A most violent year

A Most Violent Year : Affiche

de JC Chandor

Oscar Isaac, Jessica Chastain, Albert Brooks

4/5

1981, à New York, la ville connait des taux records de criminalité. Abel Morales vit le rêve américain. Il a construit seul et en partant de rien une entreprise prospère de vente de fuel domestique. Marié à Anna qui s’occupe des comptes, et père de deux fillettes, Abel est fier de pouvoir dire qu’il en est arrivé là en restant sur le droit chemin, sans jamais enfreindre la loi. Il décide de passer un marché très dangereux sur le plan financier, pour acquérir un terrain très important pour la suite de sa carrière, mais il a un mois seulement pour finaliser la vente sans quoi il perd tout. Alors qu’il vit le mois le plus stressant de sa carrière, le procureur lui tombe dessus, sa banque le lâche, et les chauffeurs de ses camions sont constamment pris pour cible et tabassés. Tout ça durant l’année la plus violente de l’histoire moderne de New York.

A Most Violent Year : Photo Jessica Chastain, Oscar Isaac

L’histoire d’Abel qui partit de rien à fondé une entreprise prospère. Et pour évoluer, pour aller de l’avant, pour ne pas rester sur place, stagner et donc forcément régresser et tout perdre, Abel prend des risques, Abel s’attire la jalousie de ses concurrents.

On plonge tout de suite dans le quotidien de cet entrepreneur new yorkais, partit de rien et à deux doigts de devenir riche et puissant ou tout perdre en quelques jours. On sent la tension parcourir le film du début jusqu’à la dernière seconde, on tremble pour Abel, on a envie de le voir réussir, on a peur de voir le film sombrer dans les clichés du mélo drame, où les personnages principaux vont forcément vivre des drames hors normes.

A most violent year nous plonge dans le New York des années 80; les permanentes gominées, les longs manteaux de cachemire aux épaulettes larges, les grosses berlines démesurées, les bijoux en or grossiers. On vit aussi avec Abel tout ses ennuis, on se sent acculé contre le mur tout comme lui, au fur et à mesure que s’accumule les obstacles et les ennuis: le procureur qui veut le poursuivre, les comptes financiers qui doivent être vérifiés, les concurrents qui sabotent son travail, qui tabassent les conducteurs de ses camions de fioul, le syndicat des chauffeurs qui met la pression pour que les conducteurs roulent armés…On a envie d’abandonner la lutte, on se demande comment Abel et sa femme Anna vont finir…

Certaines scènes sont vraiment impressionnantes, la course poursuite à pied et ensuite en métro entre Abel et un saboteur, ou encore la fuite de Jullian, un conducteur trop souvent pris pour cible, qui fuit sur le pont entre les voitures stoppés par les embouteillages, ou encore les personnages qui admirent la vue depuis l’entrepôt, qui donne sur Manhattan, les pieds dans la poudreuse. Entre deux attaques, entre Abel qui tente de survivre dans le monde des affaires sans avoir recours aux magouilles, on nous présente un New York qui ne fait pas envie. La radio crache sans cesse les faits divers de violences qui secoue la ville quotidiennement, les fusillades dans les écoles, les policiers pris pour cible, les cambriolages, viols, vols, meurtres, les rues délabrées, les métro couverts de tags…c’est pire que Gotham dans ses pires heures!

J’ai adoré les personnages aussi, Abel, entêté, qui ne veut faire appel à aucune option qui le ferait sortir du droit chemin malgré l’enjeu énorme pour lui et sa famille, ni armer les chauffeurs, ni faire appel à la famille mafieuse de sa femme. J’ai aussi adoré Anna, la femme d’Abel, très loin de l’épouse qui reste à la maison avec les enfants, et qui tremble en attendant la suite de l’histoire. Fonceuse, maline, elle a un sang froid infaillible, prenant des initiatives pour pallier le manque de réaction de son mari, elle n’hésite pas dans les décisions qu’elle prend, un personnage féminin très intéressant.

En bref, un très bon film, un suspens haletant, une tension palpable, des personnages têtues, ambitieux, déterminés, aux valeurs qui ne laissent place à aucun compromis. Le tout filmé dans un New York perturbé, qui connait un taux de criminalité qui frôle des records. J’ai aussi beaucoup aimé la fin, loin de tout mélodrame exagéré, saupoudré d’un peu de cynisme, et de quelques notes d’humour nerveux. A ne pas manquer, Oscar Isaac confirme son talent de comédien et Jessica Chastain s’offre l’un de ses meilleurs rôles au cinéma.

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4 thoughts on “A most violent year

  1. Bonsoir Trillian, j’ai hâte de revenir à Paris, le week-end prochain en VO. Il sort demain en VF dans où je séjourne pour 4 jours. Je sais que cela devrait me plaire. The Margin Call du même réalisateur était une réussite. Bonne soirée et bon réveillon.

    • oui j’avais aimé Margin call aussi, celui là je le place encore au dessus! j’ai beaucoup aimé; je dois encore voir cold in july et comme toi je vais devoir attendre un peu car je ne passerais pas le réveillon sur Paris. Bonnes fêtes à toi !

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