia Walsh Peelo, Lucy Boynton, Jack Reynor, Maria Doyle Kennedy, Aidan Killen

4/5

Dublin dans les années 80. C’est la crise économique, et beaucoup de gens partent tenter leur chance en Angleterre. Connor, avec son frère et sa sœur ainée, vit chez ses parents, qui passent leur temps à se disputer. Avec l’argent qui ne rentre plus, Connor est obligé de quitter son école privée pour une école catholique gérée par des prêtres sévères. Sa nouvelle école est le chaos par définition, les profs s’en foutent, les élèves encore plus, et Connor devient le souffre douleur de la petite brute de l’école. Mais Connor rencontre aussi la belle et mystérieuse Raphina. Pour l’aborder il lui fait croire qu’il est le chanteur d’un groupe de rock et l’a sollicite pour jouer dans son prochain clip. Il a quelques jours pour réunir d’autre camarades afin de former un groupe.

Sing Street : Photo Ben Carolan, Conor Hamilton, Ferdia Walsh-Peelo, Karl Rice, Mark McKenna

Les années 80 sont devenus très à la mode ces derniers temps, et en générale c’est assez réussi. Ici c’est le rock qui est mis en valeur avec cet ado de 16 ans qui décide de monter son propre groupe de rock pour séduire une fille, un an plus âgée que lui. Du même réalisateur j’avais vu Once, jolie film musicale là aussi, même si l’intrigue était un peu faible.

Sing Street : Photo Ben Carolan, Conor Hamilton, Ferdia Walsh-Peelo, Karl Rice, Mark McKenna

Sing street c’est le genre de film qu’on aime bien voir et revoir. L’histoire tourne autour de Connor, entre ses parents qui veulent divorcer et qui ont trop de problèmes personnels pour s’intéresser à ceux de leurs enfants, son frère ainé, révolutionnaire dans l’âme à l’intelligence cynique, fanatique de rock et qui prend en charge l’éducation musicale de Connor, ou encore sa grande sœur trop sérieuse.

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J’ai adoré toutes les scènes dans lesquelles Connor passe son temps avec ces camarades qui constituent son nouveau groupe de rock. Ils passent leur temps à écrire les paroles, la musique, tourner des clips, à se chercher un style selon les inspirations du moment, Connor passe du style androgyne de Bowie, à la dégaine  décoiffée des Cure.

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C’est très drôle, parfois quelques moment touchants, notamment les discussions entre les deux frères, c’est plein d’énergie, de rêves brisés, de désillusion et d’espoir, même si les dernières minutes sont peut être un peu too much. On prend plaisir à écouter les morceaux emblématiques du rock des années 80 et d’entendre les créations de Connor et son groupe. Un film qui redonne la pêche.

Moi, Daniel Blake : Affiche

Moi Daniel Blake

de Ken Loach

Dave Johns, Hayley Squires

4/5

Daniel Blake se remet doucement d’une crise cardiaque. Son médecin lui a formellement interdit de reprendre le travail, mais une entreprise privée qui sous traite les demande d’allocation invalidité déclare Daniel apte à reprendre le travail. Malgré les avis contraire des ses médecins, les services sociaux ne veulent rien entendre. Daniel à la possibilité de faire appel de cette décision, mais en attendant, il n’a pas d’autre choix que de s’inscrire au chômage, pour espérer toucher juste ce qu’ilf aut pour survivre. Il doit alors se plier à une procédure inhumaine, humiliante, et absurde, chercher du travail alors qu’il ne peut physiquement pas travailler. Daniel Blake se heurte aux personnels des services sociaux obtus et détachés et tombe dans un système qui se plait à broyer ceux qui ne rentre pas dans le cheminement classique de la recherche de travail. Daniel Blake fait aussi la connaissance de Katie, mère célibataire de deux très jeunes enfants, qui pour être arriver en retard de 5 minutes à son rendez vous avec les services sociaux, se voit retirer son allocation et seule source de revenu pour un mois.

Moi, Daniel Blake : Photo Dave Johns, Hayley Squires

Ken Loach nous montre un système social déshumanisé, vicieux, froid et détaché. Daniel Blake est déclaré apte à travailler par un simple questionnaire téléphonique effectué par un boite privé, sans rendez vous, ni examen, alors que ces médecins et cardiologues disent le contraire. Dès lors commence une descente aux enfers, Daniel se heurte contre un mur. Les employés du pole emploi locale doivent suivre des procédures millimétrées et ne doivent pas s’éloigner des phrases types qu’on leur apprend à répéter face à tel ou tel problème. Le pôle emploi est lui aussi soumis à rentabilité, celle de supprimer un maximum de gens des listes de recherche d’emploi, peu importe qu’ils aient réellement retrouvé un emploi. Cinq minutes de retard à un rendez vous, une recherche d’emploi inférieur aux 35 heures par semaine imposé par le règlement, ou encore un manque de preuve dans cette recherche et c’est la “sanction”. Absurde, vicieux, inhumain, des robots feraient aussi bien le job, aucun aspect social ou humain dans les relations avec ces gens défavorisés.

Moi, Daniel Blake : Photo Dave Johns

Pour avoir moi même été “victime” du pôle emploi, j’ai trouvé le film assez crédible. J’ai vécu ces règles absurdes à suivre, j’ai pu voir son inefficacité :trouver un emploi à un universitaire est impossible, obligation de postuler à des annonces qui ne sont plus d’actualité ou pire des annonces bidons, devoir suivre des séminaires pour faire son CV et se retrouver à faire le boulot de l’animateur sur la demande de ce dernier, car occupé avec quelqu’un d’autre, bref je m’éloigne du sujet…

Moi, Daniel Blake : Photo Dave Johns, Hayley Squires

Quand on ne rentre pas dans le moule, ou qu’on ne se laisse pas manœuvré pour suivre à la lettre les règles, on est vite broyé par le système, qui oublie l’aspect humain, le cas par cas. Daniel Blake ne sait pas utiliser internet et c’est déjà le début de la fin pour lui. J’ai beaucoup aimé sa relation avec la jeune Katie et ses deux enfants. Mais si la situation de Daniel Blake est tout a fait crédible et juste, celle de Katie est un peu exagérée. On sent que cette jeune mère célibataire à des options que n’a pas Daniel Blake, et on sens que sa situation est poussée à l’extrême dans le film. L’idée est de montrée les solutions extrêmes auxquelles les plus démunis ont recourt. Mais dans le cas de Katie, je trouve son choix disproportionné et trop exagéré.

Les deux acteurs principaux sont l’atout premier du film, Dave Johns est excellent et tellement crédible dans le rôle de Daniel Blake, tellement touchant dans le rôle de cet homme qui a toujours été honnête, travailleur, impliqué dans la vie de ses amis, solidaire, et qui se voit broyer par un système vicieux et impitoyable. Et Hayley Squires dans le rôle de Katie qui touche le fond, notamment dans la scène où elle craque dans la banque alimentaire ou encore quand elle vole dans un supermarché.

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