Dracula de Bram Stoker

de Bram Stoker

4/5

Fin du 19e siècle. Jonathan Harker, notaire, se rend sur les ordres de son patron, au fin fond de la transylvaine rendre visite à un de leur client, le comte Dracula. Ce dernier a fait l’acquisition d’une grande demeure londonienne et doit finaliser l’achat par sa signature. Après un long voyage, Harker arrive enfin dans le village du château. Il est alors surpris par la peur que ressente les villageois lorsque le nom de son client est prononcé. Mais une fois dans le château du comte, Harker observe les bizarreries de la vie de Dracula, de son château aux nombreuses portes fermées, de l’absence total de serviteurs, du comportement étrange des loups, de la vie exclusivement nocturne de Dracula. Il sera alors témoin de choses surnaturelles et effrayantes.

En voila un classique anglais que je n’avais toujours pas lu! Les avis dans mon entourage étaient assez divisés entre ceux qui avaient adoré et ceux qui avaient trouvé ça chiant. Le roman se compose en réalité d’extraits de journaux intimes, de memorandum, de télégramme, de lettres, de compte rendu, entre Mina Harker, Lucy sa meilleure amie, Jonathan son mari, le docteur Seward, le professeur Van Helsing, ou encore l’américain Quincey Morris.

La première partie du roman est très prenante, c’est peut être la partie que j’ai préféré, celle où on suit Jonathan Harker invité chez le comte Dracula, en Transylvanie. C’est Jonathan Harker qui nous raconte à travers la rédaction de son journal, son arrivée dans le pays, la rencontre avec les villageois superstitieux, et enfin son arrivée dans le château du comte et ses habitudes étranges, la vie nocturne du château, les portes constamment fermées, sa rencontre avec trois jeunes femmes sensuelles et repoussantes en même temps, et la découverte par Harker, de la vraie nature du comte et de l’horreur que renferme les lieux.

L’ambiance est tendue, glauque, flippante, les décors et l’atmosphère parfaitement établit pour le lecteur. On changera ensuite de décor, avec les lettres échangées entre Mina et Lucy autour de leur mariages respectifs, et de l’image idéale qu’elles ont des hommes qu’elles placent sur un piédestal.

Les lettres niaises que s’échangent Lucy et Mina, prennent “heureusement” une autre tournure, avec certains évènements paranormaux qui viennent perturber le quotidien des deux jeunes femmes pour leur plus grand malheur, ponctué par le journal du docteur Seward, qui raconte son quotidien dans son asile psychiatrique.

J’ai globalement aimé ma lecture, les pages tournent vite, j’avais très envie de connaitre la fin, la destinée des personnages, et le dénouement de l’histoire. Les personnages ne sont pas forcément tous attachants. Malgré un roman conséquent, l’auteur ne parvient pas à nous faire prendre d’amitié pour ses personnages. On ressent un peu d’empathie pour Jonathan et Mina et j’ai adoré la figure paternelle que représente le professeur Van Helsing (que j’imaginais toujours avec les traits de l’acteur Micheal Lonsdale), par qui viendra la paix et la rédemption.

Quelques défauts m’ont sauté aux yeux donc, comme le langage religieux très présent parfois moraliste, cette conception du bien et du mal très manichéenne, les dialogues entre Mina et son mari quelques peu désuets à la limite du ridicule, mais qui est peut etre du à la traduction? et la deuxième moitié du roman avec lequel j’ai eu parfois un peu de mal, on sent que l’auteur ne veut pas achever son récit, il tourne en rond, ça traine, alors que le roman aurait tout aussi bien pu être plus court, sans rien perdre de ces qualités.

Chez Bram Stocker, les femmes idolâtrent les hommes et les hommes sont parfaits, sans défauts, ni dans leurs actes, ni dans leurs volontés, courageux, infaillibles, téméraires, gentleman…Heureusement, si le personnage de Lucy n’a pas eu le temps d’évoluer, celui de Mina l’a fait! J’ai beaucoup aimé son évolution, elle est très intelligente, sur le plan intellectuel elle aidera plus d’une fois la brochette d’hommes qui l’entourent à réfléchir comme il faut dans la traque de Dracula, grâce à une méthodologie et une organisation. Elle sera aussi très courageuse, gardera son sang froid malgré les épreuves, et à la fin elle se révèle comme une vraie héroïne.

Ce qui m’a surprise dans ce roman par rapport aux adaptations et à la manière romanesque dont le mythe du vampire est montré dans les séries, films, romans, c’est que Bram Stocker, celui qui a rendu populaire le personnage de Dracula et des vampires, ne nous montre à aucun moment un personnage charismatique, séduisant, envouteur. L’impression que m’a faite ce personnage décrit par Stocker est celui d’un moustique géant, suceur de sang et empêcheur de dormir tranquillement, qu’il faut écraser quitte à trouver “la chaussure” adéquat pour arriver à l’aplatir contre le mur. Toute la partie dans laquelle on voit la pauvre Lucy se faire dévorer à petit feu par Dracula, perturbant son sommeil, ses rêves et ses nuits, venant frapper au carreau de sa fenêtre à la nuit tombée, m’a fait penser à ses nuisibles moustiques qui tout les étés, vient me déranger dans mon sommeil, m’empêcher de dormir tranquille! comment cette image à pu devenir avec le temps quelque chose de charismatique et séduisant? pas de vampire loin de tout manichéisme, qui lutte entre sa part de mal et sa part de bien, Dracula est un monstre sans nuance, dont on a qu’une envie, tuer et s’en débarrasser une bonne fois pour toute, pour retrouver la paix!

Une lecture très intéressante loin de l’image romanesque du vampire véhiculé par les séries, films et romans récents. Quelques défauts, des longueurs inutiles dans la deuxième moitié,  et donc pas un coup de cœur.

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2 thoughts on “Dracula de Bram Stoker

  1. je garde un souvenir flippant de ce roman: très efficace ! Tu as raison sur le fait que Dracula est plus “séduisant” dans les films que dans le roman ! a part peut-être dans le Nosferatu de Murnau.

    • Le début du roman est flippant, c’est vrai, il y a une vraie atmosphère! et le coté séducteur, charmeur, envoutant des vampires d’aujourd’hui sont très loin de l’image du Dracula de Bram Stoker, tellement glauque, avec l’impression qu’il s’agit d’un insecte parasite géant!

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