Le vent se lève – Le dernier film du Maitre

Le Vent se lève : Affiche

de Hayao Miyazaki

4.5/5

Dans les années 20, Jiro rêve d’avion volant dans le ciel, porté par le vent. Myope, il ne pense pas à devenir pilote mais ingénieur. Après de brillantes études, son rêve de créer des avions persiste et devient ingénieur. Son but est de créer un chasseur parfait, sans savoir que sa création deviendra un instrument de guerre.

Le Vent se lève : Photo

Voilà, terminé, Miyazaki a officiellement annoncé qu’il s’arrêtait là, finit les long métrages qui nous ont tellement enchantés, nous emportant dans un tout autre monde, plein de poésie, de magie et de vie.

Le Vent se lève : Photo

J’aurais passé des moments magiques en compagnie de Chihiro, Kiki, Totoro, Mononokee, Porco Rosso, Edgar, Sheeta, Pazu, Sosuke, Ponyo…Pour son dernier film, Miyazaki nous parle d’un personnage qui a réellement existé, un ingénieur passionné d’aviation qui rêve de construire l’avion idéale, dans un pays où la technologie est en retard sur l’Europe ou les Amériques. L’histoire est donc bien plus réaliste que ces autres films. Pas de magie, rien qui ne sorte de l’ordinaire, le seul coté lyrique du film se situe dans les rêves que fait Jiro, et dans lesquels il rencontre Caproni, un ingénieur italien que Jiro adule depuis l’enfance.

Le Vent se lève : Photo

Le vent se lève est donc le film le plus adulte, le plus sérieux, et le moins accessible aux enfants que Miyazaki ait fait. Car si l’enfance et les débuts en tant qu’ingénieur sont encore parlants pour les plus petits, la suite l’est moins, entre problèmes d’adultes, et problèmes d’ingénieurs avec des discussions techniques qui peuvent paraitre obscurs pour les plus jeunes (et pour les plus âgés aussi!). Jiro est un ingénieur hermétique au contexte et aux réalités politiques de son époque, uniquement enfermé dans ses rêves et fantasmes de création d’avion.

Le Vent se lève : Photo

Le film nous parle de constructions d’avion, qui seront forcément utilisés lors de la seconde guerre mondiale, mais les horreurs de la guerre ne sont montrées que de manière subtiles, vers la fin du film, dans les rêves que fait encore Jiro en compagnie de son idole Caproni, et dans lesquels il voit toutes ses créations détruites par les hommes. Car le vent se lève nous parle surtout de création, d’invention, de dépassement de soi, de passion dévorante.

Le Vent se lève : Photo

Ce fut parfois surprenant, le film est beaucoup plus réaliste, plus humain, et les défauts de la nature humaine sont mis en avant. Jiro est un homme passionné par son travail et ses créations, voulant toujours améliorer ses performances, mais il est aussi un être capable d’égoïsme, notamment concernant sa relation avec sa femme, qu’il préfère garder à ses cotés malgré sa maladie, pour ne pas être distrait dans son travail par son absence et bénéficier de son soutien sans borne. Ainsi, au lieu de se sacrifier et de l’a renvoyer se faire soigner au loin, il l’a garde auprès de lui allant jusqu’à fumer à coté de ses poumons malades.

J’ai trouvé que ce film était une parfaite façon de clôturer sa filmographie, par un film plus sérieux, plus personnel aussi, lui qui a toujours été intéressé par les objets volants en tout genre, que l’on peut voir dans presque tous ces films. Les dessins sont d’une extrême précision, visuellement c’est juste magnifique, toujours ce souci du détails dans la flore, les arbres, le ciel, et bien sur les détails techniques des avions, un véritable travail de force, et le rendu est sublime. Sans parler du vent et de sa constante présence parfaitement rendu à l’image, ou encore d’une scène de tremblement de terre vraiment impressionnante à faire peur.

Le Vent se lève : Photo

J’ai aussi beaucoup aimé les personnages secondaires, notamment Honjo son collègue de travail, Castorp un allemand de passage, et surtout Kayo, la petite sœur de Jiro, toujours énervée, mais tellement attachée à son frère et qui deviendra médecin. Et surtout Kurokawa, son chef si sévère mais au cœur tendre, j’ai adoré le mariage improvisé de Jiro et Naoko devant Kurokawa et sa femme, drôle et touchant!

Le Vent se lève : Photo

En bref, un film magnifique, sur un sujet bien différent de ces autres films et qui peut très bien se résumé par la phrase que les personnages répète “le vent se lève, il faut tenter de vivre” (Paul Valéry). Malgré quelques longueurs, et quelques scènes obscurs, je me suis sentie emportée par Jiro, son destin, ses rencontres, les personnes qui l’entourent, le tout renforcé par la toujours aussi belle musique de Joe Hisaichi. C’est le dernier film de Miyazaki, j’y suis donc allée avec une certaine émotion, mais ce n’est pas mon préféré qui reste et restera Le voyage de Chihiro.

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6 thoughts on “Le vent se lève – Le dernier film du Maitre

    • ah oui je te conseille de le voir en vo, c’est quand même beaucoup plus sympa avec l’accent japonnais! ah oui tiens, ça me tente bien, j’ai deux ou trois romans d’auteur coréens dans ma pal, sans compter les films que j’ai vu et que j’adore!

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