Pieta

Pieta : affiche

de Kim Ki Duk

Lee Jung Jee, Min Soo Jo

3.5/5

Kang Do, la trentaine, a toujours vécu seul, depuis que sa mère l’a abandonné à la naissance. Pour gagner sa vie, il travaille pour des usuriers, son boulot consistant à aller tabasser les pauvres gens qui n’ont pas réussi à rembourser dans les délais. Son quotidien est bien huilé, jusqu’au jour où une dame se présente à lui comme étant sa mère, et décide de ne plus le quitter.

J’aime beaucoup le cinéma de Kim Ki Duk, même si tous les films que j’ai vu de lui ne sont pas tous de la même qualité. J’avais adoré Printemps été automne hiver et printemps, et j’avais aussi adoré Locataires, deux très beaux films. J’ai aussi pu voir du monsieur, L’arc, Samaria, Coast guard, et Time.

Pieta : photo

Pieta ne se hisse pas à la hauteur des deux premiers films que j’ai pu voir de lui, mais j’ai plutôt aimé au finale, l’histoire est prenante et je me suis sentie entrainée dans les rebondissements. Le film nous raconte le quotidien de cet homme qui n’a jamais connu la chaleur humaine ou l’amour, devenu insensible à tout, et qui va jusqu’à mutilé et estropié les débiteurs qui n’arrivent pas à rembourser ces patrons usuriers, alors qu’un tabassage dans les règles est suffisamment déjà pénible. Ces scènes sont parfois violentes à voir, pas parce que le sang jailli de partout, c’est plus subtile, c’est surtout plus réaliste, pas de musique, pas de mise en scène, juste un homme dont on coupe la main ou qu’on pousse du haut d’un immeuble pour lui casser une jambe et lui laisser des séquelles.

Pieta : photo

Tout change quand il rencontre celle qui se présente comme sa mère. Au début c’est le rejet complet il n’y croit pas , mais petit à petit il se laisse convaincre et goute à ce que c’est que d’avoir une mère. D’ailleurs dans son métier, il se radoucie, et deviens plus sensible à certaines situations.

Pieta : photo

Au delà de l’histoire de cette homme qui se demande si cette dame est bien sa mère, Pieta nous parle de ces quartiers, quasi bidonville, qui existe depuis une cinquantaine d’années, et qui regroupe des ferrailleurs et autre ouvriers dans la métallurgie, qui survive grâce à quelques dernières missions, mais qui savent que leur temps est fini, que le quartier va être rasé pour faire place à un nouveau quartier des affaires, et ils savent qu’avec la fin de leurs quartier, c’est aussi la fin de leur travail, de leur vie. Il leur reste encore plusieurs décennie de vie, mais la destruction de leur quartier signifie un peu leur propre fin, prématurée ou non.

Pieta : photo Min-soo Jo

En bref, un film intéressant, prenant, qui m’a entrainé dans les ruelles pauvres de ce quartier en fin de vie, qui m’a entrainé dans la vie misérable de ces ouvriers désespérés, que la mort effraye moins que de finir estropié et de ne plus pouvoir gagner sa vie. Les deux acteurs principaux sont excellents, et si le film est sombre (d’ailleurs certaines étaient inutiles je trouve), il n’est pas non plus complètement déprimant, dû à quelques scènes qui virent à l’absurde. Un bon Kim Ki Duk.

Ce film rentre dans le challenge, Printemps coréen organisé ici!

PrintempsCoree2.jpg

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2 thoughts on “Pieta

  1. de ce réalisateur j’ai préféré Printemps été automne hiver et printemps et puis Les locataires, mais celui là m’a plut, il est assez intéressant, on ne s’ennuit pas et on découvre un monde ouvrier en voie de disparition; je parlerais surement d’autres films coréen dans les jours à venir!

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