It follows

It Follows : Affiche

de David Robert Mitchell

Maika Monroe, Lili Sepe, Olivia Luccardi, Keir Gilchrist, Daniel Zovatto

3/5

Jay, une lycéenne, sort depuis peu avec Hugh, un peu plus âgé. Après avoir couché dans la voiture de son nouveau copain, ce dernier lui révèle qu’il est atteint d’une malédiction sexuellement transmissible. Une créature qui prend la forme d’humain lambda, femmes, hommes, enfants, vieillards, poursuit la dernière personne infectée en date. Il lui explique que cette personne/chose, poursuivra Jay sans jamais se lasser ni être arrêté, qu’elle est la seule à pouvoir voir cette chose, qu’elle ne peut que marcher pour la rejoindre, ce qui lui laisse la possibilité de la distancer en voiture ou autre, mais que la chose finit toujours par atteindre sa cible, même si ça doit prendre plusieurs semaines de marche. Jay ni croit pas vraiment au départ, mais reste sur ses gardes jusqu’à ce qu’elle doit bien se rendre à l’évidence, qu’une chose qui change de forme tous les jours, l’a pourchasse sans relâche. Avec l’aide de sa sœur, de leur meilleure amie Yara et de leur ami d’enfance Paul, Jay cherche une solution à son malheur tout en passant ses journées à échapper à la chose violente qui l’a poursuit.

It Follows : Photo Maika Monroe

Je ne suis pas fan des films d’horreur, souvent ce ne sont que des compilations de scènes sanguinolentes ou de torture, ou alors des films au scénario banale ou décevant. Il y en a certains qui sortent du lot, comme Carrie au bal du diable, Poltergeist (même si c’est presque un film fantastique que d’horreur), l’exorciste (uniquement l’original), Le sous sol de la peur, ou plus récemment The descent.

Comme je n’ai entendu quasiment que du très bien concernant ce film, des critiques dityrhambiques proclamant le renouvellement du genre etc etc, je me suis lancée.

La scène d’ouverture est assez flippante et parfaitement rendu. Au début du film, on ne sait pas grand chose de cette malédiction, on voit seulement une pauvre fille fixé le vide du regard, contourner des espaces vides, comme si elle y voyait une créature infernal qu’elle seule peut voir, puisque le voisinage ne voit rien de spéciale. Cette scène ne nous montre rien finalement, seulement une tension quasi palpable, et une dernière image d’une violence inouïe.

La première moitié du film est donc assez prenante, on fait connaissance avec Jay, une ado populaire que tout le monde admire pour sa beauté, sa jeune sœur un brin envieuse mais qui adore trop sa sœur pour être jalouse, leur meilleure copine, Yara, un brin m’en foutiste, et Paul leur ami d’enfance. Un père absent (mort, divorcé?), une mère aux abonnées absent (alcoolique, dépressive). Puis la malédiction frappe, et le petit groupe ne fait que fuir en rond, essayant d’échapper à la créature que seul Jay peut voir.

Certaines scènes sont donc vraiment flippante, la créature qui prend la forme d’un géant de deux mètres et qui rentre dans la chambre de Jay, qui prendra la fuite in extremis, ou encore la créature se changeant en jeune femme qui arrive à attraper les cheveux de Jay. Le fait que la chose qui poursuit l’héroïne soit une forme inerte et sans expression, qui ne se déplace qu’en marchant lentement, qui ne fait jamais de geste brusque, rend les choses assez flippantes finalement, la scène de la chambre de Jay par exemple est assez effrayante!

Le point fort c’est aussi la mise en scène. Des plans à 360°, un beau travaille de mise en scène, rend le film différent, visuellement au dessus des films d’horreur habituels. Le réalisateur fait de son film quelque chose d’intemporel, des tenues qui échappent à la mode, des technologies contradictoires (téléphone portable dans une scène, vieux téléphone fixe dans les chambres, une sorte de liseuse minuscule en forme de coquillage qui sort d’un rêve…), le tout filmé en partie dans un Détroit ville fantôme (depuis sa faillite il y a quelques années).  Une tension palpable, presque matérielle se dégage du film, on ressent toute la détresse et le désespoir de l’héroïne qui ne sait plus quoi faire pour échapper à cette malédiction, cette épée de Damoclès.

Les personnages du film sont loin des stéréotypes habituel, l’héroïne n’est pas l’idiote de service, la sœur n’est pas la laide de service, il n’y a pas vraiment de prince charmant ni de méchant dans cette histoire. J’ai particulièrement adoré le personnage de Yara, la meilleure copine, qui voit toute cette aventure d’un œil un peu extérieur (elle n’est pas directement visée, et ce n’est pas un membre de sa famille qui est en danger), j’ai aimé son ton décalé, son coté blasée, sa façon qu’elle a de constamment manger et de continuer à vivre comme si de rien n’était entre deux fuites.

Dans It follows, on peut y voir une géante métaphore du passage à l’âge adulte, ou du passage à l’acte sexuel. Jay est souvent infantilisé dans ses tenues vestimentaires (jolie robe de petite fille, rose, puis blanche), Jay ne tombe dans le drame qu’après avoir couché avec la mauvaise personne, et que dire de cette piscine finale qui se remplit de sang après une lutte ultime? (voir la scène de fin). On peut aussi voir It follows dans son degré premier, un film d’horreur visuellement  mieux travaillé que la plupart, point barre.

En bref, un film d’horreur visuellement bien foutu, bien réalisé, visuellement originale, qui crée une tension horrible, matérielle, mais qui hélas, est quelque peu bâclé sur la fin, l’histoire se délaye trop et ne conclut pas, c’est dommage.

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