Shokuzai

Shokuzai - Celles qui voulaient oublier : Photo

de Kiyoshi Kurosawa

Kyoko Koizumi, Sakura Ando, Chizuru Ikewaki, Yu Aoi, Eiko Koike

4/5

Dans une école primaire, 4 fillettes sympathisent avec Emili, qui devient vite leur nouvelle copine. Alors qu’elles jouent dans la cour de l’école après les cours, les fillettes sont abordées par un homme qui demande de l’aide à l’une d’entre elle pour venir l’aider à réparer une canalisation dans le gymnase de l’école. Il désigne Emili. Maki n’est pas à l’aise avec cet étranger et propose d’y aller toute ensemble mais l’homme insiste pour qu’il n’y en ai qu’une. Du haut de leurs 9 ans, personne n’ose contredire l’adulte. Le temps passe et Emili ne revient pas. Les 4 fillettes décident d’aller voir et découvre le corps sans vie de leur nouvelle amie. Les mois passent et aucune n’arrive à se souvenir du visage du coupable. La mère d’Emili invite les filles chez elle et leur explique que tant que le meurtrier ne sera pas arrêter elles devront faire pénitence en se souvenant du tueur ou en payant d’une autre manière…

Shokuzai - Celles qui voulaient se souvenir : Photo

Shokuzai fut d’abord un roman puis une série de 5 épisodes pour la télé japonaise avant d’arriver sur nos écrans cinéma sous le format de deux films. De ce réalisateur j’avais beaucoup aimé Tokyo sonata et j’étais très curieuse de voir ce film de 4h30 au final. J’ai d’abord vu shokuzai 1 un week end, et j’ai du attendre une bonne semaine pour aller voir le second volet.

Shokuzai - Celles qui voulaient se souvenir : Photo

On nous montre donc, ces 4 jeunes femmes, qui ont vu leurs vies prendre un tournant complètement différent suite au meurtre de leur camarade Emili. Sae et Maki sont devenues deux femmes apeurées, qui n’ont aucune confiance en personne, sont solitaires et vivent renfermées sur elle même. Sae est timide, Maki est froide et déterminée. Si elles ont été traumatisées par le meurtre, leurs vies ont été aussi influencées par les paroles de la mère de la victime, qui ne pardonne pas aux fillettes de ne pas se souvenir du coupable alors qu’elles l’ont toutes vues. Elles devront d’une manière ou d’une autre faire pénitence.

Dans le second film, on voit ce que sont devenus Akiko et Yuki, les deux autres fillettes. Akiko sera celle qui aura le plus souffert, elle n’est jamais partie de chez ces parents, restent enfermée toute la journée à jouer aux jeux de son enfance, et ne sort que pour faire des courses.Quant à Yuki, c’est la seule à qui les hommes ne font pas peur, la seule qui ne se sent pas coupable pour Emili et qui n’a que faire de sa mère et de la pénitence.

J’avais un peu peur d’y aller, deux heures + deux heures trente, ça fait beaucoup,  et pourtant je ne me suis pas ennuyée une seconde. Le tout est prenant, hypnotisant, l’atmosphère est pesante, et le film est captivant du début à la fin. J’ai trouvé la scène d’ouverture vraiment très réussie, dans laquelle on voit entre autre, la réaction des fillettes, qui sentent que quelque chose cloche et qui vont découvrir le corps. Ce sera Maki qui prendra la direction des opérations, donnant à chacun une mission, l’une devant restée avec le corps, et qui deviendra la passive Sae, l’une devant aller trouver la police, qui deviendra Yuki, obsédée par les hommes policiers, l’une ira chercher la maitresse en vain, qui deviendra la maitresse d’école, puis Akiko qui aura la lourde tâche d’aller prévenir la mère d’Emili, qui sera au final, la plus traumatisée de toutes.

J’ai été captivée de voir la vie de ces jeunes femmes, leurs décisions, leurs actes, la manière dont leur enfance à influé sur leurs vies d’adultes. Quand on voit la deuxième moitié du second film, on comprend que le découpage en cinq épisodes était bien plus adapté à l’histoire que deux films cinéma, mais ça m’aura permis de voir cette histoire qui fait souvent froid dans le dos, leurs vies à jamais détruits aussi bien par le meurtre d’Emili que par la malédiction lancée par la mère.

En bref, un film qui n’est pas un film d’horreur mais presque, qui donne parfois des frissons, certaines scènes sont flippantes, et parfois l’atmosphère très tendue. Ici, l’horreur est humaine, pas de monstre, pas de fantastique, mais des drames tout aussi horribles à voir. A travers le quotidien de ces jeunes femmes, on peut voir aussi quelques arcanes de la société japonaise, comme la pression du mariage pour les jeunes célibataires, le fonctionnement de l’école et les relations professeurs/parents d’élève, l’importance de la famille, et tout ça servit par d’excellentes actrices, j’ai adoré   qui joue la mère, les scènes entre elle et Yuki sont vraiment intenses. A voir si vous en avez l’occasion, je n’ai pas perdu mon temps!

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4 thoughts on “Shokuzai

  1. Bonjour Trillian, je vais mettre ton bilet en lien sur le mien. A voir absolument et je pense que je le reverrai en DVD quand il sortira. En y repensant, la mère, Asako est un personnage terrifiant, elle est nocive de s’en prendre ainsi à des gamines qui ont été traumatisées à vie. Bonne journée.

  2. pour moi la mère est en grande partie responsable de la manière dont les fillettes grandissent, surtout qu’elles ne les lâchent pas et leur rend visite à l’âge adulte. on peut comprendre sa douleur et aussi sa frustration de savoir que les filles ont vu leur agresseur et qu’aucune ne se souvient de son visage. Le film m’a beaucoup plut, je pense que ça aurait été bien de le diffuser en cinq épisodes comme l’ont fait les japonnais, je pense que deux films de plus de deux heures va décourager beaucoup de gens, moi même j’ai eu du mal à trouver le temps! mais je ne regrette pas!

  3. J’avais été fasciné par la série japonaise visionnée l’année dernière, je ne suis finalement pas retournée voir la version cinématographique dans les salles obscures, mais les points forts que tu soulignes apparaissent inchangés : l’ambiance particulère, parfois inquiétante, parfois désespérée, la manière dont on est placé au plus proche de ces jeunes femmes marquées à jamais par l’évènement… C’est dur, poignant, intense… Bref une belle fiction. C’est bien qu’elle nous soit parvenue jusqu’en France. Peut-être un jour les séries “exotiques” seront-elles considérées comme telles dignes d’intérêt, sans avoir besoin de passer par le vecteur cinéma. 🙂

  4. oui j’aimerais bien voir d’autre séries asiatiques, je n’ai toujours pas vu celle de kore eda, je suis sur qu’on aura droit à quelques séries sur arte, c’est l’une des rare chaines françaises à diffusées des séries qui ne soit ni us ni anglaise, avec un peu de chance cette chaine nous en diffusera certaines!

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