Au temps du roi Edouard

de Vita Sackville West

4/5

1905, dans l’aristocratie anglaise, on trouve Sébastien, jeune duc qui aime passer son temps dans le domaine de famille, Chevron, passer du temps à s’occuper de ses terres. Il passe son temps à fuir aussi les diners et réceptions donnés par sa mère Lucie, qui redoute le jour où son fils se mariera et où une inconnue prendra ses plus beaux bijoux et sa place comme maitresse de maison. Il y a aussi la très jolie Sylvia, qui a une fille de l’âge de Sébastien, mais qui aimerait bien que le jeune et beau duc devienne son amant. Et puis il y a Leonard Anquetil, un aventurier, invité un soir par Lucie pour distraire les invités, et qui va un peu chambouler les pensées et les actes de Sébastien.

Je n’ai jamais lu de roman de cet auteur, que je ne connaissais que de nom, pour l’avoir croiser de temps à autre dans les rayons des librairies. C’est la quatrième de couv qui m’a convaincu de lire d’abord celui ci:

” Margaret prétend qu’elle veut épouser un peintre, dit Sylvia en regardant sa fille avec compassion.

– Quoi! s’écria la duchesse, un peintre? quel peintre? A t-on jamais entendu chose pareille? La fille de lady Roehampton épouser un peintre? Mais non, mais non…Vous épouserez Tony Wexford et nous verrons après ce qu’on pourra faire pour le peintre, ajouta t-elle en lançant à Sylvia un coup d’oeil rapide.”

On plonge au cœur de la haute aristocratie anglaise du début du siècle, dans les traditions et les mœurs qui sévissent depuis des lustres et des siècles; les employés de maison n’ont comme amusements ou centres d’intérêt que les vies de leurs maitres si riches et si extravagants; qui se mariera avec qui, les nouveaux nés qui animent les nurseries, ou encore les scandales, les disputes entre époux, les petites trahisons. les fils et filles d’employés prennent la place de leurs parents, au fil des générations, rien ne change, rien ne bouge.

chez les aristocrates, ce n’est qu’hypocrisie, superficialité, ragots, scandales, sorties, soirées, bal, évènements royaux, mariages arrangés, non dits, des diners et des soirées interminables, dans lesquelles rien ne se dit vraiment, dans lesquelles rien d’important n’est jamais abordés, juste être là, parce qu’on a été invité, rien d’autre. Ces mariages arrangés qui débouchent inévitablement sur des maris qui prennent maitresse, mais ici surtout des femmes qui prennent des amants, et change de partenaire quand elles sont lassés, ça en devient presque un sport nationale, tout le monde le sait mais tant que ça ne se voit pas, personne ne s’en offense. Voir ses mères qui sont encore jeunes et qui aiment leurs enfants, mais à petites doses, et n’ont que faire de s’en occuper ou de passer du temps avec. Ici aussi rien ne change, rien ne bouge.

Et pourtant les changements se font sentir doucement, avec les enfants des employés de maison, qui ne voit absolument pas où se trouve l’honneur de reprendre la place qu’occupait leurs parents, et qui prennent leur envol dans la mécanique. Viola et Sébastien sont des enfants du nouveau siècle, il n’adhère plus aux envies et aux objectifs qui fut ceux de leur parent. Sébastien étouffe dans les réceptions données par sa mère, qu’il supporte en silence, et qu’il aimerait fuir, il n’en peux plus de voir toujours les même têtes et entendre les même conversations. Viola, sa jeune sœur, dans son mutisme sauvage, n’en pense pas moins. La présence de l’aventurier Anquetil à un diner, va avoir une discussion et avec viola et avec Sébastien, qui changera leur conception du monde, et ne fera que les pousser dans leurs sentiments personnels.

J’ai donc beaucoup aimé voir l’évolution de cette nouvelle génération qui se refuse de répéter les même schémas que leurs ancêtres, avec une Viola qui s’affranchit des mœurs sociales, et part vivre sa vie à Londres, et Sébastien plus tardivement, qui prendra enfin sa vie en main, après le couronnement du nouveau roi George V, 5 ans après le début du roman, et qui marque une nouvelle ère.

En bref, une très jolie lecture, jolie plume, belle plongée dans un monde qui a longtemps été statique et qui commence à bouger à l’aube d’une nouvelle ère plus moderne, quelques années avant la première guerre mondiale. De beaux portraits de personnage très humains, et donc bourrés de défauts et de faiblesse. Je lirais surement d’autre romans de l’auteur! et en bonus la préface, qui est courte mais très intéressante à lire et dans un ton un peu plus originale qu’à l’ordinaire!

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4 thoughts on “Au temps du roi Edouard

    • pareil, c’est le résumé qui m’a convaincu et je ne regrette pas mon achat! une chouette lecture et c’est intéressant de lire sur cette génération qui vit dans une période de changement, le début d’un nouveau siècle.

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