Sixto Rodriguez au zénith

Hier soir, je me suis rendu au zénith de Paris, pour voir Sixto Rodriguez, ce chanteur américain des années 70 qui a composé deux excellents albums sans jamais vivre la reconnaissance du public. Ayant fait l’objet récemment d’un documentaire, le monsieur a vu sa notoriété grimper en flèche. J’avais justement vu le documentaire au cinéma, je l’avais trouvé extrêmement bien fait, très intéressant et surtout il m’avait permis de découvrir les chansons de Sixto Rodriguez.

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Depuis, ce documentaire a eut un succès partout où il est passé, et du coup, le chanteur décide de faire une tournée mondiale, à commencer par l’Afrique du sud, pays qui l’avait déjà grandement apprécié dans les années 70 et 80, alors que personne d’autre ne connaissaient son nom.

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Alors quand on a entendu parler de dates parisiennes, on s’est lancé. On n’a pas pu avoir de places pour l’olympia, déjà complet, alors on s’est rabattu sur le zénith, que je trouve un peu trop grand pour ce genre de show, mais c’est mieux que rien.

On n’arrive tranquillement vers la fin de la première partie. Le concert est affiché complet, et dans la fosse comme dans les gradins c’est déjà bien remplie. on se faufile, pas très loin de la scène et on attend l’entrée de Sixto. Bien qu’il ait 70 ans, et une rude vie d’ouvrier dans le bâtiment, je suis quand même étonné de le voir faire son entrée entouré de deux assistants qui le soutiennent. Je commence à me demander si c’est une si bonne idée que ça de le faire tourner à travers le monde à son âge, je sais qu’il vient de faire une grosse tournée aux États Unis et même en Nouvelle Zélande récemment, et ça ne doit pas être facile. Je commence aussi à comprendre le pourquoi des nombreuses rumeurs dans la salle, juste avant, qui parlait d’annulation possible après l’annulation du concert à Toulouse, et là il est facile de deviner que le chanteur septuagénaire est probablement un peu malade ou très fatigué, dans un état encore plus fragile qu’en temps normal je dirais.

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Il entame ses chansons, entre deux gorgées d’eau et deux verres de vins (je crois), gilet en cuir, chapeau, lunette de soleil, on reconnait le Sixto du documentaire, mais l’homme est cassé par une longue vie difficile, et on le sent vacillant. Il chantera ses titres les plus célèbres, quelques reprises, comme la vie en rose de Piaf, ou Like a rolling stone de Bob Dylan. La guitare est approximative, la voix tient étonnement le coup je trouve, même si sur la fin, il a du mal à tenir.

Il finit une de ces chansons avant la fin et articule un vague “c’est tout”, et fait mine de s’assoir avant de se rappeler qu’il n’y a pas de tabouret derrière lui, on se demande bien pourquoi d’ailleurs.

Ces chansons sont toujours formidables à entendre, les paroles sont vraiment intéressantes à écouter et prenantes, mais difficile de ne pas penser durant le concert pourquoi les gens s’obstinent à le pousser sur scène. Est ce lui qui insiste, désireux de pouvoir enfin profiter de la reconnaissance du public tardivement acquise, ou bien est ce son entourage qui le pousse à remonter sur scène? il n’empêche que dans son état, faire une tournée qui soit aussi lourde n’est vraiment pas une bonne chose.

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Dans le public, il y a des fans, qui entonnent ces paroles avec lui, et d’autre, venus en curieux. Le public m’a paru un peu étrange, il y a avait de tout, des bobos parisiens, des bobos étrangers, des journalistes de la télévision, des jeunes, des beaucoup moins jeunes, et choses surprenante, énormément de gens fumant cigarette et joint, alors que d’habitude au Zénith, ce genre de liberté n’est pas souvent prise, ou du moins beaucoup plus discrètement qu’hier soir. Il n’empêche que beaucoup de personnes se situant tout devant sont finalement ressortie assez vite, ne supportant pas les odeurs trop prononcées.

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J’ai donc été contente de le voir sur scène, mais Sixto Rodriguez et ses chansons méritent de petites salles intimistes, et pas de grosses productions comme le zénith. Bref, impossible de ne pas se sentir un peu triste pour lui, impossible de ne pas être touché par ce monsieur de 70 ans à la santé fragile, se produire malgré tout sur scène. Il aura tenu un peu plus d’une heure avant de tirer sa révérence, toujours accompagné de deux assistants pour l’aider à marché.

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