Black swan green de David Mitchell

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4,5/5

Jason Taylor, 13 ans, poète clandestin à ses heures perdues, vit dans une toute petite ville du Worcestershire avec ses parents et sa sœur qui vit sa dernière année de lycéenne avant d’intégrer l’université d’Edimbourg. Nous sommes en janvier 1982, c’est l’Angleterre de Thatcher, c’est la guerre des iles malouines, et pour Jason Taylor, c’est l’année de tous les changements, c’est l’entrée dans l’adolescence, c’est les adieux conscients ou non à l’enfance, à l’innocence. On suit Jason pendant une année, de Janvier à Janvier, à vivre une crise familiale avec le départ de sa sœur ainée, avec le déchirement de ses parents, on suit Jason dans ses problèmes de bégaiement qu’il s’acharne à cacher, on le suit à l’école, entre petit exploit qui le rendent plus populaire, et grosses bourdes qui le transforme en loser et punchingball vivant, le garçon à abattre pour les petites frappes, le garçon à éviter pour les autres.

Si vous suivez un peu ce blog, vous devez savoir que je suis une grande fan de cet auteur, David Mitchell, et que tous les romans que j’ai lu jusqu’ici, ont été des coups de cœur. Cloud atlas, les 1000 automnes de Jacob de Zoet, Écrits fantômes, Number9dream.

Ce roman est assez différent de ces précédents écrits. Il nous raconte les états d’âme d’un jeune garçon de 13 ans, qui glisse de l’enfance vers l’adolescence. Pour être honnête, j’ai mis un temps fou à le finir, je me suis arrêtée plusieurs fois pour lire d’autre romans, j’ai fait des pauses. C’est probablement dû au fait que ce n’est pas une histoire pleine et entière avec un début un milieu et une fin. Le roman est découpé en plusieurs chapitres, chacun relatant une histoire plus ou moins marquante de l’année que vit Jason. Une cheville foulée, une réunion d’information municipale pour faire expulser un camp de gitan qui s’est établie dans la forêt, la rencontre de Jason avec une certaine Mme Crommelynck (déjà croisée dans sa jeunesse dans le roman cloud atlas) qui lui apprendra un peu le français, Jason qui joue à cache-cache dans la forêt pour échapper à ses petits tortionnaires, un weekend entre père et fils, un cours de sport en plein air qui tourne mal, un rite de passage qui finit mal…Une façon de raconter ces anecdotes assez originale, puisque souvent l’histoire s’arrête sans final, sans conclusion, on passe à la journée suivante, l’histoire racontée n’a pas forcément des conséquences ou des suites, comme dans la vie tout compte fait.

Du coup pas de fil qui nous tient en haleine et qui nous pousse à tourner la page suivante. Mais petit à petit je me suis attachée à Jason. Beaucoup de gens peuvent se reconnaitre facilement en Jason, même si je n’ai pas du tout vécu la même vie que lui. Ses doutes, ses interrogations, ses moments de mélancolie, sa sensibilité.

J’ai adoré suivre les tribulations de Jason Taylor, que ce soit des aventures importantes, comme sa façon de supporter certains camarades de classe qui l’ont pris en grippe, ses discussions philosophiques avec Mme Crommelynck, sa relation avec son père, ou que ce soit des petites aventures, comme Jason qui observe malgré lui un couple dans la forêt, ou qui se perd dans les bois, ou encore sa journée à la fête foraine. J’ai adoré lire les moments de famille, la mère qui tente de s’émanciper en prenant un boulot qui lui fait envie, son père qui tente de la culpabiliser et qui joue les patriarches d’un autre temps, sa sœur qui sait tenir tête à son père et que Jason admire secrètement de pouvoir dire à voix haute ce qu’elle pense de ses parents.  J’ai beaucoup aimé la relation qu’il a avec sa grande sœur. Le tout sur fond de guerre des Malouines et de crise économique.

La raison pour laquelle j’ai pris le temps pour finir ce roman, c’est aussi je pense, parce que je n’avais pas envie de quitter Jason, son point de vue sur le monde, sur sa famille, sur son petit village, sur lui-même. Il nous permet de nous repencher sur cette période de nos vies dans laquelle on est plus dans l’innocence et l’insouciance de l’enfance, mais pas encore dans les méandres de l’adolescence.

Si ce n’est à aucun moment larmoyant ou tragique (malgré certains rebondissements qui le sont), c’est avec beaucoup de mélancolie que je referme le livre, avec un Jason qui, dans les dernières pages, s’est trouvé, s’est révélé, s’est affirmé et est rentré définitivement dans l’adolescence. Toujours une belle écriture, toujours un talent pour raconter des histoires et installer une atmosphère bien particulière et un roman qui pourrait faire une belle adaptation en mini série…

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