The house of mirth

de Terrence Davies

Gillian Anderson, Dan Acroyd, Eric Stoltz, Laura Linney, Anthony LaPaglia

4/5

1905, New York. La jeune et jolie Lily Bart a longtemps fuit le mariage, mais doit dorénavant s’avouer vaincu. Face aux dictats de la haute société new Yorkaise, Lily doit comme toutes les femmes, trouver un mari. Difficile pour elle de trouver quelqu’un à la hauteur de ses ambitions, surtout quand on est déjà amoureuse du séduisant Laurence Seldon, mais qui hélas n’a pas tout à fait la fortune qu’il faut pour subvenir aux luxueux besoins de Lily. Les mois passent et Lily enchaine les impairs et les faux pas, jusqu’à ce que sa réputation finisse par recevoir un coup rude.

Ce week end, j’avais le choix entre revoir un film déjà vu, une valeur sure pour passer le temps en ce dimanche gris, ou bien tenter ma chance avec l’un des dvd de ma pile que je n ‘avais pas encore vu. Toujours cette flemme et ce confort rassurant de voir un film que l’on connait déjà plutôt que de se lancer dans l’insécurité d’un film qu’on est pas sur d’apprécié!

Je me suis donc lancée dans cette adaptation du roman d’Edith Wharton, Chez les heureux du monde. Je m’étais procurée le dvd en promotion à Londres, vendu pour pas grand chose, achetée surtout parce que j’aime beaucoup Edith Wharton, et que j’aime beaucoup le jeu de Gillian Anderson.

The house of mirth nous montre durant 2h15 les travers de la haute société new yorkaise du début du siècle, son hypocrisie, ses mensonges, ses non dits, ses faux semblants, ses méchancetés et bassesses.

Lily qui se veut moderne, indépendante, est à la recherche d’un mari. Elle a certaines possibilités, certaines propositions qui pourraient la propulser à un statut social élevé, mais son amour pour le séduisant Laurence l’empêche de sauter le pas, et elle finit toujours par saboter les tentatives de ces prétendants. Le personnage de Lily se veut libre mais elle va vite se laisser entrainer dans des déboires qui vont entacher sa réputation, quelques erreurs naïves de sa part, quelques coups bas de certaines femmes mariées.

Le film nous montre à quel point une femme célibataire peut être faible, facile à atteindre, sans protection et mal considérée par ses pairs. On peut voir la place de la femme mariée, sa force, son poids dans la société. On suit en deux ans, la déchéance de la pauvre Lily, qui d’erreur en trahison, finira seule et rejeter de tous.

The house of mirth m’a tenu durant tout le film, je ne me suis pas arrêtée une fois, je n’ai pas vu le temps passé non plus. La réalisation laisse penser qu’on évolue dans un rêve, une atmosphère nonchalante se fait sentir du début à la fin, un peu comme l’est la société de ce début de siècle, les décors et les costumes sont magnifiques et le casting impeccable, à commencer bien sur avec Gillian Anderson, excellente dans le rôle de Lily Bart, enjouée et sur d’elle au début, qui finira dans un désenchantement total. On souffre avec elle, notamment lorsque son amie lui annonce devant toute une assemblée qu’elle ne remontera pas avec elle et son mari sur leur yacht, l’a laissant seule et abandonnée durant ses vacances en Europe.

Par contre, difficile de ne pas s’énerver de voir Lily se sacrifier comme elle le fait. Une fois son rejet total par la haute société, Lily à plusieurs occasions de revenir sur le devant de la scène, de faire un beau mariage, et de se venger au passage des personnes responsables de son rejet, mais ce n’est pas dans la nature de la pauvre Lily. Libérée, rêvant d’indépendance, Lily ne veut ni d’un mariage arrangé, ni de vengeance, qui pourrait toucher son cher Laurence. Laurence Seldon aussi m’a souvent énervé, leur amour réciproque, leur bonheur quand ils sont ensemble n’aboutit pas. Entre l’absence totale de communication et de franchise de Seldon, et une Lily qui joue les inaccessibles, les deux ne se trouvent jamais. J’ai eu parfois un peu de mal de voir Lily se laisser faire comme elle le fait alors que les occasions de refaire surface se sont présentées à elle. Mais d’un autre coté, il est toujours très difficile de partir de haut et de tout perdre ensuite, la chute est dure, et on ne peut pas blâmer la pauvre Lily de s’être laisser sombrer.

Un très beau film donc, superbement interprété, superbement réalisé, nous décrivant une société malsaine, hypocrite, fausse et vide de sens. Très envie de lire le roman maintenant!

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2 thoughts on “The house of mirth

  1. Bonjour Trillian, voilà un film réussi très bien interprété. Cette histoire tragique m’avait enthousiasmée et Gillian Anderson loin des X Files prouve qu’elle est une très bonne actrice. Bonne journée.

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